Reliure Antiquae ou tranches guillochées?

Petit débat sémantique… Au fil d’un sympathique débat par email avec un ami de ce blog (Jean Guy, pour ne pas le nommer), une petite différence est apparue entre deux termes.
Ces deux termes sont « livre antiquae » et « tranches guillochées »?

Je vous livre la définition de Jean Guy : « un livre antiquae est un livre qui après reliure est doré à la feuille sur ses 3 tranches, puis serré fortement entre 2 planches, elles même serrées entre les jambes de l’artisan. Celui-ci prend alors un poinçon en bois qu’il frappe a l’aide d’un maillet et dessine grâce à cette suite de points en creux des fleurs, des arabesques, voire des paysages pour les plus adroits. Cet art est difficile, en effet, il faut frapper assez fort pour avoir une marque franche mais sans taper trop fort, ce qui romprai la pellicule d’or déposée par le doreur. » Oui mais voilà, moi j’appelle ça des tranches guillochées!

A l’heure où les français se préparent à un choix « crucial », le Blog du Bibliophile ne peut être en reste et devient lui aussi terre de débats! Nous aussi avons droit à notre débat! Et les français aussi! (je suis sûr que ça les intéresse…).

A temps de parole égal, ni Jean Guy, ni moi n’avons en effet réussi à nous départager, et je doute qu’il veuille bien reporter ses votes sur moi, le fourbe! J’en appelle donc à vous, à un référendum sur le sujet!
Alors, « tranches guillochées » ou « livre antiquae »? A vous de voter!

Aux urnes bibliophiles! Vous pouvez répondre dans un commentaire ou à : blog.bibliophile@gmail.com

H Ouvrage présenté : ça tombe plutôt bien, j’ai un charmant Cicéron du milieu du 16ème qui peut illustrer le débat. Un petit maroquin rouge au décor de rocaille sur les plats et aux jolies tranches… regardez les bien… Vous ne trouvez pas qu’elles sont GUIL-LO-CHEES?

La lettre du bibliophile

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Expressions bibliophiles peu communes

Expressions bibliophiles peu communes

Amis Bibliophiles Bonsoir,

J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ici quelques uns des mots insolites et originaux qui font le quotidien d’un bibliophile, qu’ils servent à qualifier la couleur d’un maroquin (sable, citron, taupe, violine, etc.), la qualité d’un papier, ou un livre même (chopin, etc.). C’est je trouve un grand plaisir de la bibliophile que de (re)découvrir ces termes, que nous sommes peut-être les seuls ou les derniers à employer… En voici un florilège, collectés dans un petit carnet au cours de lectures (chacun ses manies!)… En connaissez-vous d’autres?

Faire du cul: cette expression est employée par Dudin (L’art du relieur-doreur de livres, 1772) pour désigner un livre qui est plus rogné vers l’ouverture que vers le dos (mais je n’ai jamais personnellement croisé cette expression dans les délicats catalogues de maisons de ventes.)

Faire de la pointe: c’est le contraire, l’expression est employée pour désigner un livre qui présente le défaut d’être plus rogné vers le dos.

Livre truffé, expression qui n’est pas rare mais que j’aime beaucoup: ce dit d’un livre dans lequel on a incorporé des documents (portraits, dessins originaux, états intermédiaires de gravure, prières d’insérer, lettres, etc.). A retenir, quand c’est bien truffé, cela se vend en effet au prix de la truffe.

Défouetter: pratiquer le défouettage, à savoir débarrasser un livre du fouet qui le serre sur un ais ou entre deux ais.

Dents de rat: expression employée pour désigner les décors de reliure qui se présentent sous la forme d’une succession de petits triangles plus ou moins détaillés.

Moustache: tranchefile sur ficelle en reliure.

Lavron: groupe de feuilles qui n’ont pas été ouvertes ou « coupées », ni par le relieur, ni par un lecteur et qui restent donc fermées.

Farci: en codicologie, ce mot désigne un volume manuscrit dans lequel on a inséré des feuillets portant un autre texte entre les pages.

Biblioklepte: voleur de livres, évidemment.

Bibliocapèle: du grec bibliokapelos, désigne un libraire vendant des ouvrages au détail.

Le très élégant « astéronyme » qui désigne un ensemble d’astérisques employées pour masquer un nom que l’on veut conserver anonyme. Ce procédé a beaucoup servi au 18ème siècle pour les ouvrages anonymes justement.

Le regrettable « caviarder » qui signifie couvrir d’encre un passage d’un livre que l’on veut rendre illisible.

Bouquineur: celui qui aime rechercher et lire des bouquins ou des « vieux livres ».

Et l’expression que j’aime plus que les autres peut-être: « désirable ». Je crois que cette expression est de M. Jammes (à vérifier), utilisée pour désigner un livre… elle veut tout dire et résume ce que je ressens souvent face à un ouvrage.

H

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