La Fiche bibliographique française de Hector Talvart

Amis Bibliophiles bonjour,

Connaissez-vous la Fiche bibliographique française?

C’est Hector Talvart (1880 – 1959), qui crée au début des années la Fiche Bibliographique française, qu’il animera seul jusqu’en 1931: il y recense les ouvrages et les écrits des auteurs français du XIXe siècle. Ces fiche constitueront le socle  la Bibliographie des auteurs modernes de langue française. En 1934, Talvart recevra un prix de la part de l’Académie française4. L’entreprise, inachevée à la disparition de ses fondateurs, se poursuit jusqu’en 1976.

Le 20 octobre 2017, Salorges mettra en vente à Nantes le curieux coffret de ces Fiches bibliographiques françaises présenté ci-dessus, ainsi décrit au catalogue:

[La Fiche bibliographique française]. [La Rochelle, Pijollet, vers 1930].

Ces fiches concernent les auteurs français du milieu du XIXe siècle au début du XXe, elles donnent une petite biographie de l’auteur, la liste de ses oeuvres, l’éditeur, le format, si le livre est épuisé ou non, le prix de mise en vente, le prix en 1912 et 1924. Viennent ensuite les écrits en collaboration, les préfaces, et les bibliographies. De Paul Adam à Émile Zola elles sont au nombre d’environ 900 elles sont cartonnées et présentées dans un modeste coffret en bois. Certaines ont les coins supérieurs un peu frottés avec très rarement perte d’un peu de texte. Ces fiches furent ensuite remplacées par la monumentale Bibliographie de Talvart et Place : Bibliographie des auteurs modernes de langue française que les auteurs ne purent terminer.

L’estimation pour cette petite curiosité est 200 – 300 euros.

Ci dessous, un exemple de Fiche bibliographique française, celle dédiée à Huysmans (source: Huysmans.org)

H

 

La lettre du bibliophile

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Reconnaître une édition originale : le guide

Bibliophilie et Poliorcétique: LORINI BUONAIUTO – LE FORTIFICATIONI… 1609

À la manière de Lucas Corso, chasseur de livres et traqueur d’exemplaires authentiques.

Amis bibliophiles, bonjour.

Une édition originale, c’est le premier état d’un texte, sa naissance imprimée ; tout le reste n’en est que la copie. Mais le marché regorge de réimpressions habillées en originales, et seul un œil méthodique fait la différence. Voici comment ne pas se faire avoir.

L’édition originale, qu’on abrège volontiers en EO, est la première édition d’un ouvrage dans son premier tirage, la forme sous laquelle un texte est apparu pour la première fois ; sa valeur tient à cette primauté, qui en fait l’exemplaire le plus proche du moment de création. Encore faut-il distinguer la première édition du premier tirage, car une édition peut connaître plusieurs tirages successifs, et l’idéal du chasseur réunit les deux : le premier tirage de la première édition.

Plusieurs indices trahissent une originale. La mention d’édition, d’abord : une vraie originale ne porte généralement aucune indication du genre « deuxième édition » ou « nouvelle édition revue » — et l’on se méfiera, à l’inverse, des « édition originale » imprimées trop fièrement, car on ne se vante pas de ce qui va de soi. La date ensuite, qu’il faut comparer entre la page de titre et l’achevé d’imprimer en fin de volume, toute incohérence étant un signal. La justification du tirage, pour les livres modernes, situe l’exemplaire dans l’édition par le nombre d’exemplaires, les papiers et la numérotation. Restent enfin les fameux « points », ces détails précis qu’ont relevés les bibliographes — une coquille corrigée, un cartonnage, un état de gravure — et qui distinguent le premier tirage des suivants : c’est là que se gagne ou se perd une enquête.

Les pièges sont nombreux. La réimpression à l’identique, le « remis dans le commerce » coiffé d’une nouvelle page de titre, l’exemplaire de deuxième tirage vendu comme premier : autant de chausse-trappes. L’habit ne fait pas l’originale ; le détail, lui, ne ment pas.

Pour trancher, on consulte les bibliographies de référence, qui décrivent l’originale point par point et forment la carte du chasseur. Elles se répartissent par époque : le Tchemerzine couvre les auteurs français des quinzième au dix-huitième siècles, tandis que le Vicaire, avec son Manuel de l’amateur de livres du dix-neuvième siècle, et le Clouzot, avec son Guide du bibliophile français, se consacrent au dix-neuvième. Choisissez l’outil selon la période de votre livre, car aucun ne fait tout.

Pour authentifier, il faut savoir lire un livre : voyez nos pages sur les formats, sur les reliures et sur l’estimation.

Un livre trop sûr de lui ment souvent. Le vrai se laisse vérifier. — à la manière de L. Corso.

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