Drouot pleure: les savoyards ne sont plus là….

Amis Bibliophiles bonjour,
La parole est à Ugo…
« Je n’ai jamais vu une rentrée aussi triste. Drouot sans les commissionnaires, Venise sans les gondoliers…J’ai mis longtemps à y croire, d’autant que les décisions ont été prises au dernier moment, la semaine précédente. Mais voilà, ce mercredi, il faut regarder les choses en face. La page est tournée. Plus de cols rouges, plus de savoyards. Fini les Vidocq, Larate, Flash, Titine, Babou, Loulou, Château, ces surnoms transmis d’un ancien à son bis; fini les 23, 48, 54, 70, 94, ces 110 numéros brodés à l’or sur fond garance, ces vestes noires au boutons de cuivre frappés de l’antienne « au service des commissaires-priseurs ». Fini ces parlers Allobroges auxquels on ne comprend plus grand chose passé une certaine heure et un certain nombre de verres.


Je repense à Fanfan, à un an de la retraite; 40 ans de maison; je ne le reverrai plus. La soixantaine sonnée mais toujours une force de la nature. Un géant débonnaire gentil, chaleureux, toujours heureux de vivre. Je l’avais demandé pour la vente du 30 juillet; travail impeccable, lui comme les 2 autres de son équipe. Tout le monde avait assuré; l’étude, les Savoyards, le CP et même l’expert… Le Redouté avait fait son score; 30000 de plus que l’estimation haute; merci pour moi. Fanfan nous avait ramené du saucisson et de la tome qu’il produit lui-même sur son aubrac lointain (en fait c’est peut-être un adret, mais je ne suis pas fortiche en langues étrangères). Le CP et l’expert s’étaient fendu de leur Veuve Cliquot. Du coup on avait saucissonné au champagne dans le magasin de la salle 11. Le reste de l’étude nous avait rejoint. Un petit air de fête; ça se récompense ce genre de choses. Des moments que Drouot – l’ancien Drouot – était seul capable de donner.
Des technocrates dans leur bocal peuvent pondre tous les rapports du monde. Recrutement opaque, corporatisme d’un autre siècle… Beh oui, un commissionnaire commence à 07H30 du mat et termine à 21H30. Un gazier qui s’appuie ses 50 heures par semaine, ses 10 heures par jour et qui n’a absolument aucune idée de ce que peut signifier l’expression « heures supplémentaires » ça ne se recrute pas chez Manpower. Alors oui, ce genre de travailleur, faut aller le chercher en Haute-Maurienne, en Tarentaise septentrionale, en Beaufortain méridional, en Vallée de Chamonix, Chamo pour les intimes. Château, le 23, il vient de Passy-Plaine-Joux à ne pas confondre avec Passy-Plaine , ni avec Joux; faut suivre. De fait, le Savoyard, ce sont ses pairs qui le cooptent. C’est à dire que l’ancien sur le départ propose un jeune, un pays à lui, auquel il revendra sa part dans l’association. On lui colle une veste sans col pendant 6 mois et on lui fait jouer l’écureuil dans sa cage tournante. Il en bave des ronds de chapeau, le petit jeune sans numéro; normal, il doit faire ses preuves. On ne lui reconnaît qu’une qualité, celle d’être le bis de son ancien. A lui de montrer qu’il est capable de le remplacer. Pas de place pour les bras cassés, les commandos-basket et les fumeurs d’herbe de perlinpinpin. Vient le jour du vote; ça passe ou ça casse, voté ou non. S’il est voté, il ne lui reste plus qu’à aller voir la BNP, qui à Drouot est dans ses murs, pour négocier un crédit. Crédit qui permettra de racheter la part de son ancien dont il héritera au passage du numéro et du surnom. Il en ressortira endetté jusqu’au cou mais riche d’une participation à un système mutualiste forgé par 150 ans d’histoire. Co-propriètaire du garde-meuble de Bagnolet, des camions verts lignés de rouge, du matériel estampillé UCHV et co-destinataire de petits billets glissés par des marchands reconnaissants de l’effort fourni. Ceci sur fond de mal de dos à répétition, de caprices de commissaires-priseurs stressés du compte en banque et de cuites mémorables pour faire passer. De fait il devient -devenait- l’agent actif d’une institution mille fois plus vivante que toutes celles qui existent de par le monde.
Le Figaro peut annoncer que Drouot est en baisse, Art-price pommader les enchères asiatiques, le buffet de la Biennale bruisser de considérations savantes sur l’avenir. Drouot est un lieu unique; le déversoir de ce marché qui est le grenier du monde; le marché Français de l’antiquité. Et jusqu’au jour d’aujourd’hui, et depuis un siècle et demi, la cheville ouvrière de ce lieu magique se recrutait en Savoie.Le plus triste, c’est qu’ils sont nombreux à être encore là les (ex) commissionnaires. Ils trainent autour de Drouot. Comme les soldats d’une armée défaite aux vareuses dépouillées d’insignes et de grades, ils ont toujours leurs vestes noires, mais ils en ont décousu les cols. Attendant je ne sais quoi, peut-être un enlèvement « en ville », le bureau des transports fonctionne encore. Bien sur on les salue, mais ils en ont marre de cette commisération qu’on leur témoigne. Ils sont sonnés, KO, c’est visible. Trois pommes pourries et on jette tout le panier. 110 mecs au tapis. Les derniers d’une histoire qui faisait rêver dans les hautes montagne. Ils méritaient mieux. Pour le moins une certaine fidélité de la part de l’institution, un minimum de soutien; parce qu’ils les ont servis et bien servis ces commissaires-priseurs qui n’ont pas levé le petit doigt pour eux. La justice suit son cours parait-il. Suivez et suivez bien ma chère, vous avez une sacrée pelote à dérouler.
Allez, la page est tournée.
Désormais le bleu Chenue remplace le noir UCHV. Pour le Redouté, les Savoyards avaient sorti cravates et gants blancs. Là, on a des mecs en polo, qu’on ne verra jamais passer du Glassex sur les vitrines avant l’ouverture des salles, tout simplement parce que ce n’est pas inscrit dans leur contrat de travail. Faudra faire avec, on verra bien.Pour moi, la chose est claire. Les Chenue Boy’s ont jusqu’en décembre pour se former, parce qu’en décembre je vais vraiment avoir besoin d’eux : «succession Garnier, Garnier-frères et à divers». La correspondance du premier des anarchistes Pierre-Joseph Proudhon avec les frères Garnier ses principaux éditeurs, 90 LAS écrites de prison ou d’exil. Le Buffon en 12 volumes des Garnier, le plus beau du 19°, accompagné, cela va de soi, des dessins originaux de Traviès. Les contrats d’édition de Lamartine, Sainte-Beuve et compagnie.
Aussi, la bibliothèque d’Auguste-Pierre Garnier leur neveu et successeur. Un biblio… (je vous laisse le soin de la terminaison : phile, mane, phage ?) qui ne concevait pas un livre autrement qu’habillé de maroquin signé. Je ne me suis jamais autant servi du Flety (Dictionnaire des relieurs de 1800 à nos jours), Simier, Marius-Michel, Cretté, Canape, Aussourd, Blanchetierre, Hardy, Klein, Champs, Lortic, &c… que du beau linge. Et coté divers, l’incunable évoqué ici avant les vacances. Un album amicorum – musicae- avec une cinquantaine de signatures accompagnant autant de portées de musique autographes dont Stravinski, Ravel, Klemperer, Saint-Saens, Gounod, Massenet and others, excusez du peu.
Beaucoup de plaisir en perspective… Mais nous aurons l’occasion d’en reparler. »Merci Ugo,H

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

Portrait d’une jeune relieure: Maud Morel, de l’histoire médiévale, ses reliures à l’amour du livre

Portrait d'une jeune relieure: Maud Morel, de l'histoire médiévale, ses reliures à l'amour du livre

Amis Bibliophiles bonsoir,
Certaines Cassandre trouvent qu’il n’y a plus de livres, d’autres qu’il n’y a plus de bibliophiles, certaines qu’il n’y a plus de doreurs, de relieurs, qu’ebay détruit tout, que le Grand Palais c’est nul, que Brassens c’est nul, que les librairies c’est nul, que les ventes aux enchères c’est snob, etc. Ah on en a des pessimistes en matière de bibliophilie, des « c’était mieux avant »! Et pourtant, et pourtant, je suis un de ces incorrigibles optimistes qui pensent que le petit monde du livre ancien est un petit monde fort dynamique, avec une génération d’acteurs qui montent, de bibliophiles qui mûrissent, de livres encore à découvrir (si je m’écoutais, je me lancerais dans un blog, tiens! :)…).
Parmi ces acteurs, après vous avoir présenté Daniel la semaine passée, j’aimerais vous présenter ce soir une jeune relieure, Maud, qui s’est installée il y a à peine un mois.
Reliure à mors ouvertsBonjour Maud, pourriez-vous nous parler de vous et de votre atelier?

Bonjour à vous. C’est un grand plaisir pour moi que d’être citée ici. Cet article récompense le travail accompli pour créer mon atelier. En effet, Reliure Morel existe officiellement depuis le 1er décembre 2011. C’est à Valence, dans la superbe région de la Drôme que je me suis installée après avoir grandi et vécu en Bourgogne.
Quelle est votre formation?
Après le lycée, je suis entrée à l’université où j’ai obtenu une maîtrise d’histoire médiévale. Pendant cette année de recherche mon contact avec les livres et documents anciens était quasi quotidien. J’avais la chance de travailler sur un sujet peu étudié (les chantres au XVème siècle); les documents que je traitais étaient donc si rarement consultés qu’ils n’avaient jamais été microfilmés et encore moins numérisés !
Malgré tout le plaisir éprouvé à étudier l’histoire, il me manquait cependant le travail de la main. Et la reliure pouvait réunir les deux. Mon père est menuisier, il m’a très tôt transmis un intérêt fort pour la création manuelle. J’ai donc terminé mon année de maîtrise et suis entrée, en 2009, à l’école-atelier « Les Ateliers d’Or », à Semur-en-Auxois, en Bourgogne. C’est Mme Laetitia Campedelli, relieur-plasticien à l’Isle-sur-la-Sorgue qui nous dispensait les cours de reliure et de dorure. Mme Martine Locicéro (doreur à Paris) et feu Mr Rafael Tarifa (relieur-doreur de la Banque de France) sont venus régulièrement nous faire part de leur connaissances.
Lors cette année de formation j’ai été admise en stage dans l’atelier de reliure de la Banque de France, sous l’égide de Mr Rafael Tarifa. Il avait pour spécialités la reliure des livres de grand format et des techniques de dorure particulières (la dorure au blanc d’œuf par exemple). Ce séjour à la Banque de France fut pour moi d’une richesse inouïe, tant sur le plan technique, que sur le plan humain. Pendant cette période, j’ai rencontré des personnes formidables, un réseau d’amis/confrères sur qui je peux compter. En effet, depuis 2009, je poursuis ma formation en autodidacte, en soumettant mes travaux et en exposant ma progression à leur jugement.
Reliure à mors ouverts, mosaïquée de papier, parchemin et box.Depuis quand êtes vous passionnée par la reliure?
La passion pour la lecture m’est venue très tôt, celle pour le livre est venue progressivement. C’est surtout au sein des Archives, lors de mes recherches universitaires que j’ai réellement perçu la beauté du livre relié et les infinies possibilités plastiques qu’offre la reliure. Cet intérêt grandissant s’est naturellement accru lorsque j’ai commencé à apprendre la reliure et à rencontrer des relieurs.
La reliure est-elle un art ?
Oui, parce la fonctionnalité d’une reliure traditionnelle ou de création (solidité, maniabilité…) s’accompagne toujours d’une recherche esthétique. En effet, si l’on met de côté les boîtes de conservation et autres compactus, une reliure est en général destinée à être exposée dans une bibliothèque. Elle a, je pense, un rôle un peu aguicheur, au service du livre. Elle attire le regard du bibliophile, le séduit pour qu’il l’ouvre et découvre le livre qu’elle contient. La reliure est aussi un hommage a ce livre qu’elle protège. On ne prendra pas de la jute pour fabriquer l’écrin d’un bijou, mais un satin capable de le mettre en valeur.
Reliure à plats rapportésOutre son savoir-faire, le relieur met donc également sa créativité au service de cette discipline. La couleur, la texture des matériaux, le galbe d’un plat, la tranchefile…Tout est matière à l’expression de sa sensibilité. Je crois que la reliure est l’art des artistes timides. De ceux qui n’osent pas exposer le fruit de leur inspiration sur une toile format raisin mais plus volontiers dans une tranchefile, dans un cuir mosaïqué, dans un nerf bien travaillé…
Que ressentez-vous quand vous vous occupez d’un livre ? Comment travaillez-vous ?
Quand je commence à travailler sur un livre, je ressens une pointe d’excitation, une sorte d’empathie pour cet objet. Je suis contente pour lui, parce qu’ils va être soigné et embelli. Mais comme je sais aussi que quelqu’un tient à lui, et que c’est un objet fragile, la concentration prend donc vite le dessus. S’installe alors dans l’atelier un silence studieux parfois ponctué de musique quand une étape demande de l’énergie ou par l’écoute d’un livre audio quand la couture est longue…
Le respect du livre est l’enjeu essentiel du relieur. Respecter le livre c’est évidemment ne pas l’abîmer mais c’est surtout respecter l’esprit du livre. C’est pourquoi je travaille toujours en me remémorant l’identité du livre : son sujet, son auteur, son propriétaire, son histoire… La conception d’une reliure doit prendre en compte tous ces aspects et ils doivent guider les gestes du relieur. C’est pourquoi je place le contact avec le propriétaire du livre au centre de mon travail.
Faites vous uniquement de la reliure, ou également de la dorure et de la restauration? Avez-vous une période de prédilection? Restaurez vous les livres anciens?
Pour le moment je fais uniquement de la reliure. Pour la dorure et la restauration, je m’en remets aux professionnels que je connais et en qui j’ai une totale confiance. Cependant, j’envisage de me former à la restauration des reliures et papiers anciens, après de Monsieur Olivier Maupin. C’est prévu pour cette année !
Reliure d’un cahier uniqueUne période de prédilection ? Les reliures médiévales, parce ce sont de belles demoiselles un peu rustres, et cela les rend attachantes.Mais j’entends bien qu’une fois formée aux techniques de restauration, j’emploierais ce savoir-faire au service de toutes les reliures, car toutes le méritent.
Que préférez-vous dans la reliure?
La plaçure : toutes les étapes de réparation des pages, de couture des cahiers. Le contact avec le livre est total, pages après pages, on l’ausculte, on le soigne…La couvrure : c’est l’étape la plus grisante. C’est très stressant mais, enfin, on arrive au résultat tant attendu !
Reliure islamiqueQuelle serait la reliure de vos rêves ?
Maintenant que je pratique la reliure, et que je connais l’étendue des techniques et des décors possibles, il m’est difficile de répondre à cette question. La reliure de mes rêves serait sans doute la reliure du livre de mes rêves, mais j’ai tout autant de mal à le définir.
Parlons plutôt des reliures qui me font rêver : les reliures carolingiennes pour la diversité des matériaux utilisés (ivoire, pierres, métal), les reliures à entrelacs d’Henri II (raffinement de la mosaïque de cuir), et des reliures plus contemporaines comme celles de Philippe Fié (modernité des décors et des matériaux utilisés) ou de Brigitte Benoist (décors mobiles).
Avez-vous des matériaux favoris ?
J’aime beaucoup travailler le cuir côté chair, pour l’aspect molletonné, le toucher doux… J’aime également le parchemin pour sa couleur ou plutôt son absence de couleur (ni blanc, ni beige). Je n’ai pas encore eu l’occasion de travailler les cuirs exotiques, mais cela me tente beaucoup. (perche du nil, patte d’autruche…) Pardon par avance si je choque les défenseurs des animaux mais ces peaux ont une texture et des motifs absolument somptueux.

Etes vous également bibliophile? Si oui, quels sont les livres qui vous intéressent et où achetez vous vos livres? Internet, salons, libraires?
Je suis une bibliophile débutante. J’achète encore par coup de cœur (libraires et internet) : principalement sur la Bourgogne, ma région natale et sur les voyages (j’aime beaucoup lire les descriptions de pays et de coutumes selon les époques, on lit des choses parfois surprenantes). Mon compagnon, s’intéresse surtout aux sciences et à leur vulgarisation (Louis Figuier notamment). Mais notre passion commune c’est la montagne, nous sommes donc de plus en plus tentés par l’achat de livres sur ce thème. La dernière exposition de la bibliothèque d’étude de Grenoble nous a encouragé dans ce choix. Nous prendrons garde cependant à ne pas être trop jaloux de la bibliothèque de Mr Barféty!
Vous savez que les lecteurs du blog aiment les histoires, auriez-vous une anecdote à nous raconter concernant la reliure, ou autre chose qui touche à la bibliophilie?
Mon premier achat bibliophilique : Numquid et tu ? La personne qui me l’a vendu n’avait cure de ce petit livre. Elle me vendait un lot de livres sur la Bourgogne et avait glissé celui-ci pour s’en débarrasser. Je l’ai pris sans avoir moi-même d’intérêt particulier pour l’œuvre de Gide. De retour chez moi j’ai eu une bonne surprise et ma première fierté de bibliophile : l’exemplaire était numéroté, hors commerce et signé de la main de l’auteur. Je ne suis pas devenue adepte d’André Gide mais j’ai compris ce que ressentaient les chasseurs de livres.
Evoquons pour finir les aspects pratiques… au cas où l’un des lecteurs du blog souhaitait vous confier un livre… Comment faire?
Me contacter par téléphone (0 648  250 668), par mail (contact@reliure-morel.com) ou par courrier (8 rue de Belfort, 26000 Valence). Nous parlerons du livre à relier et de ce que vous voulez pour lui. Naturellement Il faudra ensuite que je l’examine pour définir la reliure qui lui convient et les réparations que son état nécessite. Chacun est donc le bienvenu dans mon atelier. Il est possible également de visiter le site internet de l’atelier ( www.reliure-morel.com ) pour en savoir plus sur mon travail et vous donner des idées quant à la structure ou au décor dont vous avez envie. .
Des projets ?
Oui, plusieurs! Me former à la restauration, comme je vous l’indiquais plus haut.Participer au concours de la Foire Internationale aux Livres d’Exception de la Médiathèque d’Albi (prix Rochegude et Prix Jalby)Participer (peut-être) à l’un des concours organisés par l’ARA : « Paris relié »Faire l’ascension du Kilimandjaro, donc relier comme il se doit mon journal de voyage !
Merci Maud, bon voyage!H

20 Commentaires

  1. Je trouve cette phrase étonnante et révélatrice "la justice a ruiné 110 vie de famille" soit, si la richesse de ces vies de famille était en grande partie liée au vol ce n'est que justice…certains col rouge se prenaient sans doute pour des robins des bois, en volant aux riches pour redistribuer à leurs familles plus pauvre. Cet article ancien sans polémique semble intéressant, le comble c'est que les cols rouges revendaient où ? à Drouot, ils ont peut être payés chers en rapport aux Commissaires priseurs peu regardant. http://www.lejournaldesarts.fr/jda/archives/docs_article/81238/tout-sur-l-affaire-des—cols-rouges—.php

  2. Je cite –>les 700 000 euros que certains pouvaient "se faire" à l'année <–

    Monsieur, si les commissionnaires détournaient de tels montants pouvez-vous m'expliquer la raison pour laquelle certains travaillaient depuis plusieurs années,
    avec maux de dos, horaires disproportionnés et j'en passe…

    Je vous rappel cependant un chiffre concret!
    Plus de 300 employés pour remplacer 110 Savoyards.
    Les chiffres parlent d'eux même… Arrêtons 2mn de prendre encore une fois les commissionnaires pour des lampistes…
    La justice a ruiné 110 vies de famille, de travailleurs hors pair…

    Je remercie tout particulièrement Ugo pour cet article,
    qui doit toucher chacun de ces 110 familles.

  3. Bonjour, bravo pour votre article mais permettez moi de ne pas être du tout d'accord. Après le couplet poétique et plein de nostalgie sur la tome de chèvre partagée en commun, il serait bon d'aller plus loin, au fond des choses, et de voir l'enrichissement frauduleux de ces commissionaires, le laisser aller général fruit de la permissivité de la direction de Drouot qui a accepté, toléré, et peut-être même encouragé cette corruption, les vols commis pendant des dizaines d'années, les stocks collectés durant des années fruit de leurs petites rapines, les 700 000 euros que certains pouvaient "se faire" à l'année, la morgue avec laquelle certains d'entre-eux pouvaient traiter le petit brocanteur ou le client moyen de Drouot, autant de choses qui n'étaient pas tolérables dans une démocratie moderne. Ils n'assuraient aucun service de proximité, pouvaient parfois casser les objets lorsqu'ils devaient être manutentionnés, se comportaient en seigneur sans le moindre égard pour qui que ce soit. Il était temps de mettre un bon coup de pied dans la fourmilière et de mettre un terme à ses abus constatés. Je ne me fais aucune illusion sur ceux qui les ont remplacés, mais je me dis que cela ne pourra pas aller plus mal. Cette compagnie poussiéreuse, fruit d'un autre temps, vivant sur des avantages d'un autre temps, s'est elle-même tirée une balle dans le pied… Le seul regret que j'ai c'est pour les commmissionaires qui étaient réellement "honnêtes" mais d'après ce que j'ai pu lire dans la presse nationale, il n'y en avait pas beaucoup…Alors…Alors l'histoire s'est achevée.
    bravo néanmoins pour votre blog….
    Un amoureux de Drouot.

  4. Bonjour c'est en pleur que j'ecris ce message.C'est avec beaucoup de mal que j'ai rangé les vestes de mon mari(impossible de les jeter!!) Esperant tant qu'on les redemande. Je n'ai pas le plaisir de vous connaitre mais je tenais à vous remercier pour votre courage et votre gentillesse. Bonne chance a à tous les collègues et leur famille de mon mari. Catherine femme du 34

  5. Un grand merci pour votre magnifique article qui non content d'être écrit avec brio, leur rend au moins un peu hommage. Je ne suis ni fille, ni femme de commissionnaire, mais je connais bien Drouot et ses rouages. Oui on les jette aujourd'hui en pâture aux lions après les avoir souvent traités comme des chiens. Mes enfants ont aujourd'hui dépassé l'âge que j'avais quand je suis arrivée par hasard à Drouot. Ils travaillent dans des magasins, où certes les articles à 1 € sont listés et bipés, mais le directeur est présent sur le terrain, arrive et part le dernier. Quel honorable commissaire priseur peut en dire autant de son entreprise ? Depuis plus de trois décennies j'entends les mêmes histoires, tout le monde était au courant, mais personne n'a jamais rien dit ! Pourquoi ? Les CP étaient-ils aveugles, muets, pas assez courageux ou vigilants ou coupables des mêmes maux ? Je m'étonne d'autre part de ne jamais avoir lu dans la montagne d'articles de presse parus depuis décembre dernier une seule ligne sur les revenus (déclarés ou non)ou le niveau de vie des autres intervenants de la profession : les clercs, les crieurs….et les commissaires-priseurs eux-mêmes ?
    Courage aux collets rouges et leurs familles, et que la Justice détricote la pelote……mais alors jusqu'au dernier brin de laine.

  6. Merci pour cet article qui m'a fait venir les larmes aux yeux, enfin une personne qui ne dénigre pas nos savoyards, ils ont bien du mal à s'habituer à leurs nouuveaux horaires, combien de temps vont ils mettre pour se dire qu'ils n'existent plus en temps que Commissionnaires "les cols rouges". Une vie de 20 ans qui se brise, 10 mois de pleurs, de rages et de desespoir que j'ai subit avec mon savoyard.Merci encore de tout mon coeur CARINE

  7. Même si je ne suis que le frère d'un col rouge (qui se reconnaitra s'il lit ce post), je ne peux constater qu'un gachis et un bien triste anniversaire, ou certains auront bien du mal à s'en remettre! pourquoi tous à la même enseigne?

  8. merci Ugo, enfin une voix humaine dans cette jungle !! merci de reconnaitre les qualités un peu vite oubliées de ces gars qui ont donné une grande partie de leur vie à l'"institution" dont ils étaient fiers et comme vous le dites si bien ce n'est pas parcequ'il y a un ver dans la pomme ou plutôt dans le saucisson qu'il faut vider la cave; un peu de discernement , messieurs les décideurs, s'il vous plait;quant à moi je leur dis ma confiance et leur souhaite courage(mais ça je sais qu'il en ont)

  9. Bonjour et un énorme merci pour cette page de vérité! Car oui il faut leur reconnaitre tous ces mérites et bien d'autres. Il est plus facile de les arroser de crasses que de mérite pour tous les services rendus maintes et maintes fois aux commissaires priseurs et tous les autres d'ailleurs! J'apprécie votre expression des pommes pourries car oui on ne détruit pas 150 ans d'histoire et un système unique pour quelques trognons !! Drouot n'est plus ce que nous avons connu et au nom de tous ces cols rouges détruits et endettes jusqu'au cou ainsi que toutes les femmes et famille je voudrai dire merci et leur assurée qu'un jour leur honneur sera défendu! Bravo! Aujourd'hui plus que jamais les savoyards ont besoin de gens du milieu comme vous pour les soutenir et afin que jamais personne n'oubli qui ils étaient vraiment. La Femme du 6

  10. Bonsoir Ugo Merci de remettre les choses a leur place en parlant des savoyards et de leur travail pour les CP depuis tant d'annees.Ces garçons dont le courage est inegalable ne comptant pas leurs heures au detriment parfois de leur vie de famille mais pour le bon fonctionnement d'un metier qui est pour eux une passion.Amities Anne so

  11. Bonsoir, très bel article, Merci de voir un peu de réconfort pour nous les savoyards! même si je ne suis pas cols rouge, mais juste le fils du dénommé fanfan.
    Encore Merci

  12. En ma qualité de Savoyard, sans col rouge, mais qui compte encore fréquenter Drouot, je vous dois une petite rectification: l'Aubrac n'a jamais été en Savoie…. L'adret et l'ubac, oui, sans doute ! 🙂
    Textor

  13. Drouot : Un monde que je ne connais pas et qui m'intimide car il appartient à des initiés. Et vous dites que les juges vont avoir une sacrée pelote à dérouler…

    Le monde change. Drouot saura-t-il s'adapter ? Pierre

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