Les Cris de Paris par Adrien Joly, ou les petits métiers au début du 19ème

Amis Bibliophiles bonjour,
Je vous propose de découvrir aujourd’hui un ouvrage du début du 19ème assez rare et qui reste peu connu des bibliophiles. A tort sans aucun doute car la suite de gravures qu’il propose est non seulement superbe mais également très intéressante pour l’étude des petits métiers de Paris de l’époque.

Son titre: Les petits acteurs du grand théâtre ou recueil des divers cris de Paris, à Paris, chez Martinet. Les gravures sont pour quelques unes signées Adrien Joly et l’on trouve en général 60 ou 62 dans l’ouvrage (dans ce cas les planches 61 et 62 sont signées Maleuvre). Mon exemplaire en contient bizarrement 61… 


Au fil des planches, ici toutes coloriées, on découvre les petits métiers de Paris au début du 19ème siècle: escamoteur, vendeuse de bière, chiffonnière, tireuse de cartes, carreleur de souliers, marchand de chansons… que je me propose de vous faire découvrir dans les jours qui viennent.



L’ouvrage est de format in-8, dans un joli cartonnage doré assez caractéristique de l’époque. 
H

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Un livre à l’honneur : Le Conte du Tonneau, un mock-book, par Swift.

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La réponse à l’énigme était la gravure de la Bataille entre les livres anciens et modernes dans la bibliothèque de St-James », extraire de l’ouvrage « Le Conte du Tonneau », de Jonathan Swift.
J’aime beaucoup cette gravure, comme toutes celles qui ornent les ouvrages de Swift d’ailleurs, et sauf erreur de ma part, les gravures 18ème dont le sujet est une bibliothèque sont assez rares.

Jonathan Swift (1667 – 1745) est un écrivain irlandais d’origine anglaise connu pour ses satires et ses pamphlets humoristiques. Après des études au Trinity College, celui-ci rejoint l’Angleterre et devient le secrétaire du diplomate Sir William Temple, un homme d’État en vue, parent très éloigné de sa mère.
Swift, qui ne s’entendait pas avec son employeur, regagna l’Irlande en 1694 et entra dans les ordres. Pourtant, en 1696, il se réconcilia avec Temple et revint chez lui pour faire l’éducation d’Esther Johnson, fille d’un de ses proches. Swift resta là jusqu’à la mort de son protecteur en 1699, jouissant d’une grande liberté qui lui permettait de s’adonner à la lecture et à l’écriture. Il écrit alors la Bataille des livres pour défendre Temple dans la querelle des Anciens et des Modernes et Le Conte du tonneau, texte impitoyable à l’égard de la stupidité de ses contemporains et qui déplaira à la reine Anne, ce qui empêchera finalement Swift d’accéder à l’évêché.
Le Conte du Tonneau, paru en 1704, est l’un de ses ouvrages les plus connus, avec les Voyages de Gulliver. La lecture n’en est pas toujours aisée, mais le texte est remarquable, et Swift y attaque tour à tour Luther, Calvin et le pape, dénonçant le fanatisme religieux de manière générale. Il y fustige avec fougue toute forme de prétention dans le clergé. L’oeuvre participera d’ailleurs à la tendance des mock-books. Le mock-book peut être défini comme une parodie de la forme du livre ou du livresque, qui sert habituellement à satiriser un large éventail de sottises intellectuelles ou artistiques. D’autres mock-books suivront au 18ème.
C’est le deuxième volume qui renferme le Récit de la fameuse bataille entre les livres anciens. L’ensemble se compose de 3 volumes in-12, qui connurent plusieurs publications au 18ème, notamment chez Scheurleer (1741 et 1757)
Bravo à Bertrand, qui a trouvé la bonne réponse le premier.

En guise de conclusion, 3 citations de Swift que j’aime beaucoup:

« L’ambition souvent fait accepter les fonctions les plus basses ; c’est ainsi que l’on grimpe dans la même posture que l’on rampe. »

« Je demandais à un homme pauvre comment il vivait; il me répondit : «comme un savon, toujours en diminuant». »

« Quand un génie véritable apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. »

H

P.S. : connaissiez-vous les mock-books?
Images : des images du Conte du Tonneau.

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