Les Héros de la Ligue ou la Procession Monacale: la caricature à la fin du 17ème siècle

Amis Bibliophiles bonsoir,
Parmi les livres à planches, on croise parfois de véritables curiosités. Cet ouvrage, Les Héros de la Ligue ou la Procession Monacale conduitte par Louis XIV, pour la conversion des protestans de son royaume, acquis récemment, en est l’incarnation parfaite et passe souvent pour constituer la première série de caricatures de l’histoire moderne. 
Les 24 gravures à l’eau forte sont en effet très particulières et pleines de caractère. Elles sont toutes accompagnées d’un quatrain qui stigmatise également les travers des grands de l’époque: Louis XIV, représenté en soleil, Guillaume de Furstenberg, Louvois, Bossuet, Maimbourg, La Reynie et même Madame de Maintenon. 
 








L’ouvrage (format in-4) indique Paris, chez Pere Peters, à l’enseigne de Louis le Grand, 1691, mais il fût probablement imprimé aux Pays-Bas par des protestants. Sont présentés sous le froc les grands personnages de l’époque qui jouèrent un rôle dans la révocation de l’Edit de Nantes.Les planches sont gravées avec verve, l’éxecution est vive et nette et la volonté de faire rire est évidente. C’est un ouvrage très attachant.
H

La lettre du bibliophile

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Les reliures d’almanachs

Les reliures d'almanachs

Amis Bibliophiles Bonjour,

Qu’il est difficile pour un bibliophile de fixer son attention sur un domaine particulier entre la littérature, les voyages, les Cazin, l’ésotérisme… j’ai choisi de ne pas choisir, même si ce choix s’est imposé à moi, puisque que toute bibliothèque est à l’image de son propriétaire: non pas que j’ai des difficultés à choisir, non, plutôt des difficultés à me limiter, ou à me cantonner à un seul domaine et à limiter ainsi ma curiosité. Au milieu de tous domaines, j’ai ainsi une tendresse particulière pour les almanachs: d’une part les almanachs « de colportage », comme Le Messager Boiteux, dont j’ai déjà parlé ici, parce qu’ils constituent des témoins passionnants de la culture populaire d’une époque, et d’autre part les almanachs que l’on pourrait presque qualifier « de cour », notamment pour leur reliure.En effet, à la fin du 18ème siècle la France a vu se multiplier la publication de d’almanachs. Ceux-ci paraissaient à la faveur de la nouvelle année et constituaient en fait de charmants « agendas de poche » pour l’époque, ils étaient du reste souvent offerts à l’occasion des étrennes de nouvel an (d’où l’appellation étrennes qui figure régulièrement sur leur page de titre). On connaissait ainsi les Etrennes Mignonnes, le Calendrier des Dames, le Calendrier de la Cour, l’Almanach de la toilette et de a coiffure des Dames françaises, l’Almanach des Folies de l’Amour, les Etrennes Spirituelles, plus sages, l’Almanach des Folies Modernes, L’amour dans le Globe ou l’almanach volant, etc.Avec le petit format et leurs illustrations, la reliure est l’un des éléments caractéristiques de ces almanachs. Elle était le plus souvent en maroquin, et la dorure, bien que la plupart du temps réalisée en série, sortait des meilleurs ateliers de l’époque. Il s’agissait souvent de plaques, soit à dentelle, par exemple celles de Dubuisson, soit de compositions florales ou de décors originaux: coiffure de dame, montgolfière. Le raffinement allait parfois plus loin en offrant à ces petits bijoux des reliures peintes, mosaïquées ou agrémentée d’une miniature protégée par une plaque de mica. Les dorures allégoriques sont également légion à partir de la période révolutionnaire et donnent un parfum particulier aux almanachs de cette période: bonnet phrygien, guillotine, personnages de l’histoire.C’est d’ailleurs ce que j’aime dans ces almanachs: leur contenu est définitivement ancré dans une époque et leur reliure est également le témoin de cette époque: raffinement de la fin de l’Ancien Régime, ou porteuses des messages de l’époque, la superficialité des toilettes des dames, ou les figures emblématique de l’époque révolutionnaire. Charme qui ne gâche rien pour le bibliophile qui manque de place, ces charmants petits volumes prennent encore moins de place que des Cazin!

H

14 Commentaires

  1. Etonnante série que je n'ai jamais rencontrée. Il devait être assez dangereux de publier ce genre d'ouvrage critique, mais tout autant de l'acheter.
    Le roi-soleil ne badinait pas avec ceux qui cherchait à lui faire de l'ombre…
    J'imagine que le possesseur de cet exemplaire n'a pas laissé d'ex-bris ?:)
    T

  2. La veuve Scarron au cheveu rare est un vrai tue-l'amour et l'on a peine à penser qu'elle fut aimée d'un Roi… Beaux portraits. Bel ouvrage. Belle acquisition.

    Hugues, vous sembliez découragé, il y a quelques temps de ne plus rien rentrer sur vos rayonnages. La tendance semble s'inverser. Vos offres d'achat ont-elles été vues à la hausse ou bien, vous êtes dans une période de réussite ? Pierre

  3. Les paupières tombantes et la bouche (enfin j'imagine si on avait un portrait de lui souriant) de l'évêque de Meaux sont bien reprises. Après on imagine qu'il n'a pas travaillé d'après nature…
    Intéressant ce choix symboliste pour Louis XIV. Les limites à ne pas dépasser…

  4. J'adore l'archevêque de Reims (ce borgne avec ce menton ;-)). Impressionnant cette modernité du trait. Vous auriez dû faire un test en cadrant serré et nous faire croire à un illustrateur du 19ème pour certaines. Evidemment, aucune indication quant à l'auteur?
    Olivier

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