Et oui, soyez rassurés, la Bibliophilie, ça conserve.
Pour en juger, voyez plutôt la note manuscrite que Bertrand à découvert sur le haut de la première garde blanche d’un ouvrage du XVIIIè siècle (Les Nouvelles Lettres Persanes, Londres, 1735, 2 vol. in-12, reliés plein veau de l’époque) A vous de déchiffrer le nom du possesseur de l’ouvrage ainsi que son adresse, mais en tout cas, on lit parfaitement :
« agé de 98 …. et écrivant sans lunette comme à lage de vingt ans, et qui monte et descend bien à cheval. »
L’écriture est du XVIIIè siècle, difficile d’en dire plus. Certainement un homme qui a vécu à cheval sur le XVIIè et le XVIIIè s.
Maintenant c’est prouvé ! La bibliophilie conserve…
Merci Bertrand!
H
Mince, les cours ne vont baisser de sitôt, on ne saurait trop conseiller à Pilou de spéculer sur les consoles de jeux!
La lettre du bibliophile
Si cette chronique vous a plu : recevez trois nouvelles par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d'archives, quelques milliers de lecteurs.
Pas de pub, pas de revente de données. Désabonnement en un clic.
Ancien greffier de la ville de Reims, Jean de Foigny était fiancé à la belle-fille de Nicolas Bacquenois, troisième imprimeur installé à Reims, rue Saint-Étienne (aujourd’hui rue de l’Université), quand il fut formé à la typographie par son futur beau-père. Quand ce dernier accepta de devenir le premier imprimeur de Verdun en 1560, Jean de Foigny lui succéda.
Dans une ville qui deviendra la capitale de la Sainte Ligue, confédération catholique créée pour combattre l’Union calviniste, Foigny fut l’imprimeur du cardinal Charles de Lorraine, puis du cardinal Louis de Guise, et imprima surtout les textes des ecclésiastiques de la Contre-Réforme, parmi lesquels figuraient : Gentian Hervet, chanoine de Notre-Dame de Reims et auteur d’une traduction française du Sainct, sacré, universel et général concile de Trente en 1564 ; Nicolas Chesneau, homonyme du libraire parisien, chanoine de Saint-Symphorien de Reims et auteur d’un Manuel de la recherche ou antiquité de la foy en 1570 et de la traduction de L’Histoire de l’Eglise métropolitaine de Reims, par Flodoard, en 1580 ; Hubert Meurier, autre chanoine de Notre-Dame de Reims et auteur d’un Traicté de l’institution et vray usage des processions en 1583 ; Nicolas Boucher, évêque de Verdun et auteur de La Conjonction des lettres et des armes en 1579.
Foigny imprima aussi des textes de catholiques anglais réfugiés à Reims, qui avaient fui les persécutions de la reine Elisabeth Ire. Parmi eux se trouvaient le cardinal William Allen, fondateur du collège anglais de Reims en 1578, l’évêque John Lesley, défenseur de Marie Stuart, et Gregory Martin, traducteur du latin en anglais de The New Testament of Jesus Christ en 1582.
Foigny imprima également ses propres textes : L’Oraison funèbre de François de Lorraine, traduite du latin, en 1563, Le Sacre et coronnement du roy de France, en 1575, et La Vallée des fleurs de lis, traduite du latin, en 1576.Enfin, il fut l’imprimeur, en 1571, du seul Processional connu pour la cathédrale de Reims, antérieur au xviie siècle, et l’imprimeur du nouveau Bréviaire imposé par le pape Pie V en 1568, dont on ne connaît pas d’exemplaire.
Imprimeur éditeur, Foigny partagea néanmoins quelques éditions : avec son beau-père, Nicolas Bacquenois, qui les imprima à Reims ou à Verdun ; avec des libraires parisiens, Guillaume Nyverd et surtout Nicolas Chesneau ; avec un libraire de Soissons, Guérin Boniau.
Veuf de Françoise Gaulme-Bacquenois, avec quatre enfants, Jean de Foigny épousa en secondes noces Catherine Jabot, sœur du médecin du roi Henri IV, qui lui donnera cinq fils, dont trois seront prêtres et deux imprimeurs à Reims. Foigny mourut au cours du second semestre de l’année 1586 : pendant un quart de siècle, il avait imprimé 139 titres et 7 affiches qui sont parvenus jusqu’à nous. Sa veuve lui succéda.
Quand Bacquenois quitta Reims pour Verdun, il laissa une grande partie de son matériel à Foigny caractères romains et italiques surtout ; Foigny n’employa qu’une fois la lettre gothique, en 1576, et très peu le caractère grec. Par contre, il utilisa un contingent important de lettrines, dont certains modèles étaient communs à d’autres imprimeurs :des lettres avec filet encadrant le motif, dont les fonds sont criblés, ou rayés anthropomorphes (le caractère « I » appartient à un alphabet signé « T » ayant appartenu à l’imprimeur lyonnais Thibaud Payen, originaire de Troyes et maître de Bacquenois), ou rayés zoomorphes, ou rayés à rinceaux fleuris, ou blancs.Des lettres sans filet, noires ou blanches.
Dans ses ouvrages consacrés au sacre du roi Henri III, Foigny a utilisé en 1575 un bois représentant l’évêque Saint Remi recevant la Sainte Ampoule apportée par une colombe sortant des nuages ; à la droite du saint, la mention « Sanctus Remigius » et deux fleurs grossièrement gravées ; à sa gauche, les armes de l’abbaye de Saint-Remi, surmontées de la colombe ; le bois est signé de la double croix ou croix de Lorraine.
Ce bois avait été utilisé en 1549 par Yolande Bonhomme, veuve de l’imprimeur parisien Thielman (I) Kerver, décédé en 1522, pour la page de titre d’un bréviaire à l’usage de Saint-Remi : il a été mutilé par Foigny, car il présentait à la droite du saint les armes de Robert de Lenoncourt, abbé de Saint-Remi, puis archevêque de Reims, mort en 1531, surmontées du chapeau à vingt glands.On sait que Yolande Bonhomme, décédée en 1557, et son fils Jacques Kerver, décédé en 1583, furent parmi les acqu éreurs du matériel de l’imprimeur Olivier Mallard, successeur du célèbre graveur parisien Geofroy Tory : mais on sait aussi que la marque de la croix de Lorraine n’était pas seulement celle de Tory, mais aussi celle du graveur lorrain Claude Wœiriot.
Par contre, Foigny posséda au moins un autre bois attribué à Tory, représentant une crucifixion et signé «GT»: ce bois ressemble étrangement à celui, non signé et à 6 soldats au lieu de 7, utilisé successivement par Yolande Bonhomme en 1546 ? Thielman (II) Kerver en 1585 et Jean Garnier, imprimeur à Troyes au xviiie siècle.
Foigny a pu acheter ces deux bois à Jacques Kerver.L’encadrement gravé sur bois de la page de titre et du feuillet 133, et le portrait gravé sur cuivre du cardinal de Lorraine, entre les feuillets 127 et 128, de La Conjonction des lettres et des armes de 1579, proviennent du matériel de l’imprimeur parisien Fédéric [sic] Morel, originaire de Troyes et décédé en 1583. Le portrait du cardinal, non signé et daté 1575, alors que le cardinal est mort en 1574, pourrait être l’œuvre de Pierre Wœiriot, frère cadet de Claude. De 1564 à 1584, Foigny utilisa la marque de son beau-père dans 11 éditions : une marque « Au lion », en souvenir de la ville où Bacquenois avait fait son apprentissage et où il s’était installé avant de venir à Reims.C’est en 1564 que Foigny utilisa pour la première fois sa propre marque « Au lion » (36 x 40 mm.), inspirée de celle de son beau-père et dont le graveur n’a pas été identifié : le roi des animaux est dressé contre une pyramide, emblème du cardinal de Lorraine, sur fond de paysage fluvial éclairé par le soleil levant, dans un cartouche ovale dont le bord supporte la devise de Bacquenois, « Sequitur fortuna laborem » (Le succès est le fruit de l’effort). Il l’utilisera seulement dans 29 éditions.
Jean-Paul Fontaine
Merci beaucoup Jean-Paul.Hugues
Amis Bibliophiles bonjour,Posséder une reliure armoriée valorise le livre, outre pour l’attrait du décor mais aussi bien sûr pour sa provenance. L’identification de ces armoiries et donc de la provenance des livres est essentielle. Il […]
Amis Bibliophiles, Bonsoir, Quelques notions essentielles sur la pagination et la foliotation qui vous permettront de décrire correctement la plupart des ouvrages d’Ancien Régime. Ces principes valent pour les manuscrits comme pour les imprimés du […]
Amis Bibliophiles bonjour, Alors que nous approchons du 350ème anniversaire de la mort de Blaise Pascal (1662), une note manuscrite de géométrie du philosophe et scientifique a été découverte par un chercheur de l’université Blaise-Pascal […]
19 Commentaires
Etonnant! Il y a un article dans la Gazette de Drouot de cette semaine sur le château des Marquis de Poyanne justement (Gazette n°3, 25/01/2008, p160).
Bonjour. J’ai celle-ci dans un Magasin des enfans (1822):
« Ce livre m’appartient Celui qui le trouvera s’il ne le rend pas le Diable l’emportera sur une branche La branche ferra (sic) cri-cra Voilà mon homme bas »
Très souvent, ces notations me plaisent beaucoup, pour autant qu’elles soient d’époque.
J’ai, ainsi, dans un livre du début XVIII, une note en heptasyllabe : « Si tenté par le démon, tu dérobes ce livre, apprend que tout fripon, est indigne de vivre ».
On pourrait même se laisser aller à spéculer sur les dates de ce brave « de Calmeilh de Poyanne », puisque c’est son nom, désormais on en est certain.
Malheureusement il n’a pas daté son écrit. Ce qui est vraiment dommage !
Malgré tout quelques déductions logiques peuvent nous aider.
La reliure est strictement d’époque. Deux options se présentent :
Soit il a acquis le volume aux environ de 1735 ayant inscris son texte quadi immédiatement après son acquisition, fier de montrer son âge vénérable. Ce qui donnerait approximativement une date de naissance aux environs de 1637 (on va considérer 1630-1645 pour être large.
Soit, deuxième option, il a acquis ce volume ultérieurement au cours du XVIIIè s., et là on a une date de naissance qui va varier entre 1630 pour la plus ancienne à 1701 (peu probable, il faudrait considérer que l’écriture date de 1799 et je ne pense vraiment pas, vue l’encre, la graphie, etc).
Sa date de naissance est plus probablement située entre 1630 et 1650. Reste à trouver un « de Calmeilh de Poyanne » né à cette époque…
Ce serait difficile à croire. Une sommation, entre personnes bien élevées, c’est généralement assez mal vu et symptomatique d’un conflit que les bonnes manières n’ont réussies à résoudre amicalement… Mais pourquoi pas, après tout?! Le livre est de 1735, et la sommation de 1744. Alors… Se seraient-ils fachés pour des questions philosophiques?
Pensez donc que d’aucun pensent à cette heure que le Blog n’existe pas ou tout comme !!!
Bravo et merci à tous. On a prouvé ce soir que l’alliance de tous pouvait servir la curiosité de toute une communauté de passionnés du livre et d’histoire.
Ma grande question qui sera sans doute sans réponse celle-là :
Ce Calmeilh de Poyanne, proche de Montesquieu visiblement, a-t-il cotoyé le grand homme de Lettres au point d’en être un familier ??
Re-bonsoir ! Je confirme ce qu’a écrit Martin. Il s’agit de la famille de CALMEIL. J’ai trouvé quelques renseignements en tapant sur google livres Calmeil et Poyanne. Plusieurs prénoms sont cités, le seigneur ayant toujours le titre d’écuyer, et de seigneur de Poyanne. On cite aussi ceci dans un livre : « le 24 juin 1744, Montesquieu adresse une sommation à Messire François de Calmeil,(dont on précise plus loin qu’il est seigneur de Poyanne) écuyer sur les fossés des Carmes à Bordeaux, »pour donner droit de passage dans un chemin de servitude à Martillac »…parce qu’il n’a pas pu sortir son foin d’un pré à Cadeaujac » Il ne s’agit malheureusement que d’un extrait mais peut-être peut-on, en étant bien documenté, en trouver davantage. Bon, il se fait tard et j’ai « école » demain. J’ai hâte de voir la suite de l’enquête. A bientôt, Isabelle
Le plus amusant concernant le parcours de cet exemplaire, c’est que je j’ai acheté à Montolieu (Aude), village du livre situé en pleine Montagne noire.
Toujours une localisation quart sud-ouest.
L’exemplaire n’a du bougé que de quelques dizaines voire quelques centaines de kilomètres en plus de trois siècles, restant à peu près dans la même région.
C’est aujourd’hui à l’heure d’internet qu’il va commencer à bouger à grands pas…
« Les marquis de Poyanne étaient les seigneurs les plus puissants de la Gascogne »
Les « Calmel de Poyanne » sont sans doute une branche de cette illustre famille aujourd’hui visiblement tombée dans l’anonymat.
Si l’on s’attache maintenant au premier nom « Calmel » on tombe via Google map sur une seule localisation, une commune ou plutôt un hameau CALMEL dépendant de la commune de Saint-Amans-de-Pellagal (82110), situé près de Montauban et à 239 kms de Gauriac.
Merci Martin, Merci Isa, je pense qu’on peut s’orienter vers un Gauriac en Bourgeais, près de Bordeaux.
Le Bourgeais se situe sur le canton de Bourg/Gironde entre la Gironde et la Dordogne. Région connue pour son vin apparemment (les locaux qui fréquentent ce blog pourrant sans doute nous en dire plus).
Il existe par ailleurs actuellement un vin, le château Poyanne, qui fait partie de la production des Vignobles Albert Schweitzer est un très ancien cru de la commune de Gauriac que l’on retrouve dans tous les répertoires de bons vins de Bordeaux depuis cent cinquante ans, il fut classé « Cru Bourgeois » en 1855.
Acheté en 1962 ce domaine a été entièrement replanté, car les propriétaires s’attachent à perpétuer la tradition de qualité qui a valu la notoriété de ce Cru. Grâce aux terroir de coteaux de calcaire à astéries, revêtu en surface de limons, et aux choix minutieux des cépages, le Château Poyanne produit un vin corsé , de robe élégante avec un bouquet fruité‚ où la puissance s’allie au charme et à la finesse, qualités qui se développant avec l’age. En bouche, une belle concentration ample et délicate, caractéristique du terroir « Bourgeais ». Une vinification soignée et attentive, suivie d’un long vieillissement en cuves de 12 à 24 mois; et une partie vieillie en fûts de chêne français. La totalité de la récolte ensuite est mise en bouteilles au château.
Le château POYANNE sera très apprécié des connaisseurs sur les viandes, ainsi que sur des fromages de caractère avec lesquels il forme le plus heureux des mariages. De nombreuses récompenses sont venues, à juste titre, souligner les nombreuses qualités de ce vin. (source site internet http://www.schweitzer-albert.com/index.php?contain=06)
On y arrive.
Ce monsieur Calmet de Poyanne ou Calmel de Poyanne semble bien l’ancêtre de ces lieux… a-t-il marqué l’histoire du haut de ses 98 ans afin que nous en retrouvions traces ??
Belle enquête en tous les cas. En plus lorsque l’on sait que cette mention manuscrite est dans un exemplaire des Nouvelles Lettres Persanes (1735), ouvrage à l’imitation du grand Montesquieu (né à La Brède près de Bordeaux), on se dit que cet érudit quasi centenaire à sans aucun doute voulu goûter ce livre « à l’imitation » pour voir de quoi il retournait.
Bonsoir, J’ai regardé sur une carte de Cassini et il y a à l’Est de Gauriac en Gironde un lieu-dit appelé Poyanne. Voici le lien en espérant que ça marche : http://www.gencom.org/France/Cassini.aspx?CARTE=104&LOCAL=NA&ID=8b569a31-cba4-466c-9e09-45046736666d&LIB=Gauriac Gauriac est situé non loin de la ville de Bourg, ce qui expliquerait peut-être le nom un peu compliqué de « bourgeac(?) ». Il ne nous reste plus qu’à trouver qui était ce monsieur Calmel ou Calmet… Cordialement, Isabelle
J’aurais dit pareil que Martin, sauf peut-être plutôt « Boyanne » et Bourgeac (mais je ne suis pas sûr). Je sens que cette affaire de consoles de jeu va me poursuivre encore longtemps, tout comme mon pseudo ridicule!
Trois chroniques par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d’archives, quelques milliers de lecteurs.
Pas de pub, pas de revente de données. Désabonnement en un clic.
Cookie Consent
Nous utilisons des cookies pour mesurer l'audience du site et améliorer votre expérience de lecture. En continuant à naviguer, vous acceptez ces cookies. Vous pouvez à tout moment ajuster vos préférences.
ID used to identify users for 24 hours after last activity
24 hours
_gat
Used to monitor number of Google Analytics server requests when using Google Tag Manager
1 minute
_gac_
Contains information related to marketing campaigns of the user. These are shared with Google AdWords / Google Ads when the Google Ads and Google Analytics accounts are linked together.
90 days
__utma
ID used to identify users and sessions
2 years after last activity
__utmt
Used to monitor number of Google Analytics server requests
10 minutes
__utmb
Used to distinguish new sessions and visits. This cookie is set when the GA.js javascript library is loaded and there is no existing __utmb cookie. The cookie is updated every time data is sent to the Google Analytics server.
30 minutes after last activity
__utmc
Used only with old Urchin versions of Google Analytics and not with GA.js. Was used to distinguish between new sessions and visits at the end of a session.
End of session (browser)
__utmz
Contains information about the traffic source or campaign that directed user to the website. The cookie is set when the GA.js javascript is loaded and updated when data is sent to the Google Anaytics server
6 months after last activity
__utmv
Contains custom information set by the web developer via the _setCustomVar method in Google Analytics. This cookie is updated every time new data is sent to the Google Analytics server.
2 years after last activity
__utmx
Used to determine whether a user is included in an A / B or Multivariate test.
18 months
_ga
ID used to identify users
2 years
_gali
Used by Google Analytics to determine which links on a page are being clicked
Etonnant! Il y a un article dans la Gazette de Drouot de cette semaine sur le château des Marquis de Poyanne justement (Gazette n°3, 25/01/2008, p160).
Bonjour. J’ai celle-ci dans un Magasin des enfans (1822):
« Ce livre m’appartient Celui qui le trouvera s’il ne le rend pas le Diable l’emportera sur une branche La branche ferra (sic) cri-cra Voilà mon homme bas »
:)))
Très souvent, ces notations me plaisent beaucoup, pour autant qu’elles soient d’époque.
J’ai, ainsi, dans un livre du début XVIII, une note en heptasyllabe : « Si tenté par le démon, tu dérobes ce livre, apprend que tout fripon, est indigne de vivre ».
On pourrait même se laisser aller à spéculer sur les dates de ce brave « de Calmeilh de Poyanne », puisque c’est son nom, désormais on en est certain.
Malheureusement il n’a pas daté son écrit. Ce qui est vraiment dommage !
Malgré tout quelques déductions logiques peuvent nous aider.
La reliure est strictement d’époque. Deux options se présentent :
Soit il a acquis le volume aux environ de 1735 ayant inscris son texte quadi immédiatement après son acquisition, fier de montrer son âge vénérable. Ce qui donnerait approximativement une date de naissance aux environs de 1637 (on va considérer 1630-1645 pour être large.
Soit, deuxième option, il a acquis ce volume ultérieurement au cours du XVIIIè s., et là on a une date de naissance qui va varier entre 1630 pour la plus ancienne à 1701 (peu probable, il faudrait considérer que l’écriture date de 1799 et je ne pense vraiment pas, vue l’encre, la graphie, etc).
Sa date de naissance est plus probablement située entre 1630 et 1650. Reste à trouver un « de Calmeilh de Poyanne » né à cette époque…
Amitiés, Bertrand.
Ce serait difficile à croire. Une sommation, entre personnes bien élevées, c’est généralement assez mal vu et symptomatique d’un conflit que les bonnes manières n’ont réussies à résoudre amicalement… Mais pourquoi pas, après tout?! Le livre est de 1735, et la sommation de 1744. Alors… Se seraient-ils fachés pour des questions philosophiques?
Mais jusqu’où ce Blog ira-t-il ?
Pensez donc que d’aucun pensent à cette heure que le Blog n’existe pas ou tout comme !!!
Bravo et merci à tous. On a prouvé ce soir que l’alliance de tous pouvait servir la curiosité de toute une communauté de passionnés du livre et d’histoire.
Ma grande question qui sera sans doute sans réponse celle-là :
Ce Calmeilh de Poyanne, proche de Montesquieu visiblement, a-t-il cotoyé le grand homme de Lettres au point d’en être un familier ??
Amitiés, Bertrand
Calmeilh, plutôt.
bonne nuit
Re-bonsoir !
Je confirme ce qu’a écrit Martin.
Il s’agit de la famille de CALMEIL.
J’ai trouvé quelques renseignements en tapant sur google livres Calmeil et Poyanne. Plusieurs prénoms sont cités, le seigneur ayant toujours le titre d’écuyer, et de seigneur de Poyanne. On cite aussi ceci dans un livre : « le 24 juin 1744, Montesquieu adresse une sommation à Messire François de Calmeil,(dont on précise plus loin qu’il est seigneur de Poyanne) écuyer sur les fossés des Carmes à Bordeaux, »pour donner droit de passage dans un chemin de servitude à Martillac »…parce qu’il n’a pas pu sortir son foin d’un pré à Cadeaujac » Il ne s’agit malheureusement que d’un extrait mais peut-être peut-on, en étant bien documenté, en trouver davantage.
Bon, il se fait tard et j’ai « école » demain. J’ai hâte de voir la suite de l’enquête.
A bientôt,
Isabelle
Calmeil!
Le plus amusant concernant le parcours de cet exemplaire, c’est que je j’ai acheté à Montolieu (Aude), village du livre situé en pleine Montagne noire.
Toujours une localisation quart sud-ouest.
L’exemplaire n’a du bougé que de quelques dizaines voire quelques centaines de kilomètres en plus de trois siècles, restant à peu près dans la même région.
C’est aujourd’hui à l’heure d’internet qu’il va commencer à bouger à grands pas…
Etrange destin que celui d’un livre !
Amitiés, Bertrand
Trouvé sur quid.fr :
« Les marquis de Poyanne étaient les seigneurs les plus puissants de la Gascogne »
Les « Calmel de Poyanne » sont sans doute une branche de cette illustre famille aujourd’hui visiblement tombée dans l’anonymat.
Si l’on s’attache maintenant au premier nom « Calmel » on tombe via Google map sur une seule localisation, une commune ou plutôt un hameau CALMEL dépendant de la commune de Saint-Amans-de-Pellagal (82110), situé près de Montauban et à 239 kms de Gauriac.
Est-ce ce Calmel qui donna le nom de famille ??
A suivre…
Amitiés, Bertrand
Merci Martin, Merci Isa, je pense qu’on peut s’orienter vers un Gauriac en Bourgeais, près de Bordeaux.
Le Bourgeais se situe sur le canton de Bourg/Gironde entre la Gironde et la Dordogne. Région connue pour son vin apparemment (les locaux qui fréquentent ce blog pourrant sans doute nous en dire plus).
Il existe par ailleurs actuellement un vin, le château Poyanne, qui fait partie de la production des Vignobles Albert Schweitzer est un très ancien cru de la commune de Gauriac que l’on retrouve dans tous les répertoires de bons vins de Bordeaux depuis cent cinquante ans, il fut classé « Cru Bourgeois » en 1855.
Acheté en 1962 ce domaine a été entièrement replanté, car les propriétaires s’attachent à perpétuer la tradition de qualité qui a valu la notoriété de ce Cru.
Grâce aux terroir de coteaux de calcaire à astéries, revêtu en surface de limons, et aux choix minutieux des cépages, le Château Poyanne produit un vin corsé , de robe élégante avec un bouquet fruité‚ où la puissance s’allie au charme et à la finesse, qualités qui se développant avec l’age.
En bouche, une belle concentration ample et délicate, caractéristique du terroir « Bourgeais ».
Une vinification soignée et attentive, suivie d’un long vieillissement en cuves de 12 à 24 mois; et une partie vieillie en fûts de chêne français. La totalité de la récolte ensuite est mise en bouteilles au château.
Le château POYANNE sera très apprécié des connaisseurs sur les viandes, ainsi que sur des fromages de caractère avec lesquels il forme le plus heureux des mariages. De nombreuses récompenses sont venues, à juste titre, souligner les nombreuses qualités de ce vin. (source site internet http://www.schweitzer-albert.com/index.php?contain=06)
On y arrive.
Ce monsieur Calmet de Poyanne ou Calmel de Poyanne semble bien l’ancêtre de ces lieux… a-t-il marqué l’histoire du haut de ses 98 ans afin que nous en retrouvions traces ??
Belle enquête en tous les cas. En plus lorsque l’on sait que cette mention manuscrite est dans un exemplaire des Nouvelles Lettres Persanes (1735), ouvrage à l’imitation du grand Montesquieu (né à La Brède près de Bordeaux), on se dit que cet érudit quasi centenaire à sans aucun doute voulu goûter ce livre « à l’imitation » pour voir de quoi il retournait.
C’est ça l’histoire d’un exemplaire !
Merci.
Amitiés, Bertrand
Bonsoir,
J’ai regardé sur une carte de Cassini et il y a à l’Est de Gauriac en Gironde un lieu-dit appelé Poyanne. Voici le lien en espérant que ça marche :
http://www.gencom.org/France/Cassini.aspx?CARTE=104&LOCAL=NA&ID=8b569a31-cba4-466c-9e09-45046736666d&LIB=Gauriac
Gauriac est situé non loin de la ville de Bourg, ce qui expliquerait peut-être le nom un peu compliqué de « bourgeac(?) ».
Il ne nous reste plus qu’à trouver qui était ce monsieur Calmel ou Calmet…
Cordialement,
Isabelle
Evidemment, Gauriac en Bourges n’existe pas, mais en Bourgès = en Bourgeais?
Je pense qu’on tourne autour, il existe effectivement un château de Poyanne dans les Landes.
Amitiés, Bertrand
C’est effectivement « Gauriac » et non « Goriac » qu’il faut lire je pense. La paroisse de Gauriac existe encore et se situe en Haute-Gironde.
Quant au nom, je n’arrive vraiment pas à le déchiffrer complètement.
Merci à tous,
Amitiés, Bertrand
J’aurais dit pareil que Martin, sauf peut-être plutôt « Boyanne » et Bourgeac (mais je ne suis pas sûr).
Je sens que cette affaire de consoles de jeu va me poursuivre encore longtemps, tout comme mon pseudo ridicule!
Juste une suggestion:
M. Calmet(,) de Poyanne(,) démeurant dans la paroisse de Goriac (i.e.: Gauriac) en Bourges(,) agé de etc.
pour compléter la transcription:
« agé de 98 ans, LISANT et ecrivant sans lunete ».