Coup de coeur du blog du bibliophile: Type:Rider, un formidable jeu vidéo autour de l’univers de la typographie.

Amis Bibliophiles bonjour,

Une fois n’est pas coutume, jeu vidéo et bibliophilie se rapprochent, avec la création d’un jeu vidéo, Type:Rider, qui se déroule dans l’univers de la typographie. Ce jeu est le fruit de la collaboration de plusieurs entités, dont le Musée de l’imprimerie de Lyon, qui a fourni les images. Le jeu lui même est produit par Arte.

C’est un véritable coup de coeur de ma part. 
Vous pouvez le télécharger (2,69€) sur ordinateur, tablette et mobile. C’est un jeu de plateforme et d’énigmes qui explore l’histoire des caractères typographiques en suivant le parcours de deux points de ponctuation que le joueur doit guider dans un univers très largement inspiré de la typographie. Votre mission? Terminer les niveaux en faisant rouler les deux points, « attraper » les 26 lettres de l’alphabet sur votre passage, tout en évitant pièges et obstacles.

Je l’ai téléchargé, j’y ai joué, c’est très très plaisant et très instructif. Plus vous avancez dans le jeu, qui n’est pas facile, plus vous débloquez les chapitres d’une encyclopédie qui vous apprend tout sur la typographie (écriture cunéiforme, grecs du Roi, Gutenberg, Didot, Tory, etc.). L’un de ses créateurs est d’ailleurs diplômé de l’école Estienne.



Ce petit bijou ne pourra que vous ravir, je vous conseille de jouer avec un casque pour profiter de son ambiance musicale, qui est particulièrement réussie.
A consommer sans modération!
H

PS: si vous n’avez pas de tablette, vous pouvez aussi essayer le jeu sur pc en cliquant ici: http://www.telerama.fr/medias/essayez-type-rider-sur-telerama-fr-le-jeu-video-qui-bouscule-la-typo,103513.php

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Des Livres à l’honneur : Les « Livre à la Mode » de Caraccioli

Des Livres à l'honneur : Les « Livre à la Mode » de Caraccioli

Amis Bibliophiles Bonsoir,

A l’honneur ce soir, l’un des livres de ma bibliothèque que je préfère, une prouesse typographique : la trilogie de Caraccioli, le « Livre à la Mode » vert, le « Livre à la Mode » rouge, et « Le Livre de Quatre Couleurs ».

Louis Antoine Caraccioli (1719 – 1803) est écrivain français issu d’une branche cadette de la maison napolitaine des Caraccioli. Il entra chez les Oratoriens en 1739, séjourna quelque temps en Pologne, où il fit l’éducation du prince Rzewusky, puis revint à Paris, où il se livra tout entier aux lettres et vécut du produit de sa plume. Ruiné par la Révolution française, il reçut de la Convention, en 1795, une pension de 2000 francs.

On connaît les pages de titre imprimées en rouge et en noir, voir celles imprimées intégralement en rouge que Bertrand nous a présentée récemment… mais l’apport du marquis de Caraccioli à la bibliophilie est unique. Il est en effet à ma connaissance le premier (et le seul) à avoir proposé des livres entièrement en couleurs, et ce dès le milieu du 18ème siècle.
Ces ouvrages sont l’incarnation de l’esprit à la française du Siècle des Lumières et deviendront rapidement des succès auprès des beaux esprits, courtisans et autres petits-maîtres de la Cour.

En 1757, Caraccioli propose son premier « Livre à la Mode », publié « A Verte Feuille », par l’imprimerie du Printemps, au Perroquet, en « l’année nouvelle », qui est entièrement dans un beau vert émeraude.
Deux ans plus tard, en 1759, devant le succès de ce premier opuscule, Caraccioli récidive avec un deuxième « Livre à la Mode », imprimé intégralement en rouge vermillon/rose; puis avec un troisième « Livre à la Mode », imprimé entièrement en jaune. En 1760, il bouclera la boucle avec l’incroyable « Livre de Quatre Couleurs », « Aux Quatre Eléments, de l’imprimerie des Quatre Saisons, en 4444 ». Cette fois-ci l’ouvrage est imprimé en 4 couleurs : une préface en jaune orangé, une partie en bleu turquoise, une partie en marron, une partie en rouge écarlate, et une dernière partie en jaune orangé. L’ouvrage est un petit bijou, qu’il faut vraiment avoir tenu dans ses mains pour réaliser combien il est unique par rapport à toute la production typographique du 18ème.
De plus, le texte est lui aussi très agréable, et Caraccioli se moque d’ailleurs de lui-même et des modes dès le début, quand il souligne que vraisemblablement la couleur seule de ses ouvrages suffira à leur succès, dans une époque où l’on s’entiche de tout et de rien, sous les prétextes souvent les plus futiles. Il écrit également qu’il propose à ses lecteurs des livres qui leur ressemblent, colorés « … je vous offre (…) le plus beau des vermillons, tel enfin qu’il brille sur vos visages magnifiquement et furieusement enluminés »… Les ouvrages traitent en particulier de ces futilités qui caractérisent la vie d’une cour : on s’enflamme pour les éventails, on compare l’Etiquette, on démarre la partie imprimée en marron par une digression sur l’invention des toilettes, que l’on doit à deux singes du Serrail du Grand Seigneur, et tout ceci se termine par le testament du baron de Muscoloris, grand-petit maître de la Frivolité.
J’ai la chance de posséder trois des quatre ouvrages (vert, rouge et quatre couleurs), reliés dans un même volume. C’est un petit bijou que je ne me lasse jamais de lire et de contempler, et assurément l’une des prouesses typographiques et, osons le dire, marketing, du 18ème siècle. Souvent, j’essaie d’imaginer comment il fût accueilli dans ses salons par la Cour de Louis XV… probablement avec ferveur et délicatesse!
Voici quelques images. J’ai essayé de rendre les couleurs, pas simple…

H

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