Amis Bibliophiles bonsoir, Le salon du Grand Palais approche. Il se tiendra à Paris les 27, 28 et 29 Avril 2012 de 11h à 20h. Une belle occasion de faire de nouvelles acquisitions mais aussi et plus simplement de découvrir des ouvrages uniques, magnifiques, passionnants, d’échanger avec des libraires et d’autres amateurs. A noter deux expositions pendant cette manifestation: d’une part la bibliothèque de l’Ordre des avocats de Paris sera mise à l’honneur. Elle est bien sûr, riche d’ouvrages de droit mais aussi d’estampes et d’autographes comme les manuscrits d’avocats ayant plaidé la cause de Marie-Antoinette, d’Emile Zola, d’Alfred Dreyfus, mais aussi de Madame Caillaux, de l’assassin de Jaurès ou encore du maréchal Pétain. Située au coeur même du Palais de Justice de Paris, la bibliothèque des avocats n’est pas accessible au public. C’est une magnifique occasion de découvrir ses trésors. La seconde exposition, « À table ! », présentera une sélection d’oeuvres du département des Estampes et de la Photographie de la BnF consacrées aux arts de la table. Vous pourrez également retrouver toutes sortes d’animations et de visites, et notamment un stand un stand d’initiation à la bibliophilie accueille les visiteurs pendant toute la durée du Salon. Des libraires membres du SLAM y répondront à toutes les questions des collectionneurs débutants, les accompagneront pour réaliser un premier achat et partageront avec tous leur expertise et leur passion. Les ouvrages proposés sur cet espace sont sélectionnés par les libraires participant au Salon, ils comportent tous une notice détaillée et grâce à eux chacun pourra s’initier aux plaisirs de la bibliophilie. (Nef Ouest, stand P9-P12.) Le salon est également comme chaque année une occasion pour les lecteurs du blog qui le souhaitent de se retrouver autour d’un déjeuner bibliophilique. Ce déjeuner se tiendra le samedi 28 avril dans une brasserie proche du Grand Palais. Si vous souhaitez y participer, il suffit de me confirmer votre présence (blog.bibliophile@gmail.com). Les lecteurs du blog ayant déjà participé à ces agapes vous confirmeront que l’ambiance est très simple et détendue, et que pour une trentaine d’euros, vous passerez un moment très agréable à échanger autour du livre, et souvent à découvrir des merveilles que d’autres amateurs viennent d’acquérir. N’hésitez pas à me confirmer votre venue ou à me contacter pour plus d’information. Du côté des questions posées par les bibliophiles, Nicolas aimerait en savoir plus sur les tampons apposés sur un livre ancien en sa possession: selon vous, ces tampons sont-il plutôt XVIIe ou XVIIIe (ou les deux), et sauriez-vous dans quelles conditions précises on appose le tampon « vendu » sur un exemplaire de la bibliothèque royale, à qui, comment, et pourquoi vendait-on les livres de cette bibliothèque prestigieuse? Ces tampons se trouvent sur un ouvrage du XVIIe aux armes royales.
Pour finir, cette amusante image de la mort d’un bibliophile (Schellenberg – Freund Heins Erscheinungen in Holbeins Manier (Totentanz) 1785)… se méfier des livres, toujours!
H
La lettre du bibliophile
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Séance devenue en quelques jours l’une des plus populaires du blog: la Lauverjatiana ou la lecture éclairée des catalogues de libraires par notre ami Gilles.
La librairie Picard, 82 rue Bonaparte, à Paris, entièrement refaite voici quelques années est vaste lumineuse, élégante et bien classée, avec un catalogue informatique en libre accès. Ne manquez pas un détour par la salle du fond avec une mezzanine en verre qui laisse à désirer une fréquentation plus intense par nos consoeurs et un retour de la mode des jupes… (NDLR: Gilles! Allons!).Le catalogue n° 589 de cette librairie présente 193 livres anciens (les plus remarquables sont photographiés) tels qu’on l’entend généralement c’est à dire avant 1820. C’est dire aussi l’intérêt qu’il y a à explorer les nombreuses rubrique de cette librairie généraliste (2053 numéros au total!). Commençons notre découverte par le “Mémoire de M. Delatude, … seconde évasion de la Bastille…” imprimé à Paris chez Gueffier en 1789, demi veau aubergine du XIXe, une E.O. d’un des épisodes de la vie de ce prisonnier célèbre qui connu 35 ans de captivité, (200 euros). De Lichtemberger, “Ausführliche und richtige Erzehlung…”, c’est à dire l’exact récit et l’entrée de Louis XV dans Strasbourg imprimée à Strasbourg en 1744 en un in-4 vélin du XIXe enrichi de 30 dessins de personnages en costumes aquarellés de Paul Schmid (1600 euros). Une reliure aux armes du Régent, Philippe d’Orléans, grandes armes sur les plats, monogramme couronné aux angles des plats et au dos, fleurs de lys au dos… “office de la semaine sainte” de 1720, in-12 en maroquin grenat (700 euros). “La figure de la terre déterminée par les observations de Messieurs Maupertuis… au cercle Polaire”, de l’imprimerie Royale à Paris, en 1738, in-8 plein veau de l’époque avec 10 planches hors-textes dépliantes. Ce livre relate l’expédition de 1736-1737 en Laponie et vérifia la théorie de Newton de la figure de la Terre. A noter sur le titre l’usage d’apostrophe après le E capitale en lieu et place de lettre accentuée (1350 euros). Traversons la place Saint-Sulpice où fin juin se tient traditionnellement la foire Saint-Germain qui attire sous le soleil les bons libraires de Province et d’ailleurs, autour de la fontaine qui orne le catalogue Picard. Entrez si vous le voulez pour découvrir la méridienne de cuivre immortalisée dans le “Da Vinci Code”, descendez la rue Mabillon et prenez à droite, sonnons et poussons la porte du 4, rue Clément, à la Librairie ancienne Gaston Saffroy fondée en 1880 qui livre sont premier catalogue de l’année (566 numéros), partagé entre régionalisme et histoire des familles, du livre ancien aux nouveautés.
La maison est justement célèbre pour la “Bibliographie généalogique, héraldique et nobiliaire de la France…” de Gaston Saffroy, en 5 volumes 1974-1988, grand in-8 relié toile, le dernier volume de supplément étant l’oeuvre de Geneviève Saffroy (750 euros). L’oeuvre de H. Jardere, “Ex-libris Ana. Notices historiques et critiques sur les ex-libris français, depuis leur apparition jusqu’à l’année 1895″ à Paris en 1895 se devait d’être signalée ici! Elle offre 32 planches hors-texte, en demi basane (150 euros). L’Atlas (seul) des “Recherches sur le Cotentin et les châteaux de la Manche par Gerville” publié à Caen vers 1830 par Mancel, compte 16 lithographies en un in-8 oblong broché (240 euros). De Gabriel Fleury “Documents pour l’histoire du maine. Le siège de la Ferté Bernard en 1590…” imprimé à Mamers en 1888 à 25 exemplaires, un grand in-8 broché et non coupé de 96 pages, 1 frontispice en couleurs et 3 planches (100 euros). Pour faire plaisir à Hugues un “Almanach de la ville de Lyon …pour l’année 1770″ imprimé par Aimée de la Roche en 1770, deux parties, relié plein veau aux armes de la ville, coins et coiffes émoussées (140 euros). L’imposante “Histoire statistique monumentale du département du Cher” de Buhot de Kersers, imprimée à Bourges de 1878 à 1898 en 8 volumes grand in-4 complet [de plusieurs centaines de planches lithographiées NDLR], broché, (2200 euros). Le “Guide pratique du médecin et du malade aux eaux minérales de France et de l’étranger et aux bains de mer…” de Constantin James, imprimé à Paris, Masson, 1859, un fort volume in-12 demi veau vert illustré de 15 vues sur acier et une carte d’itinéraire (80 euros). De Gabriel Peignot enfin, “Manuel du bibliophile ou traité du choix des livres…les plus propres à former une bibliothèque précieuse” imprimé à Dijon en 1823 en 2 volumes in-8, en demi-toile (un peu fatiguée me semble-t-il) (90 euros).
De l’autre côté du boulevard Saint-Germain descendons la courte et animée rue de Buci qui se prolonge par la rue Saint-André des ArtsAu 37, La librairie historique Clavreuil, est désormais tenue par Fabrice Teissèdre qui offre un recueil original constitué de fiches individuelles au format A 3 en couleurs de “Livres et Manuscrits choisis” (très) précieux présentés sous chemise. Les oeuvres d’Horace (Quinti Horatii flacci Opera) gravées sur cuivres et illustrées, à Londres chez John Pine 1733-1737, 2 tomes en un volume in-8 sont reliées par Padeloup le jeune en plein maroquin olive aux armes de Philippe-Laurent de Joubert trésorier du Languedoc et bibliophile. Les plats sont encadrés d’une dentelle dorée, avec hermines et guirlandes florales en écoinçons, le contre-plat est décoré dans le même goût d’une large dentelle sur maroquin cerise encadrée d’une guirlande dorée sur maroquin olive, les gardes de papier doré reflètent ce décor (8 000 euros), “Les privilèges et lettres de noblesse délivrées au nom du Roi.. à Emmanuel de Aux” le 9 février 1642 sont manuscrits en latin et couchés sur 7 pages de vélin in-folio, les grandes armes peintes à mi-page, et signés du maréchal de Maillé-Brézé lors du rattachement du Roussillon. La riche reliure en veau fauve présente un décor à l’éventail, la rosace centrale est frappée d’un lion héraldique, quarts d’éventail en écoinçons, semé d’étoiles et de fleurons et divers petits fers en bordure dont un aigle fleuri, large encadrement doré, le centre des contre-plats comporte deux boîtes en plomb, avec lacs de soie rouge et or, destinées à recevoir les sceaux, traces de fermoirs (7 500 euros).
Notre dernière étape va nous conduire sur la rive droite, cinq stations de métro au nord, à deux pas des Archives Nationales.11, rue Charlot, la Librairie des Dioscures donne son XIV catalogue, comptant 665 numéros sur l’histoire, le droit, la philosophie et la religion avec un index des principales matières. La majeure partie des livres datent du XIX e siècle me semble-t-il, un assez grand nombre de plaquettes de l’époque Révolutionnaire. “La défense de Châteaudun dans la journée du 18 octobre 1870…” de Coudray, Châteaudun 1871, in-16 de 83 pages est relié en demi-percaline avec quatre autres opuscules de l’époque sur cet épisode local de la guerre contre la Prusse qui ne se déroula pas seulement à Sedan et à Paris (120 euros). Auparavant, “Le Prisonnier de Ham” de Frédéric Briffault publié à Paris chez Plon en 1849 pour sa seconde édition, la première en français, ici en demi-basane, contait la captivité du futur Napoléon III (160 euros). Une plaquette en E.O. du fermier général Lavoisier, célèbre chimiste, “Réflexions sur les assignats & sur la liquidation de la dette exigible ou arriérée, lue à la Société de 1789, le 29 août 1790.” à Paris, sans date, cousue, in-8 (150 euros). Et pour faire plaisir à Jean-Paul, “Un manuscrit autobiographique inédit de Charles Nodier. Discours prononcé au Congrès de l’Association franc-comtoise, tenu à Besançon le 1er août 1904.” de Gazier Charles plaquette brochée de 11 pages imprimée en 1905 chez Dodivers à Besançon (20 euros). De Jean de Seur “La Flandre illustrée par l’institution de la chambre du Roi à Lille,… Avec les ordonnances…” Imprimé à Lille en 1713, petit in-8 basane de l’époque pour cette compilation en E.O. (400 euros). De Anne-Louise-Germaine de Staël “de l’influence des passions sur le bonheur des individus et des nation.” E.O. à Lausanne chez Jean Mourier, 1796, in-8 demi-basane de l’époque (400 euros).
Comme toutes les semaines, je vous propose un portrait de bibliophile, voici celui, très beau, de Raphael. Pourriez-vous nous parler un peu de vous et de votre bibliothèque? Ma bibliothèque est à mi-chemin entre le […]
Amis Bibliophiles bonjour,Gilles, qui visite pour nous toutes les expositions destinées aux bibliophiles ou presque, vous propose aujourd’hui un billet sur l »exposition Leblond à la Mazarine.La Bibliothèque Mazarine rend en effet hommage à Gaspard Michel […]
Amis Bibliophiles bonjour, Il ne suffit pas d’avoir Le Rime di Dante pour parler italien. Je ne parle donc pas italien, mais voilà je vous propose quand même de découvrir aujourd’hui une traduction, ma traduction, […]
2 Commentaires
Il est assez courant, dans les bibliothèques d'Ancien régime mais encore au 19e siècle, de se débarrasser de doubles, reçus par exemple en don : on gardera celui des deux exemplaires qui est en meilleur état, sans préoccupation de la provenance ni de l'esthétique. Ces ventes pouvaient financer l'achat de nouveaux titres, ce qui intéressait bien davantage les bibliothécaires que de posséder plusieurs exemplaires (à leurs yeux similaires) du même ouvrage.
je ne sais rien de ces cachets, donc pas la date, mais j'ai une petite idée du motif : sur le second cachet on lit clairement VENDU – DOUBLE. Dans les Mémoires Historiques sur la bibliothèque du Roy, page XXV, on trouve trace d'une telle vente, organisée en 1733 : vente de 18432 volumes (!) vendus à un libraire, le produit de la vente étant consacré à l'achat de… livres : la bibliothèque de M. de Cangé.
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Il est assez courant, dans les bibliothèques d'Ancien régime mais encore au 19e siècle, de se débarrasser de doubles, reçus par exemple en don : on gardera celui des deux exemplaires qui est en meilleur état, sans préoccupation de la provenance ni de l'esthétique.
Ces ventes pouvaient financer l'achat de nouveaux titres, ce qui intéressait bien davantage les bibliothécaires que de posséder plusieurs exemplaires (à leurs yeux similaires) du même ouvrage.
je ne sais rien de ces cachets, donc pas la date, mais j'ai une petite idée du motif : sur le second cachet on lit clairement VENDU – DOUBLE. Dans les Mémoires Historiques sur la bibliothèque du Roy, page XXV, on trouve trace d'une telle vente, organisée en 1733 : vente de 18432 volumes (!) vendus à un libraire, le produit de la vente étant consacré à l'achat de… livres : la bibliothèque de M. de Cangé.