Une reliure en peau humaine… ou les belles épaules de Madame X

Amis Bibliophiles bonjour,
J’avais publié il y 2 ou 3 ans un article sur les reliures en peau humaine, article qui fît un peu de bruit, et qui reste l’un des messages les plus lus sur le blog.
Grâce à Valérie, je le complète aujourd’hui avec un intéressant extrait Carillon du boulevard Brune (bulletin bibliographique de la Collection Guillaume, août 1894):


« Vous avez sans doute entendu parler de cette belle madame X… qui a légué ses épaules à M. C. F., notre illustrissime compteur d’astres.
C. F. avait, lors d’un diner chez la défunte, paru apporter. — en tout bien tout honneur, — une attention particulière a ces épaules qui étaient de toute beauté. Mme X…, devant l’admiration du poétique astronome, lui promit de lui léguer lesdites épaules, sous condition qu’il se servirait de leur cuir satiné pour faire relier le premier exemplaire de son prochain volume.  Chacun crut à une boutade de grande dame, mais C. F. fut mélancoliquement surpris, un an après, de recevoir les deux pauvres épaules, et ne put se refuser d’accomplir le vœu de la morte.
Aujourd’hui, hélas ! ce qui demeure des épaules de Mme X… recouvre un gros bouquin sur la Fin du monde ou le Voyage des âmes, je ne sais plus au juste.  Sans pousser mes lecteurs jusqu’à se faire léguer les épaules des dames de leur entourage — genre de captation qui finirait par des procès — je leur signalerai une utilisation de dépouilles opimes. Pêcheurs, chasseurs, sachez que, disciple moi-même de saint Hubert et fervent de la ligne, ma collection est reliée avec les dépouilles de mes plus belles prises, depuis le brochet en passant par le phoque, jusqu’au sanglier, au hérisson, à la loutre, à l’hermine. On ne saurait croire quel prix cela donne aux livres — et quels souvenirs se lèvent tandis qu’on flâne dans la bibliothèque, quels rappels de beaux coups de fusil, de pêches miraculeuses, d’inoubliables heures passées en barque — un livre et des armes pour tous compagnons — ou en courses dans la montagne et la plaine, parmi les paysages sans bornes ou sous le couvert bruissant des hautes futaies ! »

H & V

La lettre du bibliophile

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La Reliure: l’écureuil de Nicolas Fouquet, les armes « animalières » parlantes des bibliophiles II

La Reliure: l'écureuil de Nicolas Fouquet, les armes « animalières » parlantes des bibliophiles II

Amis Bibliophiles bonjour,
Poursuivons, si vous le voulez bien, notre petite découverte des armes utilisant les animaux symboles de leurs propriétaires, et que ces derniers employèrent sur leurs reliures.
Après le porc-épic du Chancelier Maupéou, remontons le temps pour retrouver l’une des grandes figures du siècle de Louis XIV, le très distingué Nicolas Fouquet, vicomte de Melun et de Vaux, marquis de Belle-Isle… et son écureuil.Armes des Fouquet – Ex-libris de Fouquet
Nicolas Fouquet, né à Paris, baptisé le 27 janvier 1615, mort à Pignerol le 3 avril 1680, était un homme d’État français. Il est le second fils de François IV Fouquet, conseiller au parlement de Paris, maître des requêtes de l’hôtel du roi puis conseiller d’État, et associé de la Compagnie des îles d’Amérique, et de Marie de Maupéou…. aïeule du chancelier. Procureur général du parlement de Paris, surintendant des finances de Louis XIV pendant la minorité de ce dernier, il devient fabuleusement riche et protège de nombreux écrivains, artistes et courtisans. Le soupçonnant de malversations, le jeune roi, conseillé par Colbert, donne ordre de l’arrêter en 1661 (c’est D’Artagnan qui s’en charge). Au terme d’un procès qui dura trois ans devant une cour spéciale composées de membres des parlements, il est condamné à la confiscation de ses biens et au bannissement du royaume. Sa peine sera commuée par le roi en prison à perpétuité, dans la sinistre forteresse de Pignerol.
Eminent bibliophile et protecteur des lettres, Nicolas Fouquet avait réuni l’une des plus belles bibliothèques de l’époque, et finançait également par ailleurs la bibliothèque du collège des Jésuites de Paris. A ma connaissance, on peut croiser plusieurs types de reliures portant les marques de Fouquet: les livres de sa bibliothèque personnelle d’une part et les livres dont il fît don aux Jésuites. Dans les deux cas, on retrouvait le plus souvent son animal symbole, l’écureuil (rampant à senestre) sur les plats et sur le dos alternant avec son chiffre de bibliophile, la lettre grecque Phi, doublée. Les ouvrages des jésuites, quant à eux, portaient également les initiales de l’ordre, IHS.Les armes des Fouquet sont D’argent à l’écureuil rampant de gueules. Les ouvrages de cette provenance sont évidemment très recherchés. Pourquoi l’écureuil? Et bien parce qu’en breton semble-t-il fouquet signifie écureuil.
H

82 Commentaires

  1. Hi there! This blog post couldn’t be written much better! Looking through this article reminds me of my previous roommate! He continually kept preaching about this. I’ll send this article to him. Fairly certain he’ll have a good read. I appreciate you for sharing!|

  2. Nous avons bien sûr identifié Camille Flammarion. Le livre en question est "Ciel et Terre", d'après le blog de Nicolas Malais, ou "L'Astronomie populaire", d'après d'autres sources. Il est évoqué dans un billet daté du 23 juin 2007, d'un blog de bibliophilie, je ne sais plus lequel…

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