Reliure Antiquae ou tranches guillochées?

Petit débat sémantique… Au fil d’un sympathique débat par email avec un ami de ce blog (Jean Guy, pour ne pas le nommer), une petite différence est apparue entre deux termes.
Ces deux termes sont « livre antiquae » et « tranches guillochées »?

Je vous livre la définition de Jean Guy : « un livre antiquae est un livre qui après reliure est doré à la feuille sur ses 3 tranches, puis serré fortement entre 2 planches, elles même serrées entre les jambes de l’artisan. Celui-ci prend alors un poinçon en bois qu’il frappe a l’aide d’un maillet et dessine grâce à cette suite de points en creux des fleurs, des arabesques, voire des paysages pour les plus adroits. Cet art est difficile, en effet, il faut frapper assez fort pour avoir une marque franche mais sans taper trop fort, ce qui romprai la pellicule d’or déposée par le doreur. » Oui mais voilà, moi j’appelle ça des tranches guillochées!

A l’heure où les français se préparent à un choix « crucial », le Blog du Bibliophile ne peut être en reste et devient lui aussi terre de débats! Nous aussi avons droit à notre débat! Et les français aussi! (je suis sûr que ça les intéresse…).

A temps de parole égal, ni Jean Guy, ni moi n’avons en effet réussi à nous départager, et je doute qu’il veuille bien reporter ses votes sur moi, le fourbe! J’en appelle donc à vous, à un référendum sur le sujet!
Alors, « tranches guillochées » ou « livre antiquae »? A vous de voter!

Aux urnes bibliophiles! Vous pouvez répondre dans un commentaire ou à : blog.bibliophile@gmail.com

H Ouvrage présenté : ça tombe plutôt bien, j’ai un charmant Cicéron du milieu du 16ème qui peut illustrer le débat. Un petit maroquin rouge au décor de rocaille sur les plats et aux jolies tranches… regardez les bien… Vous ne trouvez pas qu’elles sont GUIL-LO-CHEES?

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Les différents types de reliures: une reliure orientaliste du 18ème siècle par Le Monnier

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Amis Bibliophiles bonjour,
Pour rebondir sur le commentaire de Samuel, voici quelques détails sur la reliure orientaliste dont je présentais une image, tirée de l’ouvrage d’Uzanne, The French bookbinders of the 18th century.
Il s’agît en fait d’une reliure en maroquin citron, mosaïquée sur un exemplaire de L’imitation de Jésus-Christ (Paris, 1690), qui appartenait à la bibliothèque du Comte de Sauvage.


Selon Uzanne, le spécialiste de ces reliures en vogue à l’époque était Le Monnier (qui signait « Monnier » sur les plats). Cet exemplaire du Comte de Sauvage en est l’un des plus beaux exemples: dans cette mosaïque complexe, on découvre « deux scènes de l’Ancien Testament mettant en scène deux personnages , des minarets, des dragons, des dromadaires ». Elle est doublée de maroquin vert.

L’étiquette de Le MonnierUne autre reliure de Le Monnier sur Daphnis et Chloé (1718)Comme le souligne Uzanne, c’est une vraie curiosité, mais peut-on la considérer comme emblématique de la reliure du 18ème, je ne le pense pas. Il est amusant de constater qu’après avoir disparu, ces décors orientaux referont leur apparition au 19ème, avec les reliures japonisantes.H

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