Promenade de bibliophile: les livres au musée national du Moyen Age de l’hôtel de Cluny

Amis Bibliophiles bonjour,
Lauverjat vous invite à découvrir avec lui le musée national du Moyen Age de l’hôtel de Cluny et ses trésors pour bibliophiles.
« Les expositions permanentes de nos musées sont trop souvent éclipsées par des manifestations temporaires spectaculaires. Elles recèlent cependant bien des trésors dont le bibliophile attentif fera son profit. Le musée national du Moyen Âge installé dans l’hôtel de Cluny et les thermes antiques de Paris présente une collection variée d’objets d’art ou de la vie quotidienne de l’Antiquité à 1500. Le livre y trouve naturellement sa place.

Commençons par cette statue de la Vierge, une annonciation acquise en salle des ventes en 2004, qui repose son livre sur un petit meuble bibliothèque qui nous livre tous ses détails.




L’ornement liturgique ensuite nous réserve ses exceptionnelles plaques de reliures tant en ivoire qu’en émaux ou d’orfèvrerie.
Tout au long de la visite divers manuscrits médiévaux enluminés sont exposés (des calendriers de livres d’Heures en particulier). Mais vous ferez une halte prolongée dans la salle des stalles de Beauvais pour feuilleter les lutrins qui préservent sous plexiglas quantité d’enluminures détachées de leurs livres.

Les débuts de l’imprimerie sont faiblement représentés et on cherche en vain un incunable de la Sorbonne voisine ou une image pieuse xylographiée du XVe par exemple. Il faut être juste et reconnaître que l’exposition temporaire “l’épée” offrait cependant quelques épreuves de Dürer. Une vitrine expose un livre d’heures à l’usage de Rome, imprimé sur vélin en 1500 de Thielman Kerver avec cette multitude caractéristique de gravures sur métal.



Enfin, et c’est ce qui a décidé l’écriture de ce billet, une vitrine du “Corridor de la nation picarde” présente trois étuis à livres peu ordinaires, ravalant au rang de “boîtes à mégots” les cartonnages des illustrés modernes. Un livre enchaîné, une reliure estampée à froid, un livre d’heures manuscrit et quelques instruments d’écriture complètent la présentation. L’obscurité de cette pièce et particulièrement de cette vitrine ne favorise pas hélas les photographies. Ces étuis ( les cartels ne précisent pas qu’ils soient constitués d’une  âme de bois?) sont de cuirs estampés, peints et dorés. Ils sont en très bon état de conservation et dates des XV et XVI e siècles.
Ragaillardi par ma visite, je me suite ensuite rendu chez un expert bien connu dans l’objectif d’une prochaine vente…. Mais c’est une autre histoire.
Lauverjat »

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À lire ensuite

L’exposition Geoffroy Tory au Musée national de la Renaissance.

L’exposition Geoffroy Tory au Musée national de la Renaissance.

Amis Bibliophiles bonjour, 

Le Musée national de la Renaissance est installé à Ecouen dans le château que fit construire le connétable Anne de Montmorency, Grand Maître de François Ier. Il était donc tout désigné pour accueillir l’exposition, toute bibliophile, organisée conjointement avec la BnF sur Geoffroy (sic) Tory. 

Disons tout de suite que cette exposition dans trois salles du rez-de-chaussée du château est une brillante réussite. On ne se moque pas du visiteur. La mise en scène, passée l’acclimatation au faible niveau de lux, est séduisante. Les cartels lisibles, les explications limpides, les pièces présentées extraordinaires. 

Pour connaître un peu le sujet, j’affirme que les commissaires de l’exposition ont bien travaillé et bien fouillé les réserves des bibliothèques publiques et privées. Presque 150 livres s’offrent à vous, et pour plus de clarté les commissaires n’ont pas hésité à exposer plusieurs exemplaires du Champ fleury pour les ouvrir à différentes pages ou présenter leurs reliures. 
Colophon du champ fleury

Sept exemplaires de ce livre de 1529 se trouvent ainsi réunis en un même lieu, ce qui n’a pas dû se produire depuis fort longtemps. L’exposition est bien conduite depuis les origines de Tory, en passant par son influence sur l’illustration (en particulier des livres d’heures), l’aventure du Champ fleury, l’imprimeur du roi pour se terminer par la reliure. Toujours, les exemples d’inspiration ou des contre exemples contemporains sont présentés simultanément. 
Parmi d’autres, voici quelques pièces remarquables: le manuscrit des verrines de Cicéron, doté des ex-libris de Robert Gaguin, Geoffroy Tory et Jean Grolier, les heures de Tory imprimées par Simon de Colines en 1525 et offertes en mariage à Robert Estienne et Perrette Bade, enrichies d’un frontispice enluminé inspiré de la marque de Josse Bade, le père, représentant des imprimeurs au travail, les heures de Tory de 1531 ornées d’une planche dépliante à double page du “triomphe de la Vierge Marie” inspiré des triomphes du songe de Poliphile, les reliures “au pot cassé”. Pour un passionné deux bonnes heures de visite sont nécessaires.
Le Sacre & Coronement de la Royne… Tory, 1531, (collection privée)Marque au pot cassé (collection privée)Enfin deux remarques infimes en forme de post-scriptum, vous aurez noté que l’exposition a fait le choix moderne d’écrire Geoffroy avec deux f, ce que ne fît jamais Tory, ensuite l’avis d’une visiteuse d’Ecouen qui avait vu les affiches dans le métro mais n’y avait pas prêté attention, Tory lui étant inconnu, elle venait seulement pour le Musée et regrettait que l’exposition n’ait pas opté pour un titre plus évocateur ou simplement pour son sous-titre.
Reliure au pot casséLe catalogue: 
À l’occasion de cette exposition la rmn-Grandpalais édite un catalogue collectif, « GEOFFROY TORY, Imprimeur de François Ier, graphiste avant la lettre.” 

Cet In-4 sous jaquette rempliée illustrée des caractères du Champ fleury, compte 158 pp. Les articles sont signés Stéphanie Deprouw, Olivier Halévy, Magali Vène et Fabienne Le Bars. Les chapitres traitent “de Bourges à Paris en passant par l’Italie”, “des livres d’heures d’un genre nouveau”, “à travers Champ fleury norme typographique et imagination visuelle”, de l“imprimeur du roy” et de “Geoffroy Tory et la reliure”. L’illustration en couleurs est abondante et le papier d’un fort grammage non glacé agréable. Comme il se doit dans un catalogue d’exposition toutes les oeuvres exposées sont décrites. Une bibliographie générale clos l’ouvrage, où on note avec un pincement au coeur une référence à la Nouvelle Revue des livres anciens.
Un ouvrage à acquérir en tous cas!
Lauverjat

11 Commentaires

  1. Its like you learn my mind! You seem to understand so much approximately this, like you wrote the ebook in it or something. I feel that you can do with some percent to drive the message home a bit, however other than that, that is wonderful blog. An excellent read. I will definitely be back.|

  2. Bonjour Laura,

    Il ne faut pas avoir peur de faire des remarques et d'ajouter des commentaires, c'est à nous de vous remercier de nous lire. Il y a de bonnes chances que vous ayez raison. Comme j'ai dit, les cartels sont muets sur la technique. L'étui de la dernière photo n'est-il pas un peu compliqué pour la technique du cuir bouilli et d'ailleurs le cartel est moins catégorique sur sa destination d'étui à livre.

    Lauverjat

  3. Bonjour,

    J'espère ne pas dire de bêtises en m'avançant ainsi, mais je pense que les étuis ont été réalisés grâce à la technique du "cuir bouilli" qui rend le cuir dur comme du bois sans pour autant être collé sur une structure de bois. Le cuir n'est pas bouilli mais trempé dans une sorte de gélatine animale et durci en séchant. Cette technique rend le cuir très souple avant séchage et permet la création de décors par estampage. C'est une technique assez dure à manier et quelques peu oubliée aujourd'hui mais vous pouvez trouver des renseignements très intéressants sur ce site :
    http://astelier-medieval-du-cuir.over-blog.com/categorie-10370860.html

    Étant moi-même relieure j'ai essayé, et c'est vrai que l'on peut obtenir des effets très intéressants.

  4. Il y a longtemps que je ne suis pas entré à Cluny qui est pourtant un musée que j'adore. J'ai même le guide rouge du musée rédigé par Sommerard himself qui me laisse penser que les réserves sont plus riches que ce qui est présenté en salle aujourd'hui, ou alors ils ont tout revendu !
    Les reliures à chaine m'avaient particulièrement frappées, je n'en avais jamais vu alors; elles étaient présentées différemment que sur votre photo.
    Merci Lauverjat
    Textor

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