Dans l’agenda du bibliophile, une exposition à Écouen : Louise de Savoie, une reine sans couronne ?

Amis Bibliophiles bonjour,
Pour débuter cette nouvelle année avec François Ier, le château d’Écouen propose, jusqu’au 1er février 2016, une exposition sur la mère du roi, Louise de Savoie. 

La BibliothèquePanneau, doré de la devise AplanosFille du duc de Savoie, épouse puis veuve du comte d’Angoulême, elle porte son fils sur le trône et assume un vrai rôle politique, évident à l’occasion de ses régences. L’exposition, par la mise en valeur d’œuvres exceptionnelles, comme la tenture aux emblèmes d’Angoulême et de Savoie venue de Boston ou le buste du roi en céramique prêté par le Metropolitan museum of art de New York, retrace la vie d’une femme de pouvoir, influente, courageuse, lettrée et mécène, mais sans couronne.
Même si le motif de l’exposition n’est pas bibliophile, la présence et la symbolique de Louise de Savoie se manifestent surtout dans le domaine des arts du livre. Aussi peut-on admirer de nombreuses enluminures, telles celles réalisées par Robinet Testard sur les Héroïdes d’Ovide, livre commandé par Louise de Savoie veuve ou celles réalisées par Jean Pichore sur les remèdes de Fortune en présent de Georges d’Amboise ou celles de Guillaume Leroy sur le traité sur les vertus cardinales. 

Le Rondeau des Vertus, André de la Vigne, Jean Pichore, 1515.© RMN-Grand Palais (musée de la Renaissance, château d’Ecouen) / Adrien Didierjean

Des lettres et des manuscrits complètent l’exposition ainsi que des livres comme par exemple l’Histoire agrégative des annales et croniques d’Anjou de 1529 pourvu d’un grand bois gravé à pleine page où Louise de Savoie, en majesté, reçoit l’hommage de l’auteur. Le bibliophile poursuivra l’exposition par la visite au deuxième étage de la bibliothèque du connétable Anne de Montmorency, au-dessus de la chapelle, entièrement panneautée à sa devise. Sur les pupitres sont exposés des ouvrages contemporains de Louise de Savoie et significatifs de l’éducation de son fils François. On remarque ainsi, le songe de Poliphile, le Champfleury de Tory (édition 1549, une reliure de Roffet, une autre de Tory, etc. 
Traité des vertus, de leur excellence, et comment on peut les acquérir
F. Demoulins.Paris, BNF, Département des Manuscrits
© Bnf Seule précaution, l’accès à la bibliothèque n’est hélas ouvert qu’en semaine.

Lauverjat

La lettre du bibliophile

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Les femmes bibliophiles à la bibliothèque du chateau de Chantilly

Les femmes bibliophiles à la bibliothèque du chateau de Chantilly

Amis Bibliophiles bonjour,

La bibliothèque du château de Chantilly présente une exposition jusqu’au 27 juin intitulée “les femmes bibliophiles de Catherine de Médicis à la duchesse d’Aumale”. Les livres exposés dans le cadre incomparable du Cabinet des livres, couvrent chronologiquement toute l’histoire du livre depuis le livre enluminé médiéval jusqu’aux productions contemporaines. Ils ont tous appartenu à des femmes d’exceptions, bibliophiles exigeantes, dans un monde essentiellement masculin.Armes de Catherine de Coëtivy sur :Christine de Pizan, Épitre d’Othéa à Hector, Ms. 495, cliché CNRS-IRHT, © Bibliothèque et archives du château de Chantilly.Catherine de Coëtivy poursuivit à la fin du XVe siècle et au début du XVIe, une collection de manuscrits enluminés du XIIe au XVe commencée du vivant de son époux. Elle l’enrichit largement et s’inspire du plan de la bibliothèque idéale composée pour le roi. (Une quarantaine de ses livres est conservée à la bibliothèque du château). Les manuscrits enluminés grand in-folio portent les armes et la devise de la bibliophile.
Reliure au chiffre,armes et devise de Catherine de Médicis sur:De l’Estat et succez des affaires de France par Bernard de Girard, XXIII-BIS-C-006, bibliothèque et archives du château de Chantilly© (Domaine de Chantilly) / René-Gabriel Ojéda.On ne présente plus les deux rivales Catherine de Médicis et Diane de Poitiers qui sont probablement moins des bibliophiles que des “femmes de pouvoir et de savoir” selon les termes d’Olivier Bosc commissaire de l’exposition. Parmi les splendides ouvrages présentés signalons pour la reine, “L’Estat et succez des affaires de France” par Bernard de Girard chez Pierre l’Huillier en 1572, en plein maroquin olive aux petits fers, chiffres et symboles dorés et aux armes, emblème et devises peintes. Pour la favorite, à laquelle on à beaucoup attribué à tort, nous choisirons cette reliure à la grecque et aux entrelacs mosaïqués qui porte son monogramme.
Armes de la Grande Mademoiselle sur:Mémoires de la cour d’Espagne (1679-1681) par Mme d’Aulnoy, VII-G-049, © bibliothèque et archives du château de Chantilly.  Au XVIIe, la Grande Mademoiselle tient salon et sa bibliothèque presque entièrement reliée en maroquin rouge suit l’évolution de la reliure pendant le Grand Siècle. La comtesse de Verrue est une grande collectionneuse et laisse derrière elle deux bibliothèques, une à Paris et une à Meudon où ses livres portent ce supra libris (”Meudon”) doré au-dessus de ses armes.
Armes de Madame de Pompadour sur :Divertissements du théatre des Petits Appartements pendant l’hiver de 1748 à 1749 et de 1749 à 1750, XII-F-035, © Bibliothèque et archives du château de Chantilly.Les livres de madame de Pompadour, rassemblés par le duc d’Aumale, sont parmi les plus exceptionnels. Voici en cinq volumes en maroquin bleu orné à la dentelle et aux armes dorées et argentées, un des trois exemplaires sur vélin, des “divertissements du théâtre des Petits Appartements…” organisés et joués par la favorite pour le roi. Retrouvons ensuite, au XIXe Marie-Caroline duchesse de Berry, puis la “femme du bibliophile”: la duchesse d’Aumale.
Le cabinet des livres nous propose de terminer ce voyage en compagnie des Cent Une, société bibliophile bien connue des lecteurs du Blog et toujours très active. De nombreuse réalisations récentes alliant texte et illustrateur sont exposées, affirmant ainsi de belle manière la pérennité de la bibliophilie au féminin.
Lauverjat

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