Les Fleurs du Mal et les manipulations du libraire Carteret: l’exemplaire sur Hollande de Lucienne Bréval

Amis Bibliophiles bonjour,

Tapi derrière ma souris, je surveillais cet après-midi la vente d’un exemplaire des Fleurs du Mal dans une vente toulousaine. Finalement, à condition de vouloir/pouvoir mettre 27 500 euros, j’étais à un clic du bonheur. A la réflexion, je me demande si ce n’était pas un exemplaire sur Hollande, que l’expert aurait mal jugé… Ou alors, les couvertures qui étaient présentes à Toulouse, (et surtout le dos?), vont-t-ils réapparaître sur un autre exemplaire?

Les voici (au cas où). Est-ce qu’un lecteur saurait si le dos était présent? Cela expliquerait ce prix d’adjudication assez surprenant…


Cela m’a refait penser à un article que j’avais publié sur le blog en 2013, encore furieusement d’actualité, et que je republie avec quelques ajouts aujourd’hui.

Connaissez-vous l’exemplaire Bréval / Meeus / Simonson, l’un des rares exemplaires sur Hollande, qui fût mis en vente  chez Sotheby’s il y a deux ans? (bibliothèque Simonson, 19 juin 2013 – lot 72; Estimation 80 000 – 120 000 euros / Adjudication: 85 000 euros), et sa curieuse histoire?Baudelaire – Fleurs du Mal – ex. sur hollande – exemplaire Bréval / Meeus / SimonsonL’édition originale des Fleurs du Mal est l’un des ouvrages les plus en vue du moment – même si les exemplaires présents au Grand Palais n’ont semble-t-il pas trouvé preneur -, et dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, c’est l’un des rarissimes exemplaires sur hollande qui était mis aux enchères, un exemplaire bien connu des bibliographes, et dont l’histoire ne laissera pas indifférent les bibliophiles. 
En effet, non seulement cet ouvrage a suivi un parcours bien connu des bibliographes, mais il a aussi subi un sort assez peu commun: sa reliure de maître fût cassée par un libraire, Carteret, et remplacée par une reliure issue des mains d’un autre maître relieur.
J’aurai l’occasion d’y revenir prochainement, mais voici les fondamentaux de l’édition originale des Fleurs du Mal:
– Le premier tirage, imprimé au mois de juin 1857 à Alençon, est effectué à 1 300 exemplaires et mis en vente le 25 juin.
– Ce tirage ne comporte qu’un seul grand papier, le papier de Hollande.
– Le contrat d’édition signé par Baudelaire et Poulet-Malassis le 30 décembre 1856 fait état de 20 exemplaires sur Hollande.
– On connaît aujourd’hui 22 exemplaires de cette édition originale sur papier de Hollande, c’est la liste de Maurice Chalvet (Bulletin du Bibliophile – III – 1975) qui fait référence, elle a précisé et rectifié la première bibliographie de F. Vanderem.
– Il est probable que certains des exemplaires recensés dans cette liste soient des doublons. 
– Le collationnement des Fleurs du Mal est le suivant (Chalvet, 1975): « couverture jaune clair imprimée, faux-titre, titre rouge et noir, 248 pages y compris le feuillet de dédicace à Théophile Gautier, et deux feuillets non chiffrés pour la table des matières. Aucun feuillet blanc, ni en tête, ni à la fin du volume ».
– « Les exemplaires sur hollande possèdent une couverture identique à celle des papiers ordinaires, sauf pour le prix, qui est de 6 francs, indiqué au dos » (Chalvet, 1975). Il est à noter que certains exemplaires sur papier ordinaire ont été brochés avec la couverture des hollande, et portent donc un prix de 6 francs au dos). Cette distinction a induit Vanderem en erreur, en lui faisant penser que certains exemplaires sur papier ordinaire étaient sur hollande (ainsi les exemplaires Champfleury et Walewski – Watteville).
– Baudelaire aimait que les exemplaires qu’il offrait soient corrigés de toutes les petites fautes d’orthographe ou typographiques. Il corrigeait ordinairement lui-même les exemplaires. 

L’exemplaire mis en vente chez Sotheby’s en 2013 était bien l’un des 22 exemplaires connus sur identifiés comme étant sur Hollande. 

Son destin fût particulier:

En effet, il fait partie des exemplaires sans dédicace et c’est Poulet-Malassis qui a corrigé de sa main les fautes d’orthographe ou typographiques. Cet exemplaire en comporte six, effectuées à l’encre, dans les marges (alors que Baudelaire avait lui pour habitude de corriger au crayon).

Tout conduit à penser que cet exemplaire ne fait pas partie des exemplaires que le poète offrît à ses proches ou à ses protecteurs. Et, d’ailleurs, il n’est apparu sur le marché que tardivement. On le connaît sous la dénomination « Exemplaire de Lucienne Bréval ». On considère en général qu’il fût offert à cette cantatrice (née en 1869, soit 12 ans après la parution) par un admirateur. 

Lucienne BrévalCet exemplaire est décrit pour la première fois en 1922 par Vanderem de la façon suivante (n°7 de sa 1ère liste, Bulletin du Bibliophile, 1er juin1922), description confirmée par le libraire Ronald Davis dans son catalogue d’octobre 1924:

Maroquin brun janséniste doublé de maroquin rouge, signé de Noulhac (1902), tête dorée, non rogné, sans couverture, 4 portraits de Baudelaire sur chine ajoutés. Signature de Lucienne Bréval sur le feuillet de garde.

Il est très important pour la suite de noter que l’ouvrage était alors relié par Noulhac sans ses couvertures brochées de l’époque. 

Et c’est ici que le destin de cet exemplaire bascule. Il fût en effet acheté par le libraire Carteret qui souhaitait le vendre au grand bibliophile belge Laurent Meeus.

La reliure de Noulhac fut alors brisée et « la garde, portant la signature de Lucienne Bréval, détruite. (…) Des couvertures (sic) y ont été ajoutées et les tranches dorées sur témoins. Cette reliure, exécutée par Mercier en 1934, est signée Cuzin [mort en 1890]”. La couverture sans dos fut donc ajoutée. Le grand papier n’en ayant pas de particulière sauf le dos à 6 fr., elle est, comme il se doit, du 3e état de la 1ère avec les 5 fautes corrigées (R. Desprechins, Le Livre et l’Estampe, 1967, n° 51-52, version revue de celle de 1966 qu’utilisa la réédition Carteret du Véxin français en 1976).

L’exemplaire en vente est donc singulier à de nombreux titres:
– la reliure de Noulhac fût brisée.
– elle fût remplacée en 1934 par une reliure de Mercier (mais signée Cuzin, pourtant décédé en 1890), ce qui est pour le moins original.
– le feuillet portant la signature de Lucienne Bréval fût enlevé et détruit.
– en revanche on ajouta 3 feuillets blancs (1 en tête et 2 en queue).
– on ajouta enfin à cet exemplaire sans couverture brochée, celle du 3ème état de la 1ère édition. Le dos de cette édition ne portant pas le bon prix de 6 francs, il fût volontairement « oublié » par le relieur!

Laurent Meeus a acheté les Fleurs du Mal le 28 décembre 1933 à Carteret pour 33.000 francs. Vanderem signale une facture de reliure de Mercier, successeur de Cuzin, demandant 1950 francs pour la reliure et 60 francs pour l’étui, et datée de mars 1934.

C’est donc bien en 1934 que l’exemplaire change de reliure, se voit amputé de son feuillet signé Bréval et adjoindre des couvertures brochées de l’époque, mais sans le dos, porteur d’une mention de prix fautive, qui aurait dévoilé la manipulation. Au passage, Laurent Meeus ajoute son ex-libris (cf Wittock, 1982, n° 945).. 

Après le décès de Laurent Meeus, l’ouvrage parvient dans les mains d’un autre libraire, Simonson, auquel la veuve confia la bibliothèque en octobre 1950, et qui s’attribua tous les Baudelaire. 

Vous trouverez ci-dessous la fiche rédigée par l’expert de la vente. Il est curieux de noter que personne, ni Chalvet, ni l’expert, ne semble avoir compris que si le dos broché manque, c’est parce qu’il aurait trahi que la couverture n’est pas celle d’un exemplaire sur hollande de l’édition originale!

Des manipulations qui laissent songeur…

H

La fiche du catalogue Sotheby’s:
BAUDELAIRE, CHARLES
LES FLEURS DU MAL. PARIS, POULET-MALASSIS ET DE BROISE, 1857. IN-12. MAROQUIN BORDEAUX, PLATS DÉCORÉS D’UNE GRANDE COMPOSITION DORÉE DANS LE STYLE LE GASCON AVEC FILETS D’ENCADREMENTS DROITS ET COURBES ET UN GRAND FLEURON CENTRAL QUADRILOBÉ AUX PETITS FERS POINTILLÉS, DOS À NERFS ORNÉS DE CAISSONS À PETITS FERS COURBES POINTILLÉS, DENTELLE INTÉRIEURE À ROULETTES ET FILETS DORÉS, GARDES DE PAPIER PEIGNE, COIFFES GUILLOCHÉES, DOUBLE FILET SUR LES COUPES, TRANCHES DORÉES SUR TÉMOINS, COUVERTURE (CUZIN) (SIC).Estimation: 80,000 – 120,000 EUR 2 ff.n.ch. (f.-t. et t.), 248 pp., 2 ff.n.ch. de table (le f.bl. après le 1er plat et les 2 ff.bl. avant le 2e ont été ajoutés à la reliure, les Fleurs n’en ayant pas).

édition originale.un des [20] ex. sur vergé d&c Blauw (écu couronné), dit couramment papier de hollande, numéro 16 de la liste Chalvet (1975) qui nous livre les informations suivantes.
Anciennement exemplaire de Lucienne Bréval dans une reliure janséniste doublée de Noulhac de 1902 (tête dorée, non rogné, sans couverture), tel qu’il est encore décrit dans un catalogue Ronald Davis en octobre 1924 avec la signature de Bréval sur une garde.

Acheté en 1932 par Carteret “qui le destinait à Laurent Meûs, il a subi les modifications suivantes : La reliure de Noulhac a été brisée et la garde, portant la signature de Lucienne Bréval, détruite. (…) Des couvertures (sic) y ont été ajoutées et les tranches dorées sur témoins. Cette reliure, exécutée par Mercier en 1933 [1934, voir infra], est signée Cuzin [mort en 1890]”. La couverture sans dos fut donc ajoutée. Le grand papier n’en ayant pas de particulière sauf le dos à 6 fr., elle est, comme il se doit, du 3e état de la 1ère avec les 5 fautes corrigées (R. Desprechins, Le Livre et l’Estampe, 1967, n° 51-52, version revue de celle de  1966 qu’utilisa la réédition Carteret du Véxin français en 1976). Reprenant son étude de 1960 du Livre & l’Estampe, Maurice Chalvet en dénombre 22 en 1975 dans le Bulletin du Bibliophile, mais il convient lui-même que des exemplaires ont pu être transformés, – auxquels il faut ajouter le Banville découvert en 1984. Poulet-Malassis signalait 20 exemplaires sur vergé ; La Fizelière-Decaux seulement 10. L’étude du vergé des Poulet-Malassis de 1857 serait instructive. Lui-même parle simplement de vergé ou parfois de vergé de fil. Notons que le filigrane D&C Blauw n’a jamais été précisé par les baudelairiens.

[pièces jointes (montées) :] 

– suite des 4 (sur 5) portraits à l’eau-forte (re)tirés sur Chine dont les 2 par Manet. Ils figurèrent en 1er tirage sur vélin dans la biographie du poète par Asselineau (P., Lemerre, 1869). Déjà montés en 1902 par Noulhac. 
– lettre autographe signée à [Alphonse de Calonne], 15/12/1859. Une page sur un feuillet in-12 (175 x 135 mm) sur vélin mince au timbre sec de la ville de Paris, monté sur un feuillet de garde (CPL I, 1973, p. 637). Le directeur de la Revue contemporaine refusa les 3 poèmes qu’il lui envoie : [A une Madone], Le Cygne et [Le Squelette laboureur]. C’est l’obscure petite revue La Causerie qui les accueillit ! Belles gloses de 3 autres poèmes projetés qu’il écrivit finalement en prose, sauf le premier sous les 2 formes. La Belle Dorothée [et Bien loin d’ici] : “beauté de la nature tropicale ; idéal de la beauté noire”, La Femme sauvage… : “sermon adressé à une petite-maîtresse qui a des douleurs imaginaires” et Les Tentations… : “la fortune, l’amour et la gloire, s’offrent, pendant son sommeil, à un homme qui les repousse, et qui dit en se réveillant : si j’avais été éveillé, je n’aurais pas été si sage !” (titres définitifs abrégés).
Petit point d’acidité p. 9 et passim, déchirure marginale p. 199, sinon bel exemplaire avec de beaux témoins (H. 191,5 mm).

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Bibliophilie et musicologie. Le dictionnaire de musique de Jean Jacques Rousseau ; Edition originale et contrefaçons.

Bibliophilie et musicologie. Le dictionnaire de musique de Jean Jacques Rousseau ; Edition originale et contrefaçons.

Amis Bibliophiles bonjour,

Tout le monde connait les grands écrits philosophiques de Jean-Jacques, mais il fut aussi épris de musique et de composition. Si de ses partitions est passé à la postérité seulement « le devin de village », ses écrits sur la musique, sont bien plus nombreux et intéressants. Ils ponctuent l’évolution de ses pensées et de ses connaissances musicales. Articles sur la musique pour l’encyclopédie, « lettre sur la musique française », lors de son implication dans la Querelle des Bouffons. Très critique des traités d’harmonie de Rameau, il les réduit à de simples outils de composition. Il privilégie une approche mélodique et sensible de la musique, une harmonie « de la nature et de la vérité »

 Citons encore son « essai
sur l’origine des langues », ses travaux sur une nouvelle notation
musicale… et bien sûr son dictionnaire de musique. Ce dernier, est plus qu’une
édition des articles remaniés de l’encyclopédie, il est aussi une synthèse de
sa pensée musicale, des polémiques entretenues, et de ses inimitiés…L’article « harmonie »,
sent par exemple le règlement de comptes avec Rameau, l’article »
exécution », est encore chargé des noms d’oiseaux qui s’échangèrent entre
le coin du roi et de la reine lors de la Querelle des Bouffons.

Dans la préface, il en explique la genèse contrariée qui n’a
pas permis une égalité de niveau de tous les articles, il répond aussi par
avance aux critiques inévitables « (…) cet historique m’a paru
nécessaire pour expliquer comment les circonstances m’ont forcé de donner en si
mauvais état un livre que j’aurai pu mieux faire (…)  Si les manœuvres et les croques notes relèvent
souvent ici des erreurs, j’espère que les vrais artistes et les hommes de génie
y trouveront des vues utiles (…) »

Ce dictionnaire de Musique est bien souvent présenté comme
le premier dictionnaire français consacré uniquement à ce thème, je ne serai
pas aussi affirmatif, puisque Brossard, en 1703 publiait confidentiellement un dictionaire
(sic) de Musique in folio souvent joint à une partition, dictionnaire qui fut
publié seul au format in 8 en 1705 chez Ballard 2ème édition en 380 pages, « dictionaire
de Musique contenant une explication [totalement en français] des termes grecs
italiens et français » somme non négligeable, qui précéda de 68 ans
celle de Rousseau. Mais Sébastien Brossard n’avait pas l’aura du philosophe et
il reste oublié de la majorité des musicologues. Pourtant Rousseau connaissait
bien ce livre, et l’avait lu, s’en est-il inspiré ? Il l’égratigne dans sa
préface, peut être voulait il tuer toute comparaison dans l’œuf ?  « J’ai taché d’éviter l’excès de
Brossard qui donnant un Dictionnaire François en fait le vocabulaire tout
italien et l’enfle de mots absolument étranger à l’art qu’il traite (…)»

Le dictionnaire de Rousseau, rencontra quant à lui un succès
éditorial important et j’en ai repéré 4 éditions différentes à la date de
1768.

EO In quarto

L’Edition originale est A Paris Chez la Veuve Duchesne,
libraire, rue Saint Jacques et au temple du Goût MDCCLVIII [1768] Avec
Approbation et privilège du Roi,  In-quarto
(25 x 20 cm) de XII, 548 pages 1 feuillet de privilège , 1 feuillet blanc et 13
planches repliées. Les planches sont numérotées A à N, sans planche J ce qui
est normal et commun à tous les exemplaires.

Planche EO in quarto

Les XII premières pages comprennent titre, préface,
avertissement et errata sur 2 pages. Les pages Iv à IX portant numérotation,
les autres non numérotés. Il n’y a pas de faux titre, ce qui est également
commun à tous les exemplaires in quarto. Tous les volumes in quarto ont cette
collation et au bas du verso du privilège est écrit « de l’imprimerie de
la veuve Ballard ». Il n’y a, à ma connaissance qu’une édition in quarto Veuve
Duchesne 1768 et pas de contrefaçon dans ce format onéreux.

Verso privilège EO in quarto

*********************

Dans le même temps et comme il était souvent d’usage, la
Veuve Duchesne publie à la même date une édition in8  20 x 13 cm, de XIV pages, incluant faux titre
et titre, suivi de 1 feuillet de privilège, 547 pages, au verso de la 547 un
errata, puis un extrait de catalogue de la veuve Duchesne sur 4 pages et 13
planches repliées. Les planches sont tirées avec les mêmes cuivres que les
planches de l’édition originales mais sur papier plus faible et plusieurs fois
repliées.

In8 Veuve Duchesne
même année que l’originale

*********************

Si je n’ai pas identifié de contrefaçons in quarto, j’ai pu
trouver deux éditions distinctes d’une très probable contrefaçon in8 ,  La première XII feuillets titres inclus, mais
pas de faux titre, 547 pages et 1 feuillet d’errata comprenant 15 lignes, 13 planches
provenant de cuivres différents de ceux de l’édition originale, de moins bonne
qualité de netteté, plusieurs doubles barres oubliés, le nom de madame de Lusse
n’apparait plus à la planche A

In8 Contrefaçon 1 même année que l’originale

In8 Contrefaçon 1

***********************************************

Toutefois le contrefacteur était pointilleux, on trouve un
deuxième tirage postérieur très similaire, avec un fer différent au titre, XII
feuillets titres inclus mais pas de faux titre, 547 pages et 1 feuillet
d’errata ne comprenant plus que 4 lignes, et l’on constate effectivement qu’un
grand nombre de fautes de la contrefaçon précédente ont été corrigées. Le
Bandeau en début de dictionnaire et les culs de lampes en fin de chaque lettre
alphabétique sont devenus typographiques, en remplacement des cuivres.

IN8 contrefaçon 2 même année que l’originale

In8 Contrefaçon 2

Errata contrefaçons 1 et 2

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Comparaison de quelques planches

En résumé, si vous voulez, sans vous poser de questions acquérir
l’originale, il faut choisir l’in quarto chez Veuve Duchesne à la date de 1768,
pour l’in8 avec les mêmes planches, il faut qu’il y ait un faux titre, le
catalogue de la veuve Duchesne in fine, toutefois si vous voulez un exemplaire de
texte moins fautif, choisir la dernière contrefaçon à la date de 1768, avec
l’errata de 4 lignes, mais les planches seront moins belles.

L’idéal étant peut-être d’avoir les quatre, alors, tel un
Rochebillière moderne, vous pourrez vous amuser à chercher les différences et
points communs…et qui sait repérer un jour d’autres versions.

Le catalogue de la Vve Duchesne nous apprend que ce
dictionnaire se vendait 24 livres in quarto et 9 livres in Octavo ces prix
s’entendant pour des exemplaires brochés, le in Octavo étant vendu 12 livres
relié. C’est donc une bonne vingtaine de jours d’un ouvrier agricole en version
in quarto, la culture n’était pas si facilement accessible…

Une fois n’est pas coutume, en conclusion, hommage à Sébastien de Brossard le précurseur oublié de Rousseau sur cet exercice du dictionnaire de musique…

Daniel Bayard janvier 2020

3 Commentaires

  1. Bonjour,
    Merci pour ce billet très intéressant. J'ai une petite remarque : vous parlez de Cuzin et placez son décès en 1890. Ayant travaillé sur Rose Adler et ses doreurs, je suis surprise de cette affirmation, puisqu'elle fait dorer ses reliures par un Adolphe Cuzin jusqu'en 1925. C'est lui qui dirige l'atelier de reliure-dorure de l'UCAD, on le voit dans l'ouvrage de Julien Fléty sur les relieurs français. Mais il vient effectivement d'une famille de doreurs : peut-être parliez-vous de son père ?
    Merci encore pour ce billet, et bien cordialement,
    AC

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