Aux frontières de la bibliophilie: La boîte à joujoux de Hellé et Claude Debussy

Amis bibliophiles bonjour,
Laissez moi vous entraîner aux frontières de la bibliophilie avec la boîte à joujoux de André Hellé et Claude Debussy.

Au début du XXe siècle, André Hellé concepteur de jouets s’était fait remarquer par l’Arche de Noë, une création mixte de jouets en bois représentant les animaux et d’un album illustré des mêmes sujets. Les dessins extrêmement simples et naïfs étaient empreints d’une grande poésie.


En 1913 il conçu l’argument d’un ballet pour enfants – ou pour marionnettes – La boîte à joujoux, pour lequel il demanda à Claude Debussy d’écrire la musique. Le compositeur accepta avec enthousiasme et dédia à sa petite fille Chouchou cette oeuvre qui devait être une de ses dernières. Il composa la partition pour piano seul et ne put en terminer l’orchestration qui fut achevée par André Caplet.

La musique de Debussy aérienne et magique s’accorde parfaitement au livret de Hellé dont les illustrations ne peuvent manquer d’émouvoir les enfants, petits et grands de 1 à 101 ans.
HELLÉ ANDRÉ et DEBUSSY CLAUDE – LA BOÎTE À JOUJOUX.Musique de Debussy, dessins de Hellé : décors et costumes pour le ballet de 1919.Paris – Durand & Fils – ca. 1919


In-folio oblong contenant 48 pages de la musique de Claude Debussy qui constituent la partition pour piano du ballet, la décoration est composée des dessins coloriés de André Hellé et comporte  : la couverture en papier fort (1er et 4 ème plat), la page de titre, 5 pages d’introduction, 4 pages entre les tableaux, et 13  pages illustrant le « Ballet des Enfants » du 10 Décembre 1919 ; soit au total 25 pages coloriées.
La date 1913 sur la page de titre est celle de la composition de la musique mais la première guerre mondiale obligea à reporter la création de l’oeuvre à l’année 1919. 
René

La lettre du bibliophile

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Amis Bibliophiles bonsoir,

Jean-Paul complète ce soir l’article d’Olivier sur Balzac éditeur….

Pour les bibliophiles, le plus précieux des deux ouvrages édités par Honoré de Balzac en 1826est un in-octavo intitulé Œuvres complètes de La Fontaine ornées de trente vignettes dessinées par Devéria et gravées par Thompson [portrait de La Fontaine] Paris A. Sautelet et Cie, place de la Bourse. [filet] Imprimerie de Rignoux, rue des Francs-Bourgeois-S.-Michel MDCCCXXVI.

Cet ouvrage porte en effet au verso du faux-titre : « H. Balzac, éditeur-propriétaire, rue des Marais-S.-Germain, n° 17 ». Suit une notice sur la vie de La Fontaine par Balzac. Les vignettes sont étonnamment médiocres : le graveur, Charles Thompson (1791-1843), ne semble pas pourtant avoir trahi les dessins d’Achille Devéria (1800-1857), mais le dessinateur n’était pas un animalier !

Le texte est imprimé sur deux colonnes (sauf la notice de Balzac qui est à longues lignes) en caractère dit « mignonne ». Le volume fut tiré à 3000 exemplaires sur papier cavalier vélin de la fabrique Montgolfier d’Annonay.
Rignoux était imprimeur de l’Ecole de médecine.
Il existe des exemplaires portant sur le titre le nom et l’adresse de « Baudouin frères, rue deVaugirard » au lieu de « Sautelet et Cie ». Les exemplaires avec couverture sont rarissimes. Il a été tiré 1 exemplaire sur papier de Chine.
On sait que Balzac, mauvais gestionnaire, était menacé par la ruine. Espérant s’en sortir ainsi, Balzac céda l’édition du La Fontaine au libraire Alexandre Baudouin qui le paya en créances sur trois autres libraires ! L’un d’eux était Charles-François Frémau (et non Frémeau), libraire à Reims, rue Pavée d’Andouilles (aujourd’hui rue du Cadran-St-Pierre) sur lequel on sait peu de choses. Il avait édité en 1825, avec Baudouin et l’imprimeur Joseph Tastu, le célèbre in-8° de C. Leber « Des cérémonies du sacre », avec 48 planches du sacre de Louis XVI gravées par Patas et retouchées. 
Frémau était en faillite et, comme Balzac, voulait régler cette affaire à l’amiable. Après de nombreux échanges épistolaires, Frémau réussit à payer Balzac en livres de son fonds!
H

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