Dans la bibliothèque des bibliophiles du Blog: le dernier achat de Calamar, Paul et Virginie par… Edmond de Favières

Amis Bibliophiles bonjour,
Voici le dernier livre reçu, ouvrage qui trouvera aisément sa place dans ma bibliothèque.
Il se présente sous la forme d’une plaquette brochée, de 20cm sur 12cm, sous brochure de papier bleu, avec une étiquette (la couverture est peut-être postérieure).

Malgré son format apparent, le livre est un in-4  composé de 4 cahiers, soit 32 pages ; et il n’y a pas d’espace perdu.

Il s’agit de « Paul et Virginie, comédie en trois actes et en prose, mêlée d’ariettes, représentée par les comédiens italiens, le 15 janvier 1791 ». 
L’ouvrage, anonyme dans cette édition, est d’Edmond de Favières (1755-1837) ; la musique est de Kreutzer.
L’immense succès de la pastorale de Bernardin de Saint-Pierre a donné lieu à toutes sortes de publications, produits dérivés (comme on ne disait pas encore), et contrefaçons. Dans le lot se trouvent des adaptations pour le théâtre, le théâtre chanté, comme ici, ou même l’opéra.
La pièce d’Edmond de Favières, représentée pour la première fois en 1791, aura un succès important et de nombreux imprimeurs la diffuseront.
Paul Toinet, dans sa bibliographie de Paul et Virginie, recense une dizaine de ces impressions, entre 1791 et 1800.
Il faut dire que la pièce finit mieux que le livre : Paul sauve Virginie, ils vécurent heureux et riches (l’histoire ne dit pas s’ils eurent de nombreux enfants) avec leurs bons esclaves noirs.

L’exemplaire ici présenté est publié par Alphonse Bérenguier (1747-1820), imprimeur libraire à Avignon. Il donnera plusieurs éditions successives de ce texte, toujours sous ce même format (32 pages bien employées). Curieusement, aucune de ces impressions n’est recensée par Paul Toinet.
Ces ouvrages, largement diffusés, mais de petite valeur, devenus assez rares, mais sont peu recherchés ; sauf par les monomaniaques de Paul et Virginie tels que Paul Toinet.
Le peu d’intérêt des (vrais) bibliophiles pour ce genre d’ouvrages m’a permis de le trouver sur ebay pour une somme symbolique : en gros, les frais de port…
Calamar

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Un grand livre de bibliophilie du XVIIIème: Les Baisers de Dorat

Un grand livre de bibliophilie du XVIIIème: Les Baisers de Dorat

Amis Bibliophiles bonjour,
Pour certains, c’est l’un des plus beaux livres illustrés du 18ème siècle, et c’est vrai qu’il est particulièrement charmant et délicat: Les Baisers, précédés du mois de Mai est le chef d’oeuvre de Claude Joseph Dorat.L’édition originale est parue en 1770 à La Haye et Paris, chez Lambert et Delalain, en format in-8 (119pp.; 47 pp.).
L’ouvrage est connu des bibliographes et des bibliophiles pour son illustration très raffinée: un frontispice par Eisen, gravé par Ponce, une figure à pleine page par Eisen, gravée par de Longueil, un fleuron sur le titre ainsi que 22 vignettes, toujours par Eisen, et 22 culs de lampe par Eisen (20) et Marillier (2), qui furent gravée par Aliamet, Baquoy, Binet, de Launay, Lingée, de Longueil, Masqulier, Massard, Née et Ponce.

Ces gravures exquises sont typiques du 18ème siècle et mettent en scène une amante puis des couples d’amants qui rejouent des scénettes de la vie amoureuse. 


Cohen écrit que l’ouvrage est « illustré avec un goût parfait et une grâce achevée ». Selon lui, pour bien apprécier ses ravissantes illustrations, il est nécessaire de se procurer les exemplaires sur grand papier de Hollande avec les titres en rouge et noir.  C’est le cas ici, un exemplaire sur grand papier de Hollande, avec les titres en rouge et noir et, de premier tirage, à grandes marges, et de surcroît les erreurs dans la numérotation des pages (ou est-ce même dans la pagination?) du premier texte « Le Mois de Mai », et qui est caractéristique des tous premiers exemplaires. Claude Joseph Dorat, également connu sous le nom de Chevalier Dorat, est né le 31 décembre 1734 à Paris, où il est mort le 29 avril 1780. C’est un poète et dramaturge français. Après une carrière éphémère dans le corps des mousquetaires du Roi, il se mit à fréquenter le monde des lettres, du théâtre et des femmes à la mode où il épuisa son patrimoine en dépenses pour ses plaisirs et pour l’impression de ses ouvrages.
Il publia dans de nombreux genres différents : poèmes, tragédies, comédies, contes, fables, épîtres, odes, héroïdes dans le genre d’Ovide, madrigaux, grands vers et vers légers. Dorat a suscité un grand nombre de poètes qu’on a nommés l’école de Dorat.
Dorat publia la plupart de ses ouvrages avec de nombreuses gravures par Marillier et Eisen, ce qui en fit des chefs-d’œuvre d’art et de luxe typographique. L’abbé Galiani disait à ce sujet que le poète « se sauvait du naufrage de planche en planche ». Si la réputation du poète y gagna, sa fortune finit par s’y perdre.Cet exemplaire à toutes marges est habillé d’une jolie reliure signée Lortic, en plein maroquin rouge à la Duseuil, avec de très jolis fers à l’oiseau, et de charmantes gardes de soie brodée. Il ne contient aucun ex-libris et porte le chiffre des Goncourt.
H

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4 Commentaires

  1. Vrai bibliophile ou pas, on ne résiste pas à ces plaquettes, généralement mal imprimées mais sur un beau papier :). En plus c’est une impression du fameux Alphonse Berenguier. Imprimeur du Lycée , puis du Département du Vaucluse tenant boutique près des ci-devant jésuites. Une figure en Avignon pendant la Révolution.
    Textor

  2. Ayant du goût pour ces livrets, souvent bien grossièrement imprimés, mais qui ont à mes yeux l'avantage de me donner l'impression de toucher du doigt les émotions ressentis par les spectateurs, j'ai commencé il y a quelques années à en constituer une bibliothèque, qui compte à ce jour un peu plus de huit cent références (leur faible prix, pour celles de la seconde moitié du dix-huitième siècle, autorise bien des envies). Je vais regarder si celle-ci y figure. La reliure de papier bleu ajoute au plaisir. Elle est sans doute contemporaine, car c'était une reliure d'attente fréquente, beaucoup d'amateurs rassemblant en volumes des sélections de leur choix. Il y avait à Avignon un libraire actif en la matière, avec revendeurs à Paris, Philippem. Il n'est pas rare que certaines de ces éditions, notamment celles provinciales, ne figurent pas au catalogue papier des imprimés de la bibliothèque nationale.

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