Le Bibliomane de Nodier: les compositions de Maurice Leloir

Amis Bibliophiles bonsoir,

La récente relecture du Bibliomane de Charles Nodier m’a donné envie de partager avec vous les célèbres illustrations de Leloir. Je ne peux que vous conseiller l’ouvrage… Un tiers de ligne!

On appréciera la couverture en couleurs et ses bibliophiles, la promenade dans Paris et la célèbre épitaphe, bien sûr.



























H

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Raynal et l' »Histoire des deux Indes »

Raynal et l' »Histoire des deux Indes »

L’Histoire philosophique et politique des Établissemens et du Commerce des Européens dans les Deux Indes (Orientales et Occidentales) est l’un des livres phares de l’anticolonialisme. Ce fût notamment l’un des ouvrages de référence de Toussaint Louverture, le leader de la révolution de Saint-Domingue/Haïti à partir de 1791.

Parue une première fois à Amsterdam en 1770, mais sans nom d’auteur, « L’Histoire des deux Indes » ne fût définitivement attribuée à Raynal qu’en 1775, lorsqu’il en admît implicitement la paternité en faisant ajouter son portrait en frontispice.

Après cette première parution à Amsterdam, l’ouvrage fût interdit en 1772, publiée à nouveau en 1774 mise immédiatement à l’index en par le clergé. L’édition de 1780, la plus virulente, est brûlée en place publique par le bourreau… ce qui assurera immédiatement son succès et sera à l’origine de la vingtaine d’éditions et de la cinquantaine de contrefaçons qui suivirent. Ces retirages sont également source d’une recherche importante afin de mesurer les évolutions du texte d’édition en édition.

Si le contenu de l’ouvrage est aujourd’hui reconnu comme capital et d’une grande qualité (malgré des disparités importantes), ce n’est forcément le cas de Raynal lui-même.

En effet, après de longues études chez les jésuites, et la prêtrise, plus par désir de promotion sociale que par véritable vocation, Raynal est nommé à l’église Saint-Sulpice de Paris où il est rapidement connu pour ses agissements souvent déontologiques : simonie, inhumation de protestants qu’il fît passer pour catholique contre paiement, facturation de messes, etc. Il quitte alors Saint-Sulpice et entame une carrière dans les salons de l’époque où il croise la plupart des Lumières, étant tour à tour éditeur, imprimeur, etc… et finalement directeur du Mercure de France en 1750.

La parution de 1780 de L’Histoire des Deux Indes le condamne à l’exil. Il ne reviendra qu’après la Révolution, échappant d’assez peu à la guillotine.

Au delà des messes monnayées, l’autre reproche souvent fait à Raynal est de ne pas avoir toujours facilement reconnu que son oeuvre majeure, l’Histoire des Deux Indes était en quelque sorte le copier/coller de textes de lui, certes, mais aussi de Diderot (les meilleures pages), d’Holbach ou Naigeon.

Reste que l’ouvrage est une oeuvre majeure et se doit de faire partie de toute bonne bibliothèque sur les voyages. C’est l’une des premières fois en effet que sera dénoncée, parfois violemment, l’esclavage et l’exploitation des colonies.

Les éditions sont nombreuses et souvent de bonne qualité, elles peuvent comprendre un Atlas. L’édition de 1780, parce que « finale », est le plus souvent considérée comme la meilleure.

C’est un ouvrage que j’affectionne particulièrement… et que Philippe connaît sans doute mieux que moi.

Quelques nouvelles du blog : des connectés exotiques aujourd’hui, originaires d’Hawaï, Hyderhabad, Québec! Une nouvelle maquette, que j’espère plus lisible. Un deuxième petit sondage.H
Ouvrage présenté : une édition de 1775, en format in-4, de cet ouvrage.

8 Commentaires

  1. Dérivons un peu plus : Alain Bombard, le naufragé volontaire, avait emmené des livres (pas des EO) pendant sa traversée solitaire de l'Atlantique en '52 : Eschyle bilingue, Montaigne, Rabelais, Cervantes, Nietzsche, Spinoza.

    le Rabelais n'est pas revenu car il a été sacrifié en torche-c…(normal).

    Quelqu'un sait-il ce que sont devenus les autres livres ?

  2. Un commentaire sous forme d'interjection ou un bouton J'aime cliqué dans la précipitation ne sont pas des commentaires comme on en trouve sur les blogues bibliophiles.

    Cela n'enlève rien à facebook. C'est différent. J'imagine que ces 12.000 commentaires sont là comme un soutien à un marin dans l'épreuve. Pierre

  3. Pour Leloir, le Manon Lescaut en couleurs, il me semble que je l'ai quelque part, acheté il y a longtemps… il ne m'avait pas fait grande impression (illustration trop littérale à mon goût), mais je vais me replonger dedans, histoire de vérifier.
    (et un commentaire de plus, on n'a jamais été aussi près des 12000 !)

  4. Information qui n'a rien à voir avec le sujet, mais avec le blog :

    les 12.000 commentaires en 3 jours sur le blog d'Abby, la jeune américaine qui faisait le tour du monde en solitaire, relativisent les chiffres concernant Le Blog du bibliophile …

  5. Leloir était un illustrateur qui savait mettre en valeur les belles éditions. Celle-ci semble parfaite.

    J'apprécie particulièrement son Roi Soleil (Toudouze) et Manon Lescaut quand ils sont colorisés. Pierre

  6. J'étais présent lorsque tu as acheté ce petit livre Hugues (St-Sulpice il y a quelques années), c'est toujours un moment émouvant de revoir ou d'entendre parlé d'un livre qu'on avait vu ou touché plusieurs années avant.

    B.

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