L’exposition Bernier, à la bibliothèque du chateau de Chantilly

Amis Bibliophiles bonsoir,
Lauverjat revient tout juste du chateau de Chantilly et vous présente l’exposition Bernier qui s’y tient jusqu’au 23 février.Né en 1845, Louis Bernier est l’architecte de l’Opéra Comique à Paris. Membre de l’académie des Beaux Arts de l’Institut de France, section architecture, il est l’ami d’ Honoré Daumet, l’architecte du duc d’Aumale. Il supervise, en 1914, l’évacuation des collections de Chantilly. Bibliophile, il lègue à sa mort, en 1919, ses archives à l’Institut et 600 livres précieux à la bibliothèque du château de Chantilly.
Ses acquisitions proviennent des libraires Paul Cornuau et André Leclerc mais aussi des enchères publiques. Ses choix se portent sur une bibliophilie d’excellence, livres rares en parfait état dans de belles reliures. Indiscutablement il est bibliopégimane. Les grandes orientations de sa bibliothèque concernent les livres d’architecture, les livres de fêtes et d’entrées, la littérature, les livres religieux et les manuscrits rares. Particularité de sa collection, on y trouve, un petit nombre d’objets proches de l’art de la reliure et de la maroquinerie, telle cette malle du régent au semé, des reliures boites, portefeuilles et serviettes aux armes. Parmi les livres exposés notons ces livres d’heures enluminés en reliures à la fanfare, ce manuscrit au semé macabre, ces reliures à la cire, des plaques de Dubuisson, des livres des sacres, un Rabelais de 1663 en reliure mosaïquée aux petits fers et doublée de Capé, le paysan perverti de 1776 en reliure de Chambolle-Duru, l’EO de Salammbô etc… Du côté des objets, le “maroquin” personnel de Beaumarchais est montré au public pour la première fois ou cet autre, presque un jeu de mots, de M. Chalgrin architecte du Roy.
L’exposition dure jusqu’au 23 février.
Lauverjat.MerciH

La lettre du bibliophile

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Promenade de bibliophile: exposition à Chantilly, « Histoire de rire, histoires à rire »

Promenade de bibliophile: exposition à Chantilly, « Histoire de rire, histoires à rire »

Amis Bibliophiles bonjour,
Courez, courez, l’exposition actuelle de la bibliothèque du château de Chantilly, « Histoire de rire, histoires à rire », se termine le 2 juillet!
Heureusement, un catalogue annoncé devrait paraître prochainement.

Les commissaires de l’exposition, Madame Louise Amazan-Comberousse et Monsieur Olivier Bosc se proposent d’explorer l’histoire du rire à travers  « les joyeuses narrations et devis gaillards du Moyen Âge au Grand Siècle » c’est-à-dire, s’agissant de la collection du duc d’Aumale, au moyen des livres précieux, depuis les manuscrits enluminés jusqu’aux facéties imprimées. L’exposition (environ 80 numéros) est dense et fouillée et difficile à résumer en quelques lignes.
Hélas, bien sûr,  le livre II de la poétique d’Aristote sur la comédie et le rire n’est pas exposé. Il est perdu, comme vous savez si vous avez lu Umberto Eco et son « Nom de la rose ». Parmi les manuscrits présentés notons celui  « les Quinze joies du mariage» du XVe siècle qui voisine avec l’édition incunable (1498) de Jean Trepperel. Après les fabliaux et les narrations comiques du Moyen âge, le Décaméron de Boccace servit de modèle à nombre de conteurs. Quatre éditions différentes sont exposées dont l’incunable sur vélin d’Antoine Vérard.

Enfin Rabelais vînt. « Cornucopie et joyeuseté de la raillerie » président à son écriture. Cinq éditions rarissimes de ses œuvres sont présentées, Pantagruel (Lyon, 1534), Gargantua (Lyon, 1535 et Troyes, 1556),  le Tiers livre (Lyon, 1548) et du Quart livre (1552).
Avant de quitter le XVIe siècle nous n’oublierons ni Marguerite de Navarre (l’Heptaméron des Nouvelles) ni Bonaventure des Périers (Les Nouvelles récréations et joyeux devis) ni Tabourot (Les Escraignes dijonnaises)…

Le siècle de XVIIe est celui des bons mots.
Les imprimeurs rééditent les œuvres du siècle précédent et impriment des recueils récréatifs et des opuscules satiriques. Par exemple, les histoires récréatives parues sous le nom de « Roger Bontemps » ou encore « les caquets de l’accouchée ». Parmi beaucoup d’autres exemples, et un aparté sur la contrepèterie, on s’étonnera pourtant de n’y pas trouver cette langue de vipère de Ménage.

L’exposition s’achève sur l’évocation des facéties mises en scène, c’est-à-dire les pièces publiées des acteurs comiques. Les comédiens de l’hôtel de Bourgogne excellèrent dans la farce et furent édités, Gaultier Gargille ou Gros Guillaume ou Buscambille (les fantaisies, Paris, Jean Millot, 1615).
Tabarin, bateleur de la place Dauphine (inventaire universel des œuvres, Paris, 1623), bénéficia d’un gros succès d’édition.
On notera encore deux vitrines intitulées « la récréation du bibliophile » qui présentent une accumulation fort plaisante de plaquettes rares rééditées au XIXe (collection Jannet et librairie Techener) dans des conditions fort désirables.
S’il faut exprimer un regret,  il concerne les cartels.  Ceux-ci ne font pas état (par choix) des particularités des exemplaires présentés, (reliure, provenance, dédicace, édition, etc.), toutes caractéristiques bibliophiles omniprésentes dans la bibliothèque du duc d’Aumale et qui nourrissent notre monomanie.  Il est cependant loisible de consulter en ligne le catalogue de la bibliothèque…

En conclusion,  voilà une étude très étayée sur l’histoire du rire à travers l’écrit et le livre, où la bibliothèque précieuse de Chantilly fournit une illustration de choix. 
Lauverjat

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