Amis Bibliophiles bonjour,
I. O tempora, o mores, ou de l’encre complètement dé(lé)bile…
Après les bibliophiles qui disparaissent, après les libraires qui disparaissent, après les livres qui disparaissent, voici maintenant l’encre qui disparaît, avec cette invention d’un éditeur argentin: l’encre qui disparaît en deux mois.
L’objectif de l’éditeur (dans une logique qui m’échappe totalement, je dois l’avouer) est de favoriser la découverte des auteurs moins connus: le procédé attire l’intérêt des médias et donc des lecteurs sur les ouvrages concernés et encourage leur lecture, et une lecture rapide. On retrouve des ressorts assez proches (mais tellement éloignés dans le même temps) de la bibliophilie: le procédé fait des livres concernés des objets rares, spéciaux. Donc recherchés?
Je ne suis pas certain que l’encre disparaisse si on laisse le livre dans son enveloppe scellée. En tout cas, le livre devient ainsi quasiment un flux de média social: il naît, il est lu puis il disparaît dans l’oubli, comme un post sur facebook. (mais d’ailleurs, cet oubli rapide n’est-il pas contradictoire?).
II. Une curieuse image curiosa, ou la probable rencontre:
Petite trouvaille récente, qui mettra au défi les amateurs de curiosa. Si vous en êtes, vous saurez sans doute reconnaître cette gravure, mais croyez-vous pouvoir identifier le livre dans lequel elle se trouve. Je parie que non.

III. Du prix des livres rares, ou si j’avais un ami bibliophile et banquier, Calamar…
Voici une fiche de libraire récente:

Elle présente un exemplaire unique (comme il en existe tant) : le Myosotis, d’Hégésippe Moreau, illustré par Robaudi, publié par Conquet en 1893. Il s’agit d’un des 150 exemplaires sur grand papier, celui-ci sur japon.
Cet exemplaire est unique car il est orné de quatre aquarelles originales de Robaudi, sur la reliure en vélin et sur le faux-titre, et enrichi d’un envoi de Robaudi au relieur Carayon (la reliure étant signée de Carayon).
Fixer le prix de ce genre d’exemplaire n’est pas pas chose aisée… heureusement que les libraires sont bien obligés de se mouiller ! mais le prix affiché n’est pas forcément une bonne information pour fixer une cote, comme on va le voir ici.L’an dernier (mai 2011) ce libraire parisien proposait cet exemplaire à 1350 euros.
En ce moment, un autre libraire parisien affiche ceci :

Il s’agit évidemment du même exemplaire. Le prix proposé (4000 euros) signifie-t-il que la cote de Robaudi connaît une ascension proche de la bulle spéculative ? hum… il doit y avoir une autre explication. Ici, sans doute, l’explication la plus simple est peut-être la bonne : faute de pouvoir fixer un prix de marché sur des exemplaires de ce genre, la méthode commerciale la plus élémentaire s’applique : partir du prix d’achat et fixer un taux de marge permettant de faire vivre le marchand. Ce qui explique le passage de 1350 euros à 4000 euros. C’est logique, bien sûr, mais ça ne facilite pas le travail des pauvres bibliophiles !
H
Une expérience très satisfaisante : expérimenter un relieur, s'assurer que son travail vous plait puis lui donner carte blanche.
Lauverjat
L'atelier Moura est, à mon avis, l'un des meilleurs atelier de reliure. Je leur confie en général un travail classique de demis ou de pleins maroquins, le résultat est toujours parfait. Cet exemple de reliure illustrant la guerre des mondes me donne bien envie de laisser plus de liberté à leur imagination la prochaine fois ! Superbe.
Dans mon souvenir j'ai vu passer un exemplaire de la guerre des mondes en reliure Moura chez Alde il y a quelques mois?
Le plus dur est de se séparer de son exemplaire pdt 6 mois.
Mais après, quel bonheur!
V.
Box ? Ou papier peut être ?
Beau !
Question tout de même : quels matériaux ?
très beau ! il faut que je prenne le temps de leur apporter mes brochés qui attendent leur tour…