Miscellanées de Monsieur H.: la vraie bonne odeur des livres enfin à la portée de tous, une belle exposition de photos sur le salon du Grand Palais

Amis Bibliophiles bonjour,
Ca y est, le jour béni serait presque arrivé. Nous en avions déjà longuement débattu ici: l’odeur des livres, les odeurs des livres, ceux qui les détestent, ceux qui les vénèrent, et toutes les luttes vaines pour en venir à bout. Il fallait un génie pour mettre tout le monde d’accord, et le génie est venu d’outre-Rhin: la maison Steidl s’apprête en effet selon le magazine Focus à lancer un parfum reproduisant l’odeur des livres. Cette fragrance, nommée Paper Passion, a été développée à partir de différents échantillons de papier.  Le flacon reprendra lui la forme d’un ouvrage. Je dis merci, je dis bravo! Dès que la fragrance sera disponible, le Blog du Bibliophile la testera bien sûr pour vous.
Par ailleurs, je vous invite à découvrir une très belle exposition du photographe Philippe Busser à propos du salon du Grand Palais. Vous pourrez à la découvrir ici: http://wildnis-photography.com/?galleries=salon-du-livre-ancien-et-de-lestampe-grand-palais-paris-2011
Je trouve qu’elle retranscrit très justement l’atmosphère de ce très beau salon, et les habitués y reconnaîtront même des figures connues.
Très belles photos.
H

La lettre du bibliophile

Si cette chronique vous a plu : recevez trois nouvelles par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d'archives, quelques milliers de lecteurs.

Pas de pub, pas de revente de données. Désabonnement en un clic.

À lire ensuite

Thouvenin et le décor “à lacets”

Amis Bibliophiles Bonjour,
Je vous propose de retrouver un article de notre ami Lauverjat, qui continue à nous faire découvrir les relieurs du 19ème: aujourd’hui, Thouvenin et le décor « à lacets ».
À l’Exposition des Produits de l’industrie du département de la Seine de 1819, Joseph Thouvenin présente une dizaine de reliures. Le travail du relieur est salué pour la fermeté de ses cartons, le veau poli, les bordures ornées à froid et l’usage de filets noirs. Emmanuelle Toulet (Joseph Thouvenin, Naissance du style historiciste dans l’art de la reliure au XIXe siècle) a précisé que ces reliures utilisant des filets noirs tracés à l’aide de “plumes en fers ou mieux de grosses plumes de cygne” et d’une règle étaient nouvelles pour l’époque. Les pièces de titre noires sont une autre caractéristique de ces reliures.L’application de ces propriétés donne un modèle de décor original que j’appelle “à lacets” illustré ici par trois livres.
Le premier en deux volumes porte la signature de Thouvenin en queue du tome I. Sa reliure est en veau fauve glacé, ornée sur les plats d’un grand réseau de filets noirs entrecroisés à la manière d’une guêpière, dessinant 4 grands losanges complets compris dans un rectangle, avec petites marguerites dorées aux intersections et un encadrement de roulette de palmettes à froid et de filet noir, le dos à quatre nerfs, orné de palettes dorées, les pièces de titre et de tomaison noires, guirlande dorée sur les coupes et encadrement de roulette dorée intérieur, toutes tranches dorées. L’ouvrage est de format grand in-8 (242 mm x 157 mm), il s’agît des Aventures de Télémaque imprimé à Paris pour E. A. Lequien date de 1820.La seconde recouvre deux titres séparés, Paul et Virginie et La Chaumière Indienne tous deux à Paris chez Furme en 1829, de format petit in-8 (167 mm x 110 mm). La reliure n’est pas signée et je n’ai pas identifié les fers du dos. Le style est exactement le même, une pleine reliure de veau brun poli, une grande composition géométrique de “lacets” de filets noirs avec points dorés aux intersections et encadrement de roulette à froid et de filet noir, guirlande dorées sur les coupes et réemploi de la roulette des plats, dorée cette fois, à l’intérieur. Le dos à quatre nerfs réserve deux pièces de titre noires.
Le troisième exemple provient du catalogue de juin 2009 de la librairie Cambon à Paris, le livre étant vendu je ne l’ai pas pris en main mais son décor est proche et la notice est éloquente.L’ouvrage de Paul Culot (Relieurs et reliures décorées en France à l’époque romantique) ne présente aucune reliure de ce type, non plus que Devauchelle ou les planches de la collection Descamps-Scrive. La question n’est pas d’attribuer tous ces livres à l’atelier de Thouvenin, mais de savoir combien de temps ce décor fut utilisé et si d’autres relieurs ont signé ce type de décor. Votre avis?
Lauverjat
Merci!H

9 Commentaires

  1. D'autres textes d'Octave, peu connus car dispersés dans la presse de l'époque, sont aussi très intéressants et nous plongent dans l'ambiance bibliophilesque du moment : dommage que nous n'ayons pas de photographies équivalentes à celles présentées sur le Salon 2011, dont certaines valent qu'on les enregistre pour les garder comme témoins de l'histoire de la bibliophilie.

  2. non non Jean-Paul ! Je maintiens ! Jusqu'à ce que le nez touche… c'est olfactif et tactile…. (sourire). Evidemment, s'assurer auparavant que vous avez le nez propre et sec.

    Sinon je viens de lire ton article du DEL sur Uzanne. Bien bien maestro ! Belles pages sur le maître es livres et gaudrioles féminesques (sourire). J'ai noté deux petits oublis, les Instantanés d'Angleterre (1914 – tiré à 1.815 ex.), Le Sottisier des moeurs (1911, 80 ex. sur papier de luxe). J'aurais bien évidemment quelques questions à te poser. Comment sais-tu qu'il s'est fait "évincer" des Biblio Contempos ? J'aimerais bien savoir ce que tu sais des deux autres ventes de livres de 1898 et 1908 que tu cites, et dont je ne sais rien.

    Au plaisir de te lire,
    B.

  3. Splendides photographies !

    Concernant le parfum des livres, il serait vain de vouloir en faire une fragrance à mettre en bouteille pour la vendre, car il doit bien exister autant de parfums que de livres… des milliers agréables et subtiles, des milliers désagréables et repoussantes. Pour ma part je n'aime respirer les livres seulement in situ. Une astuce que je pratique et que je vous dévoile, si vous voulez essayer. Prenez un livre, ouvrez le sous votre nez, plongez votre nez au centre du livre, refermé légèrement le livre sur votre nez jusqu'à ce qu'il vous touche le nez. Ensuite n'inspirez pas de suite, mais expirez fortement plutôt, laissez votre air se mélanger avec les fragrances livresques une fraction de seconde, puis imméadiatement à la suite inspirer longuement et régulièrement pour bien capter les fragrances livresques. Et voilà, le tour est joué, vous voilà bibliofragrançophile (sourire).

    B.

  4. Steidl qui fait un "parfum-livre" ? Nous ne sommes pas le 1er avril ? Pour moi Steidl est un éditeur, je suis à côté de la plaque ? Quoi qu'il en soit, comme une partie de ma bibliothèque est dans ma chambre, je hume les livres assez souvent, pour ne pas avoir besoin d'un ersatz 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.