Parution d’un ouvrage autour de la bibliophilie: « Des Couleurs et des Livres » par Mathieu Charleux

Amis Bibliophiles bonjour, La couleur des reliures, un « objet de poétique potentielle »… J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ce sujet sur le blog, notamment en commentant les très jolis catalogues de Roch de Coligny. (http://bibliophilie.blogspot.fr/2013/10/des-maroquins-de-la-delicatesse-les.html) Ce sujet fait désormais l’objet d’une très délicate plaquette signée par le sympathique et jeune libraire Mathieu Charleux, Des Couleurs et des Livres,  proposée par les éditions Ipagine qui, patiemment et avec goût, construisent une jolie collection de petits ouvrages dédiées à la bibliophilie.   L’ouvrage est préfacé par Christian Galantaris: «Mathieu Charleux aborde avec audace un sujet dont les confins sont vagues et lointains, mais il importait qu’il le fît, dès lors qu’il s’agissait de la perception visuelle des objets en lien avec le maniement de la langue. Car la description des reliures et de leurs couleurs, même faite par des spécialistes, donne lieu quotidiennement à un flou nullement artistique. » C’est un beau voyage auquel nous invite Mathieu Charleux: après un rappel des fondamentaux historiques au sujet des paussiers, des liens subtils entre provenances et couleurs, puis des principes techniques avec les principaux cuirs et peaux utilisés en reliure, l’auteur s’attelle au cœur de l’ouvrage, le nuancier. A grand renfort de références bibliographiques Mathieu Charleux liste les nuances les plus connues, mais aussi les plus rares, utilisées en reliure: acajou, mais aussi aile de mouche, cuisse de nymphe émue, gorge-de-pigeon, pavé mouillé ou zinzolin… Avant de conclure, il évoque également le cas particulier des couleurs des reliures de Hetzel pour les ouvrages de Jules Verne.  En conclusion, 43 pages de bonheur délicat, de bibliophilie précieuse (dans le bon sens du terme), que vous pouvez vous procurer auprès des éditions Ipagine (http://ipagine.com/livres-actuels/204-des-couleurs-et-des-livres-de-mathieu-charleux-9791091749497.html) pour 30 euros. H

PS. vous pouvez également vous procurer l’ouvrage chez l’auteur:
librairiedaprevent@yahoo.fr

La lettre du bibliophile

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Les portraits dans les livres du 17ème siècle

Les portraits dans les livres du 17ème siècle

Amis Bibliophiles bonjour,
Au XVIIe siècle le portrait gravé change d’apparence dans les livres. Le petit médaillon de l’auteur au verso du titre tend à disparaître. Dès la fin du XVIe est apparu sur les pages de titre un décor gravé d’architecture en forme d’arc de triomphe qui participe à la solennelisation du livre. Comme le dit Jean-Marc Chatelain “les grands livres d’apparat du XVIIe siècle sont des machines à produire de l’éternité”(la naissance du livre moderne). 

Dans cette mise en scène le portrait de l’auteur se retrouve au dessus de la clef de voûte de l’arc de triomphe, (Ronsard, Paris, Nicolas Buon, 1609 ; Alciat, Paris, Jean Richer 1618; Montaigne, Rouen, Jean Berthelin 1641).
Surtout avec le temps s’impose le grand portrait gravé pleine page en frontispice dans des formats toujours plus grands. Ces gravures désormais quasi exclusivement sur cuivre sont parfois exécutées d’après peintures ou dessins et le nom de l’artiste figure en face de celui du graveur.

Le portrait dans un ovale entouré de sa légende, repose sur un piédestal pourvu d’une corniche, comme une statue sur son socle. Les armoiries du portraituré sont placées à la base de l’ovale.
Le siècle s’ouvre avec Thomas de Leu et Léonard Gaultier. Puis d’autres grands artistes s’illustrent (Gérard Edelinck, François Poilly..). Le plus célèbre, Robert Nanteuil, graveur portraitiste né à Reims (…!), est aussi le plus fécond.
A côté de cette production “livresque” des éditeurs publient des portraits isolés qu’il est parfois heureux de retrouver reliés par les bibliophiles de l’époque avec les oeuvres de l’auteur (Catherinot, Marolles, ).Le cas de Michel de Marolles est intéressant car il s’agit d’un des plus grands collectionneurs d’estampes et de portraits gravés de son temps dont la collection (120 000 images dont 17000 portraits) fut acquise par le roi en 1667 et se trouve aujourd’hui dans le fond N 2 de la Bnf. On retrouve son portrait gravé en tiré à part, en vis à vis de ses armoiries, un madrigal au verso.Pour terminé ce bref tour d’horizon voici un type de portrait en médaillon au sein d’un frontispice allégorique de Hadrien Valois, recueil publié par son fils en 1694 sous le titre Valesiana.
Lauverjat

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