Les Cris de Paris par Adrien Joly, un petit bijou qui présente les petits métiers au début du 19ème

Amis Bibliophiles bonjour,
Je vous propose de découvrir aujourd’hui un ouvrage du début du 19ème assez rare et qui reste peu connu des bibliophiles. A tort sans aucun doute car la suite de gravures qu’il propose est non seulement superbe mais également très intéressante pour l’étude des petits métiers de Paris de l’époque.

Son titre: Les petits acteurs du grand théâtre ou recueil des divers cris de Paris, à Paris, chez Martinet. Les gravures sont pour quelques unes signées Adrien Joly et l’on trouve en général 60 ou 62 dans l’ouvrage (dans ce cas les planches 61 et 62 sont signées Maleuvre). Mon exemplaire en contient bizarrement 61… 


Au fil des planches, ici toutes coloriées, on découvre les petits métiers de Paris au début du 19ème siècle: escamoteur, vendeuse de bière, chiffonnière, tireuse de cartes, carreleur de souliers, marchand de chansons… que je me propose de vous faire découvrir dans les jours qui viennent.



L’ouvrage est de format in-8, dans un joli cartonnage doré assez caractéristique de l’époque. 
H

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À lire ensuite

Solution : Lavater et la physiognomonie…

Amis bibliophiles Bonsoir,

La solution de l’énigme était bien sûr le « Lavater », ou « L’art de connaître les hommes par la physionomie » de Gaspard Lavater.
Vous avez été une demi douzaine a trouver la bonne réponse, mais c’est Jean qui le premier m’a contacté. Bravo à lui.

Gaspard Lavater (1741 – 1801) était un théologien suisse et écrivain de langue allemande. Philosophe, physiologiste, poète et littérateur, il s’est surtout fait connaître pour son ouvrage sur la physiognomonie : L’Art de connaître les hommes par la physionomie dans lequel il jette les bases modernes de la physiognomonie, « science » fondée sur les rapports censés exister entre le caractère d’un individu et les traits de visage. Son premier écrit sur la physiognomonie fut publié en Allemagne en 1772. Il fut suivi de plusieurs autres, qui eurent un grand succès en France, en Angleterre et en Italie. Lavater mourut en 1801 des suites d’une blessure reçue lors de la prise de Zurich par Massena en 1799.

Goethe, dont il fut l’ami, admirait beaucoup son œuvre.

De l’Antiquité à Lavater, la physiognomonie ou métoposcopie a une longue et très riche tradition passant par les Arabes. La Renaissance et les siècles qui suivent s’en passionnent et cet engouement atteint des sommets au XIXe siècle. Entre autres ouvrages, on peut citer Savonarole (Speculum physionomiæ, vers 1450), Gerolamo Cardano écrit vers 1560 sa Metoposcopia qui sera publiée en 1658 illustrée de dessins ; Giambattista della Porta, publie le bien connu De humana physiognomia (1586) qui jouit d’un grand prestige.
Lavater s’inscrit dans cette longue tradition de la physiognomie dont il n’est pas fondateur mais il sera élevé au rang scientifique par ses contemporains enthousiastes et ses disciples. Au final, son système est plus une déduction métaphysique dont l’objet ultime est de restituer la pureté divine altérée par le péché.

Ainsi, il attribue les caractères suivants aux portraits que j’ai proposé hier.

On reconnaît dans cette physionomie celle d’un fripon; la capacité et la forme de ce front promettent cependant un esprit réfléchi et même profond… une physionomie répugnante, incapable d’inspirer la confiance.
Esprit lourd, borné, opiniâtre, ignorance grossière,… »toute concavité, ici l’occiput, dénote de la faiblesse de l’organe qui y réponds, etc.J’ai un Lavater portatif de 1812 (format in-16), qui a appartenu à un officier de police du début du 19ème, et qui est relié avec divers autres ouvrages sur le sujet : « Le Lavater des Dames » de Hocquart, « Mimique, ou l’art de connaître les hommes sur leurs attitudes », et « Les Sympathies, ou l’art de juger par les traits du visage des convenances en amour et en amitié ».

C’est un ouvrage passionnant, souvent comique, qu’à défaut de lire, je feuillete souvent, je me disais d’ailleurs, en regardant la photo de Jean-Paul sur la carte….H

4 Commentaires

  1. Probablement Pierre, j'espère que vous me pardonnerez: je l'ai acquis directement auprès d'un bibliophile, pour éviter à un ami libraire la souffrance d'avoir à s'en séparer trop vite.
    🙂
    Hugues

  2. Joli papier sans rousseurs orné de jolies gravures bien colorées (eaux-fortes aquarellées ?) apportant une mine d'informations sur la société de l'époque…

    Le type d'ouvrage qui ne reste jamais bien longtemps sur les rayonnages d'un libraire, j'imagine… Pierre

  3. Superbe intéressant et rare.

    Jacques-Adrien Joly (Paris,1756-Saint-Germain-en-Laye,1829)fut nommé conservateur des estampes et planches gravées de la Bibliothèque, alors impériale, en remplacement de son père, Hugues-Adrien (1718-1800), le 26 octobre 1795.

  4. J'aime ces gravures simples mais d'une véritable valeur pour l'histoire sociale de notre pays. Reste-t-il beaucoup de volumes qui ont échappé aux dépeceurs?
    Bernard f

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