Sur l’agenda du bibliophile: la bibliothèque de François 1er à Blois

Amis Bibliophiles bonjour,
La commémoration nationale de l’avènement de François 1er procure au bibliophile des expositions en rafale, toutes plus riches les unes que les autres. Bien que les titres des expositions n’insistent guère sur l’omniprésence des livres, il y a peu de chance, au total, de revoir exposés avant longtemps autant de manuscrits, d’imprimés, d’enluminures, de reliures et de dessins exceptionnels du début du XVIe siècle.
 
Après la riche exposition de la BnF, Pouvoir & image, où nous avions particulièrement remarqué de nombreuses reliures de la bibliothèque de Fontainebleau, le château de Blois propose jusqu’au 18 octobre une présentation  des bibliothèques de François 1er sous l’intitulé : Trésors royaux.
L’écrin du château de Blois, après avoir traversé la cour nous transporte tout de suite dans l’ambiance.
Pour la première fois sont réunis non seulement des ouvrages provenant des bibliothèques constituées à l’usage du roi à Blois puis à Fontainebleau mais aussi des ouvrages hérités de ses parents.
Le grand-père de François 1er, Jean d’Angoulême avait constitué une bibliothèque de plus de 148 volumes. Elle fut enrichie par Charles son fils de livres fastueux et d’imprimés de luxe sur vélin d’Antoine Vérard, personnalisés par des enlumineurs.
Brant, La nef des folz du monde, 1498, enluminures François Le Barbier, BnF, Vélins 607On remarquera provenant de la bibliothèque des ducs de Savoie le recueil de musique profane du roman de Fauvel entré dans la bibliothèque d’Amédée VIII de Savoie arrière-grand-père de Louise. Cette dernière ne cessera d’enrichir sa bibliothèque de manuscrits enluminés par Robinet Testard puis Jean Pichore qui entreront plus tard dans la bibliothèque de François 1er  son fils.Le roman de Fauvel
Le Recueil des histoires de Troie, enluminures de Robinet Restard, la roue à livresIl faut porter une attention particulière au riche ensemble de reliures de soie restauré pour l’occasion. Les manuscrits de Louise de Savoie bénéficiaient de ce type de couvrure et tout particulièrement le manuscrit les Gestes de Blanche de Castille couvert de tissu noir brodé, exemple rarissime, exposé pour la première fois. Ces livres reliés couverts de tissu se retrouvent dans la bibliothèque de François 1er. Une fois roi, François 1er  hérite à Blois de la bibliothèque constituée par les ducs d’Orléans et enrichie par le roi Louis XII. Il ne tarde pas à en faire établir un inventaire.  
Mattioli, Venise, 1539, imprimé, reliure atelier de Jean Picard, relieur de Grolier
Il échange cependant régulièrement des livres de sa bibliothèque personnelle avec ceux de la bibliothèque royale. En 1544, les deux bibliothèques et de nombreuses acquisitions de manuscrits grecs et d’imprimés italiens sont réunies à Fontainebleau.  À partir de 1530 la bibliothèque personnelle du roi confie des trains de livres à relier aux armes et aux chiffres au relieur parisien Etienne Roffet. À la fin de son règne François 1er  organise un cabinet privé, seconde bibliothèque personnelle, plus moderne mais précieuse dont plusieurs éléments se retrouvent aujourd’hui dispersés à travers le monde.
Enfin, un catalogue précis et luxueusement illustré de 319 pages sous la direction de Maxence Hermant  conservera la trace de cette exceptionnelle présentation.

Lauverjat

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Les salons sont-ils l’avenir de la librairie: retour sur le Salon du Grand Palais

Les salons sont-ils l’avenir de la librairie: retour sur le Salon du Grand Palais

Amis Bibliophiles bonsoir,
Au lieu de vous proposer un énième compte-rendu du Salon du Grand Palais: « c’était bien mais », « j’ai aimé ceci mais pas cela », « j’ai acheté ceci, oh regardez comme c’est beau »…, « c’est trop cher », et j’en passe… je me suis dit que j’allais me plutôt demander pourquoi j’allais à ce salon et ce qu’il apporte, ce qu’il m’apporte.
En réalité j’achète assez peu souvent au Grand Palais, une année sur deux je dirais, j’arrive à résister à la fièvre acheteuse lié à l’événement, ou plutôt je ne croise pas de livre qui me tente assez. En fait, avec le temps je me suis rendu compte que je n’allais presque plus au Salon pour acheter mais pour d’autres raisons, très diverses.

Parce que c’est au Grand Palais: oui, c’est tout bête, mais j’aime cet endroit, c’est un « faire venir » essentiel. J’aime l’idée de voir les livres rassemblés dans un temple aussi Auguste (et encore plus cette année), et ne serait-ce que pour avoir le plaisir de venir bibliophiler sous la grande verrière, et bien je viens. Je ne vais plus tellement dans les autres salons, Champerret se bunkerise et se cartepostalise, Olympe de Gouges c’est un peu pareil, à croire que le bibliophile s’épanouit dans les espaces souterrains, sans fenêtres. Terrible. Je n’aimais pas la Mutualité, pour la même raison d’ailleurs.
Parce que j’y retrouve des amis bibliophiles: c’est traditionnellement l’occasion d’improviser un repas de bibliophiles, de partager nos trouvailles, d’évoquer des achats futurs ou passés, de poser des questions, de découvrir de nouveaux types d’ouvrages, d’apprendre; des amitiés solides se sont nouées au fil du temps.
Parce que c’est à mon sens le plus grand rassemblement, et le plus beau, autour du livre ancien. C’est là que sont les plus livres, c’est là qu’on peut en voir le plus en aussi peu de temps, et surtout croiser des exemplaires parfaits, uniques…
Enfin, et c’est le sujet du titre de ce poste, parce que je me demande de plus en plus sérieusement si les salons ne sont pas l’avenir de la librairie. Je m’explique: 
1. Je n’ai plus le temps de fréquenter les librairies, et il faut bien l’avouer pas toujours l’envie. Le « cérémonial » me pèse, l’accueil parfois calme toute envie. Le salon est une occasion unique de déambuler librement dans une petite centaine de librairies, sans pression, face à des libraires qui sont souvent ici plus accueillants que dans leur antre 🙂 
2. La profusion de l’offre, qui est étourdissante et offre un véritable choix, bien plus que quand on entre dans une librairie. C’est aussi l’occasion de comparer des exemplaires proches, à quelques mètres les uns des autres pour dénicher celui qui nous plaît le plus. 
3. La possibilité de déambuler avec un ou plusieurs amis, et de leur demander conseil ou avis, ce qui serait probablement incongru dans une librairie.
4. La possibilité d’échanger et de s’enrichir auprès de nombreux libraires, de sortir de ses petites habitudes, d’en découvrir de nouveaux, qui viennent de province ou de l’étranger où je n’aurai matériellement pas le temps de me rendre en un week-end.
5. C’est peut-être le seul endroit où on peut voir en aussi peu de temps autant de livres sans avoir à cliquer sur une souris. 
Des bémols, et bien je n’en vois pas. Et vous?
H
P.S.: au fait, je n’ai rien acheté. 

3 Commentaires

  1. Très belle exposition et superbe catalogue ! Merci de l'avoir mise en lumière Lauverjat.
    Dans la même veine, je vous conseille l'exposition "Le siècle de François Ier, du roi guerrier au roi mécène" au domaine de Chantilly. Je n'ai pas vu l'expo, mais le catalogue déborde de manuscrits et de reliures !!!
    Philippem

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