Une petite trouvaille bibliophilique: un jeton de présence de la Société des Bibliophiles François

Amis Bibliophiles bonjour,
Le bibliophile aime s’entourer de petits objets autour de sa passion: des fers, des petits objets en maroquin, un elzéviromètre (absolument capital dans toute bonne bibliothèque), etc.
Au moment où je préparais pour le blog une série d’articles sur les sociétés de bibliophiles, le hasard a mis sur ma route ce petit objet, un jeton de présence de la Société des bibliophiles François (vous trouverez plus d’informations sur cette belle société de bibliophiles ici: http://bibliophilie.blogspot.fr/2013/04/les-societes-de-bibliophiles-i-la.html).

Ce petit jeton en argent mesure 4 cm de diamètre. Sur l’une de ses faces, on trouve un portrait de Jacques Auguste de Thou, le « patron de la compagnie ». Sur l’autre, une très belle bibliothèque dans une belle perspective, surmontée de la devise « et in ea invenies thesaurum ». 


Le tout est conservé dans un joli petit écrin de cuit noir doublé de velours bleu roi. Ces jetons étaient remis aux membres de la Société.
Mais d’ailleurs, j’y pense, pensez-vous qu’une Société de bibliophiles aurait encore du sens en 2013?
H

La lettre du bibliophile

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Au sommet, les dix livres les plus chers de l’Histoire: n°1, Le Codex Leicester

Au sommet, les dix livres les plus chers de l'Histoire: n°1, Le Codex Leicester

Amis Bibliophiles bonjour,
Les commentaires suscités par mon post sur la bible de Gutenberg et la suggestion de Leah me conduisent à vous présenter à partir d’aujourd’hui les dix livres les plus chers de l’Histoire. Il est bien entendu que l’on peut trouver son bonheur de bibliophile dans un livre sans valeur, et que ces ouvrages appartiennent autant à l’art, à l’histoire qu’à une certaine forme de spéculation.

Le « Codex Leicester » semble être à l’heure actuelle le « livre » le plus « cher » du monde. Il a été acheté en 1994 par Bill Gates pour 30,8 millions de dollars (24 millions d’euros). Cette collection de 72 feuillets d’écrits scientifiques et philosophiques sont dans un état remarquable de conservation. L’ouvrage datant de 1500 a la particularité d’être composé à l’envers, en écriture spéculaire : il faut un miroir pour lire correctement le texte. 
Le Codex Leicester est une collection d’écrits de Léonard de Vinci a caractère essentiellement scientifiques. Il tient son nom du premier Comte de Leicester, Thomas Coke, qui l’acheta en 1717. Le codex se présente sous la forme de 18 feuilles doubles, soit 72 pages de format 21,8 x 29,5 cm. Il donne un aperçu de l’esprit de ce penseur, artiste et scientifique de la Renaissance, notamment par le lien permanent qu’il crée entre l’art et la science.
L’histoire du codex: si la plupart des dessins et des manuscrits de Léonard de Vinci furent conservés par son élève Francesco Melzi jusqu’à sa mort en 1570. Le Codex Leicester fait figure d’exception: le sculpteur Guglielmo della Porta le possédait dès 1537. En 1717, le peintre Giuseppe Ghezzi (qui l’avait trouvé parmi d’autres documents ayant appartenu à Guglielmo delle Porta) le vendit à Thomas Coke, comte de Leicester, d’où il tient son nom.

Le manuscrit resta dans la demeure familiale d’Holkham Hall à Norfolk jusqu’en 1980. Il passa alors en vente chez Christie’s le 12 décembre. C’est le milliardaire Armand Hammer, qui gagna les enchères. Hammer fit construire le UCLA Armand Hammer Museum of Art and Culture Center à Los Angeles, pour abriter sa collection de tableaux et de dessins ainsi que le Codex Leicester qui fut rebaptisé Codex Hammer. En 1994, le musée décida de s’en séparer. Cette fois-ci c’est Bill Gates qui s’en porta acquéreur1. Il redonna au manuscrit son nom d’origine, le Codex Leicester.
Daté aux environs de 1508-1510, par comparaison avec d’autres manuscrits de Léonard, le Codex est composé de 18 feuilles de papier, chaque feuille est pliée en deux et chaque côté de la feuille est écrit, le document complet comporte donc 72 pages. Les feuillets du Codex ont été numérotés au xvie, puis reliés au xviie siècle, suivant l’empilement des 18 double feuillets pliés par leur milieu. Cette présentation ne permettait pas la lecture du Codex. La présentation actuelle lui redonne sa configuration initiale sous forme de feuillets séparés tels que Léonard de Vinci l’avait composée. Seule cette présentation pouvait permettre son étude.

Comme évoqué plus haut, le codex a la particularité d’être écrit en écriture spéculaire (ou écriture miroir), c’est-à-dire que le texte est à l’envers et qu’il faut le placer devant un miroir pour pouvoir le lire. Les pages sont ponctuées de très nombreux dessins et diagrammes.
Le Codex ne prend pas la forme d’un livre linéaire, c’est un recueil d’observations dans des domaines très divers, à l’image du génie universel qu’était l’auteur : théories sur l’astronomie ; les propriétés de l’eau, des roches et des fossiles ; l’air ; la lumière céleste.
H

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13 Commentaires

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  3. Je suis à l'étranger.

    J'avoue que je ne sais plus trop qui a dit quoi (peut-être dans les commentaires, d'ailleurs), mais je crois bien me souvenir que le nombre de 2000 bibliophiles avait été mis en avant par Anne Lamort dans un article du Figaro Magazine (mais était-ce une coquille et devions nous comprendre 20000?).

    A mon sens, c'était une coquille. C. Galantaris avait lui évoqué 10000 bibliophiles il y 30 ans, je ne vois pas de raison objective de diviser ce nombre par 5. D'autant plus que, c'est bien connu, la bibliophilie préserve. 🙂

    Je pense surtout qu'être bibliophile n'est pas une question d'intelligence, d'une part parce qu'on est toujours l'idiot de quelqu'un… et que je me méfie de ce type de classements des individus d'autre part.

    Je ne me sens d'ailleurs pas capable non plus d'attribuer des médailles de bibliophilie.

    Donc, en fait, bibliophile = celui qui aime les livres, les collectionne, enfin vous connaissez la définition.

    "Tout a déjà été dit, mais comme personne n'écoute, etc.", vous connaissez la chanson.

    Mais bon, ça non plus, je n'adhère pas trop, ce n'est pas une vision très moderne de la vie 🙂

    Hugues
    PS: l'argument de Benoît fait mouche à mon sens, avec 2000 bibliophiles, il n'y aurait pas de blogs, pas de Salons, pas de ventes, pas de libraires, pas de marché. Seuls les prix seraient bas! 🙂

  4. Ce chiffre de 2000 bibliophiles a été proposé dans un article du B.B, il y a peu. J'espère ne pas m'être trompé, Hugues. On pourra vérifier ?

    Je ne voulais pas être tendancieux mais cette estimation m'avait interpellé. Il se peut que Jean-Paul ait d'ailleurs raison. Quand j'ai fait le quiz proposé par Hugues, j'ai réalisé que je ne pouvais légitimement revendiquer ce titre. Je suis tout juste un lecteur cultivé ce qui n'a rien d'humiliant, en fait. On peut être mélomane sans être musicologue, on peut acheter de forts beaux livres sans être bibliophile ;-))

    Je fais partie des lecteurs du B.B et j'appartiens déjà par le fait à une société de bibliophiles ?

    Pierre

  5. S'il n'y avait que 2000 bibliophiles en France, il n'y aurait plus de libraires anciens.
    Et pas de Salon du Grand Palais.
    Et pas 2 ventes de livres par semaine.
    Si j'avais le temps, je vous ferais une petite démonstration mathématique, mais je n'ai pas ce temps.
    Pensez rapport entre nombre de livres en vente/vendus/fichiers/SVV/nb de libraires et vous vous verrez qu'économiquement, cet écosystème ne tiendrait pas avec 2000 bibliophiles.
    Benoit

  6. Il est de bons illustrateurs, de bons relieurs, de bons imprimeurs.

    Et de bons bibliophiles, en nombre.

    Il suffit parfois de générer soi-même la place qu'on peut croire absente, et, si le bon accueil n'est pas immédiat, qui sait si les livres publiés ne se retrouveraient pas sur un ebayana dans un blog de bibliophile en 2150.

    Ou, tant pis, en vrac dans une manette en compagnie d'illustres amis au rebus.

    La vanité mis à part, rien ne se mesure à l'aune de notre propre espérance de vie.

    N.

  7. A son habitude, M. Fontaine est bien sentencieux, à croire qu'il délivre des brevets d'aptitude intellectuelle aux bibliophiles en son cabinet.

    L'idée même de "compétence intellectuelle" interpelle. Le nombre de bibliophiles en France est largement supérieur à 2000, il suffit pour cela d'avoir en tête le nombre d'adresses actives présentes dans les fichiers des libraires et des maisons de vente. Le reste n'est que fantaisies et supputations de quelqu'un qui est loin du sujet.

    En ce qui concerne la société de bibliophiles, je m'interroge sur le fait qu'il y ait encore une place en France pour l'édition de beaux livres comme l'entendaient nos aînés. Qui seraient les illustrateurs, les éditeurs, les imprimeurs, les relieurs?

    Jacques L.

  8. Pour envisager une société de bibliophiles en 2013, il faudrait, aujourd'hui, pouvoir en définir le cadre.

    Si comme Jean-Paul le pense, il n'y a pas plus de 2000 bibliophiles en France qui en ont les compétences intellectuelles, il faudra envisager un examen d'entrée…

    Si vous optez pour des amoureux des beaux livres qui souhaitent créer un club-service de l'édition de luxe, il faudra envisager un ticket d'entrée prohibitif…

    Si vous vous entourez de gens cultivés, vous devrez les empêcher de prendre la parole pendant vos repas statutaires au risque de voir vos réunions devenir interminables…

    Pour bien faire, il vous faudrait quelques libraires du Slam qui seraient comme la caution morale de cette noble institution.

    Je verrais bien un discours de réception sur un thème touchant au livre comme à l'Académie Française. Si vous avez besoin d'un nègre, Philippe Gandillet se fera une joie de vous envelopper ça dans de la dentelle ;-)) Pierre

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