La dorure par l’image: le tortillon

Amis Bibliophiles bonsoir,
A la lecture du passionnant ouvrage de Pascal Alivon, Styles et Modèles, Guide des styles de dorure et de décoration de reliures (Artnoville Editions), j’ai croisé un nouveau mot, qui m’était encore inconnu: le tortillon.
Selon Alivon, le tortillon apparaît au XVIIème siècle et est particulièrement utilisé sur les dos dits « à la grotesque ». Le tortillon est en fait une courbe poussée à l’extrême qui devient une spirale, un tortillon.Voici une planche de tortillons, que l’on trouve dans l’ouvrage cité ci-dessus.
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La lettre du bibliophile

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La Reliure à semis.

La Reliure à semis.

Amis Bibliophiles Bonsoir,

La reliure à semis (ou « semé » que j’ai lu parfois, mais personnellement j’utilise semis) apparaît au 17ème siècle.

Là encore, on parle un peu abusivement de reliure à semis dans la mesure où il s’agît essentiellement d’un procédé ornemental consistant en une dorure particulière.

Reliure aux Armes de Marie-Thérèse D’Autriche, avec un semis de son chiffre couronné et de fleurs de lys sur les plats et le dos. Office de la Semaine Sainte, 1667.On appelle « semis » la technique qui consiste à répéter de multiples fois, à distance égale, la dorure d’un même motif, d’un même fleuron. Les semis les plus fréquents que j’ai pu observer sont les semis de fleurs de lys ou de L couronnés, que l’on trouvent régulièrement sur des reliures Louis XIII ou Louis XIV, et sur des reliures de prix de cette époque. Il est d’ailleurs de trouver des armes ou un signe d’appartenance au centre des plats, au milieu du semis. (une reliure peut donc être simultanément au armes et « à semis »).

Quand le semis est bien fait, c’est une ornementation particulièrement agréable. Le semis recouvre en général les plats, et peut se prolonger sur le dos.
Reliure en veau, avec un semis de fleur de lys sur les plats, qu’un libraire enthousiaste pourrait même qualifié de « en éventail »! Souire. Poèmes en grec, 1681.Les pasticheurs de la fin du 19ème siècle (Trautz-Bauzonnet par exemple) reprendront parfois ce style de dorure dans leur reliures de luxe.

Ci-dessous, la reliure à l’éventail.

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6 Commentaires

  1. "Sous le règne de Louis XIV, au XVIIe siècle, les reliures débordent de
    richesses : maroquin rouge, dos à cinq nerfs, à entre-nerfs très décorés, gardes
    intérieures en papier marbré au motif « peigne » ou en peau, tranches à l’or et
    roulette intérieure. Cette richesse contraste avec la sobriété des reliures à la Du
    Seuil ou les reliures « Jansénistes » sans aucun décor. Les relieurs-doreurs créent
    leurs propres « fers » qui signeront leurs reliures : fers à tortillons et à pointillés
    attribués tantôt à Florimond Badier (signe les reliures d’une tête d’homme) tantôt à
    Le Gascon."

  2. On peut lire dans le manuel Roret du relieur :

    "5. – Fers à tortillons (XVIIè siècle)

    Ils caractérisent le dix-septième siècle. C'est également à cette époque que l'usage des riches dentelles a commencé à devenir général.

    « Le plus grand mérite de Legascon est d'avoir su garder, au milieu de sa prodigieuse richesse de détails, les savantes qualités d'ensemble des maîtres. Au dix-septième siècle, on procède d'une autre manière : c'est par la répétition des mêmes motifs, dans des positions différentes, que l'on arrive à un ensemble. Les belles reliures auxquelles Du Seuil a donné son nom, ces reliures à filets, soit droits et courbes, avec coins et milieux richement ornés, procèdent de cette manière. A la même époque, les armoiries jouent aussi un grand rôle dans la décoration du livre. On les trouve soit seules, soit accompagnées d'une marque, d'un emblème placé aux angles. Il y eut des bibliothèques dont tous les volumes étaient ornés de cette seule marque de leur propriétaire (M. Marius). »

    Nous venons de nommer Du Seuil. Il s'appelait Augustin et était né aux environs de Marseille, vers 1673. Après avoir travaillé chez Philippe Padeloup, dont il épousa la fille, il devint, quelque temps avant 1714, relieur du duc et de la duchesse de Berry."

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