Un manuscrit de Blaise Pascal découvert

Amis Bibliophiles bonjour,
Alors que nous approchons du 350ème anniversaire de la mort de Blaise Pascal (1662), une note manuscrite de géométrie du philosophe et scientifique a été découverte par un chercheur de l’université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand. La découverte est d’importance car il s’agît de la seule note connue écrite de sa main sur les mathématiques.«C’est une feuille abîmée, de forme bizarre, en partie découpée. En haut à gauche, un dessin, puis des sommes de surfaces. Il manque une partie de l’énoncé du théorème», détaille Dominique Descotes, professeur à l’université Blaise-Pascal et président du Cerhac (centre d’études sur les réformes, l’humanisme et l’âge classique).
Sur le plan scientifique, rien de bien nouveau, mais c’est sur le plan historique que cette découverte prend tout son intérêt. Elle va en effet permettre aux chercheurs de se pencher sur une note de Pascal, bien sûr, et elles sont rares, mais surtout de comprendre un peu plus les méthodes de travail du mathématicien-philosophe car «c’est la seule note écrite de sa main que l’on possède en mathématiques».
Selon Dominique Descotes : «Le papier, plutôt cher à l’époque, a été réutilisé. Il comporte sur un côté des notes qui ont servi à Pascal dans la préparation des Provinciales, et de l’autre ce théorème de géométrie en relation avec ses travaux sur la roulette ou cycloïde.». Les pages du manuscrit des Pensées, conservé à la Bibliothèque nationale de France (BNF) à Paris, sont «collées sur un cahier, on ne voit donc qu’un côté». «J’ai remarqué ce brouillon à travers un trou dans le cahier», explique Dominique Descotes, qui précise qu’en fait cette note était visible « par toute personne manipulant le manuscrit mais personne ne s’y était intéressé ».
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Fausses adresses de libraires, et faux noms de libraires

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Pour échapper aux poursuites, il n’était pas rare au 18ème siècle que les éditeurs/imprimeurs/libraires inscrivent de fausses adresses sur les pages de titre des livres mis en vente. En effet, une fois l’ouvrage en circulation, il devenait alors impossible de remonter à la source et de punir les coupables.

En général, le procédé était utilisé soit pour les contrefaçons, soit pour les livres interdits ou qui auraient pu l’être. Finalement, au fil d’une vie de bibliophile et si l’on y prête attention, ces lieux et noms d’éditeurs permettent de dresser un véritable inventaire à la Prévert. Ainsi, j’ai pu croiser dans un beau catalogue de vente un ouvrage, la « Vénus en rut », imprimé en 1790 à Luxurville, chez Hercule Tapefort… La même semaine d’ailleurs, on pouvait également acquérir un autre curiosa, « Petit recueil de contes, etc. », imprimé en 1793 à Hélio-Foutropolis…

Pour les contrefaçons, plusieurs techniques ont existé : soit l’adresse et le nom de l’éditeur sont purement fantaisistes (exemple : à Mérinde, chez Innocent Démocrite », pour la « Relation du voyage du Prince de Montbereud dans l’île de Naudely »), soit on utilise les coordonnées d’un libraire existant ou ayant existé et nombre d’ouvrages contrefaits et signalés par « Amsterdam, aux dépens de la Compagnie », furent en fait imprimés à Rouen, Lyon ou Troyes. Soit enfin, on indique le nom de l’éditeur comme celui d’un simple revendeur, et l’on trouve alors des adresses du type « A La Haye, et se trouve à paris, chez la Veuve Delaulne », l’adresse est alors à moitié vraie, mais à moins de la surprendre en flagrant délit d’impression, il est difficile d’accuser la pauve veuve Delaulne…

Je « traque » gentiment ces provenances, mais elles sont assez difficiles à trouver. Anne Sauvy, dans sa contribution sur le sujet in Histoire de l’Edition Française, cite ainsi les noms suivants, que je vous laisse savourer : Paul de la Tenaille (sans doute un cousin du célèbre Pierre Marteau), Adrien L’Enclume, Philippe le Barbu, Jean le Droit, Joli le Franc, Philarète Belhumeur, ou le fameux Jean Pleyn de Courage, à Stockholm…

Voici pour les noms, en ce qui concerne les adresses, l’imagination est encore plus fertile. En plus des nombreux Foutropolis cité ci-dessus et souvent utilisé pour les curiosa, on peut ainsi croiser avec un peu de chance : « A l’hopital des Fous, chez l’auteur », « En pleine mer, chés Henry Hareng », « imprimé d’un coup de baguette, par la fée de la librairie, dans les espaces imaginaires », « chez Alethinosgraphe de Clearetimelee, & Graphexechon de Pistariste, à l’enseigne des trois Vertus couronnées d’Amaranthe »… mon préféré restant «  »chés l’imprimeur qui l’a imprimé et se vend chez les Libraires qui l’ont ». Simple mais efficace.

En tout cas, c’est un autre détail charmant que l’on peut découvrir sur la page de titre d’un livre…et ça donne envie de tous les réouvrir, pour vérifier si on est l’heureux propriétaire d’une telle édition.

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6 Commentaires

  1. cette note était visible "par toute personne manipulant le manuscrit mais personne ne s'y était intéressé".

    Belle histoire, même si la découverte paraît bien petite au profane. Cela me fait penser à toutes ces notes manuscrites que l'on trouve sur certains exemplaires et que l'on considère trop souvent d'emblée comme un défaut.

    Le défaut pourrait bien se retourner en avantage et faire de l'ouvrage un exemplaire unique pour peu que la main qui a tracé les notes soit guidée par un cerveau renommé ou un bel esprit. Combien de notes j'ai ainsi laissé filer sous mes yeux sans même me donner la peine de les lire…

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