La Librairie de Pierre, premières photos

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Je vous avais annoncé il y a quelque temps la naissance prochaine de la Librairie Ancienne de notre ami Pierre. Je pense que vous serez aussi heureux que moi de constater qu’il est finalement possible de réaliser son rêve de bibliophile… Je trouve la librairie de Pierre déjà très accueillante, et j’aime l’association de quelques objets aux livres. Un bien bel endroit qu’il me tarde d’aller visiter.
Pour la présentation, je laisse la parole à Pierre:

« Vivre au milieu des livres et en vivre, certains en rêvent. Je viens de franchir le pas après 30 ans de bons et loyaux services au service du monde animal et de l’économie rurale. Ne croyez pas que je n’en sois pas peu fier!

Ce projet de librairie me tenait à cœur depuis longtemps mais il faut être bien inconscient pour le réaliser si tard n’est-ce pas ? Plutôt que de m’étendre sur le cheminement de mon parcours initiatique, je vous envoie quelques photographies prises par ma fille et réponds par avance à quelques unes de vos interrogations.

– Combien de livres pour commencer?: De quoi remplir ma librairie et autant dans ma bibliothèque de jardin. Comme je suis curieux, j’ai des livres sur tout, sur n’importe quoi et un peu partout. Bibliomane par intérêt.

– Comment faire pour vendre ses propres livres?: Mettre le prix sur la page de garde et prier pour que l’on ne vous demande pas ceux que vous préférez en premier. Dans le doute, acheter ces livres en double ou en triple. Chercher ce même livre dans une plus belle édition si on a bien vendu le précédent. Bibliophile par goût.
– Qualité des livres proposés?: Brochés, cartonnés, percalines – En bon état et dans la mesure du possible recouverts d’une protection transparente à livre ouvert en boutique et à livre fermé pour les caissons extérieurs. Les cuirs sont cirés avec tendresse… Maniaque de naissance.

– Objectifs financiers: Survivre la première année. Vivre la deuxième. Mieux vivre la troisième. Optimiste de nature. – Objectifs commerciaux : Apprendre la première année. Développer la clientèle la deuxième. Refuser une association la troisième. Idéaliste aussi…

– Centres d’intérêts: En dehors du domaine scientifique qui est propre à ma formation, je m’intéresse à tout, c’est mon drame ! J’ai un vernis culturel très fin mais étendu… J’aime les belles choses (belles gravures, belles reliures, belles typographies, beaux papiers). Superficiel par défaut.

– Points forts: Je crois avoir de la bonne marchandise…(vocabulaire appris à l’école des bouquinistes). Je suis bien ancré dans ma cité. Ma famille et mes amis m’entourent.
– Points faibles: Je n’ai aucune expérience dans ce métier… Un détail, me direz vous.

Je sais que je peux m’appuyer sur le blog du bibliophile pour soutenir mon enthousiasme et parfaire mes connaissances. Voilà donc une affaire qui se présente très bien… Amitié. Pierre »

H

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Histoires d’imprimeurs en Champagne-Ardenne

Histoires d’imprimeurs en Champagne-Ardenne

Amis Bibliophiles Bonsoir,

Après Chantilly et les reliures de Bauzonnet, Jean-Paul vous propose de découvrir aujourd’hui une autre exposition qui intéressera les bibliophiles: l’exposition « Histoires d’imprimeurs en Champagne-Ardenne », qui se tient à la Médiathèque de Sedan, jusqu’au 21 novembre.
Elle est l’occasion de faire le point sur un imprimeur célèbre, mais bien mal connu, Jean Jannon.

À la demande du prince Henri de La Tour, Jean Jannon, qui était « de la religion prétendue réformée », vint s’installer à Sedan dans le courant de l’année 1610. Très vraisemblablement suisse d’origine, il était passé par Mayence avant de travailler à Paris, chez Robert (III) Estienne d’abord, puis à son compte.
À Sedan, il prit le titre d’imprimeur de l’Académie. Son atelier était situé dans la tour et maison attenant à la Porte du Rivage. Il était aussi graveur et fondeur de caractères : il publia en 1621 un cahier d’épreuves des caractères qu’il avait gravés (« petite sedanaise ») et perfectionna, quelques années plus tard, l’instrument servant aux fondeurs pour la finition des caractères (« coupoir de fer »).

En 1640, Jean Jannon quitta Sedan pour s’occuper de l’officine parisienne tenue par son fils aîné Antipas, décédé prématurément ; pendant ce temps, son atelier sedanais fut dirigé par son autre fils Pierre (I), né du même premier mariage avec Anne de Quinge.
De Paris, il se rendit à Caen, employé avec son matériel dans une entreprise clandestine créée par un protestant rencontré dans la capitale. Pendant son absence, le prince Frédéric-Maurice de La Tour, converti au catholicisme, fut arrêté pour avoir participé à la conspiration de Cinq-Mars, et dut accepter le rattachement de sa principauté à la France. C’est le fils d’un imprimeur messin qui fut nommé nouveau gouverneur de Sedan par le roi Louis XIII en 1642.

Jean Jannon rentra à Sedan à la fin de l’année 1645, et fut momentanément associé à son fils Pierre (I), qui le quitta dès 1647 pour étudier la théologie. L’âge, et la concurrence de Hubert Raoult, puis de François Chayer, avec lequel il s’associa en 1648 pour une édition des Psaumes de David, eurent bientôt raison de son affaire, malgré son nouveau titre d’imprimeur privilégié du roi. Il mourut le 20 décembre 1658, âgé de 78 ans et 8 mois.
Il avait imprimé à Sedan environ 200 éditions, du « psautier de chignon » ou « de manchon » (in-64) à l’in-folio, dont un grand nombre d’écrits polémiques de Pierre du Moulin, l’un des plus célèbres ministres protestants de France. Une vingtaine d’éditions furent commandées par des libraires parisiens (Jean Baillet, Adrian Périer, Nicolas Bourdin, Abraham Pacard, Pierre des Hayes, Jérémie Périer, Abdias Buizard, Jean-Antoine Joaslin, Samuel Petit, Melchior Mondière) et de Quévilly (Claude Le Villain, Jean Berthelin). D’autres fois, par crainte du Conseil des Modérateurs, il utilisa des pseudonymes (Guion de La Plume, « Successeur de Salesse », Jean L’Enfan, Jacques de Turenne, Jacques Fillon, Jean Royer, Jean Tollon). Jean Jannon utilisa trois marques : Janus, Neptune et La Religion chrétienne.

Sa troisième femme, Suzanne François, put lui succéder à condition de porter sur ses impressions le nom de son fils Pierre (II), alors âgé d’une dizaine d’années ; elle exerça jusqu’en 1664. En 1678, un libraire de Châlons-sur-Marne, Nicolas Denoux, acheta ce qui restait du matériel de l’officine de Jean Jannon et confia la direction de son imprimerie à Pierre (II).

Merci Jean-Paul.

H

16 Commentaires

  1. I was wondering if you ever considered changing the structure of your blog? Its very well written; I love what youve got to say. But maybe you could a little more in the way of content so people could connect with it better. Youve got an awful lot of text for only having 1 or two images. Maybe you could space it out better?|

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  3. Le hasard des vous aimerez peut-être me fait tomber sur cet article. Bientôt trois années ! J'ai tenu malgré mon inexpérience de départ. J'ai même réussi à faire rentrer le double de livres dans ma petite boutique ;-))

    Mon seul regret : De voir que les librairies physiques disparaissent au profit de boutiques virtuelles avec site de vente… Mais je suis lucide : Mon choix n'était pas très raisonnable ! Pierre

  4. et Laurent Elzéas, établi imprimeur à Aix-en-Provence, qui y vint vers 1730 fonder un établissement. Il imprima en 1732 un ouvrage en patois provençal, « Lou Crebe-Coeur ». En 1746, il avait cédé son atelier à Joseph Fuzier, qui ne tarda pas à le transférer à Pézenas.

  5. Jean-Paul,

    Tout près de sainte Marthe, en effet… Notre ville a la chance de posséder une choix éclectique de personnages emblématiques.

    Sainte Marthe pour les catholiques, le Roi René pour les médiévistes, Mistral pour les poètes, Daudet et Pagnol pour les régionalistes et Tartarin pour faire de l’ombre à tous… Nous avons même, pour Bernard, un mathématicien incontournable.
    Et encore je ne vous parle pas de nos taureaux renommés !

  6. Merci pour ces signes d’amitié.

    – Jean-Luc : Je vais essayer d’être de ces nouveaux libraires dont vous nous avez fait une description avantageuse, il y a quelques temps.
    – Jean-Paul : Passés les frimas de l’hiver, je vais arborer le costume du parfait libraire – Gilet campagnard et sa montre gousset, blouse grise avec manchons en feutrine, petites lunettes rondes en écaille – C’est mon côté « fashion victime » !
    – Pour tous : Si vous passez me voir, présentez vous en entrant afin que je puisse me montrer sous mon meilleur jour. Il m’arrive d’être passablement médiocre lorsque mon attention baisse…

    Bon, c’est pas le tout ! Demain je bosse 🙂 Pierre

  7. de retour de vacances, je viens de prendre connaissance des articles de fin d’année… et de la nouvelle. Avant tout, félicitation à Pierre, et bonne chance pour la librairie.
    Avec un peu de retard, bonne année à tous les lecteurs du blog, et surtout à Hugues, que je félicite particulièremenet pour son dernier achat, le Directorium Inquisitorum… qui manque à ma collection, un livre considérable que j’espère trouver dans la langue de l’originale, si possible une édition du 16ème. Mais Hugues a bien mentionné les avantages de l’édition française, et notamment l’excellent post scriptum de l’éditeur, qui à lui seul, mérite que l’on possède le livre.

  8. En ce début d’année, je vous souhaite un total épanouissement dans cette nouvelle activité. Quand on est passionné, on oublie « un peu » le côté matériel; il va falloir concilier les deux choses. On a envie de visiter cette nouvelle librairie. J’espère y trouver un peu de sciences!Encore bravo.

  9. Bienvenue Pierre, cher confrère, dans le monde de ceux qui se frottent aux individus les plus étranges de la terre. La librairie ancienne est le rendez-vous des fous plus ou moins bibliophiles, qui vous font les demandes les plus invraisemblables.

    C’est une bien belle librairie que vous avez là, je me suis bien reconnu dans la prière quotidienne pour qu’on ne vous achète pas certains livres. Quant au vernis fin mais étendu, je retiens l’expression, elle qualifie bien le club des curieux dont nous faisons partie.

    Encore bravo, je ne manquerai pas de vous rendre visite… dès que vous nous donnerez votre adresse 🙂

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