« A coté de la joie de former une bibliothèque, rien ne vaut le plaisir de la décrire, si ce n’est la satisfaction d’en relire la description » Edouard Rahir, est né à Epernay en 1862, âgé de 16 ans il entra à la librairie Morgand et Fatout. La librairie avait été fondée en 1854 par Ernest Caen, et appartenait depuis 1874 à Damascène Morgand qui avait été employé, chez le libraire Auguste Fontaine, avant de s’établir Passage des Panoramas en 1876, avec comme associé Charles Fatout.
La librairie Morgand devint la première librairie de Paris, il s’y réunissait tout un cénacle de bibliophiles. On y croisait : James de Rothschild, Emile Picot, le prince d’Essling, Charles Fairfax-Murray, Ivan Orloff, Ernest Quentin-Bauchart (un article sur ce bibliophile est à venir…), Eugène Paillet, La Roche-Lacarelle, de Lignerolles, Roger Portalis, Henri Béraldi, mais aussi des collectionneurs Anglais, et surtout Américains qui savaient que tout se passait dans le chemin du « passage ».
Edouard Rahir apprît rapidement à aimer les livres, mais aussi à les connaitre. Charles Fatout décède en 1882. Edouard Rahir est déjà à cette époque un élément incontournable de la librairie. C’est lui, dorénavant, qui s’occupe de l’achat en salle des ventes, il voyage aussi beaucoup à l’étranger.
Damascène Morgand quitte ce monde en 1897, et c’est tout naturellement Edouard Rahir qui reprit la maison. Pendant vingt cinq ans, il achète et vend les plus beaux livres anciens et modernes, et les plus rares. Il dirige peu de temps après la première guerre, les ventes les plus fameuses, puis il prit sa retraite et c’est son collaborateur depuis 1897, Francisque Lefrançois, qui lui succéda. Edouard Rahir fut le premier président du Syndicat de La Librairie Ancienne et Moderne.
Depuis 1920, Edouard Rahir s’était retiré des affaires. Il vivait à St Germain-en-Laye où il avait fait bâtir une propriété. Sa démission donnée au Syndicat de La Librairie, il avait été nommé Président d’Honneur. Edouard Rahir décède le 24 octobre 1924 à l’âge de 62 ans.
Il aura pendant quarante ans consacré sa vie à, l’achat, la vente, des livres les plus beaux et les plus rares. Edouard Rahir possédait une mémoire fidèle qui lui permettait de discuter de la valeur des livres et d’y porter un jugement éclairé. Sa réputation était aussi fortement établie à Paris qu’à l’étranger. En Angleterre, en Allemagne et en Italie il était à son rang, le premier.
C’était une personnalité parisienne, sans extravagance. On ne le voyait, ni aux courses, ni aux premières théâtrales, mais il était bien connu à l’hôtel des ventes, où il a mené de retentissantes enchères. Il était souvent consulté à sa librairie du Passage des Panoramas. Ce passage a été le carrefour où ont circulé les plus précieux exemplaires de la pensée humaine.
La santé de Damascène Morgand n’étant pas très bonne les dernières années de sa vie, c’est donc Edouard Rahir qui se chargea de la rédaction des catalogues des ventes de la bibliothèque de Mr Destailleur (1891-1895), puis de celle de Guyot de Villeneuve, le président de la Société des Bibliophiles François.
Le catalogue le plus important fut celui de la vente de Mr Dutuit de Rouen et publié en 1899. Le catalogue est une œuvre bibliographique considérable et représente le résultat de longues recherches sur la provenance, la typographie et l’illustration sur les livres d’heures.
Il a également montré ce dont il était capable en publiant en 1907, sa bibliothèque de l’amateur, une deuxième édition, revue, corrigée et augmentée paraîtra en 1924.
Dans ce manuel du « Guide sommaire à travers les livres les plus estimés », se trouve réunies, et classées les connaissances d’un libraire. Le catalogue est accompagné d’une notice sur la typographie et la reliure, et qui font honneur à la science de l’auteur, mais aussi, à sa vivacité et à la délicatesse de son esprit. La première édition du manuel, et la seconde…considérablement enrichie.
Edouard Rahir fut aussi le créateur de bibliothèques d’amateurs. Il cherchait des livres, conseillait, et le jour de la vente acquérait le livre. Celle de Mr Lebeuf de Montgermont fut formée par Edouard Rahir et vendue par lui en 1911-1913.
La dernière vente, durant laquelle il était expert, fut celle de Mr Arthur Meyer et qui s’est déroulée au printemps de 1924, il y acheta un Molière avec l’autographe du poète et des dessins de Boucher pour un des ses clients (200 000 francs).
Edouard Rahir sut se faire une bibliothèque personnelle que bien peu de personnes ont eu le privilège de connaitre ; elle renferme des trésors digne de musées.
Edouard Rahir comprend de très bonne heure que le premier devoir d’un bon libraire est de bien cataloguer ses livres. Les 10 volumes du bulletin Morgand (1876-1904), décrivent minutieusement le nombre impressionnant de 46 593 articles, sans compter, ceux, énumérés dans les répertoires de 1878, 1882 et 1893, et, ceux, décrits dans les 21 bulletins publiés de 1904 à 1920. James de Rothschild et Emile Picot ne dédaignèrent pas y collaborer.
Le Bulletin Morgand est l’œuvre principale de Edouard Rahir, mais ce n’est pas la seule, à l’occasion d’une exposition à Tours en 1890, il rédigera une rarissime plaquette : « Notice sur les Rabelais de Mr Bordes », où il faisait preuve de connaissance fort étendue sur l’histoire littéraire du XVIe siècle.
Ensuite, vînt, toute une série de catalogues dressée pour la vente des bibliothèques, les autres pour la satisfaction de leurs possesseurs. C’est une des parties les plus importantes de l’œuvre de Edouard Rahir, où son érudition se déploya avec le plus de succès. Il a obtenu la légion d’honneur en 1910.
« La librairie n’est, ni un métier, ni un art, c’est un commerce, mais parmi les commerces peu sont plus agréables et des plus relevés » Essai des écrits d’Edouard Rahir, catalogues de ventes et de bibliothèques
-10 volumes du Bulletin Morgand (1876-1904) -Répertoire de 1878, 1882 et 1893 -21 Bulletins publiés de 1904 à 1920
– Notice sur les Rabelais de Mr Bordes, exposition à Tours en 1890 – Catalogue des livres composant la bibliothèque de feu Mr le baron James de Rothschild – Bibliothèque Eugène Paillet (in le vingtième fascicule du Bulletin Morgand), tirage à part sous le titre de : Catalogue des livres de la bibliothèque de Mr Eugène Paillet – Vente de l’Abbé Bossuet, 1888 – les cinq ventes de Mr Destailleur, 1891, et 1893 à 1896 – Emile Müller, notaire à Bruxelles, 1892 – Marquis de B…, 1892 – les deux ventes Goncourt, 1897 – Guyot de Villeneuve, 1900-1901 – Vente Eugène Paillet, 1902 – Vente Henri Bordes, 1902 – Auguste de Boislaville, 1904 – Alexandre Lantelem, 1904 – L. de Montgermont, 1911-1913 – Henri Houssaye, 1912 – G. de Th…., 1913 – A. de Beurdeley, 1920-1921 – La collection Dutuit, livres et manuscrits, 1899 – Catalogue d’une collection unique de volumes imprimés par les Elzevier, 1896 – Catalogues de livres Français de la bibliothèque du baron Ferdinand de Rothschild à Waddesdon ; ce catalogue n’est pas signé, mais il n’est pas douteux que Edouard Rahir l’ai rédigé presque en entier. – Catalogue of a books selected from the library of an English amateur (1893-1897), ne sont pas à proprement parlé l’œuvre de Rahir, l’auteur est feu Lord Carnavon, propriétaire de la collection, mais Rahir y avait contribué par plus d’une notice savante. – Bibliothèque de l’amateur, 1907 – Bibliothèque de l’amateur, 1924, édition revue et considérablement augmentée; cet indispensable manuel se divise en deux parties : un dictionnaire des livres les plus recherchés, avec une foule de détails utiles et peu connus; une série de tableaux méthodiques, où ces mêmes ouvrages sont réunis, groupés à nouveau d’après leur contenu, leur typographie et leurs illustrations. – dans le Bulletin Du Bibliophile de 1913, important mémoire sur la vente de Robert Hoe de N.Y – en 1922, six travaux sous sa signature : – Molière à la comédie Française et chez les bibliophiles – Les livres anciens de la bibliothèque d’Henry Meilhac – Deux catalogues de bibliothèques particulières – Un legs important à la bibliothèque nationale – A propos des modifications apportées à une gravure du XVIe siècle – Une exposition de reliures à Florence – 1923, un article sur l’exposition du livre Français au pavillon de Marsan – 1924, mélanges offert à Emile Picot, il a apporté une précieuse contribution sur la première édition des œuvres de Clément Marot – Revue des livres anciens (1913-1914) – un travail sur un recueil de pièces gothiques de la vente Lignerolles – des reliures de Trautz-Bauzonnet à propos d’une vente récente
Au lendemain de la guerre, il découvrait en Angleterre un volume unique de Bernard de Palissy, et en imprimait le texte en 1919 dans une plaquette : Architecture et ordonnance de la grotte mystique de Monseigneur le Duc de Montmorency, premier livre du célèbre potier, demeuré inconnu, réimprimé d’après l’édition de la Rochelle, 1563
– demeuré inachevé : un ouvrage sur lequel il travaillait depuis quelques années, sur les livres illustrés Français du XVe au XVIe siècle. Ses notes étaient prises, ses descriptions rédigées, et au moment ou il allait pouvoir mettre en œuvre ses matériaux… la plume lui est tombée des mains. – Cours professionnels de la librairie, leçon du 27 mai 1924 faite au Cercle de la Librairie par Mr Edouard Rahir, in discours & articles publiés à l’occasion de son décès, P., 1925, in-12, (4)ff+80pp.+(2)ff, portrait photographique en frontispice, 275 exemplaires non mis dans le commerce, tirage sur papier vergé épais, contient : Discours de Mr Lucien Gougy/Article de Mr Georges Blaizot/Article de Mr Joseph Galtier/Article publié par « The Times Paris/Article de Mr Seymour de Ricci/Conférence faite au Cercle de la Librairie le 27 mai 1924 par Edouard Rahir
– Les 6 catalogues de sa vente : -Catalogue de la bibliothèque de feu Mr. Ed. Rahir (1862-1924) P., Francisque Lefrançois. 1930-1938. 6 vol. in-4. Très nombreuses illustrations hors texte reproduisant des reliures de sa collection. T1 : Livres anciens du XVe au XIXe siècle. Riches reliures anciennes, la plupart de provenances royales, personnages et amateurs célèbres. Quelques livres illustrés du XVIIIe siècle dans leur reliure ancienne en maroquin. T2 : Livres anciens illustrés des XVe et XVIe siècles. Livres d’heures. Riches reliures anciennes et modernes. T3 : Livres illustrés du XVIIIe siècle, riches reliures anciennes. T4: Livres armoriés des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, riches reliures anciennes T5 : Livres anciens des XVe, XVIe et XVIIe siècles, belles reliures anciennes T6 : (1938) Livres anciens et modernes, riches reliures anciennes et modernes
X H
La lettre du bibliophile
Si cette chronique vous a plu : recevez trois nouvelles par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d'archives, quelques milliers de lecteurs.
Pas de pub, pas de revente de données. Désabonnement en un clic.
Tapi derrière ma souris, je surveillais cet après-midi la vente d’un exemplaire des Fleurs du Mal dans une vente toulousaine. Finalement, à condition de vouloir/pouvoir mettre 27 500 euros, j’étais à un clic du bonheur. A la réflexion, je me demande si ce n’était pas un exemplaire sur Hollande, que l’expert aurait mal jugé… Ou alors, les couvertures qui étaient présentes à Toulouse, (et surtout le dos?), vont-t-ils réapparaître sur un autre exemplaire?
Les voici (au cas où). Est-ce qu’un lecteur saurait si le dos était présent? Cela expliquerait ce prix d’adjudication assez surprenant…
Cela m’a refait penser à un article que j’avais publié sur le blog en 2013, encore furieusement d’actualité, et que je republie avec quelques ajouts aujourd’hui.
Connaissez-vous l’exemplaire Bréval / Meeus / Simonson, l’un des rares exemplaires sur Hollande, qui fût mis en vente chez Sotheby’s il y a deux ans? (bibliothèque Simonson, 19 juin 2013 – lot 72; Estimation 80 000 – 120 000 euros / Adjudication: 85 000 euros), et sa curieuse histoire?Baudelaire – Fleurs du Mal – ex. sur hollande – exemplaire Bréval / Meeus / SimonsonL’édition originale des Fleurs du Mal est l’un des ouvrages les plus en vue du moment – même si les exemplaires présents au Grand Palais n’ont semble-t-il pas trouvé preneur -, et dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, c’est l’un des rarissimes exemplaires sur hollande qui était mis aux enchères, un exemplaire bien connu des bibliographes, et dont l’histoire ne laissera pas indifférent les bibliophiles. En effet, non seulement cet ouvrage a suivi un parcours bien connu des bibliographes, mais il a aussi subi un sort assez peu commun: sa reliure de maître fût cassée par un libraire, Carteret, et remplacée par une reliure issue des mains d’un autre maître relieur. J’aurai l’occasion d’y revenir prochainement, mais voici les fondamentaux de l’édition originale des Fleurs du Mal: – Le premier tirage, imprimé au mois de juin 1857 à Alençon, est effectué à 1 300 exemplaires et mis en vente le 25 juin. – Ce tirage ne comporte qu’un seul grand papier, le papier de Hollande. – Le contrat d’édition signé par Baudelaire et Poulet-Malassis le 30 décembre 1856 fait état de 20 exemplaires sur Hollande. – On connaît aujourd’hui 22 exemplaires de cette édition originale sur papier de Hollande, c’est la liste de Maurice Chalvet (Bulletin du Bibliophile – III – 1975) qui fait référence, elle a précisé et rectifié la première bibliographie de F. Vanderem. – Il est probable que certains des exemplaires recensés dans cette liste soient des doublons. – Le collationnement des Fleurs du Mal est le suivant (Chalvet, 1975): « couverture jaune clair imprimée, faux-titre, titre rouge et noir, 248 pages y compris le feuillet de dédicace à Théophile Gautier, et deux feuillets non chiffrés pour la table des matières. Aucun feuillet blanc, ni en tête, ni à la fin du volume ». – « Les exemplaires sur hollande possèdent une couverture identique à celle des papiers ordinaires, sauf pour le prix, qui est de 6 francs, indiqué au dos » (Chalvet, 1975). Il est à noter que certains exemplaires sur papier ordinaire ont été brochés avec la couverture des hollande, et portent donc un prix de 6 francs au dos). Cette distinction a induit Vanderem en erreur, en lui faisant penser que certains exemplaires sur papier ordinaire étaient sur hollande (ainsi les exemplaires Champfleury et Walewski – Watteville). – Baudelaire aimait que les exemplaires qu’il offrait soient corrigés de toutes les petites fautes d’orthographe ou typographiques. Il corrigeait ordinairement lui-même les exemplaires.
L’exemplaire mis en vente chez Sotheby’s en 2013 était bien l’un des 22 exemplaires connus sur identifiés comme étant sur Hollande.
Son destin fût particulier:
En effet, il fait partie des exemplaires sans dédicace et c’est Poulet-Malassis qui a corrigé de sa main les fautes d’orthographe ou typographiques. Cet exemplaire en comporte six, effectuées à l’encre, dans les marges (alors que Baudelaire avait lui pour habitude de corriger au crayon).
Tout conduit à penser que cet exemplaire ne fait pas partie des exemplaires que le poète offrît à ses proches ou à ses protecteurs. Et, d’ailleurs, il n’est apparu sur le marché que tardivement. On le connaît sous la dénomination « Exemplaire de Lucienne Bréval ». On considère en général qu’il fût offert à cette cantatrice (née en 1869, soit 12 ans après la parution) par un admirateur.
Lucienne BrévalCet exemplaire est décrit pour la première fois en 1922 par Vanderem de la façon suivante (n°7 de sa 1ère liste, Bulletin du Bibliophile, 1er juin1922), description confirmée par le libraire Ronald Davis dans son catalogue d’octobre 1924:
Maroquin brun janséniste doublé de maroquin rouge, signé de Noulhac (1902), tête dorée, non rogné, sans couverture, 4 portraits de Baudelaire sur chine ajoutés. Signature de Lucienne Bréval sur le feuillet de garde.
Il est très important pour la suite de noter que l’ouvrage était alors relié par Noulhac sans ses couvertures brochées de l’époque.
Et c’est ici que le destin de cet exemplaire bascule. Il fût en effet acheté par le libraire Carteret qui souhaitait le vendre au grand bibliophile belge Laurent Meeus.
La reliure de Noulhac fut alors brisée et « la garde, portant la signature de Lucienne Bréval, détruite. (…) Des couvertures (sic) y ont été ajoutées et les tranches dorées sur témoins. Cette reliure, exécutée par Mercier en 1934, est signée Cuzin [mort en 1890]”. La couverture sans dos fut donc ajoutée. Le grand papier n’en ayant pas de particulière sauf le dos à 6 fr., elle est, comme il se doit, du 3e état de la 1ère avec les 5 fautes corrigées (R. Desprechins, Le Livre et l’Estampe, 1967, n° 51-52, version revue de celle de 1966 qu’utilisa la réédition Carteret du Véxin français en 1976).
L’exemplaire en vente est donc singulier à de nombreux titres: – la reliure de Noulhac fût brisée. – elle fût remplacée en 1934 par une reliure de Mercier (mais signée Cuzin, pourtant décédé en 1890), ce qui est pour le moins original. – le feuillet portant la signature de Lucienne Bréval fût enlevé et détruit. – en revanche on ajouta 3 feuillets blancs (1 en tête et 2 en queue). – on ajouta enfin à cet exemplaire sans couverture brochée, celle du 3ème état de la 1ère édition. Le dos de cette édition ne portant pas le bon prix de 6 francs, il fût volontairement « oublié » par le relieur!
Laurent Meeus a acheté les Fleurs du Mal le 28 décembre 1933 à Carteret pour 33.000 francs. Vanderem signale une facture de reliure de Mercier, successeur de Cuzin, demandant 1950 francs pour la reliure et 60 francs pour l’étui, et datée de mars 1934.
C’est donc bien en 1934 que l’exemplaire change de reliure, se voit amputé de son feuillet signé Bréval et adjoindre des couvertures brochées de l’époque, mais sans le dos, porteur d’une mention de prix fautive, qui aurait dévoilé la manipulation. Au passage, Laurent Meeus ajoute son ex-libris (cf Wittock, 1982, n° 945)..
Après le décès de Laurent Meeus, l’ouvrage parvient dans les mains d’un autre libraire, Simonson, auquel la veuve confia la bibliothèque en octobre 1950, et qui s’attribua tous les Baudelaire.
Vous trouverez ci-dessous la fiche rédigée par l’expert de la vente. Il est curieux de noter que personne, ni Chalvet, ni l’expert, ne semble avoir compris que si le dos broché manque, c’est parce qu’il aurait trahi que la couverture n’est pas celle d’un exemplaire sur hollande de l’édition originale!
Des manipulations qui laissent songeur…
H
La fiche du catalogue Sotheby’s: BAUDELAIRE, CHARLES LES FLEURS DU MAL. PARIS, POULET-MALASSIS ET DE BROISE, 1857. IN-12. MAROQUIN BORDEAUX, PLATS DÉCORÉS D’UNE GRANDE COMPOSITION DORÉE DANS LE STYLE LE GASCON AVEC FILETS D’ENCADREMENTS DROITS ET COURBES ET UN GRAND FLEURON CENTRAL QUADRILOBÉ AUX PETITS FERS POINTILLÉS, DOS À NERFS ORNÉS DE CAISSONS À PETITS FERS COURBES POINTILLÉS, DENTELLE INTÉRIEURE À ROULETTES ET FILETS DORÉS, GARDES DE PAPIER PEIGNE, COIFFES GUILLOCHÉES, DOUBLE FILET SUR LES COUPES, TRANCHES DORÉES SUR TÉMOINS, COUVERTURE (CUZIN) (SIC).Estimation: 80,000 – 120,000 EUR 2 ff.n.ch. (f.-t. et t.), 248 pp., 2 ff.n.ch. de table (le f.bl. après le 1er plat et les 2 ff.bl. avant le 2e ont été ajoutés à la reliure, les Fleurs n’en ayant pas).
édition originale.un des [20] ex. sur vergé d&c Blauw (écu couronné), dit couramment papier de hollande, numéro 16 de la liste Chalvet (1975) qui nous livre les informations suivantes. Anciennement exemplaire de Lucienne Bréval dans une reliure janséniste doublée de Noulhac de 1902 (tête dorée, non rogné, sans couverture), tel qu’il est encore décrit dans un catalogue Ronald Davis en octobre 1924 avec la signature de Bréval sur une garde.
Acheté en 1932 par Carteret “qui le destinait à Laurent Meûs, il a subi les modifications suivantes : La reliure de Noulhac a été brisée et la garde, portant la signature de Lucienne Bréval, détruite. (…) Des couvertures (sic) y ont été ajoutées et les tranches dorées sur témoins. Cette reliure, exécutée par Mercier en 1933 [1934, voir infra], est signée Cuzin [mort en 1890]”. La couverture sans dos fut donc ajoutée. Le grand papier n’en ayant pas de particulière sauf le dos à 6 fr., elle est, comme il se doit, du 3e état de la 1ère avec les 5 fautes corrigées (R. Desprechins, Le Livre et l’Estampe, 1967, n° 51-52, version revue de celle de 1966 qu’utilisa la réédition Carteret du Véxin français en 1976). Reprenant son étude de 1960 du Livre & l’Estampe, Maurice Chalvet en dénombre 22 en 1975 dans le Bulletin du Bibliophile, mais il convient lui-même que des exemplaires ont pu être transformés, – auxquels il faut ajouter le Banville découvert en 1984. Poulet-Malassis signalait 20 exemplaires sur vergé ; La Fizelière-Decaux seulement 10. L’étude du vergé des Poulet-Malassis de 1857 serait instructive. Lui-même parle simplement de vergé ou parfois de vergé de fil. Notons que le filigrane D&C Blauw n’a jamais été précisé par les baudelairiens.
[pièces jointes (montées) :]
– suite des 4 (sur 5) portraits à l’eau-forte (re)tirés sur Chine dont les 2 par Manet. Ils figurèrent en 1er tirage sur vélin dans la biographie du poète par Asselineau (P., Lemerre, 1869). Déjà montés en 1902 par Noulhac. – lettre autographe signée à [Alphonse de Calonne], 15/12/1859. Une page sur un feuillet in-12 (175 x 135 mm) sur vélin mince au timbre sec de la ville de Paris, monté sur un feuillet de garde (CPL I, 1973, p. 637). Le directeur de la Revue contemporaine refusa les 3 poèmes qu’il lui envoie : [A une Madone], Le Cygne et [Le Squelette laboureur]. C’est l’obscure petite revue La Causerie qui les accueillit ! Belles gloses de 3 autres poèmes projetés qu’il écrivit finalement en prose, sauf le premier sous les 2 formes. La Belle Dorothée [et Bien loin d’ici] : “beauté de la nature tropicale ; idéal de la beauté noire”, La Femme sauvage… : “sermon adressé à une petite-maîtresse qui a des douleurs imaginaires” et Les Tentations… : “la fortune, l’amour etla gloire, s’offrent, pendant son sommeil, à un homme qui les repousse, et qui dit en se réveillant : si j’avais été éveillé, je n’aurais pas été si sage !” (titres définitifs abrégés). Petit point d’acidité p. 9 et passim, déchirure marginale p. 199, sinon bel exemplaire avec de beaux témoins (H. 191,5 mm).
I just could not leave your website prior to suggesting that I really loved the usual info an individual supply on your visitors? Is gonna be back regularly to check out new posts|
N'oublions jamais (je m'en souviens notamment grâce à mes études, où j'ai cotoyé de nombreux roumains, alors qu'Erasmus était balbutiant, en fac de lettres et à l'ENS) que la Roumanie est une grande terre de francophilie – et de francophonie… Alors bienvenue à vous chère Denisa, vous êtes ici chez vous et je suis sûr que le responsable de ce blog vous fera le meilleur accueil ! B.
C'est tres interessant. Je voudrais obtenir votre permission de reproduire des fragments dans notre revue Vox libri, de Roumanie, pour la Fete de la Francophonie, en mars 2015. Je vous remercie d'avant.
Trois chroniques par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d’archives, quelques milliers de lecteurs.
Pas de pub, pas de revente de données. Désabonnement en un clic.
Cookie Consent
Nous utilisons des cookies pour mesurer l'audience du site et améliorer votre expérience de lecture. En continuant à naviguer, vous acceptez ces cookies. Vous pouvez à tout moment ajuster vos préférences.
ID used to identify users for 24 hours after last activity
24 hours
_gat
Used to monitor number of Google Analytics server requests when using Google Tag Manager
1 minute
_gac_
Contains information related to marketing campaigns of the user. These are shared with Google AdWords / Google Ads when the Google Ads and Google Analytics accounts are linked together.
90 days
__utma
ID used to identify users and sessions
2 years after last activity
__utmt
Used to monitor number of Google Analytics server requests
10 minutes
__utmb
Used to distinguish new sessions and visits. This cookie is set when the GA.js javascript library is loaded and there is no existing __utmb cookie. The cookie is updated every time data is sent to the Google Analytics server.
30 minutes after last activity
__utmc
Used only with old Urchin versions of Google Analytics and not with GA.js. Was used to distinguish between new sessions and visits at the end of a session.
End of session (browser)
__utmz
Contains information about the traffic source or campaign that directed user to the website. The cookie is set when the GA.js javascript is loaded and updated when data is sent to the Google Anaytics server
6 months after last activity
__utmv
Contains custom information set by the web developer via the _setCustomVar method in Google Analytics. This cookie is updated every time new data is sent to the Google Analytics server.
2 years after last activity
__utmx
Used to determine whether a user is included in an A / B or Multivariate test.
18 months
_ga
ID used to identify users
2 years
_gali
Used by Google Analytics to determine which links on a page are being clicked
I just could not leave your website prior to suggesting that I really loved the usual info an individual supply on your visitors? Is gonna be back regularly to check out new posts|
N'oublions jamais (je m'en souviens notamment grâce à mes études, où j'ai cotoyé de nombreux roumains, alors qu'Erasmus était balbutiant, en fac de lettres et à l'ENS) que la Roumanie est une grande terre de francophilie – et de francophonie… Alors bienvenue à vous chère Denisa, vous êtes ici chez vous et je suis sûr que le responsable de ce blog vous fera le meilleur accueil !
B.
Ben dis-donc, il n'y en a plus beaucoup qui lui arrivent à la cheville, à celui-là !
Il faudrait mettre quelques-unes de ses oeuvres en ligne, car elles le méritent, et tant Gallica que Google Books sont quasi muets sur le sujet
Bonjour Denisa, vous pouvez me contacter, je vous aiderai.
H
C'est tres interessant. Je voudrais obtenir votre permission de reproduire des fragments dans notre revue Vox libri, de Roumanie, pour la Fete de la Francophonie, en mars 2015. Je vous remercie d'avant.