Les faux dans les bibliothèques publiques : une histoire oubliée

En 1874, Léopold Delisle examine des incunables venus de Troyes et constate que leurs pages de titre ont été refaites au XIXe siècle. Paul Durrieu démasque le Psautier de Poitiers en 1895, Maurice Prou les faux cartulaires du Maine-et-Loire. Avant 1885, aucune école ne formait les conservateurs.

Frère Séraphion de la Chartreuse de Rambervillers, spécialiste du classement bibliophilique dans les ordres réguliers

Amis bibliophiles, bonjour.

Les bibliothèques publiques, surtout en France, ont longtemps été perçues comme les lieux mêmes de la rigueur, de l’authenticité et de l’exactitude. Le lecteur contemporain, habitué aux notices détaillées, aux catalogues en ligne et aux restaurations supervisées par des équipes interdisciplinaires, imagine difficilement à quel point les institutions du XIXᵉ siècle furent vulnérables — naïvement vulnérables — à ce que les conservateurs du temps appelaient pudiquement les livres composés, les documents interpolés, ou les manuscrits modernisés. Des faux, pour parler clairement.

Cette histoire embarrassante a longtemps été tue, parfois minimisée. Elle n’en constitue pas moins un chapitre essentiel de la bibliophilie française, révélateur non seulement des faussaires eux-mêmes, mais aussi des attentes des bibliothèques, des compétitions municipales, des lacunes méthodologiques de l’époque et de l’extraordinaire pouvoir de séduction qu’exerçait alors tout ce qui semblait ancien.

Enluminure de manuscrit fausse, attribuée au “Spanish Forger” (faussaire actif à la fin du XIXᵉ siècle).
Cette imitation pseudo-médiévale, réalisée sur parchemin avec tempera et or, illustre le goût du XIXᵉ siècle pour les faux “anciens” et les manuscrits composés.
Source : Metropolitan Museum of Art.

Ce Cahier ambitionne de dresser une cartographie raisonnée de ce phénomène, en s’appuyant exclusivement sur des sources vérifiables :

  • rapports de Léopold Delisle (BnF),
  • travaux de Maurice Prou, Paul Durrieu, Henry Martin,
  • archives F17 du Ministère de l’Instruction publique,
  • études de Devauchelle sur la reliure,
  • catalogues de bibliothèques municipales révisés,
  • publications savantes (Revue des bibliothèques, 1880–1930).

Il s’agit non d’un réquisitoire, mais d’un bilan historiographique :

comment les faux sont-ils entrés dans les institutions ?

Comment ont-ils été démasqués ?

Et que nous disent-ils de notre rapport au livre ancien ?

I. Les conditions qui ont permis l’entrée massive de faux (1850–1914)

1. Le XIXᵉ siècle, âge d’or de la crédulité érudite

La bibliophilie romantique, impulsée par Charles Nodier, Techener, Brunet et Boulard, transforme le livre ancien en objet esthétique et symbolique. L’Europe entière est saisie d’une fièvre médiévale et renaissance.

Les bibliothèques municipales, jalouses des grands établissements parisiens, veulent elles aussi exposer des incunables, des manuscrits enluminés, des reliures du XVIᵉ. Le problème : elles n’en avaient souvent aucune. Et le marché antique, poussé par la demande, ne recule pas devant l’offre… même falsifiée.

Le reste du cahier est sur le site : les incunables de Troyes dont Delisle a vu en 1874 les pages de titre refaites, le Psautier de Poitiers que Paul Durrieu démasque en 1895, et les quatre familles de faux que les révisions de catalogues ont fini par isoler.

Il existe un mot récurrent dans les correspondances des bibliothécaires provinciaux entre 1850 et 1890 :

“ne pas laisser passer une opportunité”. Ce mot a coûté cher.

2. Le manque de formation spécialisée

La fonction de conservateur n’est institutionnalisée que tardivement.

Avant 1885, il n’existe pas d’école professionnelle, pas de formation paléographique obligatoire et très peu d’outils critiques.

Les directeurs de bibliothèques sont :

  • professeurs de collège,
  • avocats,
  • érudits locaux,
  • prêtres ou chanoines.

Certains sont brillants… Mais peu savent reconnaître un parchemin médiéval authentique d’un parchemin ancien réécrit au XIXᵉ.

De même, la reconnaissance des filigranes, des encres anciennes, des typographies primitives reste balbutiante. Un faussaire habile peut donc sans peine exploiter ces lacunes.

3. Les enjeux politiques : rivalités municipales

La IIIᵉ République offre un terrain fertile.

Les municipalités rivalisent : Nancy contre Dijon, Toulouse contre Montpellier, Rouen contre Caen, Aix contre Marseille…

Posséder un incunable, un célèbre manuscrit, un livre d’heures enluminé signifie prestige, attractivité intellectuelle, modernité culturelle.

On veut enrichir les fonds locaux, montrer que la ville “pèse”.Les élus de l’époque poussent parfois les conservateurs à acheter trop vite, trop cher, trop rarement avec le recul nécessaire.

4. L’accès restreint à la comparaison

Aujourd’hui, un conservateur peut comparer numériquement un manuscrit suspect à 300 autres en quelques minutes.

En 1870 ? Impossible.

Les faussaires savaient profiter de cette impossibilité structurelle de comparaison.

II. Les quatre grandes familles de faux recensées

Les cas documentés permettent de distinguer des typologies claires.

1. Les faux incunables (les plus nombreux)

Exemple majeur : les incunables truqués de Troyes (Delisle, 1874)

Léopold Delisle, administrateur général de la BnF, examine en 1874 plusieurs incunables provenant de Troyes.

Il découvre :

  • pages de titre recréées au XIXᵉ,
  • initiales peintes récemment,
  • papier postérieur à 1600,
  • collations incohérentes,
  • assemblage de feuillets disparates.

Il parle de “compositions récentes sur support ancien”. Ces volumes avaient été acquis comme trésors municipaux… et sont devenus l’un des cas les plus célèbres d’incunables composites.

2. Les manuscrits enluminés “modernisés”

Exemple : le “Psautier de Poitiers”, démasqué par Paul Durrieu (1895)

Un manuscrit présenté comme XIVᵉ siècle se révèle, sous analyses :

  • enluminures refaites au XIXᵉ,
  • pigments modernes (bleus aniline),
  • or en feuille appliqué mécaniquement,
  • composition trop régulière pour un ouvrage médiéval.

Durrieu montre qu’il a été fabriqué dans un atelier parisien romantique dans les années 1830–1840.

De tels cas se comptent par dizaines : Arles, Marseille, Angers, Rouen, Amiens, Besançon ont tous possédé des manuscrits “embellis” au-delà du raisonnable.

3. Les faux cartulaires et chartes apocryphes

Exemple : les faux cartulaires du Maine-et-Loire (1888–1895)

Signalisés par Maurice Prou, ces cartulaires prétendument carolingiens présentent :

  • parchemin authentique mais réutilisé,
  • écriture d’imitation gothique,
  • sceaux fraîchement moulés,
  • formules diplomatiques anachroniques.

L’analyse diplomatique moderne montre qu’ils ont été forgés vers 1850 pour renforcer l’ancienneté supposée d’établissements locaux.

Plusieurs de ces faux ont été achetés par les Archives départementales, avec certificat… avant d’être déclassés quelques décennies plus tard.

4. Les fausses provenances et reliures à armes inventées

Exemples authentiques : les faux Saint-Simon, Marot, Diane de Poitiers (BnF)

À la fin du XIXᵉ siècle, la BnF identifie des reliures comportant :

  • fers ajoutés,
  • armes dorées au XIXᵉ,
  • chiffres “complétés” à la main.

Les faussaires ajoutaient un “Colbert”, un “Grolier”, un “Thou” sur une reliure authentique mais anonyme, ce qui augmentait sa valeur d’un facteur 5 à 20.

Delisle et Omont publient plusieurs notes publiques pour rectifier ces attributions.

III. Les faussaires : profils et techniques

1. Les pasticheurs romantiques (1830–1850)

Ces artistes, fascinés par le Moyen Âge, produisaient des manuscrits imitant :

  • les livres d’heures,
  • les bestiaires,
  • les chroniques enluminées.

Ils ne cherchaient pas nécessairement à tromper : leurs œuvres devinrent des faux parce qu’on les prit pour authentiques.

2. Les ateliers professionnels (1850–1900)

On parle ici de véritables industries du faux.

Le cas de l’“atelier S.” de Munich

Documenté par des chercheurs allemands, il produisait :

  • impressions pseudo-incunables,
  • réfections de pages,
  • vieillissements par fumée, café, acide.

Plusieurs de ces pièces ont transité par Paris avant d’atterrir dans des fonds municipaux.

Les ateliers florentins

Devauchelle note que certains relieurs florentins, spécialisés dans les commandes touristiques, ont produit d’excellentes “reliures Renaissance” entièrement modernisées. Des bibliothèques françaises en conservent encore.

3. Les artisans locaux employés par les municipalités

C’est le phénomène le plus méconnu.

Pour “restaurer”, ils :

  • complétaient les manques,
  • réécrivaient les lettres effacées,
  • remplaçaient des feuillets,
  • modernisaient les miniatures.

Ces interventions produisent aujourd’hui des faux involontaires, mais historiquement réels.

IV. Comment les faux ont été démasqués

1. Les grandes révisions de catalogues (1880–1930)

Sous Delisle, Prou, Durrieu, Omont, la France mène une réévaluation systématique de ses fonds.

Méthodes :

  • comparaison de filigranes,
  • collation rigoureuse,
  • examen des pigments,
  • mise en parallèle avec d’autres institutions.

Beaucoup de faux tombent alors.

2. La montée de la diplomatique et de la codicologie

Les travaux de Mabillon existaient déjà, mais leur application systématique date de la fin du XIXᵉ. Les diplomatistes modernes comme Prou montrent que les faussaires méconnaissent :

  • les formules de chancellerie,
  • les usages de l’abréviation,
  • les formes datives,
  • les transitions linguistiques.

3. Les premières analyses chimiques et microscopiques

Dès 1890, on détecte :

  • encres synthétiques,
  • pigments modernes,
  • colles industrielles,
  • fibres de pâte mécanique (postérieures à 1850).

Ces tests éliminent de nombreux faux.

V. Trois cas emblématiques à retenir

A. Les incunables truqués de Troyes

Le cas le plus spectaculaire, qui tombe sous la double observation de Delisle et de la BnF. Il démontre la facilité avec laquelle des feuillets anciens peuvent être insérés dans une structure moderne.

B. Les faux cartulaires du Maine-et-Loire

Un exemple important de falsification institutionnelle: certains archivistes du XIXᵉ ne veulent pas reconnaître la supercherie.

C. Les manuscrits “modernisés” par les ateliers parisiens

Le cas du Psautier de Poitiers, analysé par Durrieu, est devenu le modèle d’étude des restaurations excessives.

VI. Ce que ces faux nous apprennent encore aujourd’hui

1. Les catalogues doivent être vivants

Les fonds patrimoniaux ne sont jamais “clos”. Le travail de révision est permanent.

2. Les provenances sont des labyrinthes

Les faux du XIXᵉ siècle empoisonnent encore des notices contemporaines. La prudence reste essentielle.

3. Les faux sont aussi du patrimoine

Ils dévoilent :

  • le goût du temps,
  • les ambitions municipales,
  • les fantasmes médiévaux,
  • les stratégies commerciales du XIXᵉ siècle.

4. La vigilance moderne s’est construite contre ces erreurs

La codicologie, la diplomatique, la chimie du papier et l’expertise collective ont émergé pour répondre à ces faux.

Conclusion

Le faux, dans les bibliothèques publiques, n’est pas un accident : c’est un fait de civilisation.

Les faux incunables, les manuscrits modernisés, les cartulaires apocryphes, les reliures falsifiées constituent un miroir fidèle des aspirations du XIXᵉ siècle et des limites de ses savoirs.

Ils témoignent d’un âge où la passion dépassait parfois la raison — et où l’antique était si désirable que l’on préférait parfois le rêver plutôt que le vérifier.

En comprenant comment ces faux ont circulé, nous comprenons mieux comment la bibliophilie s’est construite : par enthousiasme, par compétition, par naïveté, par désir, mais aussi par rigueur, par correction et par science renaissante.

La vérité bibliophilique n’est jamais donnée d’emblée. Elle se cherche, se discute, se rectifie.

Et parfois — comme dans ces volumes trop neufs pour être anciens —

elle se révèle en creux, dans les illusions d’un âge révolu.

Frère Séraphion de la Chartreuse de Rambervillers

Pour les Cahiers de la Guilde

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À lire ensuite

Un monument de la Bibliophilie: les Pillone

Bibliothèque des Pillone, reliures peintes par Vecellio

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Titien, Vecellio, Pillone et Bérès, quatre grands noms pour les amateurs d’art et les bibliophiles, quatre grands noms pour un ensemble unique dans l’histoire de la Bibliophilie : la bibliothèque Pillone.

La bibliothèque ou collection Pillone est l’expression consacrée pour qualifier les quelques cent soixante volumes appartenant à la famille Pillone dont les reliures fûrent peintes par Vecellio.

Bibliothèque Pillone, reliures peintes par Cesare Vecellio

Dans l’Italie du 16ème siècle, les livres étaient rangés dans le sens inverse de celui que nous utilisons aujourd’hui: ils présentaient leurs tranches de gouttière, et non leurs dos au lecteur faisant face à la bibliothèque (c’est en fait la phase de transition entre les ouvrages rangés à plat et le rangement actuel). La particularité des Pillone, est que Odorico, Giorgio et Antonio Pillone poussèrent l’extravagance vénitienne de l’époque jusqu’à faire peindre, de façon quasi systématique, la tranche de gouttière de leurs ouvrages. En réalité, on parle bien là d’un projet bibliophilo-artistique unique.

Cette tâche extraordinaire fût confiée à Cesare Vecellio (1521 – 1601), neveu ou cousin de Titien (qui s’appelle en fait Tiziano Vecellio), dont les Pillone étaient les protecteurs et mécènes. Cesare Vecellio qui fît ses classes chez Titien peignît également les églises de Belluno, la ville où résidaient les Pillone (Vénétie, à 80 km au nord de Venise). Titien lui-même était d’ailleurs un habitué de la maison des Pillone.

Si l’idée de peindre les tranches n’est pas unique (voir par exemple les nombreux « fore-edge » anglais du 19ème siècle, ou quelques ouvrages français de la fin du 18ème représentant des scènes bucoliques), l’ensemble constitué par les Pillone était lui sans égal.Cesare Vecellio, peintre de tranches pour la bibliothèque Pillone
Une oeuvre de Vecellio à BellunoD’une part, les Pillone furent semble-t-il les seuls de leur époque à faire exécuter ces travaux et d’autre part, les 168 (ou au moins 170 disent d’autres sources) livres ainsi peints étaient regroupés dans un cabinet spécifique. On devine qu’il devait produire un effet particulièrement impressionnant sur ses visiteurs. Quel effet chromatique, et quelle majesté…
En 1875, le bibliophile Tessier, qui eût l’occasion de contempler la bibliothèque Pillone dans la villa même de Belluno en parlait en ces mots «…ceci vous rend extatique, vous pensez vous trouver devant un ensemble d’objets d’art, et vous vous retrouvez non seulement devant une merveilleuse bibliothèque, mais également devant une sublime et abondante collection de tableaux ». Plus loin, il affirme que ce moment aura « dépassé ses attentes ».

Les décors peints par Vecellio représentaient soit des animaux, soit des personnages, souvent les auteurs des ouvrages eux-mêmes d’ailleurs, comme celui ci-dessous. C’est Odorico qui le premier commanda ces œuvres à Vecellio. On a retrouvé quelques une de ses notes destinées au peintre, le plus souvent sur le contreplat. Il y donnait des détails précis sur ses souhaits.

Ce qui est assez unique également, est que cette collection, formée au 16ème siècle par les Pillone nous est parvenue sans trop de dommages au fil des siècles… Enfin, jusqu’à ce qu’elle croise la route de Pierre Bérès, dans la seconde partie du 20ème siècle.Tranche peinte de la bibliothèque Pillone, détailGeographie de Strabon, 26 août 1480, orné d’un portrait de Strabon, Vente Bérès décembre 2006

En 1837, on trouve ainsi dans le contrat de mariage d’un descendant des Pillone que le marié apporte « une précieuse collection de livres anciens de grande valeur et d’une grande rareté, et dont l’état de conservation remarquable se double de l’honneur d’être enrichis de miniatures de Vecellio ».
Les volumes seront ensuite vendus en janvier 1875 pour permettre aux descendants de faire face à divers revers de fortune et achetés en bloc par le bibliophile anglais Sir Thomas Brooke qui les déplaça à Londres. Il dressa d’ailleurs la liste de cette « bibliothèque de Venise ». Il fît également fabriquer une bibliothèque d’ébène sur le fronton de laquelle fût gravé en lettres d’or « Libros hic summa repositos cum Diligentia collegit Odoricus Pillonius Venetus, ornavit eximia art Vecellius César. »

Le neveu et héritier de Brooke confia la vente des ouvrages à Alan Keen et c’est en 1957 que Pibi, Pierre Bérès, acheta l’intégralité de la collection, même si trois ouvrages disparurent mystérieusement entre Londres et Paris.

Bérès inventoria la collection, écrivît un ouvrage, proposa des expositions, mais l’acquisition des Pillone par le grand libraire parisien signa également et malheureusement leur dispersion au fil des ventes. Certains d’entre eux furent d’ailleurs vendus lors des grandes ventes Bérès de 2007 et 2008.

Monument de la Bibliophilie, les Pillone ne sont désormais plus « un », puisque l’unité de la collection a été rompue, mais ils restent d’immenses ouvrages, rares, avec des textes prestigieux et, chose peu commune, porteurs pour chacun d’entre eux d’une œuvre unique, une création de Vecellio. Leurs prix se comptent aujourd’hui en dizaines, voire en centaines de milliers d’euros.

On trouve dans les Pillone un petit nombre de livres allemands issus de l’héritage d’un ancêtre des Pillone, qui s’était engagé sous les ordres de Charles Quint, et qui mourût au siège de Metz en 1553. Les chercheurs divisent généralement les Pillone en quatre grandes parties, dont tous les volumes furent peints :
Volume de la bibliothèque Pillone, dos peint XVIe siècleSeneque, Epistolae ad Lucillium, Rome, 1er février 1475. Vente Bérès 2007

– Les volumes du 15ème siècle : ils furent tous publiés en Italie, sauf de lo Speculum Aureum praeceptorum de Enricus Herf imprimé à Nuremberg en 1481: quarante-quatre à Venise, cinq à Trévise, quatre à Brescia quatre, trois à Vérone, trois à Vicenza, trois à Rome, trois à Bologne, deux à Parme, etc.
– La deuxième partie est composée de seize volumes publiés de 1503 à 1520. Dix furent imprimés à Venise, un à Paris, un à Milan, deux à Bâle, un à Naples et un à Lyon.
– La troisième partie est composée de livres entre 1522 a 1547, soit 59 volumes, publiés principalement en Suisse, en Allemagne et en France.
– La quatrième partie contient 30 volumes imprimés entre le milieu du XVIe siècle et 1591.

Naturellement, il ne s’agît que d’une partie de la bibliothèque des Pillone, qui étaient des notables de Belluno, notamment des juristes, et qui possédaient également d’autres nombreux livres, mais dont les tranches ne furent pas peintes, et qui ne furent pas inventoriés.
On pense aujourd’hui que les Pillone firent peindre les volumes qui n’avaient pas trait à leur travail ou à leurs études, mais qu’ils avaient rassemblés pour leur rareté, leur beauté et par passion. L’ensemble des reliures peintes en effet assez hétérogène, regroupant des ouvrages classiques en grec et en latin, des ouvrages scientifiques, des chroniques, des ouvrages de tacttique militaire ou même de voyages.

Je vous ai demandé si l’un de vous avait un exemplaire Rahir… je ne vous demande pas si vous avez un Pillone ! Sourire.

Hugues

Pour en savoir plus, vous pouvez notamment consulter :
Pierre Bérès : Cesare Vecellio et la bibliothèque Pillone. Paris, P. Berès, 1957. 1 volume in-8
Pierre Bérès : catalogue n°67, un groupe de livres Pillone
Anthony Hobson : the book collector, 1958
Cesare Vecellio fit des études approfondies sur l’habillement de l’époque avec des descriptions et dessins :
Corona delle nobili e virtuose dame (1591/1598) trilogia di Cesare Vecellio
Degli habiti antichi et moderni di diverse parti del mondo (1589).

2 Commentaires

  1. la recherche n’est pas finie, et les faux pas limités au XIXe siècle : https://www.geo.fr/histoire/ce-precieux-manuscrit-attribue-a-lastronome-galilee-est-en-realite-un-faux-211439.
    Et ça ne touche pas que les incunables : https://fr.aleteia.org/2018/10/25/ce-que-lon-sait-des-sept-faux-manuscrits-de-la-mer-morte/.
    Et bien sûr, ne pas oublier le fameux reportage de F3 sur la vente de l’atelier Simier, avec l’ajout filmé d’armes sur une reliure XVIIIe, « pour montrer comme c’est facile » 🙂 – de quel bibliophile cet exemplaire enrichi fait-il maintenant la fierté ?

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