Escapade de Bibliophile: le musée de la reliure de Beaumesnil

Amis Bibliophiles bonjour,
Notre ami Lauverjat a eu la chance de pouvoir se rendre au château de Beaumesnil, connu pour son musée de la reliure et vous livre aujourd’hui ses impressions. Ce château baroque Louis XIII, aimé de Jean de la Varende, nous a été présenté par Jean-Paul Fontaine dans le troisième numéro de la NLRA. Son dernier propriétaire, Jean Fürstenberg (dont Christian Galantaris dresse le portrait dans la même revue) et son épouse le transformèrent en fondation en 1964. Fondation dont l’objet est de “Préserver, restaurer et maintenir le Château de Beaumesnil, la bibliothèque pour en constituer un musée de la reliure ; conserver la collection; acquérir et recevoir d’autres livres anciens ; constituer un Centre Culturel.” De fait, le château abrite depuis 1979 un Musée de la Reliure. 450 reliures sont visibles dans les différentes salles du château à commencer par le sous sol qui abrite également les outils du relieur, une presse et un massicot. La collection exposée comprend de nombreuses reliures anciennes allemandes, italiennes et d’europe centrale, de belles reliures XVIIIe aux armes et XVIIe aux petits fers ou à l’éventail françaises, mais peu de reliures médiévales non plus que modernes. À l’étage, le bibliophile s’attarde un peu plus dans la vaste bibliothèque à galerie pour juger sans doute si sa modeste collection y trouverait place… L’un des agréments de la visite consiste à parcourir les salles meublées de la demeure parsemées de vitrines de livres. On remarque ici une reliure brodée, là une reliure aux armes peintes, toutes dans un état désirable à vous donner le vertige avant de descendre le grand escalier. L’ accueil m’a semblé cependant faire peu de cas de ces trésors. Aucune documentation sur les collections, peu d’informations techniques (sinon les petits cartels parfois corrigés à la main), pas même une carte postale de reliure, aucune communication spécifique dans la région sur les livres.La fondation dans son ensemble me semble en mal d’argent et de perspective sur ce Musée de la Reliure. Outre les appels aux donateurs, on a remarqué la vente aux enchères de douze livres précieux le dimanche 18 juillet dernier au château de Miromesnil.  Dominique Courvoisier en assurait l’expertise. Tous les résultats ne me sont pas connus, mais le catalogue des spécimens de fers du relieur Thouvenin (parergorum specimina) n’a sans doute pas trouvé preneur (estimation 80000/100 000 euros). En revanche, les Archives Nationales ont préempté le manuscrit du  double du compte pour l »Espargne pour l’année 1616″ (de Louis XIII) 43 000 euros. Le procès verbal manuscrit de “interrogatoire faict à François Ravaillac par M. Achilles de Harlay, premier président…” a été vendu 29 500 euros. Cette vente des “bijous de la couronne” fait suite à celle des incunables à Drouot chez Ader Picard Tajan le 16 novembre 1983.
Que mes craintes soient fondées ou non, le château mérite la visite (en famille aussi). Une architecture surprenante, de beaux jardins, un parc splendide, un mobilier choisi, quel plus bel écrin souhaiter pour la reliure ancienne?
http://www.chateaubeaumesnil.com
Lauverjat
Merci Lauverjat,H

La lettre du bibliophile

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Le Salon du Livre Ancien du Grand Palais, vision IV: le salon vu de l'intérieur par Eric, qui expose pour la première avec sa librairie l'Escalier des Sages

Amis Bibliophiles bonsoir,
Pour en terminer avec le salon du Grand Palais, je souhaitais vous proposer ce soir la vision de celui qui est  à mon sens l’un des plus prometteurs jeunes libraires français, si ce n’est le plus prometteur: Eric, lecteur du blog depuis très longtemps, qui s’est lancé en librairie il y a deux ans environ, avant d’être reçu au SLAM cette année et de participer, petite consécration, au salon du Grand Palais après donc seulement deux ans d’activité. Une forme de consécration, et de reconnaissance, qui s’ajoute à celle de ceux qui le connaissent: compétence, sympathie, simplicité et une certaine vision de ce qu’il veut (bien) faire.

Vous pouvez retrouver sa librairie sur internet (http://www.escalierdessages.com), Eric est spécialisé dans les sciences, la médecine et l’ésotérisme. Son stand sur le salon était en quelque sorte le quartier général des lecteurs du blog, et il faut dire qu’il était bien assisté par une très sympathique commis. 🙂
Eric a donc connu son premier salon et en semble très content, voici en quelques lignes la façon dont il l’a vécu.

Je viens chaque année au salon du livre ancien au Grand Palais. Cette année est particulière pour moi. Je suis exposant.

Lorsque j’arrive avec mes livres le jeudi matin, nous prenons juste quelques secondes avec Bergamote pour regarder autour de nous. C’est la classe. Ce sera notre seul instant de libre. Ensuite, même pas le temps de mettre les livres en place que des confrères viennent déjà voir si nous avons des ouvrages susceptibles de les intéresser.
Par rapport à d’autres salons, l’ambiance est studieuse. Chacun est concentré sur son stand. Je sens que ce salon est important pour tout le monde… Un petite musique annonce l’ouverture des portes dans 5 minutes. Je jette un coup d’oeil à droite un coup d’oeil à gauche pour évaluer les stands d’à côté. 
A ma droite, un libraire Italien présente une vingtaine de livres d’Heures. Superbe. Ce n’est pas mon domaine, mais j’apprécie. En face, un libraire danois propose un superbe exemplaire de l’édition originale du Discours de la Méthode, l’exemplaire Kronecker des Disquisitiones de Gauss. Fabuleux.
Les premiers visiteurs arrivent.  Des visages connus bien sûr, Lauverjat, Bernard, Bertrand, Jean Marc, Xavier, Frédérick, Baptiste, Textor et tant d’autres avec qui j’aurais souhaité pouvoir discuter un peu plus. Mais d’autres visiteurs sont là aussi, se renseignent sur tel ou tel livre. Nous ne sommes pas trop de deux pour tenir le stand. Le salon est aussi l’occasion pour moi de rencontrer des clients avec lesquels je n’ai souvent échangé que par mail ou par téléphone. De belles rencontres. Mettre un visage sur chaque passion.
Aux vêtements de certains, je constate qu’une averse est tombée. Cela n’arrête pas le bibliophile du vernissage. Il va au plus vite. Faire le maximum de stands pour trouver le livre qu’il recherche tant.J’en retrouverai la plupart le vendredi. La visite se fait alors plus méthodique. Stand par stand, étagère par étagère. Les catalogues ont été lus la nuit. Certains ont pris le temps de la réflexion pour des ouvrages importants. Le temps reste maussade. Il fait froid. Samedi aussi il fera froid. Moins de visiteurs à mon stand, mais un peu plus de curieux en visite (qui ne permettront pas à Bergamote de participer au traditionnel repas des bibliophiles).
Dimanche, enfin du soleil, beaucoup de monde, à nouveau. Je passe prendre les livres que j’avais réservés chez un confrère. Déjà 20h00, nous avons à peine une heure pour ranger les livres. Voilà, c’est déjà terminé. A l’année prochaine.
Eric

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14 Commentaires

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  2. Si certains/aines cherchent parfois des catalogues en ligne sans parvenir à mettre la main dessus, j'informe que j'ai relations privilégiées avec un ami qui s'appelle "Le Cache de Gougueule". Me faire un message… Concernant le catalogue évoqué, le lien était dans la Gazette cet été…

  3. S'il faut vendre quelques livres pour qu'un tel endroit perdure, le mal ne sera pas grand.

    Ce que je trouve remarquable dans l'endroit, c'est que l'on ne visite pas un musée national mais une maison avec ses bibliothèques. (Une grande maison, certes !)

    Donnons cette demeure à Lauverjat et il fera gracieusement des fiches pour les visiteurs ;-))
    Pierre

  4. merci Google :
    Otto Schäfer 1974 avaient acquis des amis personnels du bibliophile Jean Furstenberg (Furstenberg Hans) sa collection de français 18e Illustrata Siècle, avec environ 660 titres. Cette bibliothèque n'a pas été repris dans la collection de livres illustrés, mais mis en place séparément. Il est prévu que le temps le plus important de ces prélèvements dans des mains privées ont été son allemand et de mettre un nouvel accent, même si les achats supplémentaires placés dans la collection Illustrata

    C'est très clair !

  5. Pour les germanistes :

    "1974 erwarb Otto Schäfer von dem ihm freundschaftlich verbundenen Bibliophilen Jean Furstenberg (Hans Fürstenberg) dessen Sammlung französischer Illustrata des 18. Jhs mit ca. 660 Titeln. Diese Bibliothek wurde nicht der Sammlung illustrierter Bücher einverleibt, sondern separat aufgestellt. Sie dürfte damals die bedeutendste derartige Sammlung in deutschem Privatbesitz gewesen sein und setzte einen neuen Schwerpunkt, auch wenn ergänzende Ankäufe in die Illustrata-Sammlung eingestellt wurden."

  6. Pour PEL: le catalogue de la vente du 18 juillet devait se trouver sur interencheres.com qui ne garde pas ses archives accessibles. Comme déjà débattu ailleurs, pour certaines maisons, le net en matière de ventes aux enchères de livres sert surtout à faire la promo des salles. Pour les résultats : prière de se débrouiller….

    Lauverjat

  7. A propos de l'article de M. Galantaris: J'ai quelques doutes que sa collection de livres français du XVIIIe siècle fut acquise en bloc…
    Elle fut vendue en bloc à Otto Schäfer en 1974 et dispersée par Sotheby's en 1995: The Collection of Otto Schäfer, Part IV: The Hans Fürstenberg Collection of Eighteenth-Century French Books.
    Il existe aussi un très beau catalogue d'exposition: Das Buch als Kunstwerk (Le livre comme objet d'art). Französische illustrierte Bücher aus der Bibliothek Hans Fürstenberg, Ausstellung im Schloß Ludwigsburg 15. Mai bis 20. September 1965.

  8. Le chateau de Beaumesnil n'est évidemment pas "une niche fiscale".

    Il a été habité par l'un des bibliophiles importants du 20ème siècle, Jean Fürstenberg (1890-1982). Allemand, bibliophile, francophone mais aussi francophile, Jean Fürstenberg a fuit le régime nazi pour s'installer en France. L'occupant ayant atteint Paris, il fût consigné dans son appartement et en profita pour reprendre des études de philosophie et publier plusieurs ouvrages.

    Comme l'écrit Christian Galantaris dans le numéro 3 de la Nouvelle Revue des Livres Anciens: "Né collectionneur, Fürstenberg était persuadé qu'un bibliophile, en rassemblant conservant et commentant ses livres, était investu d'une véritable mission culturelle". Il a d'ailleurs publié deux ouvrages de bibliophilie.

    Il vécut ses dernières années à Beaumesnil, après avoir créé cette fondation reconnue d'utilité publique. Le musée fût créé en 1979, à la suite d'un accord signé avec la BNF.

    Hugues

  9. niche fiscale je ne sais pas, mais c'est un bel endroit et l'article donne envie d'y aller. Pour un week end de septembre quoi de mieux qu'un peu de soleil dans un parc et une expo de 300 reliures !

    T

  10. Sans vouloir aucunement polémiquer, un beau château dont on ne sait que faire car submergé de travaux à réaliser et de frais énormes, aussi petit soit-il, peut vite devenir une élégante niche fiscale. Évidemment, après, il faut assurer. Je veux dire se donner les moyens de ses ambitions. De ce château je ne sais rien, mais pour d'autres que je connais mieux, je sais que c'est le triste cas.

    B.

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