Les publications de l’Académie des Sciences


Amis Bibliophiles Bonsoir,
Bernard vous propose ce soir de découvrir les publications de l’Académie des Sciences.
Pour qui s’intéresse à l’histoire des sciences, les travaux des Académiciens sont (ou plutôt étaient), de première importance. Quelques mots sur cette vénérable institution.
Au XVIIème siècle certains savants ont l’habitude de se réunir chez un mécène ( Renaudot par exemple), pour discuter de sujets d’actualité. Colbert décide de créer une académie générale. Il choisit un petit groupe de savants qui s’assemblèrent le 22 décembre 1666 dans la bibliothèque du roi. Cette première Académie des Sciences comprend seize académiciens, dont l’un d’eux, l’oratorien Jean-Baptiste Du Hamel, est secrétaire perpétuel.Au XVIIème siècle seuls les travaux les plus importants sont publiés. L’Académie fait paraître des extraits de ses registres sous forme de fascicules de seize pages. Il y eut douze livraisons pour 1692, onze pour 1693. On y trouve 78 mémoires originaux de Varignon, Cassini, La Hire, Rolle, etc. Le recueil de 1694 comprend cinq Mémoires de Philippe de La Hire.En 1699, Louis XIV donne à la compagnie son premier règlement ainsi que son titre d’Académie Royale et il l’installe au Louvre.
Sous l’impulsion de Fontenelle, l’Académie publie entre 1729 et 1733 une série de volumes intitulés Histoire puis Mémoires de l’Académie Royale des Sciences depuis son établissement en 1666 jusqu’en 1699 . Les deux premiers tomes retracent l’histoire de l’Académie jusqu’en 1699. Les douze tomes suivants contiennent la réimpression des mémoires publiés avant 1699.Les mémoires des années 1699 à 1790 paraissent entre 1702 et 1797. La collection complète comporte au total 114 volumes. Les travaux de Lavoisier, Laplace, Condorcet et bien d’autres paraissent pour la première fois dans ces volumes.L’académie propose périodiquement un sujet de recherche ouvert à tous et attribue un prix aux meilleurs travaux. Ceux ci sont alors publiés à ses frais. La série complète des Prix est très rare ; elle contient les mémoires de 1720 à 1772. Après 1772, les Pièces paraissent dans les Mémoires de mathématique et de physique présentés par divers savants.Le 8 août 1793, la Convention supprime toutes les Académies. Deux ans plus tard, le 25 octobre 1795, est mis en place un Institut national des sciences et des arts regroupant les anciennes Académies scientifique, littéraire et artistique. Les mémoires de l’Institut de l’an VI à 1815 sont publiés en 16 volumes. On y trouve les travaux fondamentaux de Haüy, Chaptal, Laplace, Coulomb, Biot, Rumford, Berthollet, Lagrange, Malus, Poisson, etc.En 1805, l’Institut national des sciences et des arts est transféré dans l’ancien collège des Quatre-Nations. En 1816, l’Académie redevient Académie Royale…Dans cette série on retrouve les noms prestigieux de Poisson, Fresnel, Ampère, Chevreul, Becquerel, etc.
Malheureusement, les travaux des Académiciens n’étaient imprimés que deux ou trois ans après leur lecture à l’Académie, ce qui souvent les rendaient obsolètes. Aussi, en 1835, sous l’influence de François Arago, sont créés les Comptes rendus hebdomadaires de l’Académie des sciences pour une diffusion plus rapide des travaux des scientifiques français et étrangers. Ces comptes rendus sont encore publiés actuellement.
Voila un résumé très rapide de l’histoire de l’Académie des Sciences. Je pense qu’aucun bibliophile ne possède la totalité des publications. Certains volumes sont fondamentaux pour l’histoire des sciences. Ils sont rarement sur le marché. Peut-on les considérer comme des « incomplets » ?
Merci Bernard,H

La lettre du bibliophile

Si cette chronique vous a plu : recevez trois nouvelles par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d'archives, quelques milliers de lecteurs.

Pas de pub, pas de revente de données. Désabonnement en un clic.

À lire ensuite

Connaissance de la reliure: les contreplats à la fanfare des grands relieurs du XIXème siècle

Connaissance de la reliure: les contreplats à la fanfare des grands relieurs du XIXème siècle

Amis Bibliophiles bonjour,
Je l’avoue, j’aime le maroquin. Dans mon idéal il est d’époque, mais je confesse que ma quête d’exemplaires en bon état me conduit régulièrement à préférer un maroquin issu des grands ateliers du XIXème siècle à un veau certes d’époque, mais en mauvais état. Les bons relieurs du XIXème et en tête de liste Lortic et Trautz, les plus récompensés de leur époque, ont en effet atteint un degré de raffinement extrême qui ne peut que ravir le bibliophile. 
Et quand ce raffinement se cache, il est encore plus exquis. Les contreplats à la fanfare sur des reliures qui sont très souvent d’inspiration janséniste en sont le meilleur exemple. C’est l’un des grands plaisirs de bibliophiles que de découvrir sous un austère maroquin, un décor d’une grande finesse. En voici quelques exemples, signés par de grands noms, pris au hasard des rayonnages:
.
Anatole France – Le Procurateur de Judée, 1902, par la Société des Amis du Livres, tiré à 130 exemplaires. Exemplaire nominatif, n°54.  Reliure plein maroquin de Canape, étui. Contreplats de maroquin vert à caissons signés CANAPE R. D.

Sophoclis Tragoediae – Heidelberg, Jerome Commelin, 1597Exemplaire de R.Plein maroquin rouge signée Capé. Contreplats de maroquin bleu à la fanfare, signés Capé.

Caractères de La Bruyère, Tours, Mame, 1868, exemplaire sur vergé.Un volume in-4, maroquin janséniste rouge signé Hardy Ménil. Contreplats de maroquin vert signé Marius Michel Doreur.

Des beautés qui ne se dévoilent qu’à ceux qui ouvrent leurs ouvrages.
H

3 Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.