Un livre / un bibliophile: Images pour « Bateau Ivre » de Arthur Rimbaud, Lyon, Audin, 1922.

Amis Bibliophiles bonjour,
Aujourd’hui c’est Vincent qui vous présente un ouvrage de sa bibliothèque.

Charles Sénard (1878-1934) est un peintre lyonnais qui fut élève à l’école des Beaux-Arts de Lyon, et a été en vogue au début du XXième siècle pour ses huiles sur toile, d’inspiration très classique, même s’il jouit aujourd’hui d’une cote modeste et surtout régionale.

Son œuvre gravée est confidentielle, mais me semble plus intéressant, et surtout plus résolument moderniste, débutant par des eaux-fortes avant de se lancer dans la gravure sur bois.

Le bel in-folio en feuilles que je vous propose de découvrir comprend une couverture illustrée et 22 feuillets libres, comprenant l’intégralité du texte du célèbre poème d’Arthur Rimbaud, ainsi que 18 beaux bois gravés par Ch. Sénard répartis comme suit :

Deux sur la couverture, dont un grand bois gravé en deux couleurs, moutarde et noir :

Un grand bois sur la page de titre :


Deux bois sur la page de justification, en bandeau, comportant la signature de l’illustrateur :

Un bois en introduction du poème :

Enfin, 12 grands bois gravés sur 12 feuillets libres, illustrant le poème, dont en voici quelques-uns :

Enfin pour le plaisir, je vous cite le premier quatrain du poème de Rimbaud, et vous incite à lire les autres :

Comme je descendais des fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

Cet album a été édité à Lyon en 1922, à seulement 68 exemplaires, signés et numérotés, dont trois sur grand papier et 20 hors-commerce, celui-ci étant un des 65 sur Hollande van Gelder.

Etonnamment, je n’ai retrouvé aucun exemplaire dans les bibliothèques publiques.
Saurez-vous être plus pertinents dans vos recherches, ou à défaut connaissez-vous des sites de recensement plus exhaustifs que WorldCat ?

Vincent

La lettre du bibliophile

Si cette chronique vous a plu : recevez trois nouvelles par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d'archives, quelques milliers de lecteurs.

Pas de pub, pas de revente de données. Désabonnement en un clic.

À lire ensuite

Martyrologie: le Flos Sanctorum d’Alfonso de Villegas

Martyrologie: le Flos Sanctorum d'Alfonso de Villegas

Amis Bibliophiles Bonsoir, La « martyrologie » est un domaine à part dans la bibliophilie, elle donne en général lieu à des ouvrages très (trop) bien illustrés. Un exemple ce soir, avec cet article de Bertrand. Il ne l’a pas fait et donc je m’en charge : éloignez les âmes sensibles de l’écran ou les enfants qui viennent sur vos genoux se former à la bibliophilie sur le blog de l’ami Hugues.

« Ce message n’est ni vraiment une énigme, ni vraiment un article de fond, c’est un peu les deux , et surtout ni l’un ni l’autre. C’est avant tout un voyage iconographique au pays des supplices.
Vous allez découvrir plus bas une série de gravures sur bois issues d’un ouvrage imprimé en italien. Cet ouvrage, connu sous le nom de Flos Sanctorum est l’œuvre de Alfonso de Villegas, théologien espagnol du XVIè siècle. Nous avons ici une version italienne donnée par Timoteo da Bagno.
L’ouvrage est intéressant à plus d’un titre et est d’ailleurs noté comme très estimé par les bibliographes (encore eux, je sais…), mais son plus grand atout est de proposer au lecteur une série de plus d’une centaine de bois gravés (certains répétés plusieurs fois), presque tous de la même taille (vignettes d’environ 5 x 4 cm), représentant presque à chaque fois le supplice et martyr du saint en question.

Nous avons ainsi sous les yeux, gravés d’une manière à la fois forte mais naïve, le plus complet des tableaux des suppliciés de la religion chrétienne.

Je vous laisse les découvrir en images.
La traditionnelle et classique décollation pratiquée à l’épée, méthode rapide et efficace…
Saint-Vincent martyr. Suspendu à une corde pieds et poings liés, les bras tendus vers le ciel…
La crucifixion de Saint-Simon.
Original et propre. L’ensevelissement vivant ! Pieds et poings liés évidemment. Plus drôle.
Supplice de la Marmite bouillante etc.
Encore une originalité dont seuls les païens avaient le secret (enfin presque…) : Allongé et lié sur un cadre de fer et placé au dessus d’un brasier et savamment maintenu au col par une longue pic !
Traîné au sol !
Dépecé vivant au vil couteau ! Douloureux à n’en pas douter.
Classique : le lion…
Le brasier.
Un classique encore usité : la lapidation.
Il y a évidemment bien d’autres supplices, divers et variés, mais je n’ai pas voulu trop alourdir la lecture de cet article en en ajoutant plus. Comme vous le voyez, l’homme ne manque pas d’imagination lorsqu’il s’agit de martyriser son prochain. Pas très catholique tout ça ! Enfin, ici l’honneur est sauf, ce sont les payens les bourreaux. Il faudra attendre quelques siècles pour que les rôles s’inversent. Venons-en maintenant à la question liée à ce petit diaporama sanglant : D’après vous, et selon ce que vous pouvez voir (les bois gravés), pourriez-vous dire avec assez de précision la date d’impression de l’exemplaire dont je me suis servi pour illustrer cet article? Evidemment, je donnerai des précisions et des compléments d’information dans un ou plusieurs commentaires liés à cet article. »HP.S. : j’avas initialement de comparer l’ouvrage de Bertrand avec mon Van Luyken, Théatre des martyrs, mais je me suis dit que c’était peut-être trop pour ce soir.

11 Commentaires

  1. Good post. I learn something new and challenging on websites I stumbleupon every day. It will always be interesting to read through articles from other writers and use a little something from other web sites. |

  2. Oui effectivement il y a comme un air de déjà vu dans ma bibliothèque 🙂 avec le supplément du bestiaire d'Apollinaire, dont j'ai acquis d'ailleurs un second exemplaire depuis (no comment).
    Je connaissais l'exemplaire de la librairie Clagahé. J'ai acquis le mien en SVV (plus cher…mais pas sans raison).
    V.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.