La Reliure, métier dangereux, surtout pendant la guerre.

Amis Bibliophiles bonjour,
Après les petites annonces, continuons l’exploration de La Reliure, l’organe de la Chambre Syndicale Patronale des Relieurs, Brocheurs, Cartonneurs, Doreurs sur cuir, Doreurs sur tranches et Marbreurs.
Le syndicat s’active pour ses membres, ainsi avant la Grande Guerre (1914-1918, pour les lecteurs du blog nés au XXie siècle – et oui, il y en a) permet aux jeunes gens qui désiraient se faire inscrire pour le concours d’ouvriers d’art de n’effectuer qu’une année de service militaire.


Hélas, ce sont des colonnes entières de noms d’artisans et d’ouvrier du livre morts pendant la guerre qui seront publiées après 1918. On connaît l’histoire du fils de Vermorel, dont la mort fît mourir le père de chagrin, mais connaissiez-vous cette de Lucien Albinhac? Souvent, La Reliure donne en effet les conditions dans lesquelles le jeune homme fût tué.


On frissonne en imaginant la génération entière qui fût sacrifiée à l’époque, et en songeant que le jeune relieur qui a rejoint le régiment de Ligne en garnison à Paris (voir les annonces dans mon message d’hier) est peut-être mort à Verdun, du fait de son engagement.
H

La lettre du bibliophile

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La Gaufrure: un décor particulier pour les reliures

La Gaufrure: un décor particulier pour les reliures

Amis Bibliophiles Bonjour,
Apparue entre les années 1820 et 1830 la gaufrure est un procédé spécifique utilisé par les relieurs de l’époque. Ceux-ci cherchaient en effet à agrémenter les plats de leur reliures sans pour autant orner ceux-ci de plaques comme celles de la fin du XVIIIème siècle ou de petits fers, qui étaient forts complexes et revenaient finalement chers aux bibliophiles. Aussi, pour des livres de qualité intermédiaire, une nouvelle tendance fît son apparition: la gaufrure.On considère généralement que c’est Courteval qui eût le premier l’idée de d’appliquer simultanément sur les deux plats des plaques de bois ou métal crénelées en sens inverse. Pour que le procédé soit efficace il était nécessaire d’exercer une très forte pression, le plus souvent au moyen d’une presse ou d’un balancier. On obtenait alors un décor à froid qui dans son exécution n’était pas sans rappeler les reliures « estampées à froid » de la fin du Moyen Age. Gaufrer, en fait, n’est ni plus ni moins que graver profondément en relief des décors dont la complexité varie. Dans le cas de la gaufrure des années 1820 – 1830, l’objectif recherché était d’obtenir un résultat satisfaisant, rapidement et à un moindre coût.

Néanmoins, cela restait un travail délicat qui même s’il ne nécessitait pas d’or faisait des attributions du doreur. Celui-ci devait veiller à appliquer des plaques chauffées à la juste température, afin de ne pas brunir le cuir. Le succès fût au rendez-vous et après les premiers décors simples, reposant sur des lignes entrecroisées, d’autres motifs furent également proposés aux amateurs. Finalement, le procédé faisant ses preuves, les ateliers en vinrent finalement à dorer la gaufrure, aboutissant à de magnifiques reliures dignes des plus belles réussites du 19ème siècle.

Les trois relieurs emblématiques ayant employé la gaufrure sont Courteval, Thouvenin et dans une moindre mesure Bozérian. On croise finalement assez peu de ces reliures « intermédiaires », mais elles sont aisément reconnaissables et plutôt recherchées des bibliopégimanes.

H

3 Commentaires

  1. pendant la guerre, il ne devait pas y avoir beaucoup de métiers peu dangereux. Même Général ne garantit pas contre les balles.
    Et comme de nombreux écrivains y sont morts, il est logique que le nombre de relieurs diminue en conséquence…

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