Scoop mondial :) … mais qui sont vraiment les soutiens d’Aristophil? Le fichier Clearstream de la bibliophilie

Amis Bibliophiles bonjour, Même si je m’étais juré de ne pas revenir sur Aristophil cette semaine, il m’est difficile d’échapper à l’actualité brûlante, chaque jour apportant son nouveau lot d’informations.  Hier, c’était le Slam, qui, à son rythme, condamnait de sa main droite toute logique d’investissement, tout en cliquant de sa main gauche sur la vidéo de l’un de ses présidents d’honneur et membre de droit de son conseil d’administration vantant Aristophil et les culbutes potentielles (https://www.youtube.com/watch?v=fcTFwmVwfgg)… aujourd’hui, c’est Aristophil dans toute sa splendeur qui nous offre le scoop du jour. Aristophil alias les Pieds Nickelés aux manettes.  Bibliophile, je suis aussi assez connaisseur des médias et des nouvelles technologies, et alors que je me promenais sur Facebook et twitter aujourd’hui, j’ai vu apparaître, presque en temps réel deux groupes de soutien à Aristophil, un sur chacun de ces réseaux sociaux. Sur Facebook, ce groupe est nommé « Soutenons Aristophil » (https://www.facebook.com/pages/Soutenons-Aristophil/875327689186163).  Créé hier, il s’enorgueillit de 366 mentions « J’aime », dont la mienne, et a pris la parole en criant au complot, avec un magnifique et très éloquent visuel.    Ces personnes sont toutes, arrivées hier, à l’ouverture, massivement. En prenant un peu de temps, on constate que nombre de ces profils sont des conseillers en placement divers… Hélas, impossible d’avoir la liste exhaustive de ces soutiens sur ce réseau social. Twitter est un réseau social différent. Sur Twitter la page « Soutenons Aristophil » peut se trouver sous l’alias @pouraristophil.   Le contenu est le même, on y parle de lapidation, de vol, de complot. Oui mais voilà, Twitter est un réseau social plus ouvert.  Sur ce réseau on sait qui soutient une page, donc dans le cas présent, en regardant qui soutient la page « Soutenons Aristophil », et bien, c’est simple, on a enfin la liste des soutiens d’Aristophil. Enfin! Et ils sont nombreux.  Là aussi près de 300 soutiens en un seul jour, tous arrivés entre hier et aujourd’hui, massivement (c’est amusant, 300, c’est plus que les amis du compte Aristophil). On croyait Aristophil sans défense, et bien on se trompe.  La page elle même a été crée par un certain Edouard Gerandi, qui a créé son propre compte twitter hier, juste avant de créer le compte de soutien à Aristophil. D’Edouard Gerandi, je ne sais rien, ni Google d’ailleurs, ni Bing, ni Facebook, ni LinkedIn, et je le présume, ni les impôts. Il n’existe probablement pas. Mais passons, intéressons nous à la liste des soutiens à Aristophil. Cette fois c’est sûr on va avoir du lourd, du people, du VIP, du politique, du libraire tiens, même, soyons fous… Près de 300 soutiens en un jour, on se bouscule au portillon, en plus ils se sont donnés le mot, ils sont tous arrivés en même temps, une traînée de poudre, la révolte gronde dans les rangs des défenseurs d’Aristophil. La révolution, même, elle est en marche, et rien ne l’arrêtera. Enfin bref, cette liste brûlante, autant vous le dire c’est le fichier Clearstream de la bibliophilie. De la bombe bébé. Nucléaire. Ca va éparpiller façon puzzle. Vous en voulez? Vous en voulez? Bon ok, je lâche tout. Peu importe les conséquences. M’en fous. Prenons trois soutiens d’Aristophil dans les premiers rangs: 
 Jordan Vidal, d’emblée, ça m’a rassuré, l’empereur du Burkina Faso et le Flam (c’est le Slam du flamenco) sont derrière Aristophil, des soutiens de poids, de l’international, ça va peser à La Haye ou à l’ONU, de l’artistique, ça va peser dans Danse avec les Stars. 
 Autre bon point à l’international, ami Aristophil, les trolls mexicains sont avec toi également, et à défaut d’oranges, tu pourras toujours compter sur du crumble.  
 
Habbl France est de la partie…, quand je pense qu’on se plaint sans cesse du manque d’intérêt des jeunes pour la bibliophilie! Aristophil, les ados avec toi! Gérard, des nouveaux potes!
 Bon là, j’ai rien compris, mais ça sent bon aussi comme soutien, c’est du lourd, ça peut peser dans la balance.  
 
Avec Quentin et Cristina, je fais moins le malin, experts en cybercriminalité et en criminologie, mais pourquoi soutenir Aristophil? Gérard, t’es trankil! Continuons de dérouler cette liste fascinante, mais déroutante. Ce n’est pas évident, aucun nom ou pseudonyme français, ligne après ligne. Le Libéria aussi est là, sa Majesté en personne, même si là, la photo est peut-être un clin d’œil :). Mais Est-ce un G et un L que je distingue sur le ceinturon? Et si c’était? Noooon! Enorme! 

Bref, tout est à l’avenant, vous trouverez la liste ici: https://twitter.com/EDOUARDGERANDI/followers

Je termine avec mes préférés, encore une fois du lourd, surtout Anabel que tous les bibliophiles connaissent bien. Anabel, moi croyais que toi et moi c’était du solide, là, tu me déçois un peu… Mais bon, je reconnais là ton goût pour la liberté.

Que vous soyez spécialiste des réseaux sociaux ou non, vous l’aurez compris, ce compte de soutien monté par une personne fantôme pour Aristophil a acquis des « soutiens », des « fans », des « amis », auprès de sociétés spécialisées.  Ces profils fantômes s’achètent par centaines, pour des sommes modiques et permettent de booster la popularité d’un profil. C’est un procédé vieux comme twitter, mais auquel plus personne de sérieux ne se risque depuis que quelques politiciens se sont fait prendre. Bref à éviter à tout prix, surtout quand son image est un peu secouée dans les médias, c’est de l’amateurisme. Pour nous convaincre que tout ceci était un complot, pour nous montrer combien Aristophil était soutenu, c’est tout ce que certaines personnes ont trouvé à faire.  Vous me direz, acheter de faux comptes, c’est une forme de spéculation. Les mauvaises habitudes, cela se perd rarement. Pour ce qui est des vrais soutiens à Aristophil, pas besoin de fichier Clearstream, tout le monde les connaît, vous n’avez qu’à aller voir sur leur site. Il n’y a plus de site?  Mince :).  Hugues

La lettre du bibliophile

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Un Livre à l’honneur : Le Gazetier Cuirassé par Charles Théveneau, dit de Morande

Un Livre à l'honneur : Le Gazetier Cuirassé par Charles Théveneau, dit de Morande

Amis Bibliophiles Bonjour,

Je me propose d’évoquer aujourd’hui avec vous aujourd’hui l’un des plus intéressants libelles du XVIIIe siècle, bien connu pour son frontispice – que je décrypterai demain, dans un autre message -, le Gazetier Cuirassé.

Le Gazetier Cuirassé est « l’oeuvre » de Charles Théveneau, dit de Morande ou chevalier de Morande (1741 – 1805). C’est un violent pamphlet contre les moeurs de la Cour et du Royaume de France sous le règne de Louis XV.

Né à Dijon, Charles Théveneau délaisse son droit pour vivre de sa plume. Après un passage dans le régiment des Dragons de 1759 à 1763, il rejoint Paris où il va mener une vie de libertin, faite de profits douteux, de jeu et à semble-t-il à la limite du proxénétisme.

Ses activités finiront par attirer l’attention du lieutenant général de police Sartine, dont les services qualifient Morande de « .. libertin crapuleux qui avait du mal vénérien et qui était dans les frictions », « coureur de filles », « brutal » et « mauvais sujet ».

Il sera brièvement écroué, libéré puis enfermé à nouveau pour vol de montres… dans les maisons closes et tentatives d’enlèvement. Finalement libéré après de nouveaux longs mois de prison, accablé de dettes et poursuivi pour ses écrits déjà irrévérencieux il gagne l’Angleterre en 1770.

Sans ressources et il met rapidement en place un système de chantage, qui sera à l’origine du Gazetier Cuirassé : depuis Londres, il écrit à diverses personnes de la Cour et les menace de publier des anecdotes scandaleuses à leur sujet, s’il ne reçoit pas de leur part une somme d’argent lui permettant de subsister à Londres.
Parallèlement, il écrit le Gazetier Cuirassé qui rassemble ces anecdotes et le publie depuis Londres. L’ouvrage arrive à Paris le 3 août 1771 et connaît un succès immédiat. Il est signalé au duc d’Aiguillon alors à la tête du secrétariat d’État des affaires étrangères par le censeur royal François-Louis Claude Marin.

L’ouvrage contient un très grand nombre d’anecdotes sur les débauches et les travers de la Cour, donnant l’image d’un royaume décadent et d’une noblesse et d’un clergé avilis. Les cibles privilégiées sont le chancelier de Maupeou et le Duc de la Vrillière (deux grands personnages de l’Etat), dont les portraits ornent le frontispice, mais Morande calomnie également le Roi et ses proches, en particulier Mme du Barry, la favorite en titre.

Après une erreur (l’ouvrage est attribué injustement au duc de Lauraguais), l’auteur, Morande, est identifié par les services de la Police de Paris : « brochure est du sieur Morande ci-devant escroc à Paris…; qui ne l’est pas moins à Londres, puisqu’il passe pour constant qu’il a eu mille guinées pour la vente de cette rapsodie : les libraires de votre capitale n’eussent pas fait un pareil marché de dupe. » (Mémoire pour moi ; par moi Louis de Brancas, comte de Lauraguais ; à Londres, 1773, in-8.)

Morande se lance alors dans une carrière de « voyou littéraire » qui finira par le perdre, ou de « chevalier d’égout » comme l’écrivît Emile Canterel (Nouvelles à la main sur la comtesse Du Barry, Paris, 1861).

En 1773, il décide de s’en prendre à la Comtesse du Barry, qui est alors la favorite royale, en la menaçant d’un nouveau libelle qui lui serait entièrement dédié. La cour, le Duc D’Aiguillon et le Chevalier D’Eon s’activent alors pour mettre un terme aux agissements du maître chanteur, et ce d’autant plus que l’ambassadeur anglais a prévenu « qu’on ne s’opposerait point à ce qu’on vint enlever dans les États de Sa Majesté Britannique, y noyer dans la Tamise ou y étouffer ce monstre pourvu que l’intrigue se conduisît dans le plus grand mystère et sans blesser à l extérieur les droits de la nation anglaise ». Les opérations de police pour s’emparer de Morande échouent et la Cour se décide à négocier avec Morande et lui versent une somme d’argent en échange de son silence sur la Comtesse du Barry.

A la suite cet épisode, il se range plus ou moins, collabore avec la police, trahi d’autres libellistes, travaille pour Beaumarchais à Londres, devient Directeur du Courrier le l’Europe, puis rejoint la France où après diverses péripéties il devient…. juge de paix et s’éteint en 1805.

Mais revenons au Gazetier Cuirassé : c’est un libelle, de format in-12 imprimé sur un papier de faible qualité, qui est imprimé à Londres.

L’ouvrage est composé de plusieurs parties : anecdotes transparentes, divertissantes ou extraordinaires, etc. et présente une quantité incroyable de ragots, dont l’auteur prévient en introduction que parmi ces informations, certaines sont tout au plus vraisemblables et qu’il compte sur le discernement des lecteurs pour démêler le vrai du faux.

Ce qui frappe avant tout, plus que les anecdotes et informations qui concernent souvent (mais pas toujours) des personnes aujourd’hui tombées dans l’oubli, c’est la particularité de la gravure en frontispice. On y voit une sorte de personnage cuirassé (l’auteur j’imagine), qui tire à boulets « rouges » dans tous les sens, et notamment vers les portraits de Maupeou et de la Vrillière, de son vrai nom Louis Phélypeaux. On distingue d’ailleurs de petits feuillets, qui volent sous la canonnade, portant les mots « Et plus bas Phélipeaux ».


L’ouvrage, dont le titre complet est « le Gazetier Cuirassé ou Anecdotes Scandaleuses de la Cour de France », est imprimé à Londres, en 1771 et 1772, mais sur la page de titre on trouve « imprimé à cent lieues de la Bastille, à l’enseigne de la Liberté ». Malgré ses travers, il est amusant à lire et fournit de curieux détails sur les moeurs du règne de Louis XV

Quelques exemples?

« On assure qu’un laquais (robuste) qui débute à Paris est payé aussi cher par les femmes qui s’en servent, qu’un cheval de race en Angleterre : si ce système prend faveur, une génération ou deux suffiront pour rétablir les tempéramens…(de la cour) ».

« La fécondité s’est glissée dans le couvent des filles de la conception, où le Saint-Esprit a fait dix miracles en une nuit ».

« Pour prévenir les incestes qui se commettent en France par le clergé, il sera permis aux prêtres à l’avenir de prendre des femmes… »

« On joue souvent la comédie chez Mme la Comtesse du Barry; on assure que Mr le Chancelier est si bon comédien, qu’il prend toutes sortes de rôles »

« On dit que Mademoiselle Clairon a été soûper chez le Marquis de Vill. Pour goûter un peu de tout ».

« Mademoiselle Laurencin qui pendant dix ans s’est promenée à pied tous les soirs sous les lanternes de Paris, vient de prendre un carrosse que traînera Monsieur le Comte de Bintem, dont elle a fait la connaissance par hasard en faisant son service dans les Tuileries ». Pour cette anecdote, comme à chaque page, on trouve une note de bas de page, qui donne des informations plus.. sociologiques : « tous les soirs, à la chute du jour, on voît arriver en foule au jardin des Tuileries un régiment de petites ouvrières enveloppées dans leur coêttes, de femmes qui se disent veuves, de vieilles courtières avec enfans; qui toutes viennent se dévouer aux vieillards honteux, qui en ont besoin. Mlle Laurencin a servi dans ce corps respectable pendant dix ans, et a été nommée à un emploi par Mr. Le Comte de Bintem, qui lui a trouvé beaucoup de dextérité dans ses exercices ».

« Mademoiselle des Orages est construite sur le modèle de Mademoiselle Clairon, elle a de plus qu’elle de la barbe et l’effronterie d’un grenadier ».

HP.S. : L’avis aux lecteurs :
« Les fautes, qui se sont glissées à l’impression sont presque inévitables dans un ouvrage imprimé à la hâte, et dans une langue étrangère à celui qui l’imprime ; malgré toute l’attention apporté à la ponctuation et à l’orthographe, il a été impossible de prévenir des erreurs. »

7 Commentaires

  1. Cet article est écrit d'une belle plume. Et l'histoire est édifiante. J'aime bien l'analyse du fonctionnement des réseaux sociaux et de leur manipulation.
    Le concept d'Aristophil m'a toujours paru toxique, comme les emprunts du même nom. Mais on n'empêche jamais certains d'avoir du goût pour les produits toxiques !
    Je préfère chiner chez les bouquinistes. On y trouve encore de beaux livres, sans se ruiner.

  2. Pour info, l'interview sur France Info, à écouter :
    http://dl.free.fr/uU9zS87Fb

    où G.L. dit notamment qu'il n'y a aucun intérêt à 8%, mais que c'est le client qui s'engage par contrat à revendre à Aristophil avec une plus-value de 8% par an…

    Il y a vraiment des investisseurs idiots à ce point?

    Et quand on regarde sur internet, le grand argument des défenseurs est de dire "ceux qui attaquent Aristophil ne connaissent rien aux manuscrits", "les manuscrits n'ont pas décôté depuis le 17e siècle", etc.

    Je leur donne rendez-vous ici !!!

  3. Alors là, tu m'en bouches un coin Hugues !
    Je dirais bien bravo mais on va dire encore qu'il y a compromission.
    Au fait, comment s'appellent ces raisonnements qui se mordent la queue ?
    Du genre : la fdj a inscrit Aristopheles dans les offres qu'elle propose aux gagnants du loto (si,si, c véridique); donc Aristogagnant (170K, record français) s'est vu proposé ses propres placements; donc … Oh là là, j'ai mal à la tête…
    Sans queue, ni tête ? Yes sir !

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