Fontenoy-la-Joûte : un village du Livre en Lorraine

Je reviens donc de Fontenoy-la-Joûte, l’un des villages du Livre en France, situé à proximité de Baccarat.

Voici un court compte-rendu dans le cas où l’un de vous serait tenté par une petite visite.
Le village lui-même date du 12ème siècle. Ce n’est pas un village-rue, comme souvent en Lorraine, il est plutôt disposé en étoile, mais l’habitat reste très emblématique de la région.

En ce qui concerne les Livres, le « village du Livre » a été créé en 1996, il regroupe aujourd’hui une petite vingtaine de bouquinistes, dont quelques uns sont résidents (les autres rejoignant le village le week-end, pour ouvrir leur commerce). Pour les chiffres, on parle de 800 000 ouvrages proposés.

Vous pouvez vous restaurer sur place dans une auberge qui propose une cuisine variée, avec quelques plats traditionnels.

J’y suis passé en semaine, et le nombre de librairies ouvertes était réduit (8 ou 9 je dirais). Néanmoins, je pense que ce que j’ai pu découvrir comme offre est assez représentatif : très peu de livres anciens, peu de livres 19ème, la part belle étant faite aux livres de la 2nde partie du 20ème siècle : poches, bd, revues, etc. Les prix pratiqués sur les livres que je connais et dont je peux évaluer le prix m’ont semblé assez soutenus. Au final, j’ai passé deux heures sur place et je n’ai rien acheté, n’ayant même pas eu besoin de résister à la tentation…
La promenade est agréable, mais je pense que ce Village du Livre, comme tous ceux que j’ai pu visiter, s’adresse plutôt aux amoureux du livre qu’aux bibliophiles… Subtile nuance mais qui prend ici tout son sens.

Pour une ballade et si vous passez dans le coin, n’hésitez pas (privilégiez tout de même le week-end)…mais ne vous lancez pas dans un long périple pour venir satisfaire vos pulsions bibliophiliques!

H

P.S. : vous pouvez trouver d’autres informations à cette adresse : http://veronique.adam1.free.fr/fontenoy-la-joute.com/index.php

La lettre du bibliophile

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Un livre à l’honneur : Le Compendium Maleficarum par Guazzo

Un livre à l'honneur : Le Compendium Maleficarum par Guazzo

Le Compendium Maleficarum de Guazzo.
Francesco Maria Guazzo (15??-16??) était un prêtre italien de Milan. Il est resté célèbre pour avoir écrit le Compendium Maleficarum (1606), dans lequel il a tenté de faire une synthèse sur la sorcellerie et le malin.
Il a décrit les onze formules ou les cérémonies permettant d’invoquer Satan, ainsi que de nombreuses et circosntanciées descriptions des interactions, y compris sexuelles entre les hommes, les femmes, les incubes et les succubes.
Les sorcières y sont considérées comme l’une des preuves de l’existence du Diable et Guazzo explique comment elle allument un « feu fou et ignoble » à leurs sabbats :

« Le Diable est le président de l’assemblée et est assis sur un trône, sous une forme épouvantable, un bouc ou un chien, et elles s’approchaient de
lui pour l’adorer… »

Le Maître apparaissait aux sorcières du Valais sous la forme d’un bélier noir. Le bélier noir est le grand archétype du Dieu Cornu, Le Dieu des Animaux, le destructeur et le régénérateur de l’autre monde dont les symboles sont le crâne et le phallus.
En plus de ces lignes sur la sorcellerie, il a enfin établi une célèbre classification des démons, inspirés par un travail précédent par Michel Psellus. La voici en substance :

– Les démons des couches supérieures de l’air, qui n’établissent jamais une relation avec les hommes.
– Les démons des couches inférieures de l’air, qui sont responsables des tempêtes.
– Les démons de terre, qui demeurent dans les champs, les cavernes et les forêts.
– Les démons d’eau, qui sont des démons féminins
– Les démons de la partie souterraine de la terre, responsables de garder les trésors cachés, causant les tremblements de terre
– Les démons de la nuit, qui sont noirs et mauvais. Ces démons évitent la lumière du jour.
Cet ouvrage rarissime est un témoignage unique sur la vision de la sorcellerie, du Mal, du Diable et de la vision qu’en avait la Chrétienté au début du 17ème siècle.
En conclusion, deux choses :

1. Si vous en croisez un exemplaire, ce n’est pas le moment de faire le mesquin, dégainez votre carnet de chèques…

2. En relisant ces lignes et en repensant au Guazzo, ou au Malleus… je ne peux m’empêcher de citer un grand philosophe de la fin du 20ème siècle :

« Où sont les exorcistes quand on a besoin d’eux pour chasser la bête qui est en nous?… » Kurt Cobain, Nirvana.

Hugues

Images : les images incroyables du Compendium Maleficarum.

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