Writers to the Signet et maroquins dispendieux…

Amis Bibliophiles Bonjour,

Suite au message d’hier, Lauverjeat m’envoie gentiment une image des armes de la Society of Writers to the Signet.Beau prix en effet pour l’Almanach à la Dubuisson, les reliures se taillent la part belle en ce moment sur ebay, même si elles ne renferment pas des textes exceptionnels (enfin, à ma connaissance)… Les prix s’envolent:

Une reliure aux armes du Roi Felipe V d’Espâgne

La Bibliothèque ascétique, 1769, en maroquin aux armes

Principes prophétiques, 1759, maroquin aux armes d’un cardinal

Un autre maroquin, aux armes de Charles IV d’Espagne

Autre maroquin: Sainte-Marthe Contre les erreurs des Calvinistes, 1685

Autre joli maroquin, plus moderne

Un Almanach, Dubuisson, mais aux armes… Combien va-t-il faire?

Et pour finir, un curieux paradoxe temporel: une reliure de Devauchelle, sur un ouvrage publié chez Marius Michel

Et une spectaculaire reliure de Kieffer sur un texte de Huysmans…ah si j’habitais Chartres et que j’aimais les belles reliures 🙂

De mon côté, je suis allé chiner ce matin aux grandes Puces de Lyon… pas un livre correct à se mettre sous la dent. Décevant. Mais je crois que les libraires lyonnais se cachent ailleurs.

H

La lettre du bibliophile

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La reliure par l’image: les reliures d’almanachs

La reliure par l'image: les reliures d'almanachs

Amis Bibliophiles Bonjour,
Qu’il est difficile pour un bibliophile de fixer son attention sur un domaine particulier entre la littérature, les voyages, les Cazin, l’ésotérisme… j’ai choisi de ne pas choisir, même si ce choix s’est imposé à moi, puisque que toute bibliothèque est à l’image de son propriétaire: non pas que j’ai des difficultés à choisir, non, plutôt des difficultés à me limiter, ou à me cantonner à un seul domaine et à limiter ainsi ma curiosité. Au milieu de tous domaines, j’ai ainsi une tendresse particulière pour les almanachs: d’une part les almanachs « de colportage », comme Le Messager Boiteux, dont j’ai déjà parlé ici, parce qu’ils constituent des témoins passionnants de la culture populaire d’une époque, et d’autre part les almanachs que l’on pourrait presque qualifier « de cour », notamment pour leur reliure.En effet, à la fin du 18ème siècle la France a vu se multiplier la publication de d’almanachs. Ceux-ci paraissaient à la faveur de la nouvelle année et constituaient en fait de charmants « agendas de poche » pour l’époque, ils étaient du reste souvent offerts à l’occasion des étrennes de nouvel an (d’où l’appellation étrennes qui figure régulièrement sur leur page de titre). On connaissait ainsi les Etrennes Mignonnes, le Calendrier des Dames, le Calendrier de la Cour, l’Almanach de la toilette et de a coiffure des Dames françaises, l’Almanach des Folies de l’Amour, les Etrennes Spirituelles, plus sages, l’Almanach des Folies Modernes, L’amour dans le Globe ou l’almanach volant, etc.
Avec le petit format et leurs illustrations, la reliure est l’un des éléments caractéristiques de ces almanachs. Elle était le plus souvent en maroquin, et la dorure, bien que la plupart du temps réalisée en série, sortait des meilleurs ateliers de l’époque. Il s’agissait souvent de plaques, soit à dentelle, par exemple celles de Dubuisson, soit de compositions florales ou de décors originaux: coiffure de dame, montgolfière. 
Le raffinement allait parfois plus loin en offrant à ces petits bijoux des reliures peintes, mosaïquées ou agrémentée d’une miniature protégée par une plaque de mica. 
Les dorures allégoriques sont également légion à partir de la période révolutionnaire et donnent un parfum particulier aux almanachs de cette période: bonnet phrygien, guillotine, personnages de l’histoire.
C’est d’ailleurs ce que j’aime dans ces almanachs: leur contenu est définitivement ancré dans une époque et leur reliure est également le témoin de cette époque: raffinement de la fin de l’Ancien Régime, ou porteuses des messages de l’époque, la superficialité des toilettes des dames, ou les figures emblématique de l’époque révolutionnaire. 
Charme qui ne gâche rien pour le bibliophile qui manque de place, ces charmants petits volumes prennent encore moins de place que des Cazin!
H

5 Commentaires

  1. Oui c’est sûr, celui sur Chartres en particulier.

    A propos des maroquins dépareillés tant mieux pour les vendeurs, et vive Ebay!

    Vincent P.

  2. Je suis bien d’accord avec vous Vincent, je signalais cette envolée des prix peu justifiée, notamment sur des dépareillés…
    Dans la seconde partie de la liste, il y a des choses plus belles.
    H

  3. Pour la plupart de ces maroquins, (bien incomplets pour ceux armes du roi d’Espagne (tome X), d’un cardinal (tome XIII), le Lafaille sur Toulouse (la seconde partie absente…) c’est toujours et encore le même enchérisseur se « fabricant » une belle bibliothèue toute rouge et aux armes…Mais là on est loin à la fois de la bibliophilie puriste et loin de l’achat censé. A mon humble avis.

    Vincent P.

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