Je ne résiste pas à partager avec vous la description de ce très intéressant texte, qui sera en vente chez Alde le 17 octobre 2017.
[SAINT-GERMAIN (Comte de) ?].
[Manuscrit triangulaire]. S.l.n.d. [vers 1770]. (235 x 235 x 235 mm), basane marbrée (Reliure vers 1810). Titre et 25 feuillets sur vélin ; ex-libris manuscrit sur papier monté sur onglet avant le titre.
TEXTE MYTHIQUE DES SCIENCES OCCULTES, CE MANUSCRIT DE FORME TRIANGULAIRE, ENTIÈREMENT CHIFFRÉ, DONNERAIT LA CLEF DES POUVOIRS SECRETS DU COMTE DE SAINT-GERMAIN (1691?-1784).
Seul le premier feuillet, écrit en capitales romaines, est lisible par tous : Ex-dono Sapientissimi Comitis Saint-Germain Qui Orbem Terrarum Per Cucurrit (Donné par le très savant comte de Saint-Germain qui a parcouru le monde). On sait que ce personnage passait pour omniscient et immortel. Les 25 feuillets donnent les textes cryptés des formules, prières et invocations qui permettent d’entrer en relation avec les Esprits et Démons, calligraphiés sur vélin en encres de différentes couleurs et en or, avec 4 dessins : un dragon (sur le titre), 2 « cercles magiques » et un manuscrit triangulaire ouvert.
En tête du volume, se trouve l’ex-libris manuscrit, daté et situé « Orient de New-York 5810 » (1810) d’ANTOINE-LOUIS MORET. Né en 1736 et installé plus tard en Amérique, Moret a consigné tous ses titres dont celui de « PRINCE DE TOUS LES ORDRES MAÇONNIQUES et de tous les Rites Français, Écossais Anglais… »
On connaît un autre exemplaire de ce manuscrit, acquis par le Musée Getty à la vente de Manly Palmer Hall (1901-1990), grand collectionneur d’occultisme : il est de la même main et conservé dans une reliure similaire (Ms. 210). Ex-libris Maurice Burrus n°673. Restauration à la charnière du plat supérieur.
Estimation: 4 000 – 6 000 €
H
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Amis Bibliophiles bonjour, « Couverture d’époque et dos conservés », le bibliophile croise très souvent cette expression dans les notices des libraires ou des catalogues de vente aux enchères. Son sens est assez évident à comprendre, cela signifie qu’au moment de relier l’ouvrage, le relieur a préservé la couverture brochée de l’époque, voire le dos, le plus souvent relié à la fin de l’ouvrage. Cette mention accroît généralement la valeur d’un ouvrage, mais savez-vous pourquoi? Cette mode est apparue au 19e siècle (auparavant, les ouvrages étaient livrées sous couverture d’attente, en général vierge, au relieur, qui les enlevait avant de relier l’ouvrage), et elle a trouvé son origine dans deux tendances de fond de la bibliophilie de ce siècle, qui se sont succédées. Pour les bibliophiles de l’époque romantique, conserver la couverture brochée, et surtout le dos était capital. Aux yeux de ces puristes, les exemplaires reliés dont la couverture brochée et le dos avaient été conservés étaient des exemplaires parfaits et complets, parce qu’ils étaient rebrochables à tout instant pour peu que l’on cassât la reliure. Le processus était totalement réversible à condition que le dos soit présent. Vandérem cite d’ailleurs l’exemple d’un bibliophile l’ayant invité à visiter sa bibliothèque de livres brochés. A son arrivée, il découvre des rayonnages complets de riches reliures signées, signifiant sa surprise, il se voit répondre par son hôte: « (cet ouvrage est bien broché), il est complet: marges, couvertures, dos. On n’a qu’à casser la reliure (sic) pour en faire un broché ». Logiquement, un Vandérem relié en demi-maroquin, mais dont couverture et dos ont été conservés.A partir du second empire, cette tendance fût renforcée par la multiplication des papiers proposés pour chaque ouvrage, qui entraînait une plus grande diversité des prix pour un même ouvrage. Dans la recherche de l’exemplaire parfait sur grand papier, conserver la couverture de l’époque sous la reliure était un atout de plus pour un ouvrage, mais c’est à partir de ce moment là que l’importance du dos est devenue encore plus grande: en effet, les prix étaient généralement inscrits sur les dos et conserver le dos permettait également de connaître le type d’exemplaire auquel on avait affaire dans le cas où l’on est pas le premier propriétaire de l’ouvrage. Personnellement, il m’est arrivé d’avoir des difficultés à identifier le tirage et le grand papier d’un ouvrage, et c’est une indication dans le Vicaire qui m’a permis de trouver la bonne réponse, parce que le prix était inscrit au dos de la couverture brochée, qui avait été conservée. L’EO de Une vie de Maupassant, avec sa couverture et son dos conservés. La date et le dos qui porte le prix qui permettent de l’identifier selon le Vicaire. Sans parler de réversibilité et de casser une reliure pour rebrocher un exemplaire, les ouvrages reliés dont la couverture d’époque a été conservée ont donc une valeur bibliophilique plus grande, qui s’accroît encore lorsque le dos est aussi présent, ce qui est plus rare. Soyez attentifs, la couverture, premier et second plat, ainsi que le dos, peuvent parfait avoir été reliés en fin d’ouvrage. Si l’on en croît Clouzot, dans son Guide du bibliophile français (Chapitre III – Notions générales de Bibliophilie pratique), « certains volumes de l’époque romantique ont eu la mauvaise chance d’être reliés trop tard. Trop tard pour qu’ils puissent prétendre à posséder une reliure d’époque, trop tôt pour avoir connu la mode de la couverture conservée et des marges intactes. En principe, et à moins qu’il ne s’agisse d’ouvrages extrêmement rares ou possédant une particularité attachante, ces exemplaires sont à rejeter » Vous savez ce qu’il vous reste à faire. H
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Pardon René . Mea Culpa 😊
Dans ce manuscrit, est-il fait mention de Belphégor et du métal de Paracelse ?
😉
René.
Bonjour André, vous connaissez ce manuscrit ? Ou bien avec vous réussi à le lire avec simplement la photo ?