Je sais peu de choses du Comte de la Bédoyère (1782-1861), si ce n’est qu’il fût l’un des plus grands bibliophiles français du 19èle siècle et qu’il dispersa sa bibliothèque en 1837. Cette vente lui fût si pénible qu’il racheta une partie de ses livres lors de la vacation. Sa « seconde » bibliothèque fût dispersée en 1862. Et autre chose, finalement, ce qui explique que je cherche à en savoir plus sur lui, j’ai entre les mains un ouvrage qui porte son ex-libris, ainsi que les ex-libris de Robert Hoe et JB Adams, et qui vient de rejoindre ma bibliothèque. En savez-vous plus sur lui, voire sur eux? L’ouvrage en question est joliment relié en plein maroquin vert par l’atelier Trautz-Bauzonnet, il s’agît des Métamorphoses d’Ovide en rondeaux, chez Pierre Mortier, Amsterdam, 1697. Il est joliment agrémenté de vignettes à mi-page illustrant chaque métamorphose. Alors, en savez-vous plus sur la Bédoyère, Doe et Adams?
H
La lettre du bibliophile
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Je vous propose ce soir de reprendre le chemin de la reliure, avec un article de Xavier, sur l’histoire de la profession de graveur, suivie de celle des fers à dorer. Merci à lui.
Jusqu’au XIIIe siècle les estampages se font à l’aide de blocs de bois gravés ; au vu de la difficulté rencontrée pour obtenir un estampage régulier, on eut l’idée d’utiliser du fer doux, puis du cuivre.
Les tailleurs-graveurs sur métal ont gravé en creux les premières plaques ; puis les premiers fleurons de l’époque monastique.
Ces tailleurs-graveurs font aussi des sceaux et des cachets, des fers de livres ; ils font partie de la communauté des fondeurs, chauderonniers, espingliers, balanciers et graveurs de sceaux (en 1467).
En 1705 ; d’autres professions s’occupent de gravure sur métal, les orfèvres, merciers, fondeurs, peintres et sculpteurs, ce qui n’a pas manqué pas de créer une certaine concurrence.
1776 : la réforme générale des corporations réunit les graveurs sur métaux aux fondeurs et doreurs sur métaux. La révolution a aboli les corporations et a permis à tout citoyen, moyennant paiement d’une patente, d’exercer le métier de son choix. Les fers à Dorer Les premiers fers à « empreindre » ont vu le jour au XIIe siècle ; ils sont gravés en creux dans du fer doux et représentent des motifs simples.
Au XIVe siècle, apparition des rosaces ; torsades et entrelacs. Jusqu’au XVe siècle ils se sont multipliés par des motifs floraux et par la faune héraldique.
Les fers sont principalement utilisés dans les monastères par les frères relieurs : se sont nos fers monastiques.
La renaissance Italienne du XVI engendre un style différent : la gravure en relief remplace la gravure en creux et apporte une élégance.
Les fers pleins azurés et évidés font encore aujourd’hui l’objet de notre admiration. Ils s’inspirent des vignettes de typographie des célèbres imprimeurs vénitiens : les Alde.
D’autres motifs, ceux là non pas puisés leur inspiration dans l’imprimerie : les entrelacs, se sont les fers Grolier (Jean Grolier de Servières, Vicomte d’Aiguizy, 1479-1565) ; du nom du prestigieux bibliophile.
On retrouvera ces motifs, un siècle plus tard dans les fanfares.
Le XVII est le siècle des tortillons, ou pointillé ; se sont les fers le Gascon (cet inconnu, voir le catalogue de la vente Esmérian T2, partie 2, qui n’éclaire pas plus que Ernest Thoinan) ; les motifs s’inspirent du travail des dentellières.
Le XVIII s’affirme par des motifs de dentellerie, de ferronnerie et de broderie.
La Révolution, attributs vengeurs et philosophiques…, bonnets Phrygiens, tables de lois et piques.
L’Empire, les palmettes et les motifs architecturaux
Restauration et époque Romantique, on redessine les motifs anciens que l’on traite différemment.
Fin XIXe siècle, c’est le BOULEVERSEMENT, il n’y a plus de style, mais autant de styles que de relieurs ; c’est l’avènement des filets droits et courbes. A noter ceux d’art décoratif vers 1925.
1960, la mosaïque de cuir supplante la dorure et la gravure de fers sera occasionnelle. Roulettes et Palettes
La roulette au filet simple déjà employée au XIIIe siècle, sert à tracer les encadrements et les compartiments contenant les motifs tirés à froid à l’aide de bloc gravés.
Le XVIe siècle voit les roulettes gravées de motifs. Les plaques La plaque n’a pas cessé d’être utilisée depuis la fin du XVe siècle, formant généralement le décor central du plat. La plaque a répondu à un besoin d’orner à moindre frais les livres produits en abondance par l’imprimerie naissante.
Au XVe siècle, les sujets sont essentiellement religieux, le plus souvent des scènes du nouveau testament.
Au XVIe siècle, les motifs sont inspirés par les bois à pleine page des livres d’heures, dès la deuxième décennie du XVIe siècle, les plaques à arabesques, déjà en usage en Italie, font leur apparition.
Au milieu du XVIe siècle, on renonce à imiter les décors exécutés à la main. La plaque à une valeur propre avec des milieux et des coins à fond d’azur ; cette innovation fournit l’avantage de pouvoir se servir des mêmes plaques sur des formats différents. Ces plaques restèrent utilisées jusqu’au début du XVIIe siècle.
Au XVIIIe siècle, on imprima tant de livres, que les plaques se comptent par milliers. C’est aussi la grande époque des plaques à combinaisons. A l’approche de la révolution les plaques perdent la plupart de leurs qualités, le dessin est moins précis ; elles sont « plus lourdes », et ne reproduisent qu’imparfaitement les décors à petits fers des maîtres de cette époque.
Aux dernières années du règne de Louis XVI, apparaissent les plaques emblèmatiques, aux dessins empruntés à la faïence et aux tentures d’ameublement.
La Révolution, laisse de rares plaques sans bien grand intérêt artistique, ou l’on trouve surtout le faisceau et la hache, le bonnet Phrygien, statue de la liberté, etc.
Le XIXe siècle et l’Empire, voient l’apparition des plaques aux dessins tirés de la Grèce antique et de la Rome impériale, c’est aussi à l’image de ce qui se fait dans les branches de l’art industriel.
La Restauration, a continué quelques temps le style Empire, mais cède le pas aux ornementations gothiques. Avec les Romantiques et les plaques à la cathédrale, viennent ensuite les plaques de style rocaille aux traits plus ou moins lourds.
Dès 1850, avec le développement de la reliure industrielle, on revient aux plaques à personnages, remises au goût du jour, et qui, tirées en plein or, ne donnent pas toujours les meilleurs résultats. Une presse à balancier
La dorure aujourd’hui Paul Bonet G.Cretté, le maître des filets, élève de Marius-MichelUne prouesse technique, Henri Mercher
Merci Xavier!Hugues
Sources : -Les photos des roulettes sont tirées du bel ouvrage de Eugène de Verbizier et de son Traité de dorure sur cuir, Paris, 1990, 2 vol. in-4 en feuilles ; il reste des exemplaires chez l’auteur, au 75 rue Buffon, Paris 5, tél : 01.43.37.53.68 – Marcel Garrigou-Les maîtres de la reliure. Georges Cretté, Grand in-4 en feuilles -Julien Fléty- La gravure des fers à dorer, Paris, Technorama, 1984, in-8, 166p -Pascal Alivon- Styles et modèles. Guide des styles de dorures et de décoration des reliures ; Artnoville, 1990, in-8, 175pp. – Raphaël Esmerian-Bibliothèque….Paris, Blaizot et Guérin, 1972-1974, 5 parties en 6 vol. in-4, 2éme partie, partie 2 : Douze tableaux synoptiques sur la reliure au XVIIe siècle, étude de R. Esmerian sur les fers à dorer.
Amis Bibliophiles Bonsoir, J’avoue. J’avoue qu’il m’est déjà arrivé d’acheter un livre ancien, de soupirer d’aise en le regardant, avant de le ranger dans ma bibliothèque sans l’avoir ouvert ou presque. Ce n’est pas arrivé […]
Amis Bibliophiles bonjour, Le Musée national de la Renaissance est installé à Ecouen dans le château que fit construire le connétable Anne de Montmorency, Grand Maître de François Ier. Il était donc tout désigné pour […]
Amis Bibliophiles Bonsoir, En dehors de cette relation officielle, on distinguera deux types d’oeuvres : les relations proposées par des compagnons de voyage de Cook, qui s’embarquèrent sous ses ordres sur les différents navires d’une […]
29 Commentaires
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Je rentre de Bretagne, et après relecture des derniers commentaires du blog, je tiens à dire que je souscris entièrement à votre intervention au sujet du commentaire de « Georges DLJ » : pour avoir écrit ce que j’ai lu, il ne peut pas être bibliophile ! Par conséquent, c’est sans intérêt … mais j’ai peut-être un ego surdimensionné.
Je rebondis un peu tard sur les ex-libris et les provenances, et voudrai surtout réagir au commentaire laissé le 28 Juillet par Georges DLJ. Ce commentaire commence Dieu sait pourquoi par une allusion politique qui n’a rien à voir ni à faire sur un blog tel que celui-ci consacré à la bibliophile, et de plus il réduit à presque rien le rôle des libraires dans la reconstitution de l’itinéraire d’un livre au travers de ses différents propriétaires, le « mensonge national » (tout un programme…). Oui les libraires, et depuis le 18eme siècle, s’appuient sur les ex-libris des ouvrages qui passent entre leurs mains pour dresser leur pédigrée, et n’en déplaise à Georges DLG, ceux-ci ont permis à beaucoup d’ouvrages de valeur d’âtre ainsi suivis depuis les grandes ventes de cette période. Et quand les ventes sont anonymes, les ex-libris ésotériques à souhait, de longues et fastidieuses recherches effectuées par les libraires ont seules permis d’attribuer des filiations sûres et souvent prestigieuses. Les ex-libris en maroquin avec le nom poussé en lettres d’or ne sont pas toujours gage de grande qualité pour les livres, et là aussi le libraire sait faire la part des choses n’en déplaise encore une fois à Georges DLG… Et sa phrase « c’est avant tout l’expression d’un ego surdimensionné, d’une envie de montrer « urbi et orbi » que sa bibliothèque est « classée » à l’ATP dans le TOP TEN ! » est sans rapport aucun avec la réalité des grandes et prestigieuses provenances…Et la référence à l’ATP du Top Ten aurait du rester cantonné aux commentaires pseudo-journalistiques de Nelson Monfort… En gros et pour être clair ce commentaire qui commence par de la politique et finit par une pseudo-allusion sportive matinée d’une analyse psychologique de comptoir (ex-libris = ego surdimensionné, no comment : attention Hugues la mégalomanie vous guette…) est juste digne d’être qualifié de nul et non avenu parmi les commentaires de bon sens et de bonne tenue qui sont régulièrement affichés ici. Voilà. Merci. Vincent P., Libraire.
Merci Nicolas, Un Roman de la Rose relié par Lortic… j’ai bien peur que même en mangeant des pâtes tout l’été, cela ne suffise point! Mais j’attends cette vente avec intérêt. En passant, mon exemplaire Doe ne vient pas de la vente aguttes, je n’y ai pas assisté, et je n’y ai rien acheté. H
Cher Hugues, Chers amis, Un expert parisien va vendre à la rentrée un bon choix de la bibliothèque de Robert Hoe. C’est le même expert que celui de la vente Aguttes dont provient (je suppose) ton exemplaire. Il y aura de l’exceptionnel uniquement, notamment dans le domaine du gothique français. Dont surtout deux exemplaires du Roman de la Rose (dont un incunable) reliés et doublés par Lortic. Le relieur que préfère Hugues, si je ne m’abuse 🙂 Préparez vos porte monnaies! amitiés Nicolas
Cher Hugues, Chers amis, Un expert parisien va vendre à la rentrée un bon choix de la bibliothèque de Robert Hoe. C’est le même expert que celui de la vente Aguttes dont provient (je suppose) ton exemplaire. Il y aura de l’exceptionnel uniquement, notamment dans le domaine du gothique français. Dont surtout deux exemplaires du Roman de la Rose (dont un incunable) reliés et doublés par Lortic. Ces reliures sont exceptionnelles… Préparez vos porte monnaies! amitiés Nicolas
Rongé par la jalousie et terriblement envieux d’une telle trouvaille, ce sera le post de trop pour moi.
Je ne ferai donc aucun commentaire et vais, de plus, m’abstenir de revenir sur ce blog pendant une semaine, histoire que textes et photos disparaissent.
La Bédoyère, Henri-Noël-François Huchet, comte de (1782-1861) La Bédoyère, qui avait fait une belle carrière militaire, avait une vaste culture littéraire et artistique. Il était membre de la Société des Bibliophiles français. Ayant vendu sa bibliothèque en 1837, il en constitua aussitôt une seconde, qui fut dispersée en 1862. Par ailleurs, il avait constitué une collection de quatre mille estampes historiques, qui fut inventoriée par Noël France (le père d’Anatole), son ancien compagnon d’armes, acquise par la Bibliothèque Nationale et ventilée entre les séries Histoire (O), Portraits (N), Caricatures (T), et Papiers-Monnaie (P.) du département des Estampes et de la photographie.
D’après FRANCE, Noël (Pseud. de François-Noël Thibault). Description historique et bibliographique de la collection de feu M. le Cte H. de La Bédoyère,… sur la Révolution française, l’Empire et la Restauration / rédigée par France. – Paris : France, 1862. – In-8°, XVI-687 p., portr. « Cette collection se compose de : Journaux, – Brochures historiques, – Pamphlets, – Satires et facéties, – Placards-affiches gr. in-8°, – Gravures historiques, – Portraits et Caricatures, – Assignats et autographes. Le tout publié de 1787 à 1829, mais plus particulièrement de 1789 à 1800. Elle comprend : Brochures, plus de cent mille ; Journaux, environ deux mille ; Gravures et Caricatures, plus de quatre mille ; quatre vingt cinq dossiers d’Autographes. Le tout formant plus de quinze mille cinq cents volumes ou cartons de tous formats. ». Dans la rubrique « Bibliographie », p. 237, on trouve la seule évocation des prospectus de libraires et d’éditeurs se trouvant actuellement dans le fonds du Q10, sous le n° « 1099. Prospectus de publications de livres, journaux et estampes. 150 pièces, de 1815 à 1829. 3 cart. ». La vente a fait l’objet de différents catalogues de ventes dont : – [Vente (livres). 1862-02-03. Paris]. Catalogue des livres rares et précieux, imprimés et manuscrits, dessins et vignettes composant la bibliothèque de feu M. le comte H. de La Bedoyère,… [Vente à Paris, Maison Silvestre, 3-24 février 1862.]. – Paris : L. Potier, 1862. – XVI-400 p. ; 24 cm. Rédigé par Anatole France, d’après l’introd. – Suivi de : « Catalogues des livres, vignettes et lettres autographes… 2e partie », 192 p. et de « Catalogue des livres de la bibliothèque de M. le comte H. de La Bedoyère, table alphabétique des noms d’auteurs, traducteurs, commentateurs, dessinateurs et graveurs, des ouvrages anonymes et des pseudonymes précédée d’une notice par M. Jules Janin et suivie de la liste des prix d’adjudication », XII-55 p. Le catalogue nous apprend que la vente des livres de Noël-François-Henri Huchet, comte de La Bédoyère, né à Paris, novembre 1782, décédé le 18 juin 1861, s’est déroulée du 3 février au 24 février 1862 en 19 vacations et du 24 novembre au 4 décembre 1862 en 10 vacations, Me Peynaud.
D’après LEDOS, Eugène-Gabriel. Histoire des catalogues des livres imprimés de la Bibliothèque nationale / par E.-G. Ledos,… Préf. par Julien Cain. – Paris : Bibliothèque nationale, 1936, p. 186 : « Parmi les acquisitions faites sous le second Empire, deux [Payen et La Bédoyère] intéressent un peu l’histoire du Catalogue. L’une est l’importante collection formée par le Cte H. de La Bédoyère sur l’histoire de la Révolution française, acquise pour 80.000 francs. Le catalogue en a été rédigé par le libraire France, le père du fameux écrivain : Description historique et bibliographique de la collection de feu M. le Cte H. de La Bédoyère…, sur la Révolution française, l’Empire et la Restauration. Paris : France, 1862. In-8°, XVI-687 p., avec portrait. Elle comprenait la bibliothèque de Deschiens, acquise par La Bédoyère. Le catalogue, qui d’ailleurs groupe un grand nombre de pièces dans des descriptions fort sommaires, ne peut être d’une grande utilité pour les recherches, puisque les cotes de la Bibliothèque n’ont été que rarement mises en face des articles. Tout au plus peut-il attester l’entrée d’un livre à la Bibliothèque. »
Selon VALLÉE, Léon. La Bibliothèque nationale : choix de documents pour servir à l’histoire de l’établissement et de ses collections / par Léon Vallée,… – Paris : E. Terquem, 1894. – Gr. in-8°, XII- 526 p. Index. – (Rel.), p. 214-215 : « En janvier 1864, la B.N. a acheté cette collection, y compris les doubles et les multiples, moyennant une somme de 90,000 fr., laquelle fut payée, moitié avec une augmentation accordée par les Chambres sur le budget de 1865, moitié avec les fonds provenant du legs du duc d’Orléans. ». On voit que L. Vallée rajoute 10000 F à la somme citée par Ledos.
Sources : – France, Noël. Description historique et bibliographique de la collection de feu M. le Comte H. de la Bédoyère… sur la Révolution française, l’Empire et la Restauration. Paris : France, 1862 – Beaumont-Maillet, Laure. « Les collectionneurs au Cabinet des Estampes ». Nouvelles de l’estampe, 1993, n° 132, p. 14-15. – Dictionnaire de biographie française. 17. 102, Homolle-Humann / sous la dir. de M. Prevost,… Roman d’Amat,… H. Tribout de Morembert,…. – Paris : Letouzey et Ané, 1989 (70-Vesoul : Impr. Bon). – Col. 1281-1528 ; 28 cm. – (Dictionnaire de biographie française ; 17, 100). ISBN 2-7063-0155-4 (t. 17) (br.) : 218 F. Col. 1409.
Bah…! reste une belle histoire, un livre qui aura traversé deux fois l’atlantique pour finir entre de bonnes mains (en attendant les prochaines…). Malheureusement je ne serai pas de la vente de Monsieur H. la biologie ayant eu raison de moi en même temps (ou peu s’en faut) de l’heureux propriétaire. Superbe exemplaire!! Olivier
Merci Jean-Paul, c’est intéressant de voir qu’on peut suivre l’ouvrage à la trace : La Bédoyère (1782-1861), Hoe (1839-1909) puis ), puis Adam (1863-1940). L’ouvrage a été reli après 1851 puisque les reliures Trautz-Bauzonnet ne sont signées « Trautz-Bauzonet » qu’à partir de cette date, avant elles étaient signées « Bauzonnet-Trautz ». Reste à savoir quand La Bédoyère l’a acquis entre 1851 et 1861. Est-ce Hoe qui l’a ensuite directement acheté à la vente La Bédoyère de 1862 et lui a fait traverser l’Atlantique? Il serait alors passé des mains de Hoe à celles de Adam lors de la vente Hoe de 1912… Pour finir entre mes mains. H
Dire que les provenances sont des « inventions de libraires » c’est un peu le « travailler plus pour gagner plus » de notre tout petit Président.
Ca sent le mensonge national, l’hypocrisie surfaite, c’est l’oeuf qui fait la poule, bref, c’est vite oublier, que le bibliophile « VIP » qui se fait son ex libris or sur maroquin rouge ou largement poussé en or au plein centre des plats, c’est avant tout l’expression d’un ego surdimentionné, d’une envie de montrer « urbi et orbi » que sa bibliothèque est « classée » à l’ATP dans le TOP TEN !
En un mot, c’est donner trop d’importance au libraire et inverser les rôles que de lui donner une quelqu’onque responsabilité dans un tel étalement de luxe et de panache.
Ce qui ne veut pas dire que le libraire, au final, en dernière ligne droite, ne se donne le droit de se servir d’un tel pedigree pour augmenter son pécule.
Grâce aux liens de Xavier, j’ai bien retrouvé l’ouvrage dans la vente Hoe de 1911-1912, voici la notice : 2473. OVID. Metamorphoses d’Ovide en Rondeaux [par Isaac Benserade]. Frontispiece [repeated], and 225 vignettes by Chr. van Hagan. 2 vols. in 1, small 8vo, dark green levant morocco gilt, wide gilt side borders, gilt edges, by Trautz-Banzonnet. Amsterdam: Pierre Mortier, 1697 H
Merci pour vos commentaires… En fait je n’ai pas grand mérite, puisque si je connaissais la Bédoyère, Hoe et Adam m’étaient, je le confesse, totalement inconnus. Honte sur moi!!! De fait, j’ai plutôt acheté l’ouvrage pour son état, son illustration, sa reliure et La Bédoyère, bref, pour ce sympathique ensemble.
Et je vous rassure, ainsi que mon banquier, il entre dans la catégorie « chopin » et a été acheté à un prix très compétitif!
La grande question qui se pose désormais est : peut-on ajouter son propre ex-libris à une si auguste liste sans friser le ridicule? Vous me direz que le ridicule ne tue pas, et vous avez raison… reste que de toutes façons je n’ai pas (encore) d’ex-libris…
Sur le sens de la provenance, qui serait une invention des libraires, c’est vrai que cela permet de valoriser un livre un peu plus, mais c’est vrai aussi qu’en tant que bibliophile, ne soyons pas hypocrites, ça fait quand même quelque chose de fort de caresser un ouvrage qu’un illustre prédecesseur a tenu dans ses mains. Ici, ce n’est « que » La Bédoyère, Hoe et Adam, mais avouez ce peut aussi être Montaigne, Rousseau, etc.
La bibliophilie, nous le savons, est histoire de frissons et d’émotions, non?
Les provenances des livres sont importantes depuis très longtemp, il suffit de parcourir les catalogues de ventes de nos maîtres ; mais sans ABSOLUMENT rien renier à vos SUPERBES ouvrages, j’ai toujours un peu l’impression que les provenances sont quand même une invention des libraires ? Bravo pour votre blog Philippe T.
Robert Hoe (New York, 1839-1909), troisième du nom, fut le plus grand des bibliophiles des USA. Il succéda en 1886 à son oncle, à la tête d’une fabrique de presses à imprimer. Sa bibliothèque de plus de 20 000 titres fut vendue à New York en 1911-1912. Il fut l’éditeur de THe Print Collector de Joseph Maberly, et surtout membre fondateur et premier président du Grolier Club en 1884.
Pour ce qui est de l’amitiés entre Benserade et Mme de Ludre, je comprends mieux : en effet l’auteur signale la présence d’un acrostiche à la fin des métamorphoses, qui signifie « Mme de Ludre », et dont je ne m’expliquais pas la présence.
Pour la petite histoire c’est à Isaac de Benserade que l’on doit ces métamorphoses d’Ovide mises en rondeaux.
Si la suite de très belles vignettes dues au talent de François Chauveau et Sébastiern Le Clerc a été bien accueillie, pour la petite histoire, l’entreprise éditoriale de cet ouvrage a été une véritable catastrophe économique.
Publiée pour la première fois au format grand in-4 à l’imprimerie royale en 1676 par ordre du Roi Louis XIV. Cette traduction en rondeaux fut donc commandée par Louis XIV, qui en fit les frais, à Benserade, car ce dernier était un vieil ami de sa nouvelle maîtresse, madame de Ludre : cet ouvrage éclaire donc un épisode de l’histoire galante du Roi qui commençait à se détacher de madame de Montespan.
Un exemplaire de l’EO et premier tirage in-4 en maroquin rouge au chiffre non identifié (restaurations à la reliure et tâches à l’intérieur) fut adjugé 3.000 euros sur une estimation de 800/1.000 euros (28 avril 2007 chez Alde).
Amitiés bibliophiliques, Bertrand (en vacances sétoises… enfin presques…)
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A Vincent P., libraire,
Je rentre de Bretagne, et après relecture des derniers commentaires du blog, je tiens à dire que je souscris entièrement à votre intervention au sujet du commentaire de « Georges DLJ » : pour avoir écrit ce que j’ai lu, il ne peut pas être bibliophile ! Par conséquent, c’est sans intérêt … mais j’ai peut-être un ego surdimensionné.
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Oui les libraires, et depuis le 18eme siècle, s’appuient sur les ex-libris des ouvrages qui passent entre leurs mains pour dresser leur pédigrée, et n’en déplaise à Georges DLG, ceux-ci ont permis à beaucoup d’ouvrages de valeur d’âtre ainsi suivis depuis les grandes ventes de cette période.
Et quand les ventes sont anonymes, les ex-libris ésotériques à souhait, de longues et fastidieuses recherches effectuées par les libraires ont seules permis d’attribuer des filiations sûres et souvent prestigieuses.
Les ex-libris en maroquin avec le nom poussé en lettres d’or ne sont pas toujours gage de grande qualité pour les livres, et là aussi le libraire sait faire la part des choses n’en déplaise encore une fois à Georges DLG…
Et sa phrase « c’est avant tout l’expression d’un ego surdimensionné, d’une envie de montrer « urbi et orbi » que sa bibliothèque est « classée » à l’ATP dans le TOP TEN ! » est sans rapport aucun avec la réalité des grandes et prestigieuses provenances…Et la référence à l’ATP du Top Ten aurait du rester cantonné aux commentaires pseudo-journalistiques de Nelson Monfort…
En gros et pour être clair ce commentaire qui commence par de la politique et finit par une pseudo-allusion sportive matinée d’une analyse psychologique de comptoir (ex-libris = ego surdimensionné, no comment : attention Hugues la mégalomanie vous guette…) est juste digne d’être qualifié de nul et non avenu parmi les commentaires de bon sens et de bonne tenue qui sont régulièrement affichés ici.
Voilà.
Merci.
Vincent P., Libraire.
Merci Nicolas,
Un Roman de la Rose relié par Lortic… j’ai bien peur que même en mangeant des pâtes tout l’été, cela ne suffise point!
Mais j’attends cette vente avec intérêt.
En passant, mon exemplaire Doe ne vient pas de la vente aguttes, je n’y ai pas assisté, et je n’y ai rien acheté.
H
Cher Hugues, Chers amis, Un expert parisien va vendre à la rentrée un bon choix de la bibliothèque de Robert Hoe. C’est le même expert que celui de la vente Aguttes dont provient (je suppose) ton exemplaire. Il y aura de l’exceptionnel uniquement, notamment dans le domaine du gothique français. Dont surtout deux exemplaires du Roman de la Rose (dont un incunable) reliés et doublés par Lortic. Le relieur que préfère Hugues, si je ne m’abuse 🙂 Préparez vos porte monnaies! amitiés Nicolas
Cher Hugues,
Chers amis,
Un expert parisien va vendre à la rentrée un bon choix de la bibliothèque de Robert Hoe. C’est le même expert que celui de la vente Aguttes dont provient (je suppose) ton exemplaire. Il y aura de l’exceptionnel uniquement, notamment dans le domaine du gothique français. Dont surtout deux exemplaires du Roman de la Rose (dont un incunable) reliés et doublés par Lortic. Ces reliures sont exceptionnelles…
Préparez vos porte monnaies!
amitiés
Nicolas
Rongé par la jalousie et terriblement envieux d’une telle trouvaille, ce sera le post de trop pour moi.
Je ne ferai donc aucun commentaire et vais, de plus, m’abstenir de revenir sur ce blog pendant une semaine, histoire que textes et photos disparaissent.
La Bédoyère, Henri-Noël-François Huchet, comte de (1782-1861)
La Bédoyère, qui avait fait une belle carrière militaire, avait une vaste culture littéraire et artistique. Il était membre de la Société des Bibliophiles français. Ayant vendu sa bibliothèque en 1837, il en constitua aussitôt une seconde, qui fut dispersée en 1862.
Par ailleurs, il avait constitué une collection de quatre mille estampes historiques, qui fut inventoriée par Noël France (le père d’Anatole), son ancien compagnon d’armes, acquise par la Bibliothèque Nationale et ventilée entre les séries Histoire (O), Portraits (N), Caricatures (T), et Papiers-Monnaie (P.) du département des Estampes et de la photographie.
D’après FRANCE, Noël (Pseud. de François-Noël Thibault). Description historique et bibliographique de la collection de feu M. le Cte H. de La Bédoyère,… sur la Révolution française, l’Empire et la Restauration / rédigée par France. – Paris : France, 1862. – In-8°, XVI-687 p., portr.
« Cette collection se compose de :
Journaux, – Brochures historiques, – Pamphlets, – Satires et facéties, – Placards-affiches gr. in-8°, – Gravures historiques, – Portraits et Caricatures, – Assignats et autographes. Le tout publié de 1787 à 1829, mais plus particulièrement de 1789 à 1800. Elle comprend : Brochures, plus de cent mille ; Journaux, environ deux mille ; Gravures et Caricatures, plus de quatre mille ; quatre vingt cinq dossiers d’Autographes. Le tout formant plus de quinze mille cinq cents volumes ou cartons de tous formats. ». Dans la rubrique « Bibliographie », p. 237, on trouve la seule évocation des prospectus de libraires et d’éditeurs se trouvant actuellement dans le fonds du Q10, sous le n° « 1099. Prospectus de publications de livres, journaux et estampes. 150 pièces, de 1815 à 1829. 3 cart. ».
La vente a fait l’objet de différents catalogues de ventes dont :
– [Vente (livres). 1862-02-03. Paris]. Catalogue des livres rares et précieux, imprimés et manuscrits, dessins et vignettes composant la bibliothèque de feu M. le comte H. de La Bedoyère,… [Vente à Paris, Maison Silvestre, 3-24 février 1862.]. – Paris : L. Potier, 1862. – XVI-400 p. ; 24 cm.
Rédigé par Anatole France, d’après l’introd. – Suivi de : « Catalogues des livres, vignettes et lettres autographes… 2e partie », 192 p. et de « Catalogue des livres de la bibliothèque de M. le comte H. de La Bedoyère, table alphabétique des noms d’auteurs, traducteurs, commentateurs, dessinateurs et graveurs, des ouvrages anonymes et des pseudonymes précédée d’une notice par M. Jules Janin et suivie de la liste des prix d’adjudication », XII-55 p.
Le catalogue nous apprend que la vente des livres de Noël-François-Henri Huchet, comte de La Bédoyère, né à Paris, novembre 1782, décédé le 18 juin 1861, s’est déroulée du 3 février au 24 février 1862 en 19 vacations et du 24 novembre au 4 décembre 1862 en 10 vacations, Me Peynaud.
D’après LEDOS, Eugène-Gabriel. Histoire des catalogues des livres imprimés de la Bibliothèque nationale / par E.-G. Ledos,… Préf. par Julien Cain. – Paris : Bibliothèque nationale, 1936, p. 186 :
« Parmi les acquisitions faites sous le second Empire, deux [Payen et La Bédoyère] intéressent un peu l’histoire du Catalogue. L’une est l’importante collection formée par le Cte H. de La Bédoyère sur l’histoire de la Révolution française, acquise pour 80.000 francs. Le catalogue en a été rédigé par le libraire France, le père du fameux écrivain : Description historique et bibliographique de la collection de feu M. le Cte H. de La Bédoyère…, sur la Révolution française, l’Empire et la Restauration. Paris : France, 1862. In-8°, XVI-687 p., avec portrait. Elle comprenait la bibliothèque de Deschiens, acquise par La Bédoyère. Le catalogue, qui d’ailleurs groupe un grand nombre de pièces dans des descriptions fort sommaires, ne peut être d’une grande utilité pour les recherches, puisque les cotes de la Bibliothèque n’ont été que rarement mises en face des articles. Tout au plus peut-il attester l’entrée d’un livre à la Bibliothèque. »
Selon VALLÉE, Léon. La Bibliothèque nationale : choix de documents pour servir à l’histoire de l’établissement et de ses collections / par Léon Vallée,… – Paris : E. Terquem, 1894. – Gr. in-8°, XII- 526 p. Index. – (Rel.), p. 214-215 :
« En janvier 1864, la B.N. a acheté cette collection, y compris les doubles et les multiples, moyennant une somme de 90,000 fr., laquelle fut payée, moitié avec une augmentation accordée par les Chambres sur le budget de 1865, moitié avec les fonds provenant du legs du duc d’Orléans. ». On voit que L. Vallée rajoute 10000 F à la somme citée par Ledos.
Sources :
– France, Noël. Description historique et bibliographique de la collection de feu M. le Comte H. de la Bédoyère… sur la Révolution française, l’Empire et la Restauration. Paris : France, 1862
– Beaumont-Maillet, Laure. « Les collectionneurs au Cabinet des Estampes ». Nouvelles de l’estampe, 1993, n° 132, p. 14-15.
– Dictionnaire de biographie française. 17. 102, Homolle-Humann / sous la dir. de M. Prevost,… Roman d’Amat,… H. Tribout de Morembert,…. – Paris : Letouzey et Ané, 1989 (70-Vesoul : Impr. Bon). – Col. 1281-1528 ; 28 cm. – (Dictionnaire de biographie française ; 17, 100).
ISBN 2-7063-0155-4 (t. 17) (br.) : 218 F. Col. 1409.
Bah…! reste une belle histoire, un livre qui aura traversé deux fois l’atlantique pour finir entre de bonnes mains (en attendant les prochaines…).
Malheureusement je ne serai pas de la vente de Monsieur H. la biologie ayant eu raison de moi en même temps (ou peu s’en faut) de l’heureux propriétaire.
Superbe exemplaire!!
Olivier
Merci Jean-Paul, c’est intéressant de voir qu’on peut suivre l’ouvrage à la trace : La Bédoyère (1782-1861), Hoe (1839-1909) puis ), puis Adam (1863-1940).
L’ouvrage a été reli après 1851 puisque les reliures Trautz-Bauzonnet ne sont signées « Trautz-Bauzonet » qu’à partir de cette date, avant elles étaient signées « Bauzonnet-Trautz ».
Reste à savoir quand La Bédoyère l’a acquis entre 1851 et 1861.
Est-ce Hoe qui l’a ensuite directement acheté à la vente La Bédoyère de 1862 et lui a fait traverser l’Atlantique?
Il serait alors passé des mains de Hoe à celles de Adam lors de la vente Hoe de 1912…
Pour finir entre mes mains.
H
Catalogue La Bédoyère (1862) : n° 778 (« Très bel exemplaire »).
Dire que les provenances sont des « inventions de libraires » c’est un peu le « travailler plus pour gagner plus » de notre tout petit Président.
Ca sent le mensonge national, l’hypocrisie surfaite, c’est l’oeuf qui fait la poule, bref, c’est vite oublier, que le bibliophile « VIP » qui se fait son ex libris or sur maroquin rouge ou largement poussé en or au plein centre des plats, c’est avant tout l’expression d’un ego surdimentionné, d’une envie de montrer « urbi et orbi » que sa bibliothèque est « classée » à l’ATP dans le TOP TEN !
En un mot, c’est donner trop d’importance au libraire et inverser les rôles que de lui donner une quelqu’onque responsabilité dans un tel étalement de luxe et de panache.
Ce qui ne veut pas dire que le libraire, au final, en dernière ligne droite, ne se donne le droit de se servir d’un tel pedigree pour augmenter son pécule.
Georges DLJ.
Grâce aux liens de Xavier, j’ai bien retrouvé l’ouvrage dans la vente Hoe de 1911-1912, voici la notice :
2473. OVID. Metamorphoses d’Ovide en Rondeaux [par Isaac Benserade]. Frontispiece [repeated], and 225 vignettes by Chr. van Hagan. 2 vols. in 1, small 8vo, dark green
levant morocco gilt, wide gilt side borders, gilt edges, by
Trautz-Banzonnet. Amsterdam: Pierre Mortier, 1697
H
Philippe, Vincent,
Merci pour vos commentaires… En fait je n’ai pas grand mérite, puisque si je connaissais la Bédoyère, Hoe et Adam m’étaient, je le confesse, totalement inconnus. Honte sur moi!!!
De fait, j’ai plutôt acheté l’ouvrage pour son état, son illustration, sa reliure et La Bédoyère, bref, pour ce sympathique ensemble.
Et je vous rassure, ainsi que mon banquier, il entre dans la catégorie « chopin » et a été acheté à un prix très compétitif!
La grande question qui se pose désormais est : peut-on ajouter son propre ex-libris à une si auguste liste sans friser le ridicule? Vous me direz que le ridicule ne tue pas, et vous avez raison… reste que de toutes façons je n’ai pas (encore) d’ex-libris…
Sur le sens de la provenance, qui serait une invention des libraires, c’est vrai que cela permet de valoriser un livre un peu plus, mais c’est vrai aussi qu’en tant que bibliophile, ne soyons pas hypocrites, ça fait quand même quelque chose de fort de caresser un ouvrage qu’un illustre prédecesseur a tenu dans ses mains. Ici, ce n’est « que » La Bédoyère, Hoe et Adam, mais avouez ce peut aussi être Montaigne, Rousseau, etc.
La bibliophilie, nous le savons, est histoire de frissons et d’émotions, non?
H
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Bonjour Hugues,
Les provenances des livres sont importantes depuis très longtemp, il suffit de parcourir les catalogues de ventes de nos maîtres ; mais sans ABSOLUMENT rien renier à vos SUPERBES ouvrages, j’ai toujours un peu l’impression que les provenances sont quand même une invention des libraires ?
Bravo pour votre blog
Philippe T.
Wow, quelles provenances!
Par manque de temps je ne peux que conseiller de googler R-B-Adam ou Robert Borthwick Adam. Félicitations.
Robert Hoe (New York, 1839-1909), troisième du nom, fut le plus grand des bibliophiles des USA. Il succéda en 1886 à son oncle, à la tête d’une fabrique de presses à imprimer. Sa bibliothèque de plus de 20 000 titres fut vendue à New York en 1911-1912. Il fut l’éditeur de THe Print Collector de Joseph Maberly, et surtout membre fondateur et premier président du Grolier Club en 1884.
Merci beaucoup à tous les deux.
Pour ce qui est de l’amitiés entre Benserade et Mme de Ludre, je comprends mieux : en effet l’auteur signale la présence d’un acrostiche à la fin des métamorphoses, qui signifie « Mme de Ludre », et dont je ne m’expliquais pas la présence.
Hugues
Magnifique ouvrage ! Bel achat !
Pour la petite histoire c’est à Isaac de Benserade que l’on doit ces métamorphoses d’Ovide mises en rondeaux.
Si la suite de très belles vignettes dues au talent de François Chauveau et Sébastiern Le Clerc a été bien accueillie, pour la petite histoire, l’entreprise éditoriale de cet ouvrage a été une véritable catastrophe économique.
Publiée pour la première fois au format grand in-4 à l’imprimerie royale en 1676 par ordre du Roi Louis XIV. Cette traduction en rondeaux fut donc commandée par Louis XIV, qui en fit les frais, à Benserade, car ce dernier était un vieil ami de sa nouvelle maîtresse, madame de Ludre : cet ouvrage éclaire donc un épisode de l’histoire galante du Roi qui commençait à se détacher de madame de Montespan.
Un exemplaire de l’EO et premier tirage in-4 en maroquin rouge au chiffre non identifié (restaurations à la reliure et tâches à l’intérieur) fut adjugé 3.000 euros sur une estimation de 800/1.000 euros (28 avril 2007 chez Alde).
Amitiés bibliophiliques, Bertrand (en vacances sétoises… enfin presques…)
pour Robert Hoe ; voir ce dictionnaire "The twentieth century biographical dictionary of notable Americans", à la page HOE
le lien suivant pointe sur la page : http://www.sureproxy.com/nph-index.cgi/011110A/http/books.google.com/books=3fid=3di1IDAAAAYAAJ&pg=3dPT316&dq=3drobert+hoe&lr=3d&as_brr=3d1&hl=3dfr
disponible aussi 4 catalogues (que l'on peut télécharger) de sa vente : Catalogue of the library of Robert Hoe of New York : illuminated manuscripts, incunabula, historical bindings, early English literature, rare Americana, French illustrated books, eighteenth century English authors, autographs, manuscripts, etc. … : to be sold by auction beginning … April 24, 1911[-November 18, 1912] by the Anderson Auction Company … New York (1911-1912)
vol.1 : http://www.archive.org/details/libroberthoe01andeuoft
vol.2 : http://www.archive.org/details/libroberthoe02andeuoft
vol.3 : http://www.archive.org/details/libroberthoe03andeuoft
vol.4 : http://www.archive.org/details/libroberthoe04andeuoft
Le Livre d'Octave Uzanne, 9éme année/1888 et parle aussi à la page 216,
la page est ici : http://www.sureproxy.com/nph-index.cgi/011110A/http/books.google.com/books=3fid=3d7E0DAAAAYAAJ&pg=3dPA216&dq=3drobert+hoe&lr=3d&as_brr=3d1&hl=3dfr
Amitiés
Xavier