Le tome III (N à Z) du Dictionnaire encyclopédique du livre vient de paraître

Amis Bibliophiles bonjour,
Enfin ! Le tome I (A-D) était paru en 2002, le tome II (E-M) en 2005.
In-folio (21,5 x 30 cm) relié toile sous jaquette, 1104 pages, 385 auteurs, 635 illustrations… 5 kg de savoir sur le livre, son histoire et ceux qui l’ont faite … pour 195 €. Avec un Index indépendant qui reprend les noms et les titres cités dans les trois volumes.

Un travail de titan mené de main de maître par Jean-Dominique Mellot (Conservateur en chef à la BnF), Martine Poulain (Conservateur général des bibliothèques), Alain Nave (Enseignant et éditeur), Pascal Fouché Historien et éditeur) et Philippe Schuwer (Auteur et éditeur).
Un outil de référence qui ne sera pas remplacé avant longtemps, résultat de la collaboration de nombreux et éminents spécialistes, proposant une iconographie abondante, en noir ou en couleur, souvent inédite; avec la traduction anglaise des entrées pour satisfaire les anglophones, nombreux dans les rangs des historiens du livre.
Source inépuisable de connaissances, l’objet est en outre agréable à regarder. Comme les deux tomes précédents, le tome III se présente à la fois comme un dictionnaire, qui définit les entrées, et comme une encyclopédie, qui analyse et explique tout ce qui est lié à la fabrication et au commerce du livre (personnes, institutions, matériaux, machines, savoir-faire, etc.).
Un monument fascinant.
Oserais-je quelques regrets, en ayant bien conscience que la critique est facile: j’aurais préféré le papier qui avait été utilisé pour l’ Histoire de l’édition française (plus léger, plus agréable à l’oeil et au toucher,mais peut-être moins compatible avec la couleur) ; autant les arts et industries graphiques, ainsi que la bibliothéconomie, la lecture et l’édition contemporaine semblent sans grand manque, autant l’histoire du livre et de l’édition, domaine certainement plus vaste, pèche par l’absence de nombreuses personnalités, en particulier bibliophiles. 
Le regard du bibliophile a manqué …
Jean-Paul Fontaine

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

La Reliure Française depuis l’invention de l’imprimerie, par MM. Marius Michel

La Reliure Française depuis l'invention de l'imprimerie, par MM. Marius Michel

Amis Bibliophiles bonsoir,
Je partage aujourd’hui vous une acquisition récente: La Reliure Française depuis l’invention de l’imprimerie et jusqu’à la fin du XVIIIème siècle par MM. Marius Michel, Relieurs-doreurs. A Paris, chez Damascène Morgand et Charles Fatout, 1880.Ce bel ouvrage in-4 (qui inclue 22 belles gravures), de la main du maître et de son fils (ou l’inverse, sourire) se lît avec délice et retrace l’histoire de la reliure française depuis les débuts de l’imprimerie jusqu’à la fin du 18ème siècle.
Comme souvent dans les ouvrages de Marius Michel, le style est très agréable et les prises de positions des auteurs sont toujours claires et tranchées (ainsi Trautz-Bauzonnet est-il élevé au rang de meilleur relieur du 19ème, quand Capé est renvoyé à ses chères études pour avoir commis des reliures trop fragiles, « presque mortes avant d’avoir vécu »… et quand Derome est qualifié d’assassin pour sa propension à rogner les marges).Les auteurs nous entraînent sur les traces des premiers moines relieurs, puis des Le Gascon, Eve et autres Padeloup, tout en multipliant les digressions autour de la relation entre bibliophile et relieur, et en évoquant ainsi la personnalité des grands bibliophiles de l’histoire, de Grolier à Pichon, en passant par Thou.Je viens d’en terminer la lecture, et j’ai sélectionné pour vous quelques passages intéressants:
– Une règle qu’énoncent les Marius Michel dès le début de l’ouvrage et dont vous savez l’importance: « le livre vient d’être collationné, il est reconnu complet. Les lavages, encollages, restaurations, retouches ont été faits par une main expérimentée et discrète. Le voici dans l’atelier du Relieur (que les auteurs écrivent avec une majuscule) ».
– Ils rappellent également leur collègues (et les bibliophiles) à l’ordre en énonçant une autre vérité évidente: la reliure n’est là que pour servir le livre, rejetant ainsi tous les relieurs qui « serrent » trop le texte et empêchent le livre de s’ouvrir.– Les bibliophiles sont parfois également égratignés, non seulement pour leur bibliopégimanie mais aussi pour leur « rage de faire relier »: si la comtesse de la Verrue et Pompadour sont épargnées, la du Barry est vivement critiquée (« qui savait à peine lire ») pour sa bibliothèque reliée par Redon, elle a participé à une mode de la reliure au 18ème siècle qui selon les Marius Michel conduira rapidement au déclin de la reliure française.
Les auteurs évoquent ces grands ateliers de dorure qui furent créés pour répondre à cette mode, et « où se firent dans la suite par milliers les almanachs royaux, pour lesquels Dubuisson et les dessinateurs du temps inventèrent quelques plaques charmantes ».– Ces plaques, les auteurs les critiquent également en partie, rappelant « une règle qui doit primer toutes les autres: l’appropriation (de la dorure) au sujet du livre », évoquant avec humour cette fois les erreurs et les fautes de goût de certains, qui vont jusqu’à « faire dorer la grenade entr’ouvrete, image des lèvres roses…. sur un recueil d’oraisons funèbres ».
L’ouvrage se conclue par une présentation des principaux relieurs de l’époque et les Marius Michel expliquent qu’ils ont limité leur étude à la fin du 18ème siècle pour ne pas blâmer certains de leurs confrères… Ce qu’ils feront pourtant peu de temps après.
H
PS.: pour mémoire, le portrait de Marius Michel que j’avais commis sur le blog:http://bibliophilie.blogspot.com/2008/12/portrait-dun-immense-relieur-marius.html

10 Commentaires

  1. Hugues, le DEL est n'est pas un dictionnaire d'histoire du livre, ni de la bibliophilie ! Il est bien normal que la bilbliothéconomie y trouve sa place.

    Ceci dit, c'est un vrai monument; A mon sens, il complète plus qu'il ne la dépasse l'histoire de l'édition française.

  2. Tu as raison Hugues pour tous les domaines très évolutifs, comme l'économie, mais je pense très sincèrement que le bibliophile d'aujourd'hui peut être très bien "armé" avec le DEL + son PC.
    Et rien de tel, tu le sais bien, que le terrain pour compenser les "manques" bibliophiliques du DEL qui étaient probablement difficiles à rédiger, hormis des entrées purement historiques comme la famille Saugrain ou Tchémerzine.Un exemple vient d'être donné sur le blog : seul le DEL permet de savoir ce qu'est un "mordant" (faut-il encore connaître le mot pour le chercher dans le dictionnaire !)

  3. J'aime beaucoup le DEL mais je n'irais pas jusque là Jean-Paul. Le DEL est hélas fort incomplet comme tu le soulignais et du reste, il dépasse le simple cadre de la bibliophilie, ce qui n'en fait pas un outil irremplaçable pour le bibliophile. Ainsi les articles sur la biblio-économie sont-ils à mes yeux d'un intérêt modéré, tout en étant ceux qui vont vieillir le plus rapidement. Trop rapidement. Comme si l'on réouvrait aujourd'hui une encyclopedia universalis…
    Hugues

  4. C'est vrai : les 3 tomes (index offert) = 499 €
    Mais c'est une bibliothèque entière sous la main, 24 heures sur 24.
    Le seul ouvrage de référence à avoir et à conserver : on peut vendre tous les autres pour acheter celui-là…

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