La plus haute enchère de l’histoire pour un Livre de psaumes de 1640, adjugé chez Sotheby’s.

Amis Bibliophiles bonjour,

Le milliardaire et philanthrope américain David Rubenstein, à l’origine du fonds d’investissement Carlyle Group, s’est offert un joli cadeau pour Thanksgiving. C’est en effet lui qui a remporté, pour 14,165 millions de dollars, les enchères sur un petit livre de psaumes, datant de 1640, qui est premier ouvrage imprimé sur ce qui allait devenir le territoire américain.

L’ouvrage est ainsi devenu l’ouvrage le plus jamais vendu aux enchères, détrônant le record récent établi en 2010 pour une première édition des Oiseaux d’Amérique, du naturaliste et peintre américain d’origine française Jean-Jacques Audubon, qui avait été adjugée chez Sotheby’s à Londres pour 11,5 millions de dollars.

Le résultat est impressionnant mais, en dessous des estimations de Sotheby’s, qui attendait des enchères entre 15 et 30 millions de dollars pour l’ouvrage. Les enchères ont démarré à 6 millions de dollars et ont duré quelques minutes.

David Rubinstein a prévu de présenter le livre au public américain en le prêtant à diverses bibliothèques, avant de le confier à l’un d’entre elles.

Ce livre de psaumes n’est néanmoins pas l’ouvrage le plus cher de tous les temps, record détenu par Codex Leicester, écrit par Léonard de Vinci, et daté de 1508-1510. Il avait été acheté lors d’une transaction directe par le cofondateur de Microsoft, Bill Gates, en 1994 pour un peu plus de 30 millions de dollars. (http://bibliophilie.blogspot.fr/2011/01/au-sommet-les-dix-livres-les-plus-chers.html).

Ce livre de psaumes avait été imprimé à 1700 exemplaires par des pèlerins à Cambridge, dans la colonie de la baie du Massachusetts.

On ne connaît aujourd’hui plus que onze exemplaires. 

H

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La Fontaine et les Fermiers Généraux…

La Fontaine et les Fermiers Généraux…

Amis Bibliophiles bonjour,

 

Sous l’Ancien Régime, les fermiers généraux étaient ceux qui tenaient à ferme ou à bail les revenus publics, composés surtout alors de la taille, de la gabelle (l’impôt du sel), de l’impôt des tabacs, des octrois, etc.
Ils formaient une association privilégiée, la ferme générale, qui compta longtemps 40 membres, et qui fut ensuite portée à 60. Ils s’enrichissaient rapidement et de façon considérable.

Leur nomination dépendait du ministre des finances, et le plus souvent le ministre recevait du personnage préféré un pot-de-vin considérable. L’institution des fermiers généraux remonte à Philippe le Bel. Elle donna lieu à une foule d’abus, que l’Assemblée constituante fit disparaître en 1790, en supprimant les fermes.

Mais quand on est bibliophile, les fermiers généraux renvoient à la Fontaine (1621 -1695) et à son ouvrage « Contes et Nouvelles en vers » dont les fermiers généraux financèrent une édition qui passe pour l’un des plus beaux livres illustrés du 18ème siècle.

Les richissimes Fermiers Généraux ne renoncèrent en effet à aucune dépense pour que l’édition soit une des plus belles qui soient : elle fût imprimée à Paris (Barbou), avec les caractères de Fournier le Jeune, et tirée à 2000 exemplaires seulement, en deux volumes in-8, sur papier de Hollande.

Cette édition des Fermiers Généraux doit grandement son succès à l’illustration d’Eisen, qui se livre ici à un exercice magistral, « amplifiant délicatement » ce que le texte suggère, et bien souvent de façon assez libertine. Il est d’ailleurs secondé par Choffard, graveur ornemaniste dont les culs-de-lampe sont également magnifiques.
En général, les exemplaires bien constitués comportent un Portrait-frontispice de La Fontaine d’après Rigaud gravé par Ficquet, un portrait d’Eisen, gravé par Ficquet d’après Vispré, quatre vignettes, 53 culs-de-lampe par Choffard et 80 figures d’après Eisen gravées par Aliamet, Baquoy, Choffard, Delafosse, Flipart, Lemire, Leveau, de Longueil et Ouvrier.

Naturellement, les Fermiers Généraux ne pouvaient se contenter de reliures médiocres et très souvent les exemplaires sont reliés en maroquin, parfois même signé, ce qui est assez rare pour le 18ème siècle.

L’ouvrage est-il rare? Curieusement, non. Mais il est toujours très cher. Et puis, comme tout bel objet, l’ouvrage a fait l’objet de nombreuses contrefaçons qui sont elles plus abordables et parfois également exquises.

H

Images : mon édition, bleue, et une autre.

4 Commentaires

  1. Hmmm le Carlyle Group… Marchands de guerre avec des chefs d'Etat au conseil d'administration
    De quoi se donner envie de revoir Farenheit 9/11 de M. Moore.

    Olivier

  2. 14,165 millions de $ pour un texte insipide!
    Certes, le premier imprimé en Amérique, mais la belle affaire…
    Certes, cet ouvrage matérialise le ciment religieux de cette nouvelle société qui va se développer au 17e en Nouvelle Angleterre, mais bon ça ne me bouleverse pas non plus!
    A côté de ça, il y a quelques jours à Auxerre, 1500 € seulement pour l'édition in-12 des Oeuvres de La Mettrie de 1753 en superbe maroquin d'époque.
    Cherchez l'erreur!
    Et moi ça me va bien ainsi 🙂

    Bonne lecture à tous!

    Wolfi

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