Armand de Cerville, bibliophile sans fonction, ancien collectionneur de livres anciens. Amis bibliophiles, bonjour.
Il existe une confusion tenace, y compris chez les amateurs les plus avertis, entre le lecteur et le bibliophile. Elle est compréhensible, presque excusable, mais profondément inexacte. Le lecteur cherche un texte ; le bibliophile, lui, vit dans un monde plus instable, fait d’éditions, de formats, d’états, de provenances, de manques surtout. Le lecteur peut fermer un livre. Le bibliophile, lui, ne ferme jamais vraiment sa bibliothèque.
C’est précisément pour cette raison que je décidai, un jour de décembre, de ne pas penser aux livres.
Je ne parle pas de ne pas lire — ce serait une facilité. Je parle de ne pas bibliophiler. De suspendre, volontairement, ce réflexe qui transforme chaque couverture en interrogation, chaque tranche en hypothèse, chaque odeur de papier en datation approximative. Une journée entière sans cotes, sans catalogues, sans variantes, sans cette petite voix intérieure qui murmure : exemplaire intéressant, mais…
Cette décision n’avait rien d’héroïque. Elle relevait au contraire d’un épuisement discret, propre aux pratiques obsessionnelles qui ne disent jamais leur nom. Car la bibliophilie n’est pas seulement un plaisir : elle est aussi un sortilège. Un enchantement durable, certes, mais contraignant, exigeant, parfois tyrannique.
Je choisis le 25 décembre.
Non pour des raisons spirituelles ou familiales — je laisse ces considérations à d’autres — mais parce que ce jour-là offre une excuse parfaite. Les librairies sont fermées. Les ventes inexistantes. Les bibliothèques inaccessibles. Le monde bibliophilique, institutionnellement parlant, est à l’arrêt. Ce n’est pas un renoncement héroïque : c’est une abstinence facilitée.
Dès le matin, je compris que l’exercice serait plus difficile que prévu.
Mon regard, habitué à parcourir les rayonnages comme un inventaire mental, s’y posa malgré moi. In-folio en bas, in-octavo au centre, brochures à part. Chaque place racontait une histoire. Je détournai les yeux. Il ne s’agissait pas de renier cette organisation — elle était rationnelle, historiquement fondée — mais de ne pas la commenter intérieurement.
Je traversai la pièce sans m’arrêter. Premier renoncement.
Le lecteur, à ce stade, aurait ouvert un livre. Par plaisir, par curiosité. Le bibliophile, lui, aurait commencé par vérifier l’édition, l’état, la reliure, peut-être même la provenance. Je refusai les deux. Pas de lecture compensatoire. Pas de subterfuge. Cette journée devait être vide de livres, non remplie autrement.
Je préparai un café. Le bruit familier de la cuillère contre la porcelaine me rappela que le monde continuait d’exister sans papier ancien. Cette pensée, anodine en apparence, produisit un soulagement inattendu.
Pourtant, les réflexes revenaient.
Un carton, posé près d’un mur, contenait des ouvrages récemment acquis, encore non catalogués. En temps normal, je n’aurais pas supporté cette indétermination plus de quelques heures. Un livre non décrit est un livre inquiet. Je passai devant sans l’ouvrir. Deuxième renoncement.
À ce moment précis, mon téléphone vibra.
Un message d’un ami bibliophile de longue date. L’un de ceux avec qui l’on ne s’écrit jamais pour rien. Objet du courriel : « Acquisition possible — avis ? » Je n’ouvris pas le message. Mais l’aperçu suffisait : une vente à venir, probablement confidentielle, un livre « intéressant », peut-être même « très juste ». Je connaissais le vocabulaire. Il activait immédiatement tout ce que je m’étais promis de suspendre : la comparaison mentale, la projection, l’évaluation silencieuse.
Je posai le téléphone face contre table.
Ce fut, paradoxalement, l’une des plus grandes tentations de la journée. Car le bibliophile ne craint pas tant la perte que le retard. Ne pas savoir tout de suite, ne pas répondre, ne pas être dans la boucle : voilà ce qui inquiète. J’acceptai cette inquiétude comme on accepte une gêne passagère. Le livre pouvait attendre. La vente aussi. L’année suivante déciderait.
Je sortis.
Dans la rue, les vitrines étaient closes. Aucun étalage de livres anciens, aucun présentoir de catalogues. Le bibliophile urbain se nourrit habituellement de ces stimulations visuelles : dos alignés, typographies anciennes, promesses de rareté. Ce jour-là, rien. Le monde conspirait avec ma résolution.
Je marchai longtemps. Sans but. Le lecteur aurait emporté un volume. Le bibliophile, lui, n’emporte jamais rien au hasard : il choisit, il compare, il anticipe. Je n’emportai rien.
À mesure que la journée avançait, une sensation étrange s’installait : une légèreté cognitive. L’absence de livres ne produisait pas un manque, mais un silence intérieur. Plus besoin de se souvenir de ce que je possédais, de ce que je cherchais, de ce qui me manquait. Car la bibliophilie, contrairement à la lecture, est structurée par le manque. Toujours un volume absent, une édition introuvable, un exemplaire imparfait.
Ce jour-là, rien ne manquait.
De retour chez moi, une autre tentation surgit, plus sournoise, plus contemporaine.
Sans y penser vraiment, je pris mon téléphone. Le geste était machinal. Je n’ouvris pas une application de lecture, mais un réseau social. Très vite, l’icône familière apparut : Le Coin du bibliophile. Groupe bien connu, lieu d’échanges attentifs, de découvertes partagées, d’observations souvent fines sur les livres, leurs états, leurs histoires.
Je n’avais aucune intention d’y participer. Simplement regarder. Peut-être accorder un signe d’approbation discret, reconnaître la justesse d’une remarque, la qualité d’une présentation. Un geste sans conséquence apparente. Mais je compris aussitôt le piège : liker, c’était déjà bibliophiler. C’était valider, commenter intérieurement, comparer.
Je refermai l’application.
Ce refus-là fut presque plus difficile que les autres, car il n’impliquait aucun savoir, aucune expertise particulière. Il relevait de la simple appartenance. Or la bibliophilie est aussi une communauté, faite de regards partagés, de discussions patientes, d’un plaisir commun à observer et comprendre les livres. S’en extraire, même pour une journée, produit une sensation de léger décrochage social. Je l’acceptai.
Je pensai alors à cette distinction essentielle : le lecteur peut être rassasié ; le bibliophile, jamais. Il accumule, certes, mais surtout il projette. Il vit dans l’avenir hypothétique de la découverte. Suspendre cette projection, même pour un jour, revenait à interrompre un sortilège ancien.
Je déjeunai sans lire. Sans même consulter un journal. Le texte imprimé, sous toutes ses formes, devait rester à distance. Ce n’était pas une défiance envers l’écrit, mais une trêve.
L’après-midi fut le moment le plus délicat.
C’est l’heure où, habituellement, je consulte des catalogues anciens. Non pour acheter, mais pour comprendre. Le catalogue est, pour le bibliophile, un genre littéraire autonome. Il se lit comme un roman de bibliothèques dissoutes. Renoncer à cela revenait à se priver d’un plaisir profond, mais aussi d’un outil de maîtrise.
Je résistai.
Je fis autre chose. Des gestes sans mémoire. Ranger, nettoyer, classer des objets qui n’étaient pas des livres. Cette substitution était révélatrice : le bibliophile aime l’ordre, mais il l’exerce presque exclusivement sur le papier imprimé. Appliquer cette rigueur ailleurs produisit un effet de décalage salutaire.
Puis survint la tentation la plus intime.
Mon navigateur, ouvert depuis la veille, affichait encore un onglet : un ancien article de bibliophilie.com. L’un de ceux que je connaissais presque par cœur. J’avais envie de le relire, non comme un lecteur, mais comme on se rassure en retrouvant une voix familière. Ce n’était pas une recherche. Pas une analyse. Juste une fréquentation.
Je compris alors que le danger n’était pas le livre, mais le regard bibliophilique. Relire cet article aurait immédiatement déclenché des associations : tel exemple, telle référence, tel souvenir d’un exemplaire vu autrefois. J’hésitai longtemps. Puis je fermai l’onglet.
Ce renoncement-là fut le plus révélateur. Même le discours sur la bibliophilie peut réactiver le sortilège.
En fin d’après-midi, une tentation plus subtile apparut encore. Penser aux livres sans les toucher. Reconstituer mentalement une édition, comparer des états, se souvenir d’un exemplaire vu autrefois. Je dus m’imposer une règle plus stricte encore : ne pas penser aux livres, pas même en creux.
Ce fut la partie la plus difficile.
Car la bibliophilie n’est pas seulement une pratique matérielle ; c’est une forme de rumination savante. Elle envahit les interstices de la pensée. L’en empêcher revenait à observer, avec une certaine lucidité, l’ampleur de son emprise.
Le soir venu, je compris enfin ce que je m’étais offert.
Non pas un jour sans livres — formulation trompeuse — mais un jour sans responsabilité bibliophilique. Plus besoin de veiller, de conserver, de projeter, de transmettre. Les livres pouvaient attendre. Ils avaient attendu des siècles. Ils survivraient à vingt-quatre heures d’indifférence volontaire.
Cette pensée n’était pas une trahison. Elle était, au contraire, une marque de confiance.
Je rentrai chez moi. La bibliothèque était là, intacte, silencieuse. Elle ne me reprochait rien. J’évitai de m’y attarder. Minuit approchait. La journée touchait à sa fin.
À l’instant précis où le jour changea, je ressentis une chose inattendue : le désir de ne rien reprendre immédiatement. De prolonger, quelques heures encore, cet état de suspension. Comme si la bibliophilie, privée un instant de son pouvoir, avait perdu de sa capacité d’enchantement coercitif.
Le lendemain, bien sûr, je retrouvai mes habitudes. Les livres, leurs défauts, leurs promesses. Rien n’avait changé. Et pourtant, quelque chose s’était déplacé.
Je savais désormais qu’il était possible — rare, difficile, mais possible — de faire à la bibliophilie ce qu’elle ne fait jamais à ses adeptes : lui fixer une limite temporelle. Non par renoncement, mais par lucidité. Un cadeau fait à soi-même, sans témoin, sans rituel.
C’est peut-être cela, au fond, que ce jour particulier m’a appris : la bibliophilie est un art exigeant, parfois dévorant, et c’est précisément pour cette raison qu’elle mérite, une fois l’an, d’être suspendue. Non pour être affaiblie, mais pour être rendue à sa juste place.
Un sortilège, lorsqu’on sait s’en libérer un instant, redevient un plaisir.
GUILDE · MS · INT · XXV · s.l. · s.d.
La lettre du bibliophile
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A la fin du XVIIIe siècle, la famille Didot occupe une place de premier plan dans le paysage éditorial français. François-Ambroise Didot (1730-1804), dit Didot l’Aîné, fait figure d’éditeur officiel. La collection d’ouvrages, que lui demande Louis XVI « pour l’éducation du Dauphin », par un brevet d’Avril 1783, est bien connue. De même, le Comte de Provence, frère du Roi, confie à Pierre-François Didot (1732-1795) l’impression de ses éditions : Didot devient « Imprimeur de Monsieur ». Ces deux collections sont renommées; la collection du Dauphin est toujours très recherchée; elle a en effet de nombreux atouts : tirages très limités, belle typographie, beau papier, souvent bien reliée. Il est peut-être le moins connu des trois frères mais Charles-Philippe, Comte d’Artois, a lui aussi commandé une série d’ouvrages à François-Ambroise Didot. Hamilton, Mémoires du Comte de Gramont, relié aux armes du Comte d’Artois, Gros et Delettrez, 2011. Charles-Philippe est né en 1757. Louis XV choisit de lui donner le comté d’Artois en apanage, semble-t-il pour rassurer les délégués de cette province, qui craignaient la colère du Roi, à la suite de l’attentat de Damiens, natif d’Artois, en mars de cette année 1757. En 1780, c’est donc un jeune prince de 22 ans qui s’adresse à Didot, pour lui commander une « collection d’ouvrages français, en vers et en prose, imprimés par ordre du Comte d’Artois ». C’est en tout cas sous ce titre que la collection est généralement désignée ; mais il ne figure pas tel quel dans les ouvrages imprimés. Daucourt, le Berceau de la France, page de titre du tirage « Artois ». La seule mention qui s’en rapproche figure dans le titre des listes récapitulatives, insérées à la fin du dernier tome publié en 1780, puis à la mi 1781, et enfin fin 1781. Ces titres portent « Première Liste des ouvrages imprimés par ordre de Mgr le Comte d’Artois », sans autre mention ni distinction, puis « Seconde Liste des ouvrages imprimés par ordre de Monseigneur Comte d’Artois », cette fois-ci en séparant la prose des Poésies, catégorie qui ne regroupe que les Oeuvres choisies de Boileau, et enfin « Troisième liste des ouvrages imprimés par ordre de monseigneur Comte d’Artois », séparant de nouveau les Poésies, comportant cette fois-ci les Fables de la Fontaine et les Oeuvres choisies de Gresset. Nulle mention de vers ni de prose dans ces listes… Première liste des ouvrages, insérée à la fin des Amours de Roger et Gertrude, 1780. A noter qu’après les deux premières années le rythme de parution s’essouffle : de 27 tomes publiés en 1780 et 1781, nous passons à 6 tomes seulement (trois titres) en 1782, puis, en 1784 : Tom Jones, en 4 tomes. En 1786, Didot écrit dans la réédition de L’épitre sur les progrès de l’imprimerie, en note d’un passage fort élogieux sur Artois : « Monseigneur Comte d’Artois a commencé dès l’an 1780 une collection d’ouvrages de son choix, composée en partie des plus jolis romans que l’on connoisse : elle se monte actuellement à 64 vol. Ce Prince fait présent des exemplaires de cette édition imprimée par ses ordres. » Mais la série s’arrête là. Au total la collection comprend 35 titres, répartis en 64 volumes.
Didot Fils aîné, épitre sur les progrès de l’imprimerie, édition de 1786. Didot, Essai de fables nouvelles, 1786. On voit plusieurs membres de la famille mis à l’honneur sur cette page de titre. Cette collection groupera des ouvrages légers : des romans principalement, et quelques recueils poétiques. Les auteurs choisis ne sont pas tous français, mais les ouvrages sont écrits dans cette langue. Dans un cas exceptionnel, il s’agit d’une traduction. Ils sont pour la plupart contemporains ; il s’agit d’auteurs à la mode, voire reconnus, et des textes emblématiques, dans le genre choisi. Dans certains cas l’ouvrage est publié la même année, comme pour Les Jardins de l’abbé Delille. Ce parti-pris non académique a nui à la réputation de la collection. Les bibliographes ne sont pas tendres sur ses qualités littéraires : « collection intéressante que par son exécution typographique et sa rareté », écrit Gabriel Peignot. « Le choix aurait pu être plus sévère », d’après Brunet. Renouard est du même avis : « cette collection pourroit être d’un d’un meilleur choix littéraire ». Ces jugements sévères sont motivés par la présence d’auteurs fort oubliés, déjà au début du XIXe siècle, comme par exemple Daucourt, Mme de Tencin, d’Arnaud, de Saint-Réal… Il ne faudrait pourtant pas croire que tout soit de la même farine. La collection regroupe également des noms plus solides : Voltaire, Montesquieu, La Fontaine, Mme de La Fayette, Hamilton, Boileau, notamment. Les éditions sont soignées ; dans certains cas le texte est revu spécialement, une préface est rédigée. C’est dans cette collection que les nouveaux caractères Didot sont utilisés. La collection est tirée à soixante exemplaires, que le Comte d’Artois se réserve et distribue dans son entourage. Ces exemplaires sont tirés sur un papier de qualité : un papier vélin, nouveauté en France, papier fin, résistant, très blanc. Didot tire pour son usage personnel un certain nombre d’exemplaires, dont le nombre est estimé entre 40 et 60, suivant les bibliographes. Ceux-ci sont tirés sur un papier d’Annonay, de qualité moindre : c’est un vergé, légèrement plus jaune, mais tout aussi fin et résistant. Trois exemplaires sont tirés sur peau de vélin : l’un pour le Comte d’Artois, le second pour son trésorier, Mr de Verdun de Montchiroux, le troisième pour Didot. On peut rêver : Deux de ces exemplaires sont en France, à la BNF et à l’Arsenal, le troisième à la British Library (celui de Verdun de Montchiroux, réfugié à Londres pendant la Révolution). Mais certaines bibliographies affirment qu’il y eut quatre exemplaires tirés… Il semblerait qu’un tirage supplémentaire puisse exister ; en effet on trouve mention de quatre exemplaires sur vélin, avec les caractéristiques Didot, des Oeuvres de Boileau (ex Le Camus de Limare, Hangard, la Borde, MacCarthy). De même, la vente Renouard présente un exemplaire de Tom Jones sur vélin. D’Arnaud, Lorezzo, page de titre du tirage « Didot ». Les exemplaires « Didot » se distinguent des exemplaires Artois par deux différences : le papier, comme on l’a vu, et la page de titre. Sur la page de titre Artois se trouvent les mentions : « par ordre de Mgr le Comte d’Artois », A Paris, de l’Imprimerie de Didot l’Aîné », avec la date. Le fleuron reprend les armes du Comte d’Artois. Pas moyen de se tromper ! Par contre les exemplaires Didot sont moins facilement repérables. En effet, s’agissant d’une impression privée, non mise dans le commerce, les mentions habituelles ne peuvent y figurer. Nous n’avons donc plus les mentions relatives au Comte d’Artois, ni son fleuron. Mais nous n’avons plus non plus l’imprimeur ! la seule mention, comme toute édition clandestine qui se respecte, est un lieu (Paris) et la date. Le fleuron d’Artois est remplacé par un fleuron passe-partout. Ceci nuira à l’identification des exemplaires en question, d’autant qu’il s’agit de textes couramment édités à cette époque. A noter que les autres caractéristiques de l’édition sont en tout point identiques : jusqu’à la liste des ouvrages publiés, présente trois fois comme on l’a vu, qui est également présente dans les exemplaires Didot. Le format utilisé est traditionnellement désigné comme un in-18 dans les bibliographies, quelquefois un in-16. Les dimensions correspondent effectivement à ce format : suivant l’ardeur du relieur, les ouvrages mesurent de 12,5cm à 13,5 cm de hauteur, sur 7,5 cm à 8,5 cm. Le format bibliographique est en réalité un in-12 par demi-feuille. L’édition n’est pas illustrée, mais suivant la mode du temps, certains collectionneurs ont truffé leurs exemplaires, tel Renouard, qui s’était constitué un « exemplaire de choix » à partir de trois collections entières… Ex-Libris de Thierry de Ville-d’Avray, premier valet de chambre de Louis XVI, sur les Contes d’Hamilton. Cette collection, distribuée aux proches du Comte d’Artois, qui n’étaient pas forcément bibliophiles, n’a pas toujours été traitée avec le même soin. Elle était livrée en feuilles, son rythme de parution était irrégulier, et de nombreux exemplaires furent rapidement dépareillés. Fénelon, Télémaque, enrichi de figures, maroquin de Lefèbvre, Sotheby’s, 2007, bibliothèque Marcel de Merre, vendu 9000 euros. Notons par exemple que l’exemplaire du Duc de la Vallière (qui a une excuse valable), présenté à la vente de 1783 (lot 4134) ne comprenait que 21 volumes, soit les 12 premiers titres, et les trois premiers tomes du treizième, brochés. Il s’agit du seul lot retiré de la vente par la duchesse de Chatillon. Plus significativement, dans la vente du fonds de Bure, en 1838, sous le numéro 1506 on trouve une collection « complète », mais dépareillée : 56 volumes en feuilles, 7 brochés et un relié. Le numéro 1507 présente neuf volumes brochés, le numéro 1508 17 volumes « Didot » brochés. Christies, octobre 2008, lot 200 : Collection d’Artois, 25 volumes, maroquin citron, provenance : Comte de Paris. Au fil du temps, les collections complètes se sont encore raréfiées. Ainsi, à la vente Christie’s du 14 octobre 2008, l’exemplaire du Comte de Paris ne comportait plus que 25 volumes, soit 14 des 35 titres au total.De même est passé récemment en vente un tome isolé : Daphnis et Chloé, aux armes de Marie-Antoinette, figurant à la vente de la bibliothèque Marcel de Merre, en juin 2007 (Sotheby’s), vendu 4320 euros. Daphnis et Chloé, maroquin aux armes de Marie-Antoinette. Par nature, les provenances sont souvent prestigieuses ; on trouve donc souvent ces volumes dépareillés dans de belles reliures, du temps ou légèrement postérieures. Un beau thème de collection, peu encombrant ! Collection d’Artois, 37 volumes, demi-maroquin, vente Ader, mars 2015. Voici la liste des titres de la collection d’Artois : En 1780 :Montesquieu, le Temple de Gnide, 1 tome, 76 pages.Duclos, Acajou et Zirphile, 1 tome, 69 pages.(Godard de Beauchamps), Ismène et Isménias, 1 tome, 115 pages.Mme de la Fayette, Zayde, 3 tomes, 156;135;166 pagesMme de la Fayette, la princesse de Clèves, 2 tomes, 184;166 pagesTressan, histoire du petit Jehan de Saintré, 1 tome, 182 pagesMarmontel, trois contes moraux, 1 tome, 170 pagesMme Riccoboni, lettres de la Comtesse de Sancerre, 2 tomes, 156;160 pagesCazotte, Ollivier, 2 tomes, 188:168 pagesDaucourt, le berceau de la France, 2 tomes, 175;152 pagesMme Riccoboni, Lettres de Milady Juliette Catesby, 1 tome, 193 pagesTressan, le prince Gérard, comte de Nevers, 1 tome, 171 pagesVoltaire, Contes et Romans, 6 tomes, 189;180;198;178;178;179 pagesLongus, Daphnis et Chloé, 1 tome, 200 pagesMme Riccoboni, Histoire d’Aloïse de Livarot, 1 tome, 77 pagesMme Riccoboni, les amours de Roger et de Gertrude, 1 tome, 79 pages EN 1781 seront de nouveau publiés 27 tomes :Tressan, histoire de Tristan de Léonois, 1 tome, 212 pagesPrévost, Manon Lescaut, 2, 179;174 pagesDuclos, les confessions du Comte de ***, 2 tomes, 129;128 pagesd’Arnaud, Sargines, 1 tome, 130 pagesMme de Graffigny, lettres péruviennes, 2 tomes, 185;166 pagesMme de Tencin, le siège de Calais, 2 tomes, 122;126 pagesd’Arnaud, Lorezzo, 1 tome, 152 pagesde Saint Réal, Don Carlos, 1 tome, 135 pagesde Saint Réal, conjuration des Espagnols contre Venise, 1 tome, 142 pagesHamilton, mémoires du Comte de Gramont, 3 tomes, 168;189;183 pagesBoileau, Oeuvres choisies, 1 tome, 227 pagesla Fontaine, Fables, 2 tomes, 244;294 pagesGresset, Oeuvres choisies, 1 tome, 158 pagesFénelon, les aventures de Télémaque, 4 tomes, 192;226;197;208 pagesHamilton, contes, 3, 211:164:207 pages En 1782 seront publiés :Delille, les Jardins, 1 tome, 140 pagesMontesquieu, les Lettres persanes, 3 tomes, 184;189;201 pagesla Fontaine, les Amours de Psyché et de Cupidon, 2 tomes, 156;171 pages Aucune publication en 1783. La collection se termine en 1784 avec:Fielding imité par La Place, Tom Jones, 4 tomes, 336;293;297;369 pages Calamar
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bonne nouvelle année au (re)nouveau blog, et à son rédacteur !
Texte aussi beau que juste. Un grand merci et un joyeux Noël