Une plaque de dorure signée Marius Michel

Amis Bibliophiles bonjour, Je vous présente ce soir une acquisition récente assez amusante. Au premier regard c’est une plaque de dorure de 160 x 110 mm au décor floral. 

 C’est en la retournant qu’elle devient très intéressante puisqu’on y découvre la double signature de Marius Michel: M.M. 1889 en haut, et Marius Michel 1889 en bas. 
 Avez-vous déjà croisé ce type d’objet? Une jolie petite curiosité pour bibliophile. Je compte sur vous pour identifier l’un des livres qu’elle a ornés! H

La lettre du bibliophile

Si cette chronique vous a plu : recevez trois nouvelles par semaine — livres rares, reliures, enchères, et les Dossiers IGLI. 18 ans d'archives, quelques milliers de lecteurs.

Pas de pub, pas de revente de données. Désabonnement en un clic.

À lire ensuite

La Reliure: le porc-épic de Maupéou, les armes « animalières » parlantes des bibliophiles I

La Reliure: le porc-épic de Maupéou, les armes « animalières » parlantes des bibliophiles I

Amis Bibliophiles bonjour,

Les bibliophiles de toutes les époques ont accordé une importance particulière à la personnalisation de leurs ouvrages. Pour la plupart, cette personnalisation s’exerce à l’intérieur des ouvrages par le biais d’ex-libris, qu’ils soient manuscrits ou plus élaborés (étiquettes gravées, cachet, etc.) ou de notes diverses qui permettent d’identifier le propriétaire d’un ouvrage (voir l’excellent article de Jean-Luc, sur les « Formulettes de possession: http://blog.100antiquebooks.com/index.php?post/2010/04/29/Formulettes-de-Possession-et-Inscriptions-sur-les-Livres). D’autres bibliophiles, généralement très prestigieux, choisissent de personnaliser la reliure de leurs ouvrages, soit par l’apposition d’un supra-libris, soit en faisant dorer leurs armes directement sur les plats ou le dos des reliures, les reliures aux armes.
Parmi ces reliures aux armes, il en est quelques unes qui attirent mon attention depuis de longues années maintenant pour leur originalité: les armes animalières, auxquelles je vais cette semaine consacrer quelques articles destinés à vous présenter les propriétaires de ces originales armes animalières, et qui eurent très souvent le bon goût d’être bibliophiles.
Un article par jour donc, pour vous présenter Maupéou et son porc-épic (qu’il partage avec Louis XII), François 1er et sa salamandre, Sartine et ses sardines, la Marquise de Pompadour et ses poissons, Fouquet et son écureuil, Colbert et son coluber… en laissant volontairement de côté les armes animalières « non personnelles », comme le bélier, souvent utilisé sur des ouvrages appartenant aux chevaliers de la Toison d’Or, ou le dauphin, utilisé sur les ouvrages destinés/appartenant aux Dauphins, mais aussi pour certaines familles du Dauphiné.C’est lors d’une exposition a Drouot que mon attention fût attirée pour la première fois par ce type de reliure, j’avais entre les mains une reliure aux armes de René-Nicolas Charles Augustin de Maupeou, symbolisant un porc-épic. Ma surprise venait notamment du fait qu’on ne trouve pas à ma connaissance de porc-épic en France.Fer de la famille Maupéou, qui sera vendu lors de la Vente de l’Atelier Simier.
René Nicolas Charles Augustin de Maupeou est un homme politique français né à Montpellier en 1714 ,mort à Le Thuit en 1792, Maupeou est le premier président du parlement de Paris de 1743 à 1757, garde des Sceaux de 1763 à 1768.Nommé chancelier de France en 1768 (dernier sous l’Ancien Régime) il contribue à la disgrâce de Choiseul.
Aidé de l’abbé Terray aux Finances et du duc d’Aiguillon aux Affaires étrangères, il entame la lutte contre l’opposition parlementaire.
Appuyé de Louis XV, Maupeou devant la résistance des parlements aux réformes financières de l’abbé Terray, condamne l’unité de corps des parlements, puis, devant leur refus de se soumettre à l’autorité royale, il les exile et confisque leurs charges aux parlementaires (1770-1771).
Il crée alors un nouveau parlement, dont les membres seront appointés et révocables. Malgré les protestations des anciens parlementaires et de l’aristocratie, la réforme est maintenue jusqu’à la mort de Louis XV. Louis XVI, dès son avènement en 1774 renvoi Maupeou et rappelle les parlementsSes armes sont « d’argent au porc-épic de sable ». Ce sont les armes de sa famille, et celles d’Ableiges. En fait, le porc-épic symbolise la valeur au combat, il fût également le symbole de Louis XII, Le Père du Peuple, dont voici une reliure:
H

92 Commentaires

  1. Right here is the perfect website for anyone who wishes to understand this topic. You know a whole lot its almost hard to argue with you (not that I really will need to…HaHa). You definitely put a new spin on a topic that’s been discussed for ages. Excellent stuff, just excellent!|

  2. J'ai du mal à saisir un détail 160 x 110 mm ne peu pas correspondre à un plat de Paul et Virginie de Curmer 1838 qui est un grand in8 ? l'imposition du texte est à peu pret de cette dimension et un exemplaire à marges correctes mais pas exceptionnelles que j'ai en main à des plats de 270 x 170 mm ?

    Daniel B.

  3. Le Paul et Virginie orné de cette plaque a été adjugé 35000 euros…
    http://www.alde.fr/lot/5350777
    Description :

    BERNARDIN DE SAINT PIERRE (Jacques-Henri). Paul et Virginie. Paris, Curmer, 1838. 2 volumes grand in-8, maroquin havane, plats ornés d'un important décor floral mosaïqué de maroquin vert, bronze, rose, bordeaux, rouge et crème, différent sur chaque volume, dos mosaïqué, tranches dorées sur témoins, encadrement intérieur avec fleur mosaïquée aux angles, doublure et gardes de soie brochée, doubles gardes de papier, couvertures, étuis (Marius Michel). Édition est ornée d'un frontispice, de 28 planches hors texte et de 450 vignettes environ, le tout gravé sur bois d'après Meissonier, Johannot, Français, Isabey, Steinlen, etc., d'une carte coloriée de l'île de France, et de 7 portraits hors texte gravés sur acier d'après Laffite, Johannot et Meissonier.
    Premier tirage de l'un des livres les plus célèbres et les plus représentatifs de son époque.
    Cet exemplaire, l'un des très rares sur chine, est cité par Carteret : "Nous signalons le plus beau des exemplaires connus, celui de M. Paul Gallimard ; cet exemplaire sur chine, à l'adresse de la rue Richelieu, relié en deux volumes, est très grand de marges, il contient en outre des grands bois à toutes marges sur papier de Chine : tous les fumés de bois qui sont de pures merveilles d'art et montrent, sous un jour inconnu aux bibliophiles, l'admirable production de la gravure sur bois de 1830-1840 quand elle peut se juger sur de semblables épreuves, quasi uniques, étourdissante de vigueur et de velouté. Marius Michel s'est distingué en exécutant pour les deux volumes deux très riches reliures mosaïquées, différentes, dans un style XVIème modernisé".
    Superbe reliure de Marius Michel, exécutée vers 1880, époque de sa plus intense productivité, durant laquelle il révolutionna l'art de la reliure en imposant le style floral qui fit son renom.
    De la bibliothèque Pierre Duché (1972 II, n°109), avec ex-libris.

  4. une reliure qui ressemble beaucoup :
    http://www.bibliorare.com/products/bida-alexandre-le-cantique-des-cantiques-traduit-de-lhebreu-par-ernest-renan-paris-hachette-et-cie-1886-grand-in-folio-maroquin-havane-plats-entierement-ornes-dun-decor-floral-de-maroquin/

    Bida, le cantique des cantiques.
    Texte du lot :

    Le Cantique des Cantiques. Traduit de l’hébreu par Ernest Renan. Paris, Hachette et Cie, 1886. Grand in-folio, maroquin havane, plats entièrement ornés d’un décor floral de maroquin mosaïqué noir, lavallière et vert pâle,…

    dos orné de même, tranches dorées, large encadrement intérieur avec listel de maroquin havane et filets dorés, doublures et gardes de soie brochée sur fond or, doubles gardes, chemise demi-maroquin et étui (Marius Michel).
    Superbe édition, ornée de 25 compositions du peintre toulousain Alexandre Bida (1813-1895), élève de Delacroix, gravées à l’eau-forte par Edmond Hédouin et Émile Boilvin. Exemplaire de l’artiste : imprimé sur vélin et réservé nominativement à Alexandre Bida, il contient quatre états des figures, dont l’eau-forte pure, sur japon, chine mince et un rarissime tirage sur chine bleuté avant toute lettre. Somptueuse et magistrale reliure mosaïquée de Marius Michel, dont la maquette a été présentée à l’Exposition Universelle de 1878 et qui fut exposée à la Rétrospective Marius Michel du Palais des Beaux-Arts (Paris, mai-juin 1927, n°19, avec reproduction). De la bibliothèque E. Solacroup (1925, n°237), avec cachet doré sur une garde.

  5. je tilte sur les inscriptions au dos… à l'exposition de 1889 Marius-Michel a exposé de nombreuses reliures et a obtenu des grandes récompenses. Il n'est pas impossible que cette plaque corresponde à l'une de ces reliures.

  6. malheureusement le titre du livre est illisible… je devine "vie" mais çà ne dit rien du tout ; il n'y a apparemment qu'un caisson, soit nom d'auteur soit titre du livre. "Une vie" de Maupassant ? mais je n'y crois pas.

  7. la plaque a servi à illustrer un plat (et non pas un contreplat, Benoît 😉 ), reproduit dans le livre de M-M "l'ornementation des reliures modernes", c'est la planche 24.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.