Amis Bibliophiles bonjour,
À Paris l’édition hivernale du salon du vieux papier s’est transportée en la halle Freyssinet, proche de la station de métro Chevaleret. Le lieu est vaste, il s’agit d’anciens entrepôts qui contrairement à une précédente édition ne souffrent plus ni du froid ni du manque de lumière. L’intitulé de cette manifestation demande du souffle: “Antiquité Brocante, Livres et papiers anciens, photos et collections”! En effet, deux salons sont couplés.Les très nombreux exposants se répartissent en antiquaires, bouquinistes et libraires. 

La gamme est large mais on note avec plaisir la présence de bonnes adresses parisiennes ou provinciales venues avec de belles et très belles choses. Que ceux qui ne seront pas nommés me pardonnent mais j’ai passé beaucoup de temps sur les stands de Anne Lamort, la librairie Cambon, la librairie Bertran de Rouen, la librairie Cluzel, la librairie Le Meur de Dijon, la bouquinerie Aurore, etc. 

Côté souvenirs, restent d’exceptionnelles reliures de Marius Michel chez Cluzel ou son associé du moment, une reliure de P-L Martin à la Bouquinerie Aurore, ailleurs le Rabelais en 3 tomes in-4° de 1741 illustré par Picart en trois volumes, et encore une reliure historiciste à la fanfare signée du relieur Chamagne en 1897 à Dijon sur “l’art du relieur” de Bosquet 1890, chez Le Meur…
Au final beaucoup de belles vitrines, difficile de ne pas passer un bon moment et de ne pas trouver quelque chose dans ce salon composite qui dure du 2 au 12 février.
Lauverjat
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Les cuirs incisés de Paul-Emile Colin

Les reliures du XVème siècle m’ont comme à chaque fois laissée béate d’admiration. Mais les reliures qui m’ont vraiment touchée, dont je suis littéralement tombée amoureuse, sont celles de Paul-Émile Colin, plus précisément ses cuirs incisés.
Paul-Émile Colin naît à Lunéville en 1867. Après des études de médecine, il exerce cette profession durant quelques années à Lagny-sur-Marne mais abandonne définitivement la médecine en 1901, pour se consacrer à la gravure sur bois. Il illustre, malgré une myopie très importante, plus d’une vingtaine de livres, au canif et au burin sur bois.
Amoureux de la nature et de la vie rurale, plus particulièrement de la campagne lorraine (je le comprends), Colin adapte les techniques de xylographie au travail de la peau, en imaginant des reliures pour les livres qui semblent l’avoir particulièrement marqué, pour ses exemplaires personnels ou ceux offerts à ses proches.
Il réalise des cuirs incisés incrustés dans le plat supérieur de reliures exécutées par de grands noms : Emile Carayon, Marie Brisson, Georges Canape, René Kieffer ou Georges Cretté.
Il suit de près la confection des reliures. Il peint même, à la gouache, les gardes de certains ouvrages. Une quinzaine de décors a pu être répertoriée.
Un peu plus tard, il rehausse de peinture dorée les plaques de veau blond teintées de camaïeux havane et marron et incrustées dans des maroquins bruns ou noirs.


Le Musée de l’École de Nancy (à visiter absolument, un petit bijou) conserve plusieurs livres dont les reliures ont été décorées par Colin.
Lauverjat, il est malin, il publie son papier en fin de week-end et pendant qu'il fait des bonnes affaires à Freysinet, il me laisse aller voir l'expo sur les plans et Reliefs et Grand Palais !! 😉
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