Les Héros de la Ligue ou la Procession Monacale: la caricature à la fin du 17ème siècle

Amis Bibliophiles bonsoir,
Parmi les livres à planches, on croise parfois de véritables curiosités. Cet ouvrage, Les Héros de la Ligue ou la Procession Monacale conduitte par Louis XIV, pour la conversion des protestans de son royaume, acquis récemment, en est l’incarnation parfaite et passe souvent pour constituer la première série de caricatures de l’histoire moderne. 
Les 24 gravures à l’eau forte sont en effet très particulières et pleines de caractère. Elles sont toutes accompagnées d’un quatrain qui stigmatise également les travers des grands de l’époque: Louis XIV, représenté en soleil, Guillaume de Furstenberg, Louvois, Bossuet, Maimbourg, La Reynie et même Madame de Maintenon. 
 








L’ouvrage (format in-4) indique Paris, chez Pere Peters, à l’enseigne de Louis le Grand, 1691, mais il fût probablement imprimé aux Pays-Bas par des protestants. Sont présentés sous le froc les grands personnages de l’époque qui jouèrent un rôle dans la révocation de l’Edit de Nantes.Les planches sont gravées avec verve, l’éxecution est vive et nette et la volonté de faire rire est évidente. C’est un ouvrage très attachant.
H

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Dans la bibliothèque du bibliophile: Les Liaisons Dangereuses, 1796, 1ère édition illustrée, maroquin de Brany

Dans la bibliothèque du bibliophile: Les Liaisons Dangereuses, 1796, 1ère édition illustrée, maroquin de Brany

Amis Bibliophiles bonjour,

Poignet cassé, le bibliophile sort une fiche de sa manche 🙂

Les Liaisons Dangereuses. Lettres recueillies dans une société, et publiées pour l’instruction de quelques autres.Pierre Choderlos de Laclos
Londres [Paris], 1796.
2 volumes in-8 [200 x 135 mm] de 1 frontispice, 415 pp., 7 figures ; 1 frontispice, (2) ff., 398 pp., (1) f. blanc et 6 figures.

Reliure en plein maroquin rouge signée Brany. Dos à nerfs orné de fers délicats, triple filet en encadrement des plats, double filet sur les coupes, large guirlande sur les chasses. Gardes marbrées, toutes tranches dorées. Quelques frottements sans gravité, quelques toutes petites piqures sur les plats. Papier en parfait état, gravures parfaitement contrastées, très belles marges.


Un des rares exemplaires sur vélin du Marais. Cohen (col. 235) observe que ce tirage de luxe va de pair avec des figures avant la lettre. Toutefois, Reynaud fait état d’un exemplaire sur papier vélin avec la lettre, comme ici (Notes sur les livres à gravures du XVIIIe siècle, p. 86).
Ex libris gravé d’Oliver Brett sur la premier contre-plat de chaque volume, ex libris de le Barbier de Tinan sur un feuillet liminaire du premier volume.
Il s’agît ici de la deuxième édition de 1796 et non de la réimpression similaire de 1812 : comme le souligne Cohen, le titre est ici sur huit lignes et le lieu d’édition et la date sont séparés par deux traits (un seul trait ondulé pour l’édition de 1812).
Illustré de 15 magnifiques gravures (2 frontispices et 13 illustrations de lettres), commandées spécialement pour cette édition à Fragonards fils, Monnet et Melle Gérard, et gravées par Baquoy, Duplessis-Bertaux, Dupreel, Godefroy, Langlois, Lemire, Lingée, Masquelier, Patas.




La plus belle édition des Liaisons Dangereuses, et la première édition illustrée. Oeuvre fascinante et considérée comme l’un des sommets de la littérature française. Vicomte de Valmont, Marquise de Merteuil… On ne présente plus ces personnages de fiction devenus aussi vivants qu’illustres. 
«Ce livre, s’il brûle, ne peut brûler qu’à la manière de la glace» (Charles Baudelaire).
Sous la Terreur, les amateurs se préoccupent davantage de sauver leur tête que d’enrichir leur bibliothèque. Fragonard, Moreau le jeune et Greuze se survivent. L’art de la vignette est tombé en désuétude sous l’empire d’un académisme glacial. Les ateliers de gravures font office d’écoles de vertus. Si Les Liaisons dangereuses ont droit de cité, c’est que l’époque y voit un pamphlet politique inspiré par l’esprit révolutionnaire. Toutefois, la sensualité fougueuse des compositions surprit et fit sensation. N’était-ce pas renouer avec le libertinage « aristocratique » sous prétexte d’en flétrir les effets ? Parmi les « striking plates » vantées par Gordon N. Ray, il y a ce tableau risqué d’une scène de séduction entre Mme de Merteuil et la « petite Volange ».
Bel exemplaire sur vélin. 

14 Commentaires

  1. Etonnante série que je n'ai jamais rencontrée. Il devait être assez dangereux de publier ce genre d'ouvrage critique, mais tout autant de l'acheter.
    Le roi-soleil ne badinait pas avec ceux qui cherchait à lui faire de l'ombre…
    J'imagine que le possesseur de cet exemplaire n'a pas laissé d'ex-bris ?:)
    T

  2. La veuve Scarron au cheveu rare est un vrai tue-l'amour et l'on a peine à penser qu'elle fut aimée d'un Roi… Beaux portraits. Bel ouvrage. Belle acquisition.

    Hugues, vous sembliez découragé, il y a quelques temps de ne plus rien rentrer sur vos rayonnages. La tendance semble s'inverser. Vos offres d'achat ont-elles été vues à la hausse ou bien, vous êtes dans une période de réussite ? Pierre

  3. Les paupières tombantes et la bouche (enfin j'imagine si on avait un portrait de lui souriant) de l'évêque de Meaux sont bien reprises. Après on imagine qu'il n'a pas travaillé d'après nature…
    Intéressant ce choix symboliste pour Louis XIV. Les limites à ne pas dépasser…

  4. J'adore l'archevêque de Reims (ce borgne avec ce menton ;-)). Impressionnant cette modernité du trait. Vous auriez dû faire un test en cadrant serré et nous faire croire à un illustrateur du 19ème pour certaines. Evidemment, aucune indication quant à l'auteur?
    Olivier

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