Par Alcide Raturon, bibliophile errant, membre de la Guilde des Bibliopolicés, voyageur temporel à ses heures
Amis bibliophiles bonjour,
Note liminaire — Transmission temporelle
Le document qui suit n’a pas été découvert dans une archive, ni exhumé par hasard au détour d’un dépôt secondaire. Il a été rapporté du futur.
Lors d’une mission d’observation non interventionniste menée en 2247, Silas, agent chrononaute rattaché aux services périphériques de la Guilde, assista à la dispersion publique de la bibliothèque d’Elias Thornberg. Conscient de la portée symbolique de l’événement — et de l’indifférence quasi générale qui l’entourait — il prit le risque de soustraire une copie complète du procès-verbal de vente, incluant les annotations humaines marginales que les systèmes centraux jugeaient sans importance.
Ce document me fut remis hors protocole, sans commentaire, simplement accompagné de ces mots :
« Tu comprendras pourquoi il fallait que quelqu’un, quelque part, sache que cela a existé. »
Je le retranscris ici sans ajout ni correction, dans son état le plus fidèle possible, afin qu’il subsiste au moins une fois, en dehors de son siècle, comme un livre hors de son temps.
– Alcide
Vente publique de la bibliothèque de feu Monsieur Elias Thornberg, dernier collectionneur privé de livres matériels répertorié sur le territoire euro-asiatique unifié
Date : 14 septembre 2247
Lieu : Salle des Archives Historiques, Paris-Sector 7
Commissaire-priseur : Système d’Évaluation Patrimoniale Automatisé (SEPA-7)
Experts : Dr. Mei-Lin Chen (spécialiste en objets obsolètes), Prof. Andreas Krell (historien des supports physiques)
Nombre d’acquéreurs enregistrés : 7 (institutions), 3 (collectionneurs privés sous licence spéciale)
Durée de la vente : 47 minutes

PRÉAMBULE ADMINISTRATIF
Conformément au Décret n° 2203-88-EUR relatif à la dispersion des collections privées d’objets à support physique, la présente vente est autorisée sous conditions restrictives. Les acquéreurs devront justifier d’un espace de conservation agréé et d’une assurance spécifique contre les risques de dégradation matérielle.
Les volumes mis en vente proviennent de la succession de Monsieur Elias Thornberg (2161-2246), décédé sans descendance. Conformément à ses dernières volontés, déposées auprès du Registre Central des Testaments (RCT-EUR-2246-09-13), sa bibliothèque devait être dispersée publiquement « afin que les livres retrouvent des lecteurs, s’il en reste ».
Aucun héritier ne s’est manifesté. La vente est donc réalisée au profit du Fonds de Préservation du Patrimoine Matériel Désuet (FPPMD).
Note des experts : La collection Thornberg comptait initialement 1 847 volumes. Après inventaire, 421 ont été jugés trop dégradés pour être conservés et ont été transférés en déchetterie patrimoniale. Les 1 426 volumes restants sont présentés ci-après.
LOT 1 — VOLTAIRE, François-Marie Arouet, dit
Candide, ou l’Optimisme.
Genève [Paris], 1759.
In-12, reliure d’époque en veau marbré, dos à nerfs orné.
État : Reliure fragile, coiffes abîmées, quelques rousseurs. Complet.
Provenance : Ex-libris manuscrit : E. Thornberg, 2201.
Estimation initiale : 8 000 crédits
Adjugé à : Musée d’Histoire des Supports Textuels, Berlin-Sector 4
Prix d’adjudication : 12 400 crédits
Observations du système : Exemplaire représentatif de la production imprimée dite « des Lumières ». Intérêt pédagogique pour démonstration scolaire. Texte déjà numérisé dans les archives centrales (référence : LIT-FR-18-003847). Acquisition justifiée par la matérialité de l’objet plutôt que par son contenu.
Note manuscrite de l’expert Chen : « Thornberg avait acquis ce volume lors d’une vente clandestine en 2201. Il m’avait confié qu’il s’agissait de son « premier Voltaire ». Ce livre marquait le début de sa collection. »
LOT 2 — BAUDELAIRE, Charles
Les Fleurs du mal.
Paris, Poulet-Malassis et de Broise, 1857.
In-12, broché, couverture d’origine imprimée.
État : Brochage fragilisé, dos fendu, couverture partiellement détachée. Pages jaunies mais complètes. Exemplaire non coupé.
Provenance : Ex-libris : Collection E. Thornberg.
Estimation initiale : 15 000 crédits
Adjugé à : Fondation pour la Sauvegarde des Artefacts Littéraires, Tokyo-Sector 2
Prix d’adjudication : 28 900 crédits
Observations du système : Édition dite « originale », antérieure à la condamnation judiciaire de l’ouvrage. Rareté relative dans les collections publiques contemporaines. Exemplaire « non coupé » (pages non séparées au massicot) : phénomène technique propre aux pratiques éditoriales du XIXᵉ siècle.
Note manuscrite de l’expert Krell : « Thornberg refusait de couper les pages. Il disait que ce serait « profaner » le livre. Il ne l’a donc jamais lu. Paradoxe du collectionneur : posséder un texte sans jamais y accéder. »
LOT 3 — PROUST, Marcel
À la recherche du temps perdu. (7 volumes)
Paris, Gallimard, édition originale, 1913-1927.
In-12, brochés, couvertures imprimées d’origine.
État : Ensemble complet. Dos fragiles, quelques rousseurs, petites déchirures aux couvertures. Témoins conservés.
Provenance : Annotations manuscrites en marge de certains volumes, de la main de Thornberg. Ex-libris collé au premier volume.
Estimation initiale : 45 000 crédits
Adjugé à : Acquéreur privé (identité protégée sous licence L-442-P)
Prix d’adjudication : 67 200 crédits
Observations du système : Ensemble cohérent représentatif de l’édition littéraire française du XXᵉ siècle. Les annotations manuscrites augmentent la valeur documentaire de l’ensemble. Contenu textuel accessible gratuitement via les Bibliothèques Numériques Universelles (BNU-FR-000234). Acquisition motivée par la matérialité historique.
Note manuscrite de l’expert Chen : « Les annotations de Thornberg sont datées. Il a commencé à lire Proust en 2215, à l’âge de 54 ans. La dernière annotation date de 2244, deux ans avant sa mort. Il aura mis 29 ans à lire ces sept volumes. »
LOT 4 — Ensemble de 34 volumes dépareillés
Divers auteurs, éditions XIXᵉ-XXᵉ siècles.
Romans populaires, essais divers, manuels techniques obsolètes.
État : Variable. Certains volumes incomplets, d’autres très usagés.
Provenance : Lot constitué par Thornberg sans logique apparente.
Estimation initiale : 800 crédits (lot)
Résultat : Invendu
Observations du système : Ensemble sans cohérence bibliographique. Valeur patrimoniale nulle. Contenu textuel disponible en version numérique. Aucun acquéreur ne s’est manifesté.
Note manuscrite de l’expert Krell : « Ce lot illustre le paradoxe des collections tardives : Thornberg achetait parfois des livres simplement pour « sauver » des objets promis à la destruction. Ces volumes n’avaient aucune valeur pour lui, sinon celle d’exister encore. »
LOT 5 — MONTAIGNE, Michel de
Essais.
Bordeaux, Simon Millanges, 1580.
In-folio, reliure postérieure (XVIIIᵉ siècle) en veau brun, dos à nerfs.
État : Reliure restaurée. Quelques feuillets brunis, petites galeries de vers en marges (sans atteinte au texte). Annotations manuscrites d’époque non identifiées.
Provenance : Ex-libris : E. Thornberg, acquis 2238.
Estimation initiale : 180 000 crédits
Adjugé à : Bibliothèque Nationale Européenne, Paris-Sector 7
Prix d’adjudication : 312 000 crédits
Observations du système : Exemplaire rare de l’édition dite « de Bordeaux », considérée comme la dernière revue par l’auteur. Présence d’annotations manuscrites anciennes (fin XVIᵉ siècle) non attribuées mais d’intérêt philologique. Acquisition justifiée par la rareté matérielle et les annotations marginales.
Note manuscrite de l’expert Chen : « Thornberg m’avait montré ce volume en 2240. Il m’avait dit : « C’est le livre le plus cher que j’aie jamais acheté. Je l’ai payé avec mes économies de dix ans. Mais je ne regrette rien. Parce que chaque fois que je l’ouvre, je sais que je tiens entre mes mains un fragment du XVIᵉ siècle. » »
LOT 6 — DIDEROT, Denis & D’ALEMBERT, Jean Le Rond (dir.)
Encyclopédie, ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers.
Paris, Briasson, 1751-1772.
28 volumes in-folio (17 vol. de texte, 11 vol. de planches), reliure d’époque en veau marbré.
État : Ensemble complet. Reliures usagées mais solides. Quelques feuillets brunis, rousseurs éparses. Planches en bon état.
Provenance : Ex-libris : Bibliotheca Thornberg.
Estimation initiale : 220 000 crédits
Résultat : Invendu
Observations du système : Bien que complet et en état acceptable, cet ensemble n’a suscité aucune offre. La Bibliothèque Nationale Européenne possède déjà trois exemplaires similaires. Les institutions privées n’ont pas justifié l’espace de stockage nécessaire (1,4 mètre linéaire). Contenu intégralement numérisé et consultable gratuitement (référence : ENC-FR-18-00001).
Note manuscrite de l’expert Krell : « L’Encyclopédie de Thornberg occupait un mur entier de son appartement. Il m’avait dit qu’il ne la lirait jamais en entier, mais qu’il aimait savoir qu’elle était là, « comme une présence tutélaire ». Aujourd’hui, personne n’en veut. Trop encombrante. Trop lourde. Trop obsolète. »
LOT 7 — KOVAT, Elian
Traité de persistance analogique. Essai sur la survie des supports matériels à l’ère de la mémoire distribuée.
Prague, Institut Européen de Cognition Étendue, 2122.
In-8°, reliure éditoriale en polymère biosourcé à dos textile, impression offset tardive sur papier cellulose-lignine stabilisé.
État : Très bon. Traces de manipulation aux coins. Papier légèrement jauni malgré traitement anti-oxydatif. Complet.
Provenance : Cachet sec de l’auteur sur la page de faux-titre. Ex-libris manuscrit : E. Thornberg, 2189.
Estimation initiale : 2 500 crédits
Adjugé à : Centre d’Études Rétro-Médiatiques, Vienne-Sector 3
Prix d’adjudication : 6 800 crédits
Observations du système : Ouvrage théorique issu de la dernière période universitaire où l’impression papier coexistait encore marginalement avec les archives neuronales synthétiques. Tirage initial limité à 300 exemplaires, destiné aux institutions et aux chercheurs. Contenu intégralement indexé mais non converti en expérience cognitive immersive, ce qui explique son maintien sous forme matérielle.
Note manuscrite de l’expert Krell :
« Kovař est aujourd’hui considéré comme un auteur de transition. Trop tard pour défendre le livre, trop tôt pour être pleinement intégré aux humanités computationnelles. Thornberg appréciait ce traité parce qu’il parlait de la fin sans nostalgie excessive. Il disait que c’était “un livre lucide, écrit par quelqu’un qui savait déjà qu’il avait perdu”. »
LOT 8 — VARGA, Noémi
Les Chambres lentes.
Budapest, Éditions Danubia Nova, 2122.
In-8°, broché, couverture typographique minimaliste imprimée sur papier minéral souple. Dos carré collé.
État : Bon. Dos très légèrement marqué. Papier intact, sans cassure. Exemplaire complet.
Provenance : Ex-libris manuscrit : E. Thornberg, 2193.
Estimation initiale : 1 800 crédits
Adjugé à : Institut Européen de Littérature Transitionnelle, Ljubljana-Sector 1
Prix d’adjudication : 4 950 crédits
Observations du système : Roman de la période dite « crépusculaire du livre imprimé », publié simultanément en version matérielle et en version mnésique immersive. L’édition papier, tirée à 500 exemplaires, était destinée aux lecteurs refusant l’implant de lecture directe. Sujet centré sur la lente disparition des espaces privés de mémoire au profit des archives collectives.
Note manuscrite de l’expert Chen :
« Thornberg disait que c’était le dernier roman qu’il avait lu d’une traite. Il m’avait expliqué qu’il l’aimait parce qu’il n’y avait presque pas d’intrigue : seulement des personnages qui tentaient de se souvenir seuls, sans assistance. Il appelait cela “un roman pour lecteurs fatigués”. »
LOT 9 — Manuscrit autographe
Cahier manuscrit, 147 pages, encre noire sur papier ligné, non daté.
Titre inscrit au dos : Journal d’un bibliophile – E. Thornberg, 2201-2246.
État : Bon. Couverture cartonnée usagée. Écriture lisible.
Provenance : Rédigé par Elias Thornberg lui-même.
Estimation initiale : 2 000 crédits
Adjugé à : Acquéreur privé (identité protégée sous licence L-442-P)
Prix d’adjudication : 8 700 crédits
Observations du système : Document de nature testimoniale sans valeur littéraire reconnue. Intérêt documentaire pour l’étude des pratiques de collection au XXIIIᵉ siècle. Contenu non numérisé (refus testamentaire de l’auteur).
Note manuscrite de l’expert Chen : « J’ai parcouru ce journal avant la vente. Thornberg y racontait ses acquisitions, ses joies, ses doutes. À la dernière page, il avait écrit : « Je sais que tout cela disparaîtra avec moi. Mais pendant que je suis vivant, ces livres existent encore. Et c’est suffisant. » »
LOTS 10 à 142 — Livres divers
(Détails abrégés par souci de concision)
Résumé statistique :
- 87 volumes adjugés à des institutions publiques
- 12 volumes adjugés à des collectionneurs privés
- 43 volumes invendus (transférés en réserve patrimoniale secondaire)
Observations générales du système : La majorité des volumes proposés n’a suscité qu’un intérêt limité. Les institutions culturelles acquièrent principalement pour des besoins pédagogiques (démonstration de l’objet-livre) ou archivistiques (conservation d’exemplaires rares). Les collectionneurs privés restent extrêmement minoritaires.
Note manuscrite de l’expert Krell : « Sur les 1 426 volumes proposés, moins de 100 ont trouvé acquéreur. Le reste est parti en réserve, où il rejoindra des milliers d’autres livres que personne ne regarde jamais. Thornberg le savait. Il m’avait dit un jour : « Mes livres me survivront matériellement, mais ils mourront quand même. Parce que personne ne les lira plus. » »
BILAN FINANCIER DE LA VENTE
Total des adjudications : 1 247 300 crédits
Frais de vente (18 %) : 224 514 crédits
Net reversé au FPPMD : 1 022 786 crédits
Coût estimé de conservation des invendus : 340 000 crédits/an
Note du FPPMD : Le produit de cette vente sera affecté au financement de la Réserve Centrale des Supports Physiques Désuets (RCSPD), où les livres invendus seront stockés sous conditions climatiques contrôlées, sans accès public direct.
RAPPORT DES EXPERTS
Dr. Mei-Lin Chen, spécialiste en objets obsolètes
« Cette vente marque symboliquement la fin d’une époque. Elias Thornberg était, à ma connaissance, le dernier collectionneur privé de livres anciens à grande échelle sur notre territoire. Après lui, quelques amateurs subsistent, mais ils sont marginaux, vieillissants, sans relève.
Ce qui m’a frappée, c’est le décalage entre la valeur affective que Thornberg accordait à ses livres et l’indifférence quasi générale du public. Pour lui, chaque volume racontait une histoire. Pour les acheteurs d’aujourd’hui, ce sont des objets techniques dépassés.
J’ai relu son journal avant qu’il soit vendu. À la page 89, il écrivait : « Je ne collectionne pas des livres. Je collectionne des fragments de temps. » C’était beau. Mais aujourd’hui, plus personne ne pense ainsi. Le temps, nous l’avons numérisé. »
Prof. Andreas Krell, historien des supports physiques
« Cette vente confirme ce que nous observons depuis plusieurs décennies : la fin du livre matériel comme objet de désir culturel.
Les bibliothèques publiques continuent d’acquérir par devoir patrimonial. Mais elles n’achètent plus par passion. Quant aux collectionneurs privés, ils disparaissent. Thornberg était un survivant. Une anomalie historique.
Ce qui m’inquiète, c’est le sort des invendus. 43 volumes retournent en réserve. Dans dix ans, vingt ans, que deviendront-ils ? Qui les consultera ? Qui s’en souciera ?
Nous conservons des millions de livres dans des dépôts climatisés, pour personne. Nous perpétuons une mémoire que plus personne ne veut lire. C’est notre manière de nous donner bonne conscience. Mais au fond, nous savons que ces livres sont déjà morts. »
ANNEXE : EXTRAIT DU JOURNAL DE THORNBERG
(Transcription autorisée par décision testamentaire, page 134)
12 août 2244
Aujourd’hui, j’ai acheté mon dernier livre. Un petit in-12 de Rousseau, édition de 1762. Rien d’exceptionnel. Mais je l’ai acheté parce que le libraire allait fermer boutique. Il m’a dit : « Vous êtes mon dernier client. Après vous, je brûle le stock. »
Je lui ai demandé pourquoi il brûlait. Il m’a répondu : « Parce que personne n’en veut. Même les bibliothèques refusent de les prendre. Trop encombrant. Alors autant en finir proprement. »
Je suis rentré chez moi avec ce Rousseau. Je l’ai posé sur l’étagère. Et j’ai pleuré.
Pas sur le livre. Sur le monde qui n’en veut plus.
Je sais que mes propres livres connaîtront le même sort. Quand je mourrai, quelques-uns seront vendus. Les autres finiront en réserve, ou pire. Et dans cinquante ans, plus personne ne se souviendra qu’ils ont existé.
Mais tant que je suis vivant, je les garde. Je les regarde. Je les touche. Et ça suffit.
Parce qu’un livre vivant, même s’il est seul, vaut mieux qu’un livre mort entouré de millions de fantômes numériques.
CONCLUSION DU PROCÈS-VERBAL
La vente s’est déroulée conformément aux procédures légales en vigueur. Les adjudications ont été enregistrées dans le Registre Central des Transferts Patrimoniaux (RCTP-EUR-2247-09-14).
Les volumes invendus ont été transférés à la Réserve Centrale des Supports Physiques Désuets, où ils seront conservés sous conditions climatiques optimales, sans accès public direct, pour une durée indéterminée.
La bibliothèque d’Elias Thornberg, constituée pendant 45 ans, a été dispersée en 47 minutes.
Aucun membre de sa famille n’était présent lors de la vente.
Aucun ami n’a pris la parole.
Les livres sont partis seuls.
Signé :
Système d’Évaluation Patrimoniale Automatisé (SEPA-7)
Dr. Mei-Lin Chen
Prof. Andreas Krell
Paris-Sector 7, 14 septembre 2247
Note ajoutée manuellement en marge du procès-verbal, encre bleue, écriture non identifiée :
« J’étais là. J’ai acheté le journal. Personne ne saura jamais qui je suis. Mais je voulais que quelqu’un se souvienne. — Un lecteur. »
Référence archivistique :
GUILDE · CHRONO · 2247 · THOR-PV
Procès-verbal de vente publique – Bibliothèque Thornberg – Document reconstitué par les Chroniques Temporelles
Note de reconstitution :
Ce procès-verbal a été établi à partir de fragments d’archives temporelles récupérés lors d’une mission d’observation en 2247. Certains détails ont été complétés par extrapolation documentaire. L’essentiel reste fidèle aux sources.
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