Mathieu Lenoir, pourfendeur d’idées reçues, lecteur des usages présents et contradicteur attitré des confusions bibliophiliques pour la Guilde des Bibliopolicés.
Amis bibliophiles, bonjour.
Il existe, dans le petit théâtre du livre ancien, une figure assez commode, presque mythique, fantasmée : celle du vendeur malin. On l’imagine derrière son écran, l’œil vif, le doigt rapide, achetant en salle des ventes un lot que les autres n’auraient pas compris, puis le revendant presque aussitôt sur eBay ou Catawiki avec une marge confortable. Il aurait su voir. Il aurait su acheter. Il saurait revendre avec une marge confortable.
C’est une jolie histoire. Elle a un nom dans les conversations de salon bibliophilique, comme dans d’autres domaines d’ailleurs : la culbute. On la raconte avec un mélange d’envie, d’agacement et de connivence. On désigne du menton tel revendeur supposé prospère. On évoque tel lot acheté pour rien et reparu trois semaines plus tard à un prix triple. La culbute, dit-on, est partout.
C’est une jolie histoire, donc. Il se trouve simplement qu’elle est, dans la plupart des cas, fausse.
Car la petite fable du brocanteur numérique repose sur une idée assez ancienne du marché : l’existence d’un écart net entre deux mondes. D’un côté, la salle des ventes, avec ses lots mal décrits, ses cartons d’ouvrages inégalement photographiés, ses bibliothèques dispersées, ses amateurs distraits, ses experts débordés. De l’autre, la plateforme numérique, avec son public plus large, plus international, plus impulsif, capable de payer davantage un livre soudainement bien présenté, correctement photographié et entouré des mots qu’il faut.
Pendant un temps, cette différence a existé. Elle existe encore, mais moins souvent. La salle des ventes n’est plus cette pièce fermée où quelques initiés levaient la main pendant qu’un commissaire-priseur toussait dans son micro absent. Les catalogues sont en ligne, les photos circulent, les alertes fonctionnent, les prix se comparent. Les amateurs consultent Interencheres, Drouot, Interenchères, Catawiki, eBay, ViaLibri, et parfois tout cela avant le café. Les libraires surveillent. Les collectionneurs aussi. Les marchands encore plus.
Autrement dit, la bonne affaire n’a pas disparu. Elle s’est simplement beaucoup mieux cachée.
Le problème principal, cependant, n’est pas seulement la transparence accrue du marché. Le problème, ce sont les frais. Ces bons vieux frais, modestes en apparence, monstrueux en accumulation, qui transforment une marge rêvée en maigre consolation.
Faisons le compte, puisque personne ne semble vouloir le faire. Un livre est adjugé 100 euros au marteau. Frais acheteur, vingt-cinq pour cent : le voici à 125 euros. Le revendeur le remet sur eBay et obtient, après quelques jours d’enchères, 180 euros. Belle opération ? Voyons. Commission de la plateforme et frais de paiement, treize pour cent environ : 23 euros prélevés. Emballage soigné, carton renforcé, papier bulle, ruban : encore 3 euros. Frais d’expédition non couverts par l’acheteur, ou couverts incomplètement : 5 euros. Reste 149 euros encaissés. Soustraction faite des 125 du départ, le bénéfice brut atteint 24 euros. Vingt-quatre euros pour s’être déplacé en salle, avoir examiné le lot, rédigé la notice, photographié l’objet sous tous ses angles, mis en ligne l’annonce, répondu aux questions, emballé, expédié, et accepté le risque qu’un acheteur conteste, retourne ou disparaisse.
La « marge » est une illusion d’optique : ce n’est pas une marge, c’est un salaire horaire de manutentionnaire.
La caricature du revendeur paresseux, qui achète en salle, copie-colle une fiche de libraire et revend le lendemain avec un bénéfice insolent, existe sûrement. On en rencontre des traces. Certaines annonces reprennent, parfois sans vergogne, des notices de libraires, des formules bibliographiques, des références, des descriptions d’état, jusqu’à l’ordre même des adjectifs.
Le savoir des autres devient une marchandise secondaire. On ne vend plus seulement un livre : on vend l’objet, on vend la phrase qui le décrit, on vend l’instant où il apparaît. Trois marchandises pour un seul volume, et trois occasions de se tromper.
Existent-ils vraiment, ces revendeurs prospères dont on parle dans les salons ? Quelques-uns, une poignée, toujours les mêmes, et qu’on connaît. Et qui sont loin d’être infaillibles. Les autres se contentent d’en avoir l’air. Il y a, dans le petit monde du livre ancien, toute une frange de personnages qui croient avoir compris une chose : qu’il suffit, pour passer pour libraire, d’en adopter le vocabulaire, l’aplomb, les références et la moue dédaigneuse devant un état moyen.
On les voit dans les salles des ventes, on les croise sur les plateformes, on les entend dans les salons. Ils parlent de leur stock comme s’ils en avaient un. Ils citent des prix entendus chez d’autres. Ils décrivent un livre avec les mots qu’ils ont lus la veille dans le catalogue d’un confrère. Ils ne sont ni libraires, ni amateurs, ni vraiment vendeurs. Ils sont autre chose : des amateurs qui jouent au libraire devant un public d’amateurs qui jouent au collectionneur (oui je sais, je suis tranchant, c’est moi, Mathieu Lenoir). Tout cela tourne, échange, s’admire, et finit par confondre le bruit du marché avec le marché lui-même. L’enrichissement, dans ce théâtre, n’est plus une opération économique : c’est un costume.
On a vu, ce printemps, un cas qui résume tout. Un Babin de 1854 — la rare réimpression Renouard de la Relation de l’état présent de la ville d’Athènes, publiée et annotée par Alexandre de Laborde — dans une fine reliure mosaïquée de Dupré, doublée de maroquin bleu et glissée dans son étui de chagrin. Une provenance familiale, un livre soigné, un objet d’amateur. Estimé six à huit cents euros chez Alde, il n’a pas trouvé preneur. Quelques semaines plus tard, le voici qui réapparaît sur eBay, mis en vente par une librairie parisienne sérieuse. Vingt-six enchères. Adjudication finale : trois cent soixante-trois euros, port en sus.
Refaisons les comptes, comme tout à l’heure, mais cette fois sur un cas réel. La librairie a probablement acquis le livre après la vente, autour de trois cents euros — c’est le prix d’un invendu négocié à la baisse.
Elle l’a remis sur eBay et a encaissé trois cent soixante-trois euros, plus quarante-cinq de port.
Sur ces quatre cent huit euros, ôtez treize pour cent de commissions de plateforme et de paiement, soit cinquante-trois euros ; ôtez l’emballage, le carton, le ruban. Reste, dans la meilleure hypothèse, entre 50 et 100 euros. Tout ça pour un déplacement à la salle, un examen du livre, une notice rédigée (ou pas), une demi-douzaine de photographies, une mise en ligne, des questions d’enchérisseurs, un emballage soigné, une expédition possible vers l’étranger. Le marché spécialisé l’avait jugé trop haut ; le marché numérique l’a jugé désirable ; et le revendeur, qui croyait faire une opération, a manqué sa cible. Et pourtant, le livre était désirable.
Le livre a changé de mains ; le système a prélevé sa part ; et la librairie a beaucoup travaillé pour s’offrir un déplacement professionnel. Si c’est cela que l’on appelle prospérer, je veux bien qu’on me le confirme.
Il faut donc cesser de prendre chaque revente visible pour une preuve d’enrichissement. Un livre affiché cher n’est pas un livre vendu cher. Un livre vendu cher n’est pas forcément un livre profitable. Et un vendeur actif n’est pas nécessairement un spéculateur triomphant. Il peut être un travailleur du différentiel minuscule, condamné à additionner des gains modestes, à absorber des erreurs, à immobiliser du stock, à supporter les retours et à sourire quand un acheteur lui explique, après réception, que le papier du XVIIIe siècle lui paraît un peu vieux.
Ce qui dérange, au fond, c’est moins que certains revendent. Le commerce du livre ancien a toujours reposé sur des passages de main, des écarts d’information, des différences de regard. Le libraire achète moins cher qu’il ne revend ; c’est même l’une des rares vérités stables du métier. Ce qui agace davantage, c’est la prétention de certains vendeurs à se présenter comme découvreurs quand ils ne sont parfois que recycleurs ; comme experts quand ils ont emprunté la notice ; comme sauveurs de livres quand ils ont surtout repéré une photographie insuffisante.
Le marché numérique du livre ancien n’a pas supprimé les intermédiaires ; il les a multipliés. Entre la salle des ventes, la plateforme, le prestataire de paiement, le transporteur et l’acheteur capricieux, chacun prélève sa part. Le vendeur croit faire commerce de livres ; il fait souvent commerce de frais.
Voilà donc ce que devient cette belle prospérité supposée, examinée de près. Une opération laborieuse au profit étique, qui rémunère mal le temps, mal le risque, et pas du tout la rêverie qui l’entoure.
La marge existe ; elle est juste rarement pour celui qui la cherche. Elle est plus souvent pour le système qui organise la rencontre, prend sa commission au passage, et laisse aux deux autres le soin de se persuader qu’ils ont été plus rusés que lui.
Cote de bibliothèque : MB-17 — Marché bibliophilique, plateformes numériques, marges supposées et illusions de revente.
La lettre du bibliophile
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Amis Bibliophiles bonjour, M’intéressant beaucoup aux romans gothiques et en particulier au Moine, j’ai eu l’occasion au fil des années de recueillir des renseignements sur les différentes traductions. Pour ceux qui ne connaissent pas bien: le roman gothique, né en Angleterre, a pour texte fondateur “Le château d’Otrante”, d’Horace Walpole (publié en 1765 et traduit en français en 1767). Un grand nombre d’écrivains anglais s’y sont essayés, faisant preuve de qualités très très inégales. En dehors de Walpole, trois noms se dégagent: Anne Radcliffe, auteur des Mystères d’Udolphe notamment, et de quelques autres titres, Lewis, auteur du Moine surtout (ses autres textes sont relativement peu intéressants) et Robert Maturin, auteur de Melmoth, mais aussi de Montorio -bien moins connu, et ce probablement à cause de la très grande rareté de la seule édition ancienne (1822)- et d’autres textes pas très significatifs. Melmoth, publié en 1820, est considéré comme le chant du cygne du genre gothique. C’est incontestablement un magnifique chef d’oeuvre, loué, comme le Moine, par les surréalistes. Dans ces romans, on trouve des héroïnes séquestrées, violées, des héritières malmenées, des souterrains où il se passe des choses affreuses, des meurtres, de l’inceste, des voleurs, des méchants, des fantômes, des religieux désaxés, des rebondissements, des événements surnaturels, ou en apparence seulement….le tout sur fond d’architecture gothique -il y avait un renouveau d’intérêt pour cette architecture quand Walpole a écrit Otrante et lui-même, très sensible à cela, s’était fait construire un petit château dans ce style. Les écrivains se rassemblent grosso modo en trois catégories, selon qu’ils sont influencés par Walpole, Radcliffe ou Lewis. A l’exception de Radcliffe, il y a vraiment intervention claire et nette du surnaturel (on n’est pas du tout dans le “fantastique expliqué”) et c’est elle qui, de très loin je crois, a influencé le plus d’auteurs. Il y aurait seulement une dizaine de livres se rattachant au Moine, dont le meilleur serait Zofloya ou le maure -réédité récemment par la librairie… d’Otrante (mais je ne l’ai pas encore lu). De mon point de vue, même si Anne Radcliffe peut être très agréable à lire, trois textes se détachent très largement, faisant preuve d’une puissance fascinante: Melmoth, Le Moine et Montorio. Dans Le Moine, il est question d’un prédicateur capucin, Ambrosio; les foules se pressent lors de ses sermons. Mais derrière ce que chacun perçoit comme vertu ou foi inébranlable est un grand orgueil, faille dans laquelle s’engouffrera le diable. Ainsi, par l’entremise d’un de ses agents, Mathilde, il fera chuter lourdement, incontestablement et irrémédiablement le Moine …Il est à noter qu’aujourd’hui encore, le lecteur, croyant ou pas, peut éprouver une sourde angoisse au récit de la longue et vertigineuse chute d’Ambrosio -véritable descente aux enfers- et surtout à l’idée de ce qui l’attend après la mort, car c’est bien là l’enjeu de l’histoire. Comme pour Melmoth. L’édition originale française du Moine de Lewis: c’est, d’après le fameux catalogue Oberlé de 1972 (De Horace Walpole… à Jean Ray), l’édition Maradan de 1797, en 3 tomes in-12, non illustrée. Gérard Oberlé dit que Maradan a toujours fait paraître les éditions grand in-12 avant les petites et que d’ailleurs les éditions sans figures sont toujours antérieures aux éditions illustrées dans la publication des romans noirs. Depuis ce catalogue, tout le monde semble d’accord pour lui donner raison. L’édition illustrée de Maradan, publiée la même année est en 4 volumes. Elle comporte quatre frontispices. Ces deux éditions ne sont pas courantes, mais, à mon sens, elles ne sont en aucune façon “rarissimes”, loin s’en faut. On trouve relativement “facilement” -j’exagère quand même- de beaux exemplaires en reliures d’époque. Comme pour l’eo des Mystères d’Udolphe, de Radcliffe. Absolument rien à voir en tout cas avec la difficulté qu’il y a à trouver en quelque condition que ce soit l’eo de Melmoth ou, encore pire, celle de Frankenstein- toutes deux datées de 1821. Les exemplaires de l’eo avec des gravures: il existe des exemplaires de l’eo in-12 comportant les frontispices de l’édition in-16. Il est difficile de savoir ce qui s’est passé à l’époque mais une chose est sûre: les feuillets correspondants -au moins pour l’exemplaire auquel je me réfère- ont bien le format de ceux de l’édition in-12 (pas de réemmargement).De plus on trouve à chaque fois indiqué à quelle page et tome la gravure doit se trouver, pour l’édition in-16 et celle in-12. C’est exactement comme pour les gravures qu’on trouve dans l’édition in-16, tout au moins pour certains exemplaires (mais pas pour tous: pour certains les indications de pages et tomes correspondent seulement au in-16…..).Enfin, les dimensions des gravures sont les mêmes dans le in-12 et le in-16. On peut vouloir tenter un parallèle avec les Mystères d’Udolphe, publié la même année chez Maradan: Oberlé avait dans son catalogue deux exemplaires de l’eo des Mystères d’Udolphe. Pour le n°8 (4 in-12 en 2 vol) il écrivait: “ÉDITION ORIGINALE FRANÇAISE, PREMIER TIRAGE. Voici l’occasion de mettre au point un détail bibliographique au sujet de ce livre. Ce renseignement nous a été fourni par Jean Viardot. il existe 2 sortes d’exemplaires de l’originale des Mystères, l’une avec les figures et l’autre sans les figures. La différence, invisible à l’oeil nu, se voit aux titres. L’édition sans figures (par conséquent la première) a une différence très nette d’espace entre les lignes du titre. Ces exemplaires de première émission ont 13,5 cm de hauteur entre la première et la dernière ligne du titre. Les autres (voir le n° suivant) ont moins de 13 cm. Il faut donc admettre définitivement que les grands exemplaires ne DOIVENT PAS AVOIR DE FIGURES.” Pour le n° suivant (4 in-12 en 2 vol, aussi), il écrivait: “ÉDITION ORIGINALE, 2ème ÉMISSION AVEC LES FIGURES, cette édition, avec figures, est de TOUTE RARETÉ. Jusqu’à présent les bibliographies et les catalogues des libraires mentionnaient 4 figures de Challiou gravées par Bovinet (cf Loliée 482). Notre exemplaire possède 6 FIGURES DE CHALLIOU, ce qui est probablement unique. Il existe bien une édition en 6 volumes de 1798 avec 6 figures, mais ces figures sont in-18 et portent les mentions des pp et tomes où elles doivent se trouver. Celles de notre ex. sont in-12 et ne portent que des mentions de tomes 1 à 4.” Autrement dit, pour Udolphe, on trouve des exemplaires de l’eo en 4 in-12 se distinguant par des pages de titres légèrement différentes et par la présence ou pas de gravures. Par contre, pour les deux exemplaires in-12 du Moine auxquels je me réfère, l’un avec gravures, l’autre sans, les pages de titre semblent identiques et de même pour le reste, accidents d’impression compris et, comme cela a été déjà dit, ce qui est vrai pour Udolphe concernant les mentions de tomes et de pages portées sur les gravures ne l’est pas forcément pour Le Moine. La situation paraît donc quand même différente mais il faudrait malgré tout comparer plus de pages des deux exemplaires du Moine dont il est question ici. On peut quand même penser que des lecteurs ont tout simplement eu envie d’insérer dans leur exemplaires in-12 des gravures de l’édition in-16. Mais cela suppose qu’on pouvait les trouver en feuillets au format in-12. En tout cas, le fait qu’il y ait eu en 1797 un retirage de l’édition in-12 des Mystères d’Udolphe n’entraîne pas qu’il se soit passé la même chose pour le Moine. Enfin, peut-être existe-t-il des exemplaires de l’eo in-12 illustrée du Moine présentant des gravures de plus grande taille que celles de l’édition in-16? Pour information, sauf souvenir erroné, j’ai vu une fois un exemplaire en 6 tomes in-12 et daté 1797 des Mystères d’Udolphe, ce qui n’a jamais à ma connaissance été signalé nulle part (la première édition Maradan connue en 6 tomes -celle qui est illustrée, de petit format est de 1798). Je ne sais plus s’il comportait des gravures. Dans le même ordre d’idée, il existe trois ou quatre collations différentes pour l’édition in-16 de 1797 du Moine -il y eu un article de J. C. Courbin à ce sujet, mais je n’arrive pas à le retrouver… En résumé, l’eo est en 3 tomes in-12 à la date 1797 et on la trouve parfois -très rarement- reliée à l’époque avec les gravures de l’édition in-16 de la même année, sans réemmargement. Dans ce cas, le tome 2 comporte deux gravures. Il n’y aurait enfin qu’un tirage de cette eo en 1797. L’édition Favre: il existe une autre édition du Moine à la date 1797 mais portant un autre titre: “Le jacobin espagnol, ou histoire du moine Ambrosio et de la belle Antonia sa soeur”. Elle a été rééditée l’année suivante. Elle est en 4 in-16 et comporte 4 frontispices sans aucun rapport avec ceux de Maradan. Elle est vraiment très rare -et de ce fait peu connue. C’est en réalité un plagiat quasi intégral de l‘édition Maradan: elle comporte exactement le même texte, mot pour mot, pour la très grande majorité des pages, sauf pour les passages où intervient le surnaturel: là, le texte est totalement modifié, le surnaturel supprimé, le livre se terminant même par une fin heureuse -un mariage -, le moine Ambrosio ayant été tué auparavant dans les souterrains du couvent…Le livre de Lewis est donc complètement dénaturé. NB: 1- Pour le fait que c’est Favre qui plagie Maradan et non l’inverse: j’avais à une époque cherché des renseignements dans des publications d’époque via les documents numérisés par google. Je ne me souviens plus de ce que j’avais trouvé mais j’avais en tout cas interprété dans ce sens ce que j’avais lu. C’est de toutes façons l’hypothèse la plus logique: on imagine mal Maradan recopier un texte comportant des passages sans rapport avec le texte anglais et rétablir ceux-ci.2- Je n’ai pas du tout lu entièrement “Le jacobin…” mais pour tous les passages que j’ai regardés où il aurait dû y avoir du surnaturel, il y avait eu modification. Autres traductions: il existe, datée de 1846, une traduction a priori inédite du Moine, faite par un certain Chevalier Ch. (R. de Champigny) – il en subsiste un manuscrit. Deux autres traductions (au moins?) ont été publiées au 19ème: celle de Léon de Wailly, chez Delloye en 1840 -2 tomes, 2 frontispices- et celle de l’abbé Morellet -traducteur d’Anne Radcliffe-, chez Cadeau en 1838 -en 1 tome in-8. La plus fidèle serait celle de Léon de Wailly. C’est aussi la moins rare des deux. Il y a eu aussi une édition illustrée dans les veillées littéraires illustrées. Une réédition de la traduction Maradan:: en 1850, cette traduction est ressortie chez Bertrandet, en 4 tomes, sous le titre: “Le moine ou le pacte infernal”. Elle semble très rare.NB: Si on veut étudier le sujet, le livre à lire en priorité est: “le roman gothique anglais 1764-1824”, de Maurice Lévy (c’est sa thèse)
Pour conclure sur l’édition originale de Le Moine, par Lewis: l’eo est en 3 tomes in-12 à la date 1797 et on la trouve parfois -très rarement- reliée à l’époque avec les gravures de l’édition in-16 de la même année, sans réemmargement. Dans ce cas, le tome 2 comporte deux gravures. Il n’y aurait enfin qu’un tirage de cette eo en 1797. Philippe
Article très intéressant, auquel il manque la réalité de la vente, vue par l’acheteur lui-même. Celui-ci ne cherche pas forcément la « Bonne Affaire », mais surtout « Le Livre » désiré depuis tant de temps.
L’intérêt de l’IA, les offres sinueuses à rebonds d’Ebay, Abebook,… qui proposent d’autres auteurs, thèmes,… qui vous permettent de connaître d’autres sujets,… orientent votre cerveau vers d’autres achats, d’autres centres d’intérêt, d’autres auteurs,… ne sont pas mentionnés. Il serait bon que le « vendeur » ait une réflexion d’ « acheteur ».
Ce n’est qu’une petite réflexion sur un sujet vaste et passionnant !
Le sentiment d’avoir fait « une bonne affaire » est le même pour l’acheteur, professionnel ou collectionneur. Que cela soit réel ou non, il est important d’avoir l’impression de ne pas s’être fait avoir en sur-payant un ouvrage. La différence c’est que le professionnel saura rapidement s’il a vu juste, lors de la revente, tandis que le collectionneur ne le saura jamais et vivra toute sa vie avec l’illusion d’avoir trouvé le merle blanc.
Très bien et très juste dans l’ensemble et dans la conclusion. Une hypothèse qui me semble assez fréquente et n’a pas été envisagée, le libraire a le livre en stock, le présente par l’intermédiaire d’une SVV pensant que vu la reliure doublée, le sujet, le livre pouvait faire un écart…Le livre est ravalé, alors le libraire le récupère et le présente via un autre circuit ebay ou autre. Cas assez fréquents de livres qui passent d’une adresse acheté en bloc par un libraire à son stock, de son stock de librairie en SVV , se vendent ou retourne au stock du libraire si ravalés.
Assez d’accord avec toi, Daniel.
Je pense avoir eu le cas plusieurs fois ces derniers temps, de livres achetés à des libraires, après qu’ils aient été ravagés en Svv, à des montants tout à fait raisonnables. Je suppose que comme pour tout bon commerçant la rotation rapide du stock est en paramètre important. Et par ailleurs une marge brute de 100% est tout à fait normale dans tout commerce. Et pour l’atteindre il faut bien avoir des lots avec une marge exceptionnelle pour compenser ceux qui ne sont vendus qu’avec difficulté.
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Article très intéressant, auquel il manque la réalité de la vente, vue par l’acheteur lui-même. Celui-ci ne cherche pas forcément la « Bonne Affaire », mais surtout « Le Livre » désiré depuis tant de temps.
L’intérêt de l’IA, les offres sinueuses à rebonds d’Ebay, Abebook,… qui proposent d’autres auteurs, thèmes,… qui vous permettent de connaître d’autres sujets,… orientent votre cerveau vers d’autres achats, d’autres centres d’intérêt, d’autres auteurs,… ne sont pas mentionnés. Il serait bon que le « vendeur » ait une réflexion d’ « acheteur ».
Ce n’est qu’une petite réflexion sur un sujet vaste et passionnant !
Le sentiment d’avoir fait « une bonne affaire » est le même pour l’acheteur, professionnel ou collectionneur. Que cela soit réel ou non, il est important d’avoir l’impression de ne pas s’être fait avoir en sur-payant un ouvrage. La différence c’est que le professionnel saura rapidement s’il a vu juste, lors de la revente, tandis que le collectionneur ne le saura jamais et vivra toute sa vie avec l’illusion d’avoir trouvé le merle blanc.
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Très bien et très juste dans l’ensemble et dans la conclusion. Une hypothèse qui me semble assez fréquente et n’a pas été envisagée, le libraire a le livre en stock, le présente par l’intermédiaire d’une SVV pensant que vu la reliure doublée, le sujet, le livre pouvait faire un écart…Le livre est ravalé, alors le libraire le récupère et le présente via un autre circuit ebay ou autre. Cas assez fréquents de livres qui passent d’une adresse acheté en bloc par un libraire à son stock, de son stock de librairie en SVV , se vendent ou retourne au stock du libraire si ravalés.
Assez d’accord avec toi, Daniel.
Je pense avoir eu le cas plusieurs fois ces derniers temps, de livres achetés à des libraires, après qu’ils aient été ravagés en Svv, à des montants tout à fait raisonnables. Je suppose que comme pour tout bon commerçant la rotation rapide du stock est en paramètre important. Et par ailleurs une marge brute de 100% est tout à fait normale dans tout commerce. Et pour l’atteindre il faut bien avoir des lots avec une marge exceptionnelle pour compenser ceux qui ne sont vendus qu’avec difficulté.