Portrait de relieure contemporaine: l’atelier Véronique Sala-Vidal

Amis Bibliophiles bonjour,
Je vous propose aujourd’hui de reprendre la série de portraits sur les professionnels du livre, après de nombreux libraires, voici le portrait de Véronique Sala-Vidal, relieure. C’est la première fois que le blog s’aventure ainsi sur les chemins de la reliure contemporaine mais j’ai trouvé cette conception et cette démarche artistiques très intéressantes et c’est déjà une raison suffisante pour vous faire découvrir cet univers en général méconnu des amateurs de livres anciens.Bonjour Véronique, pourriez-vous nous parler de vous et de votre atelier?
Mon atelier a été crée le 1er avril (répertoire des métiers). D’abord situé à Meudon et Sèvres, il est désormais situé près du parc de la Vallée aux loups à Châtenay-Malabry (Voltaire y est né, Chateaubriand y a résidé…). Une ville à découvrir. En plus de mes activités de relieure, je propose également des formations à mon atelier depuis 1996.
Quelle est votre formation? 
Mes 1er pas en reliure datent de 1980 pendant mes études artistiques (Villa Arson de Nice). Elles avaient débutées en cours du soir aux « Arts A. » (Arts Appliqués) de Paris pendant mon cursus secondaire, j’avais choisi ma voie « artistique ». J’ai décidé de suivre mes études à l’Ecole d’art de Nice. C‘est André Malraux qui en reprenant le concept de formation du Bauhaus a souhaité ce projet de formation artistique à un niveau national et régional.
L’Ecole Nationale Supérieure d’Art de Nice fait partie des sept Ecoles nationales installées en région qui dépendent directement du Ministère de la Culture. Elle propose un cursus de cinq ans. Les étudiants y reçoivent une formation artistique, technique et théorique de haut niveau dont les orientations sont élaborées par les artistes et les intellectuels qui y enseignent.
Cette formation généraliste et à large vue répondait à mes attentes du moment, c’est à dire les nouvelles technologies et le multimédia naissant. Pendant cette période, je suivais l’atelier de reliure de l’école , sans avoir l’intention de pratiquer le métier de relieur dont j’ignorais, à ce moment, le potentiel artistique.
Depuis quand êtes vous passionnée par la reliure?
Cela c’est fait un peu à mon insu en suivant le fil, d’où entre autres, le motif de mon logo « la spirale ». C’est à l’atelier de Daniel Mercher et Henri Beggia (rue Visconti) que j’ai découvert la reliure dite à juste titre «d’art» et de haut niveau, qui ne s’apprend pas en école.Par la suite, sur son conseil, j’ai suivi le module de formation technique de l’école Estienne en reliure et dorure. C’est ainsi que j’ai connu l’un des derniers spécialistes de la dorure, Alain Coutret.
Dans le même temps, étant très curieuse sur cette pratique artistique que je découvrais, j’ai pris connaissance « de tout ou presque » sur la reliure, sur le travail de quelques relieurs qui m’ont incités à poursuivre. Puis, j’ai souhaité travailler chez J. de Gonet, ce que j’ai fait, et j’ai suivi une année de cours avec S. Évrard.
La rencontre avec Carole Laporte doreur main, de ma génération, a été importante. Sa compréhension du projet du relieur et la qualité de son travail étant indispensable.
La reliure est-elle un art ?
La reliure dite « d’art », « de création », « à décor » couvre trop de choses disparates et inégales. Pour ma part je défends que la reliure l’est, pourtant le dire est suivi de peu d’effet. Le marché du livre est en partie entre les mains des libraires, mais quelle place accordent-ils aux acteurs principaux de la reliure contemporaine, c’est à dire ceux qui la font?Des commandes de reliure de création par des bibliothèques publiques en région et en Ile-de-France, des collectionneurs, des artistes, m’incitent à le croire, voici un aperçu des commandes auxquelle j’ai pu répondre:
Les bibliothèques publiques :- Lille, capitale européenne de la culture en 2004 pour un recueil de poème de Pierre Dhainaut avec des burins Nathalie Grall.- Paris, la bibliothèque des Arts Décoratifs, à 7 relieurs en 2002.- Versailles, pour un travail sur un ensemble de documents et d’autographes d’André Gide et Claude Aveline.- Le Havre, pour des créations sur des manuscrits et tapuscrits de Raymond Queneau (Les ziaux et Bucolique).- Dijon, pour une édition de la Treille muscate.- Le concours national « Métier d’art en bibliothèque ». Ce projet menée sur six mois (initiative du Ministère de la Culture en partenariat avec la Fondation des banques CIC pour le livre), consistait en une équipe entre un conservateur, un relieur ou un restaurateur et a former un stagiaire. J’avais constitué l’équipe (la Bibliothèque du Havre, Cécile Huguet, stagiaire, actuellement en charge de l’atelier de restauration de la bibliothèque des Arts Décoratifs). Une valeureuse expérience de prise en compte du métier au niveau national, menée sur 6 mois et restée sans aucun équivalent à ce jour.
Des commandes de collectionneurs :- Pour des dessins originaux de Mœbius, des bandes dessinées de collection. – Des éditions à tirages limités ; de Alfred Jarry avec gravure de Reinhoud, de Charles Juliet avec Dorny, par exemples.- Des autographes de J-Louis Curtis, Jean-Paul Sartre (Carnet de 1924) etc.- Des éditions originales ; de « Ubu roi », de « l’Album primo avrilesque » de Alphonse Allais, etc.
Des artistes qui me confient leurs tirages de têtes, leurs hors commerce :Jacques Clauzel, Michel Sicard pour des livres pensés et faits en binôme avec Andrée Chedid, Michel Butor, Salah Stétié, Fernando Arrabal, Eugène Guillevic, Anne Salager, Irina Liebmann, Pierre Toreille, Pierre Alechinsky, entre autres.
Des collections publiques ou privées qui trouvent pertinent de confronter le livre d’artiste avec la reliure de création, si les éditeurs ne prennent pas en charge le coût de la reliure de création, eux le font par des acquisitions :- Riom, reliure monumentale pour un livre d’artiste unique sur papier de Chine en rouleau de 7 mètres, calligraphié par Pierre Lafoucrière, etc.
Que ressentez-vous quand vous vous occupez d’un livre ? Comment travaillez-vous ?
Une responsabilité et un enjeu. Comment faire corps avec l’œuvre préexistante et autonome? Mais aussi faire plaisir tout simplement au client.
Dans mon travail de relieur je dois être en phase avec le contenu, quel que soit sa nature (littéraire, poétique, historique, scientifique, musical, visuel, graphique, etc.) d’où son importance. Que dit-il et comment, c’est le sens qui prime, pas de message ici, la personnalité de l’auteur est aussi importante, son approche de son époque, mais aussi la personnalité et les critères du collectionneur sont également intéressants. J’utilise l’ordinateur comme un outil indispensable à mon métier. Ma démarche est l’épure, voir le minimalisme, non le jansénisme trop spécifique à une époque. La technique apporte sa part de la réponse, elle est là pour se faire oublier, non une fin en soi. D’où ma différentiation d’avec des styles « déjà vu », ce qui a été fait est-il encore à faire ?
La reliure et son contenu est une affaire de vases communicants. Je conçois la reliure comme une mise en scène du contenu qui doit mériter sa reliure. Chacun de mes décors est différent.
Au départ d’un projet de décor il y des idées écrites autant que dessinées. J’ai constitué un journal de bord sur papier et tout support faits d’écrits, d’anecdotes, de dessins, de collages, par nécessité et pour garder mes propres repères.
Faites vous uniquement de la reliure, ou également de la dorure et de la restauration? Avez-vous une période de prédilection? Restaurez vous les livres anciens?
Le relieur est restaurateur. Je remets en état, si nécessaire, les documents endommagés, avant de faire un décor. S’il le faut, j’ai recours à un sous-traitant pour les traitements de surfaces qui respectent des critères de pérennité et l’intégrité du document. Faire du décor représente un temps incompressible et nécessite un espace.
En revanche, je ne restaure pas les reliures.
Que vous préférez dans la reliure?
Trouver parmi mes idées « la bonne », la mettre en forme par le dessin ou l’ordinateur. Lire l’ouvrage sur lequel je travaille. L’usage de la couleur, essentielle et récurrente dans mon travail. La réaction des matériaux façonnés et ce que l’on peut en faire. Lorsque le décor est engagé définitivement et commence à prendre tournure.
Quelle serait la reliure de vos rêves, et vos matériaux favoris?
Je suis compréhensive avec ce qui est fait dans le talent, sans restriction de genre, et je ne sais ce que serait cette reliure. Quelques exemples néanmoins :
Des écrits autographes de personnalités qui ont en commun d’avoir dérangés et fait faire des avancées dans leur(s) spécialité(s), je ne peux en citer un plus qu’un autre – une édition contemporaine en tirage limité de « Through the looking glass» de L. Carroll, vu chez un libraire de Saint-Germain – des écrits ou éditions d’artistes des avant-gardes du XXe siècle – des originaux dessins ou textes de Henri Michaux – des autographes de Marguerite Duras, Jean-Marie Le Clézio de scientifiques (des astronomes en particuliers, comme Jean-Pierre Luminet parce qu’il aime le livre) – des coffrages pour des documents rarissimes comme des écrits tibetains de la religion Bon (d’avant le bouddhisme), plus proches de nous des manuscrits anciens – des incunables (.)
Avez-vous des matériaux favoris ?
La peau certes, celles qui ont des couleurs, les matériaux moins nobles, ordinaires détournés et retravaillés et tous ceux que je n’ai pas encore travaillés. Tout dépend en fait du contenu, du collectionneur qui fera confiance au relieur pour valoriser le bien en fonction de critères de sa collection.Il y a au moins deux points de vue divergents sur le bien fondé d’associer le contemporain à l’ancien. La pertinence est justement dans la rencontre entre les époques comme c’est le cas en architecture.
Etes vous également bibliophile? Si oui, quels sont les livres qui vous intéressent et où achetez vous vos livres? Internet, salons, libraires?
J’ai toujours acheté des livres selon mes rencontres avec eux sans considération pour leur valeur marchande. C’est en pratiquant la reliure et en contact de libraires que j’ai pris en compte cet aspect du livre dit ancien. J’achète maintenant plutôt des livres d’artistes, lorsque je le peux. J’aimerais faire une collection sur le thème de la couleur.
Vous savez que les lecteurs du blog aiment les histoires, auriez-vous une anecdote à nous raconter concernant la reliure, ou autre chose qui touche à la bibliophilie?
Alors que j’étais étudiante, j’ai trouvé chez un revendeur de St Michel mon premier livre de bibliophilie, sans le savoir, «Peintures, gravures et dessins d’Alfred Jarry » une édition originale du Collège de pataphysique.
Evoquons pour finir les aspects pratiques… au cas où l’un des lecteurs du blog souhaitait vous confier un livre…C’est assez simple, on peut venir me rendre visite à mon atelier sur rendez-vous et je me déplace en Ile-de-France dans un rayon de 10 à 15 klm autour de Paris. Il est indispensable que je vois le document, de préférence de visu ou par envoi de photographies (avec toutes mentions utiles, les mesures, le nombre, etc.). Pour chaque demande je fais un devis et j’indique un délai.
Vous êtes à Paris, ce qui n’est pas le cas de tous les lecteurs du blog, comment procédez-vous avec un client en général?
Le 1er contact se fait par téléphone ou par email, si la personne me connaît elle me fait remettre son bien (transporteur, colis postal, autre). Les personnes viennent me voir lorsqu’elles passent sur Paris
…Projets ?
Ils sont indispensables, ma priorité est mon travail de relieur. J’ai plusieurs projets dont la création d’un site. On trouve sur le web quelques liens sur mon travail et des évènements antérieurs.
Merci Véronique,
H
Atelier Sala-VidalCréateur – Relieur01 82 00 69 08

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À lire ensuite

Les belles reliures de Pierre Duodo

la reliure par l'image: les belles reliures de Pierre Duodo

Amis Bibliophiles Bonsoir,

C’est le portrait de Lauverjeat (http://bibliophilie.blogspot.com/2008/06/portrait-dun-bibliophile-gilles-alias.html) qui me mît la puce à l’oreille: notre expert en héraldique rêvait d’une reliure de Duodo. Mais qui donc est ce Duodo que je ne connaissais pas? Et qu’ont de particulier ses reliures?

Pierre Duodo n’est pas l’un de ces grands relieurs de l’histoire, c’est l’un de ces grands bibliophiles qui ont donné leur nom à un style de reliure, comme Grolier par exemple. Diplomate vénitien du 16ème siècle, Pierre Duodo (1554 – 1610) fut ambassadeur auprès de Henri IV. Il fit relier à Paris environ 150 volumes (133 sont aujourd’hui identifiés, qui correspondent à 90 ouvrages) qui ont marqué la bibliophilie pour plusieurs raisons: le choix de couleurs de maroquin spécifiques selon le genre de l’ouvrage, le décor particulier qui donnera l’expression « à la Duodo », et l’erreur d’attribution de ces reliures, dont on ignora longtemps le commanditaire.

Les maroquins de couleurs: Duodo opta pour des maroquins de couleurs différentes pour chaque genre d’ouvrage. Ainsi le maroquin citron était destiné aux ouvrages de sciences, principalement la médecine et la botanique, le maroquin rouge réservé aux ouvrages de théologie, de droit, de philosophie et d’histoire, et le maroquin vert olive pour la littérature.

Le décor choisi par Duodo pour ces maroquins est extrêmement caractéristique et pourrait se décrire comme suit: un semis régulier de 14 ovales floraux (pour chaque plat), inscrit dans un cadre composé d’une bande de feuillages et de palme, et bordé d’un double filet doré. Les ovales sont composés de couronnes de branches de laurier enserrant une fleur (qui peut être une pivoine, un pavot, une pensée, etc.). Au centre des plats, on trouve les emblêmes de Duodo: sur le premier plat dans un ovale légèrement plus grand « une bande courbe chargée de trois fleurs de lys », et sur le second plat, dans un même ovale, un pied de trois lys au naturel entouré de la devise familiale des Duodo « Expectata non eludet ». Le dos est orné des mêmes fers ovales et d’un encadrement de feuillage. Quand le dos est trop étroit, comme sur un des volumes d’Esmerian, l’encadrement est alors absent.
Les 133 volumes qui lui sont aujourd’hui attribués (et dont certains apparaissent régulièrement lors de grandes ventes) ont également ceci de caractéristique qu’ils sont tous de petits formats, généralement in-12, ce qui peut donner à penser qu’ils formaient une forme de bibliothèque de voyage. Dans tous les cas, l’approche méthodique qui attribue une couleur de maroquin à un genre est très intéressante à mes yeux.

En fait, les volumes apparurent d’un seul bloc sur le marché anglais de livre à la fin du 18ème siècle (c’est aussi ce qui c’est passé pour les Pillone, il semble que ces bibliothèques extrêmement cohérentes, en particulier au niveau de la reliure, résistent mieux à la dispersion sur le long terme). Elles furent acquises par un libraire qui les dispersa ensuite. Jusqu’à ce que Ludovic Bouland démontre en 1920 que ces reliures avaient en réalité appartenu à Pierre Duodo, elles furent longtemps injustement attribuées à Marguerite de Valois (1553 – 1615), première épouse d’Henri IV. Bouland a en effet apporté la preuve que la bande courbe aux trois fleurs de lys correspondait aux armes de Duodo: le diplomate vénitien se vît remettre un diplôme royal l’autorisant à introduire les armes de France (les fleurs de lys) dans ses propres armes le 3 septembre 1597. Il est donc quasi certain que les reliures furent exécutées après cette date, ce qui laisse un laps de temps très court à l’atelier, probablement trop court même, puisque Duodo quitta Paris 2 mois plus tard. Reste à savoir quand il en prît exactement possession : lui fût elle envoyée ou en prît-il possession lors de passage suivant à Paris, qui n’eût lieu que 6 ans plus tard?

Je n’ai pas vécu au début du 17ème et je ne sais pas quelle confiance on pouvait alors accorder à la malle poste, mais je suis bibliophile et si je mets à la place de Duodo, il me semble impossible qu’il ait attendu 6 ans: replaçons nous dans le contexte, Duodo imagine une bibliothèque unique, avec des couleurs de maroquin spécifiques, il fait frapper ces reliures d’une dorure particulière et des armes de France, etc.
On peut donc penser que cette bibliothèque, ces ouvrages, revêtent une grande importance à ses yeux, et qu’il a du mal à s’en séparer (ils sont d’ailleurs de petit format et peuvent laisser penser que c’est une bibliothèque de voyage de luxe qui s’est ainsi construite sous nos yeux)… il ne pourra donc raisonnablement attendre 6 ans pour les caresser et les lire. Et on ne peut imaginer que l’atelier n’ait eu besoin que de deux mois pour relier et dorer 133 volumes, à moins que les ouvrages ne fussent prêts et qu’il ne restât plus qu’à frapper les armes (peu crédible, non)? A moins encore que les volumes ne lui aient été envoyés au fur à et à mesure de l’atelier. Cette partie de l’histoire des Duodo reste à élucider. Certains experts pensent même que Duodo ne rentra finalement jamais en possession de sa bibliothèque et qu’elle l’attendit en vain pendant 200 ans à Paris avant que les vicissitudes de la Révolution de la conduisent de l’autre côté de la manche.

De même que le nom de l’atelier, qui reste aujourd’hui encore inconnu. Dans tous les cas, l’uniformité des fers utilisés et même des coutures des reliure démontrent qu’un seul atelier eu la responsabilité de ce travail. La qualité de cet atelier fait penser à celui de Clovis Eve (c’est l’option de R. Esmerian) mais l’emploi sur deux d’entre elles d’un décor spécifique à également conduit Hobson à identifier un autre atelier, nommé l' »Atelier de la seconde Palmette ». Le décor à la Duodo, qui n’est pas très éloigné des fanfares de la même époque fût par la suite copié, notamment au 19ème siècle par Thibaron-Joly.

H

La référence: L. Bouland, Livres aux armes de Pierre Duodo.

8 Commentaires

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  3. Je voudrais demander à Véronique Sala-Vidal si aujourd'hui il est possible de vivre en exercent le travail de relieure et s'il existe encore une clientèle suffisamment vaste.

    Merci

  4. Certaines de vos reliures m'ont l'air très intéressantes. Si je passe près de Chatenay Malabry, je ferais bien un petit détour pour mieux voir.

    Juste une remarque sur l'art ou l'artisanat de la reliure. C'est le même débat quand dans bien d'autres domaines (peinture, sculpture, etc.). C'est d'abord de l'artisanat, et l'artisan est un artiste s'il crée, s'il apporte sa touche personnelle (et dans ce cas je fais passer l'artiste avant l'artisan). C'est-à-dire, l'oeil avertit peut reconnaître une touche personnelle, une spécificité. En tout cas, c'est comme ça que je le ressens (c'est le bon terme je crois, car c'est aussi une affaire de sensibilité)

    Wall, qui apprécie beaucoup les artistes relieurs.

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