Amis Bibliophiles Bonsoir,
C’est notre ami Bernard qui vous présente aujourd’hui quatre ouvrages de récréations mathématiques et physiques que vous avez certainement déjà rencontrés lors de vos recherches.
Récréations mathématiques composées de plusieurs problèmes plaisans et facétieux, d’arithmétique, géométrie, astrologie, optique, perspective, méchanique, chymie, et d’autres rares et curieux secrets : plusieurs desquels n’ont jamais esté imprimez.
Rouen, chez Charles Osmont. 1629.
1 volume in-12 ; (4), 220 – (4), 72, (14) – (4), 47, (2) pp.
Jean Leurechon (1591-1670), né à Bar le Duc, entre à 18 ans au collège des jésuites de Tournai, en Belgique. Il poursuit ses études à Nancy, puis à Pont-à-Mousson où il demeure jusqu’en 1627. Il observe la comète de 1618 et écrit un Discours de la comète qui paraît à Pont-à-Mousson puis à Paris. En 1624 il publie chez Jean Appier Hanzelet à Pont-à-Mousson, son ouvrage principal Récréation mathématique; composée de plusieurs problèmes plaisants et facétieux; en fait d’arithmétique, géométrie, méchanique, optique, et autres parties de ces belles sciences. Il s’est inspiré des problèmes présentés par Gian Battista Della Porta. Il quitte Pont-à-Mousson pour Reims en 1627. Deux mathématiciens parisiens annotent son ouvrages : D.H.P.E.M. (Denis Henrion) et D.A.L.G. (Claude Mydorge). La première édition rouennaise date de 1628 ; un travail sur les feux d’artifices de Thybourel, préalablement publié en 1620 y est ajouté en troisième partie.
L’ouvrage est divisé en trois parties, chacune avec sa page de titre. Les deux premières sont consacrées aux récréations mathématiques. La troisième est composée d’un Recueil de plusieurs plaisantes et récréatives inventions de feux d’artifice, plus la manière de faire toutes sortes de fuzées, tant simples que doubles, avec leur composition, le tout représenté par figures.
Dans cet ouvrage, l’auteur prétendait qu’un boulet tiré par une grosse pièce de canon pointée vers le zénith, ne retomberait pas sur terre. Descartes écrivit à Mersenne en avril 1634 que cette expérience méritait d’être faite. Dans l’ouvrage de Varignon Conjectures sur la pesanteur , se trouve une gravure représentant le Père Mersenne et Pierre Petit, intendant des fortifications, guettant le retour éventuel d’un boulet qu’il venait de lancer à la verticale, au moyen d’un mortier braqué vers le zénith.
On trouve, dans cet ouvrage, une idée du premier télégraphe : « Quelques-uns ont voulu dire que, par le moyen d’un aimant ou d’autre pierre semblable, les personnes se pourraient entre parler. Par exemple, Claude étant à Paris et Jean à Rome, si l’un et l’autre avait une aiguille frottée à quelque pierre dont la vertu fût telle qu’à mesure qu’une aiguille se mouvrait à Paris, l’autre se remuât tout de même à Rome. Il se pourrait faire que Claude et Jean eussent chacun un même alphabet et qu’ils eussent convenu de ce parler de loin tous les jours à 6 heures du soir. L’aiguille ayant fait trois tours et demi pour signal que c’est Claude et non un autre qui veut parler à Jean; alors Claude, lui voulant dire que le roi est à Paris, il ferait mouvoir et arrêter son aiguille sur L, puis sur E, puis sur R, O, I, et ainsi de suite. Or, en même temps, l’aiguille de Jean, s’accordant avec celle de Claude, irait se remuant et s’arrêtant sur les mêmes lettres, et, partant, l’un pourrait facilement écrire ou entendre ce que l’autre lui veut signifier. L’invention est belle, mais je n’estime pas qu’il se trouve un aimant qui ait telle vertu : aussi n’est-il pas expédient, autrement les trahisons seraient trop fréquentes et trop couvertes. »
On doit à Leucheron le mot thermomètre « instrument pour mesurer les degrés de chaleur ou de froidure qui sont en l’air ».
L’ouvrage sera réédité avec de légères variantes jusqu’à la parution du livre d’Ozanam à la fin du XVIIème siècle.

Recréations mathématiques et physiques, qui contiennent plusieurs problèmes d’arithmétique, de géométrie, d’optique, de gnomonique, de cosmographie, de mécanique, de pyrotechnie, & de physique. Avec un traité nouveau des horloges élémentaires.
Paris, J. Jombert. 1696.
2 volumes in-8 ; frontispice, (14), 265 pp, 45 pl. – (8) pp, pp 273 à 583, (23) pp, pl 46 à 64, 20 pl.
Jacques Ozanam (1640-1717), mathématicien, vécut longtemps de quelques leçons et du jeu, puis se fit une réputation par de bons ouvrages de mathématiques.
Cet exemplaire est peut être une contrefaçon hollandaise de l’édition originale publiée en 1694 chez Jean Jombert. Ces Récréations se présentent sous forme de problèmes : Arithmétique (36 Pb.) – Géométrie (43 Pb.) – Optique (30 Pb.) – Gnomonique (21 Pb.) – Cosmographie (32 Pb.) – Mécanique (45 Pb.) – Pyrotechnie (38 Pb.) – Physique (48 Pb.). Les soixante-quatre planches ne sont pas dans l’ordre.
A la fin du deuxième volume, de la page (469) à 583, se trouve le Traité des horloges élémentaires, ou de la manière de faire des horloges avec l’eau, la terre, l’air, et le feu, traduit de l’italien de Dominique Martinelli de Spolete, paru à Venise en 1663. Ce traité est illustré de vingt planches.
L’ouvrage a eu un énorme succès au XVIIIème siècle ; on en connaît au moins vingt éditions différentes, en plusieurs langues

Nouvelles récréations physiques et mathématiques…
Paris, Gueffier. 1769-1770. EO.
4 volumes in-8 ; (4), IV, IV, XXIII, (1), 243, (5) pp, 23 pl, 2 tableaux – (4), X, (2), 322 pp, 16 pl, 1 tableau – XVI, 240, (8) pp, 23 pl, 1 tableau – (4), XVI, 232, (8) pp, 11 pl, 4 tableaux.
Qui peut me dire à qui appartiennent ces armes qui sont sur l’ex-libris de l’ouvrage ?
Edme Gilles Guyot (1706-1786), géographe et physicien, remplit les fonctions de Directeur du Bureau général des postes de Paris et fut membre de la Société littéraire et militaire de Besançon. Il fit paraître en 1769 ses Nouvelles récréations physiques et mathématiques, contenant ce qui a été imprimé de plus curieux dans ce genre. Comme Guyot l’annonce dans sa préface, son œuvre est inspirée d’Ozanam. Certains bibliographes attribuent cet ouvrage de Guyot, qui d’après l’indication des pages de titre est de la Société Littéraire et militaire de Besançon, à Guillaume-Germain Guyot (1724-1800).
Cet ouvrage intéressant est richement illustré de planches coloriées à la main, est « indispensable au prestidigitateur, à l’illusionniste, et à tous ceux qui aiment pratiquer ou enseigner des récréations avec l’aimant, la mécanique, les nombres, la subtilité des mains (les cartes à jouer, gobelets), la géométrie, la perspective, la lumière, l’optique, l’électricité, et la catoptrique. »
Tome 1 : Jeux de l’aiman. Tome 2 : Récréations sur les nombres. Tome 3 : Illusions de l’optique. Tome 4 : Amusemens des encres sympathiques, de l’air, de l’eau et du feu.
Une seconde édition en quatre volumes a paru de 1772 à 1775, puis une troisième édition en trois volumes en 1786.





Dictionnaire encyclopédique des Amusemens des Sciences Mathématiques et Physiques.
Paris, Panckoucke. 1792.
1 volume in-4 de texte et 1 volume in folio de planches :
(6) pp, pp VII et VIII, 870 pp, 2 tableaux – Atlas : 86 pl dont 2 doubles.

Cet ouvrage est du à Jacques Lacombe (1724-1811), avocat et libraire français. Il fait partie de l’Encyclopédie méthodique. Il offre tous les détails pour l’explication des amusements de physique, de mécanique, d’optique, de pyrotechnie, de tours occultes, de cartes, jeux de société… « Nous avons rapproché, dans ce dictionnaire, tout ce que MM. Macquer, Nollet, Ozanam et son continuateur, les éditeurs du Dictionnaire de l’Industrie, ceux de la Bibliothèque physico-économique, Guyot, Decremps, Pinetti, et une infinité d’autres auteurs anciens et modernes ont publié à cet égard de plus intéressant et de plus curieux ». Les planches ont paru dans le tome VIII des planches de l’Encyclopédie méthodique.
On dit de cet ouvrage qu’il a fait de Robert Houdin un magicien. « Volume dans lesquels j’ai puisé mes premières inspirations dans l’art de l’escamotage ». Robert Houdin


Un ancien propriétaire a collé quelques figures peintes au dos de certaines planches.

Merci beaucoup Bernard!!!H
Etonnant! Il y a un article dans la Gazette de Drouot de cette semaine sur le château des Marquis de Poyanne justement (Gazette n°3, 25/01/2008, p160).
Bonjour. J’ai celle-ci dans un Magasin des enfans (1822):
« Ce livre m’appartient Celui qui le trouvera s’il ne le rend pas le Diable l’emportera sur une branche La branche ferra (sic) cri-cra Voilà mon homme bas »
:)))
Très souvent, ces notations me plaisent beaucoup, pour autant qu’elles soient d’époque.
J’ai, ainsi, dans un livre du début XVIII, une note en heptasyllabe : « Si tenté par le démon, tu dérobes ce livre, apprend que tout fripon, est indigne de vivre ».
On pourrait même se laisser aller à spéculer sur les dates de ce brave « de Calmeilh de Poyanne », puisque c’est son nom, désormais on en est certain.
Malheureusement il n’a pas daté son écrit. Ce qui est vraiment dommage !
Malgré tout quelques déductions logiques peuvent nous aider.
La reliure est strictement d’époque. Deux options se présentent :
Soit il a acquis le volume aux environ de 1735 ayant inscris son texte quadi immédiatement après son acquisition, fier de montrer son âge vénérable. Ce qui donnerait approximativement une date de naissance aux environs de 1637 (on va considérer 1630-1645 pour être large.
Soit, deuxième option, il a acquis ce volume ultérieurement au cours du XVIIIè s., et là on a une date de naissance qui va varier entre 1630 pour la plus ancienne à 1701 (peu probable, il faudrait considérer que l’écriture date de 1799 et je ne pense vraiment pas, vue l’encre, la graphie, etc).
Sa date de naissance est plus probablement située entre 1630 et 1650. Reste à trouver un « de Calmeilh de Poyanne » né à cette époque…
Amitiés, Bertrand.
Ce serait difficile à croire. Une sommation, entre personnes bien élevées, c’est généralement assez mal vu et symptomatique d’un conflit que les bonnes manières n’ont réussies à résoudre amicalement… Mais pourquoi pas, après tout?! Le livre est de 1735, et la sommation de 1744. Alors… Se seraient-ils fachés pour des questions philosophiques?
Mais jusqu’où ce Blog ira-t-il ?
Pensez donc que d’aucun pensent à cette heure que le Blog n’existe pas ou tout comme !!!
Bravo et merci à tous. On a prouvé ce soir que l’alliance de tous pouvait servir la curiosité de toute une communauté de passionnés du livre et d’histoire.
Ma grande question qui sera sans doute sans réponse celle-là :
Ce Calmeilh de Poyanne, proche de Montesquieu visiblement, a-t-il cotoyé le grand homme de Lettres au point d’en être un familier ??
Amitiés, Bertrand
Calmeilh, plutôt.
bonne nuit
Re-bonsoir !
Je confirme ce qu’a écrit Martin.
Il s’agit de la famille de CALMEIL.
J’ai trouvé quelques renseignements en tapant sur google livres Calmeil et Poyanne. Plusieurs prénoms sont cités, le seigneur ayant toujours le titre d’écuyer, et de seigneur de Poyanne. On cite aussi ceci dans un livre : « le 24 juin 1744, Montesquieu adresse une sommation à Messire François de Calmeil,(dont on précise plus loin qu’il est seigneur de Poyanne) écuyer sur les fossés des Carmes à Bordeaux, »pour donner droit de passage dans un chemin de servitude à Martillac »…parce qu’il n’a pas pu sortir son foin d’un pré à Cadeaujac » Il ne s’agit malheureusement que d’un extrait mais peut-être peut-on, en étant bien documenté, en trouver davantage.
Bon, il se fait tard et j’ai « école » demain. J’ai hâte de voir la suite de l’enquête.
A bientôt,
Isabelle
Calmeil!
Le plus amusant concernant le parcours de cet exemplaire, c’est que je j’ai acheté à Montolieu (Aude), village du livre situé en pleine Montagne noire.
Toujours une localisation quart sud-ouest.
L’exemplaire n’a du bougé que de quelques dizaines voire quelques centaines de kilomètres en plus de trois siècles, restant à peu près dans la même région.
C’est aujourd’hui à l’heure d’internet qu’il va commencer à bouger à grands pas…
Etrange destin que celui d’un livre !
Amitiés, Bertrand
Trouvé sur quid.fr :
« Les marquis de Poyanne étaient les seigneurs les plus puissants de la Gascogne »
Les « Calmel de Poyanne » sont sans doute une branche de cette illustre famille aujourd’hui visiblement tombée dans l’anonymat.
Si l’on s’attache maintenant au premier nom « Calmel » on tombe via Google map sur une seule localisation, une commune ou plutôt un hameau CALMEL dépendant de la commune de Saint-Amans-de-Pellagal (82110), situé près de Montauban et à 239 kms de Gauriac.
Est-ce ce Calmel qui donna le nom de famille ??
A suivre…
Amitiés, Bertrand
Merci Martin, Merci Isa, je pense qu’on peut s’orienter vers un Gauriac en Bourgeais, près de Bordeaux.
Le Bourgeais se situe sur le canton de Bourg/Gironde entre la Gironde et la Dordogne. Région connue pour son vin apparemment (les locaux qui fréquentent ce blog pourrant sans doute nous en dire plus).
Il existe par ailleurs actuellement un vin, le château Poyanne, qui fait partie de la production des Vignobles Albert Schweitzer est un très ancien cru de la commune de Gauriac que l’on retrouve dans tous les répertoires de bons vins de Bordeaux depuis cent cinquante ans, il fut classé « Cru Bourgeois » en 1855.
Acheté en 1962 ce domaine a été entièrement replanté, car les propriétaires s’attachent à perpétuer la tradition de qualité qui a valu la notoriété de ce Cru.
Grâce aux terroir de coteaux de calcaire à astéries, revêtu en surface de limons, et aux choix minutieux des cépages, le Château Poyanne produit un vin corsé , de robe élégante avec un bouquet fruité‚ où la puissance s’allie au charme et à la finesse, qualités qui se développant avec l’age.
En bouche, une belle concentration ample et délicate, caractéristique du terroir « Bourgeais ».
Une vinification soignée et attentive, suivie d’un long vieillissement en cuves de 12 à 24 mois; et une partie vieillie en fûts de chêne français. La totalité de la récolte ensuite est mise en bouteilles au château.
Le château POYANNE sera très apprécié des connaisseurs sur les viandes, ainsi que sur des fromages de caractère avec lesquels il forme le plus heureux des mariages. De nombreuses récompenses sont venues, à juste titre, souligner les nombreuses qualités de ce vin. (source site internet http://www.schweitzer-albert.com/index.php?contain=06)
On y arrive.
Ce monsieur Calmet de Poyanne ou Calmel de Poyanne semble bien l’ancêtre de ces lieux… a-t-il marqué l’histoire du haut de ses 98 ans afin que nous en retrouvions traces ??
Belle enquête en tous les cas. En plus lorsque l’on sait que cette mention manuscrite est dans un exemplaire des Nouvelles Lettres Persanes (1735), ouvrage à l’imitation du grand Montesquieu (né à La Brède près de Bordeaux), on se dit que cet érudit quasi centenaire à sans aucun doute voulu goûter ce livre « à l’imitation » pour voir de quoi il retournait.
C’est ça l’histoire d’un exemplaire !
Merci.
Amitiés, Bertrand
Bonsoir,
J’ai regardé sur une carte de Cassini et il y a à l’Est de Gauriac en Gironde un lieu-dit appelé Poyanne. Voici le lien en espérant que ça marche :
http://www.gencom.org/France/Cassini.aspx?CARTE=104&LOCAL=NA&ID=8b569a31-cba4-466c-9e09-45046736666d&LIB=Gauriac
Gauriac est situé non loin de la ville de Bourg, ce qui expliquerait peut-être le nom un peu compliqué de « bourgeac(?) ».
Il ne nous reste plus qu’à trouver qui était ce monsieur Calmel ou Calmet…
Cordialement,
Isabelle
Evidemment, Gauriac en Bourges n’existe pas, mais en Bourgès = en Bourgeais?
Je pense qu’on tourne autour, il existe effectivement un château de Poyanne dans les Landes.
Amitiés, Bertrand
C’est effectivement « Gauriac » et non « Goriac » qu’il faut lire je pense. La paroisse de Gauriac existe encore et se situe en Haute-Gironde.
Quant au nom, je n’arrive vraiment pas à le déchiffrer complètement.
Merci à tous,
Amitiés, Bertrand
J’aurais dit pareil que Martin, sauf peut-être plutôt « Boyanne » et Bourgeac (mais je ne suis pas sûr).
Je sens que cette affaire de consoles de jeu va me poursuivre encore longtemps, tout comme mon pseudo ridicule!
Juste une suggestion:
M. Calmet(,) de Poyanne(,) démeurant dans la paroisse de Goriac (i.e.: Gauriac) en Bourges(,) agé de etc.
pour compléter la transcription:
« agé de 98 ans, LISANT et ecrivant sans lunete ».