Les Cris de Paris par Adrien Joly, un petit bijou qui présente les petits métiers au début du 19ème

Amis Bibliophiles bonjour,
Je vous propose de découvrir aujourd’hui un ouvrage du début du 19ème assez rare et qui reste peu connu des bibliophiles. A tort sans aucun doute car la suite de gravures qu’il propose est non seulement superbe mais également très intéressante pour l’étude des petits métiers de Paris de l’époque.

Son titre: Les petits acteurs du grand théâtre ou recueil des divers cris de Paris, à Paris, chez Martinet. Les gravures sont pour quelques unes signées Adrien Joly et l’on trouve en général 60 ou 62 dans l’ouvrage (dans ce cas les planches 61 et 62 sont signées Maleuvre). Mon exemplaire en contient bizarrement 61… 


Au fil des planches, ici toutes coloriées, on découvre les petits métiers de Paris au début du 19ème siècle: escamoteur, vendeuse de bière, chiffonnière, tireuse de cartes, carreleur de souliers, marchand de chansons… que je me propose de vous faire découvrir dans les jours qui viennent.



L’ouvrage est de format in-8, dans un joli cartonnage doré assez caractéristique de l’époque. 
H

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Les reliures d’almanachs

Les reliures d'almanachs

Amis Bibliophiles Bonjour,

Qu’il est difficile pour un bibliophile de fixer son attention sur un domaine particulier entre la littérature, les voyages, les Cazin, l’ésotérisme… j’ai choisi de ne pas choisir, même si ce choix s’est imposé à moi, puisque que toute bibliothèque est à l’image de son propriétaire: non pas que j’ai des difficultés à choisir, non, plutôt des difficultés à me limiter, ou à me cantonner à un seul domaine et à limiter ainsi ma curiosité. Au milieu de tous domaines, j’ai ainsi une tendresse particulière pour les almanachs: d’une part les almanachs « de colportage », comme Le Messager Boiteux, dont j’ai déjà parlé ici, parce qu’ils constituent des témoins passionnants de la culture populaire d’une époque, et d’autre part les almanachs que l’on pourrait presque qualifier « de cour », notamment pour leur reliure.En effet, à la fin du 18ème siècle la France a vu se multiplier la publication de d’almanachs. Ceux-ci paraissaient à la faveur de la nouvelle année et constituaient en fait de charmants « agendas de poche » pour l’époque, ils étaient du reste souvent offerts à l’occasion des étrennes de nouvel an (d’où l’appellation étrennes qui figure régulièrement sur leur page de titre). On connaissait ainsi les Etrennes Mignonnes, le Calendrier des Dames, le Calendrier de la Cour, l’Almanach de la toilette et de a coiffure des Dames françaises, l’Almanach des Folies de l’Amour, les Etrennes Spirituelles, plus sages, l’Almanach des Folies Modernes, L’amour dans le Globe ou l’almanach volant, etc.Avec le petit format et leurs illustrations, la reliure est l’un des éléments caractéristiques de ces almanachs. Elle était le plus souvent en maroquin, et la dorure, bien que la plupart du temps réalisée en série, sortait des meilleurs ateliers de l’époque. Il s’agissait souvent de plaques, soit à dentelle, par exemple celles de Dubuisson, soit de compositions florales ou de décors originaux: coiffure de dame, montgolfière. Le raffinement allait parfois plus loin en offrant à ces petits bijoux des reliures peintes, mosaïquées ou agrémentée d’une miniature protégée par une plaque de mica. Les dorures allégoriques sont également légion à partir de la période révolutionnaire et donnent un parfum particulier aux almanachs de cette période: bonnet phrygien, guillotine, personnages de l’histoire.C’est d’ailleurs ce que j’aime dans ces almanachs: leur contenu est définitivement ancré dans une époque et leur reliure est également le témoin de cette époque: raffinement de la fin de l’Ancien Régime, ou porteuses des messages de l’époque, la superficialité des toilettes des dames, ou les figures emblématique de l’époque révolutionnaire. Charme qui ne gâche rien pour le bibliophile qui manque de place, ces charmants petits volumes prennent encore moins de place que des Cazin!

H

4 Commentaires

  1. Probablement Pierre, j'espère que vous me pardonnerez: je l'ai acquis directement auprès d'un bibliophile, pour éviter à un ami libraire la souffrance d'avoir à s'en séparer trop vite.
    🙂
    Hugues

  2. Joli papier sans rousseurs orné de jolies gravures bien colorées (eaux-fortes aquarellées ?) apportant une mine d'informations sur la société de l'époque…

    Le type d'ouvrage qui ne reste jamais bien longtemps sur les rayonnages d'un libraire, j'imagine… Pierre

  3. Superbe intéressant et rare.

    Jacques-Adrien Joly (Paris,1756-Saint-Germain-en-Laye,1829)fut nommé conservateur des estampes et planches gravées de la Bibliothèque, alors impériale, en remplacement de son père, Hugues-Adrien (1718-1800), le 26 octobre 1795.

  4. J'aime ces gravures simples mais d'une véritable valeur pour l'histoire sociale de notre pays. Reste-t-il beaucoup de volumes qui ont échappé aux dépeceurs?
    Bernard f

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