Les Cris de Paris par Adrien Joly, ou les petits métiers au début du 19ème

Amis Bibliophiles bonjour,
Je vous propose de découvrir aujourd’hui un ouvrage du début du 19ème assez rare et qui reste peu connu des bibliophiles. A tort sans aucun doute car la suite de gravures qu’il propose est non seulement superbe mais également très intéressante pour l’étude des petits métiers de Paris de l’époque.

Son titre: Les petits acteurs du grand théâtre ou recueil des divers cris de Paris, à Paris, chez Martinet. Les gravures sont pour quelques unes signées Adrien Joly et l’on trouve en général 60 ou 62 dans l’ouvrage (dans ce cas les planches 61 et 62 sont signées Maleuvre). Mon exemplaire en contient bizarrement 61… 


Au fil des planches, ici toutes coloriées, on découvre les petits métiers de Paris au début du 19ème siècle: escamoteur, vendeuse de bière, chiffonnière, tireuse de cartes, carreleur de souliers, marchand de chansons… que je me propose de vous faire découvrir dans les jours qui viennent.



L’ouvrage est de format in-8, dans un joli cartonnage doré assez caractéristique de l’époque. 
H

La lettre du bibliophile

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Les grands livres de la bibliophilie: la bible polyglotte de Plantin

Les grands livres de la bibliophilie: la bible polyglotte de Plantin

Amis Bibliophiles bonsoir,
C’est un relieur qui donnera naissance à l’un des livres les plus célèbres de l’histoire, un relieur français, Christophe Plantin. 
Christophe Plantin est né vers 1520 à Saint-Avertin, près de Tours. C’est à Paris et à Caen qu’il apprend et exerce le métier de relieur – il travaillera notamment pour Gabriel de Zayas, secrétaire de Philippe II -, puis découvre l’art typographique. Christophe Plantin, par RubensIl s’installe à Anvers en 1549 où il devient imprimeur en 1555. La situation politique et religieuse dans ce qui était alors les Pays-Bas espagnols fait de l’édition un métier périlleux. Les imprimeurs peuvent être emprisonnés ou condamnés à mort et Plantin fera toute sa vie preuve d’un grand pragmatisme religieux: il est un moment associé à des calvinistes, son atelier est fouillé par les catholiques à la recherche d’hérétiques protestants en 1561, il est ensuite protégé par un roi catholique (Philippe II d’Espagne), avant de se tourner vers le protestantisme quand les troupes de Guillaume le Taciturne reprirent Anvers.
Il imprima ainsi pour les catholiques, pour et avec les protestants, publiant des ouvrages sur la Réforme et sur la Contre-Réforme tout en continuant de produire également des écrits à caractère humaniste.
Le Compas d’or, la marque la plus célèbre de PlantinChristophe avait une approche quasi industrielle de son métier, qu’illustre son emblème, le fameux compas d’or. En 6 ans, il tripla le nombre de ses presses, passant de 5 à 16 et en 1575 il était à la tête de l’un des plus importants ateliers de l’époque, si ce n’est le plus important, où s’affairaient 70 employés, qu’il rassembla dans une forme de syndicat, la « chapelle ». Ce syndicat produisait un livre de revendications très utile pour comprendre le travail de l’époque.
En avance sur son temps sur le plan social, Christophe Plantin l’était également à titre privé et il accueillait chez lui les grands penseurs de l’époque tel Juste Lipse, Ortelius ou Vésale, dont il imprima les oeuvres. Sa production couvrait ainsi des domaines très vastes allant de l’anatomie (le fameux De Humani Corporis Fabrica) à la géographie (le Theatrum Orbis Terrarum) en passant par les mathématiques, les oeuvres de Cicéron en petit format ou les fables d’Esope.
La page de titre de la Bible polyglotte de Plantin.
Les animaux symbolisait probablement l’unité de la Chrétienté
Mais la grande oeuvre de sa vie se jouera sur un autre front, la religion, avec sa fameuse bible polyglotte produite pour Philippe II, imprimée entre juillet 1568 et le 31 mai 1572, et proposée en 8 volumes in-folio. Le projet, qui sera examiné  par l’Inquisition consiste à imprimer le texte en 5 langues, le latin, l’hébreu, le syriaque, le grec et l’araméen, ce qui nécessite notamment des caractères d’imprimerie dans chacune de ces langues, les poinçons nécessaire aux matrices lui seront fournis par l’imprimeur français Garamond.
Le travail pris plusieurs années et occupa jusqu’à 13 presse et 60 ouvriers. La relecture fût confiée à plusieurs linguistes, sous la supervision d’Arias Montanus, et l’histoire veut que la fille adolescente de Plantin elle-même relisait les textes, sans toutefois en comprendre un seul mot. Compte-tenu du format, on ne pouvait imprimer que deux pages à la fois, mais finalement le résultat fût superbe et Plantin se vît récompenser par le titre de proto-typographe, charge lucrative, puisqu’elle était assortie d’un monopole de l’édition d’ouvrages liturgiques. 

La bible elle même fût tirée à près de 1000 exemplaires qui devinrent vite rares et recherchéss… et ce d’autant plus qu’un grand nombre d’entre eux furent perdus en mer lors d’un voyage en Espagne.
Christophe Plantin a utilisé trois marques distinctes. La troisième et la plus célèbre, qu’il utilise à partir de 1564, fait référence au nom de son imprimerie Au Compas d’Or. 
 
Il utilise cette marque avec des encadrements différents pour différencier ces différentes collections. Cette marque est toujours accompagnée de sa devise : Labore et Constantia (« Par le travail et par la Persévérance »).

Plantin, à l’instar de Robert Estienne, exposait devant sa porte ses épreuves en promettant une récompense à ceux qui y découvriraient quelque fautes.
H

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