La Mer des Hystoires, solution de l’énigme

Amis Bibliophiles Bonsoir,

La solution de l’énigme d’hier soir était « La Mer des Hystoires ». Bravo à Martin.

La Mer des Hystoires est une traduction du Rudimentum novitiorum publié à Lübeck en 1475 ; son illustration s’en inspire, mais elle est beaucoup plus riche, extrêmement variée et très précieuse pour l’histoire des mœurs de l’époque (environ 200 gravures sur bois, dont 51 planches à pleine page et 16 planches à mi-page).
La Mer des Hystoires se présente en deux volumes in-folio, dont le texte est en caractères gothiques, et disposé sur deux colonnes. Les deux volumes débutent par une très belle et très grande lettrine.

Le tome 1er est achevé en juillet 1488 par Pierre Le Rouge, et le tome second en février 1489, grâce à l’aide du libraire Vincent Commin (« demourant a lenseigne de la rose en la rue noeufue de Nostredame de paris et imprime par Maistre Pierre le Rouge libraire & imprimeur du Roy Nostresire »)

C’est un ouvrgage d’une grande beauté, j’ai eu l’occasion d’en manipuler un tome lors d’une vente.
Un exemplaire complet de cette édition a été vendu à Paris en 2001 pour 84 000 euros! Une folie!

Les premiers résultats du sondage en cours me donnent à penser que n’êtes pas particulièrement intéressés par mes énigmes, il est donc probable que j’arrête de vous en proposer, à suivre donc…
H

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Un Livre à l’honneur : Le Cousin de Mahomet, de Nicolas Fromaget

Un Livre à l'honneur : Le Cousin de Mahomet, de Nicolas Fromaget

Amis Bibliophiles Bonsoir,

L’ouvrage que je vais évoquer ce soir est un de ces ouvrages que l’on croise régulièrement, sans vraiment savoir en quoi il consiste, mais que le titre, forcément, interpelle : il y a l’Alcoran des Cordeliers, et il y a le Cousin de Mahomet.
Le Cousin de Mahomet, de Nicolas Fromaget, est paru en 1742. En quelque sorte en plein milieu du 18ème siècle français, puisqu’on pratiquement changera d’époque 11 ans avant le tournant du siècle. C’est le moment des Lettres Persanes, mais aussi des voyages de Thévenot ou de Tavernier, autant de titres, relations de voyages ou essais/fictions qui nous emmènent vers la Grande Porte, aux portes de l’Orient, à Istanbul.

De Fromaget on sait encore aujourd’hui peu de choses : il est mort jeune en 1759 et il fût l’ami, peut-être même le nègre du célèbre Alain-René Lesage auquel on doit par exemple Les Aventures de Gil Blas de Santillane. Fromaget signa plusieurs ouvrages, mais seul Le Cousin de Mahomet est passé à la postérité, puisqu’il fût immédiatement interdit par la censure.
Cela tient probablement au fait que comme pour les Lettres Persanes, il est plus simple (et plus prudent) de critiquer les moeurs de son époque en transposant l’action en Orient, plutôt que dans une cour où des susceptibilités puissantes peuvent rapidement nuire à un auteur.

La curiosité de cet ouvrage tient à d’ailleurs au fait qu’il tient à la fois de la satyre et de la relation de voyages (certains de ses contemporains le tinrent pour véridique). En réalité on suit les aventures philosophiques et libertines d’un adolescent espiègle, qui a déserté Paris, abandonnant étude et héritage bourgeois pour rejoindre Constantinople sous la protection d’un convoi de bagnards. Sur place, devenu esclave, il sera rebaptisé « Parisien L’Ecolier » et pénétrera l’intimité des harems de ses maîtres et même du sérail.
Là, la hardiesse d’un jeune parisien fera le reste et « ses yeux me parlaient, mais je n’entendais pas encore si bien ce langage que l’idiome turc… je me hazardai pourtant à porter une main tremblante sur sa gorge… » On devinera que les ennuis ne faisaient que commencer. Aah, que d’incompréhensions auront fait naître les langues étrangères… heureusement, Parisien L’Ecolier sera utilement secondé par son fidèle ami, Mustapha, qui aura la tâche difficile, car comme à la cour du Roi de France, les femmes sont libertines et insaisissables, quand elles ne sont pas comme l’aimée de notre héros, proche un puissant entre les puissants, ici la soeur du sultan, le Cousin de Mahomet, justement.
C’est un admirable roman initiatique, plus léger que les autres oeuvres philosophico-littéraire du siècle, et qui se parcoure comme un véritable roman. Le turc, la femme, l’ami, le chrétien peuvent y être cruels, généreux ou fidèles, amis ou ennemis, et on est loin des schémas classiques. C’est une vraie fiction, qui se lît comme telle. Elle prône en tout cas une grande tolérance qui mériterait d’être remise à la mode.
J’ai souvent croisé cet ouvrage et j’ai finalement craqué hier pour cette originale édition, datée de 1757, avec 5 gravures hors-texte, 2 volumes in-12 en plein veau glacé de l’époque, originale notamment pour cette étonnante dorure, bien labyrinthique. 100 euros à Brassens. Lu dans la journée.

H

7 Commentaires

  1. Ah Isa! Pourquoi n’y-a-t-il pas plus de femmes bibliophiles?
    Vous avez tout à fait raison…! A partir de la semaine prochaine je vous proposerai les énigmes le vendredi, et vous aurez le week-end pour chercher!
    Merci pour cette idée!
    Hugues

  2. Comme tous ceux qui se sont exprimés ici, j’apprécie beaucoup les énigmes. Quelle fierté les (rares !) fois où j’ai pu trouver la réponse ! Et puis les compléments donnés lors du message qui donne la solution sont toujours très instructifs. Finalement, c’est un beau travail de pédagogie : « l’élève » fait lui-même les premières recherches et son travail est par la suite complété par les précisions du « professeur ».
    Petite suggestion : pourquoi ne pas proposer l’énigme un autre jour (le vendredi soir par exemple) et donner la solution quelques jours après, le temps que les « amateurs » puissent faire leur petite enquête ? Personnellement, je n’ai pas toujours le temps de chercher le lundi soir pour le mardi et sachant que la réponse arrivera très tôt, je renonce parfois à me lancer dans de longues recherches pourtant intéressantes… Mais j’avoue aussi que j’ai hâte d’avoir la solution… Quel dilemme !
    Bref : un grand OUI aux énigmes sur le blog !
    Cordialement,
    Isabelle

  3. L’énigme, décryptage :
    Deux volumes in-folio et pourtant je suis un abrégé : la Mer des Hystoires est un abrégé de l’Histoire, de la Création au règne de Charles VIII.
    Je suis composée en caractères gothiques sur deux colonnes et je débute par d’imposantes et célèbres lettrines, avant de vous proposer de magnifiques planches, très précieuses pour l’étude des moeurs de mon époque… un véritable océan de connaissances : informations sur le livre, et océan, pour vous mettre sur la piste de la Mer, ou la confirmer.

    A la Bibliothèque Nationale, compte-tenu de mon importance dans l’histoire de l’édition et de l’imprimerie parisienne et française, je suis évidemment conservée dans la réserve des Livres Rares.

    Un indice : y a pas que le vase de Soissons dans la vie!
    L’une des plus célèbres planches et celle du Sacre de Clovis.

    Bien, les énigmes sont donc maintenues devant vos réactions… En ce qui concerne leut niveau de difficulté, c’est une vrai dilemme : si elles sont trop simples, les plus fondus d’entre vous les trouveront en 10 secondes, si elles sont trop complexes, personne ne trouvera, c’est arrivé.

    La solution est sans doute de ne plus vous proposer une course de vitesse, mais au contraire de vous laisser la satisfaction de trouver. Elles seront donc parfois un peu plus simples.

    H

  4. Comme Pascal, surtout ne pas laisser tomber , ne pas classer les énigmes en tête ne signifie pas que l’on n’aime pas !
    L’intétét du blog est aussi de nous tirer vers le haut . et de nous instruire .

  5. Hugues, ce n’est pas parce que les énigmes ne sont pas la rubrique préférée de vos visiteurs (j’ai pour ma part voté pour les débats ;o)) que vos lecteurs les trouvent sans intérêt! Seulement, elles n’arrivent pas en tête, rien de grave là dedans!

  6. idem Pascal. Surtout n’arrêtez pas ! Simplement, j’ai quelquefois l’impression d’être le dernier de la classe… Quel plaisir lorsque la réponse est expliquée!
    Cordialement. Pierre

  7. bonsoir,

    les enigmes que vous proposez sont interessantes dans la mesure où elles sont l’occasion de découvrir d’une façon différentes de beaux ouvrages.
    Toutefois, il faut avoir de sérieuses connaissances pour leur résolution.
    les novices ne sont pas à la fête
    Pascal de soissons

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