Amis Bibliophiles bonsoir,
Gaspard Clair François Marie Riche de Prony (17551839), est l’un des plus grands ingénieurs français de la première moitié du dixneuvième siècle. Plus praticien que théoricien, il a coopéré à la construction du pont de la Concorde, puis, en 1785, aux travaux de restauration du port de Dunkerque. En 1794, Prony est nommé professeur de sciences mathématiques à l’École Polytechnique. En 1795, il fait partie des nouveaux membres de l’Institut dont il devient secrétaire de la section des sciences physiques et mathématiques. En 1798, il est nommé directeur de l’École des ponts et chaussées. Il participe à de nombreuses missions d’études par exemple pour l’assainissement des Marais Pontins. En 1825, la Restauration lui donne le titre de baron, et Louis-Philippe, en 1835, lui accorde le titre de pair. Je vous présente quelquesuns de ses ouvrages.
Mécanique philosophique ou analyse raisonnée des diverses parties de la science de l’équilibre etdu mouvement.Paris, Imprimerie de la République. An VIII. EO.1 volume in4 ; (4), VIII, 477, (3) pp.
Cette mécanique constituait initialement les cahiers 7 et 8 du Journal de l’Ecole Polytechnique. Au dos du faux titre il est noté : « La IVe. et la Ve. partie de cet ouvrage paraîtront dans quelques mois, avec un Tableau synoptique de toutes les parties de la mécanique. » Ces parties n’ont jamais paru et le texte de Prony fut extrait de la série et remplacé par un cahier 7 et 8 contenant les Leçons de mathématiques données à l’École Normale en 1795 par Lagrange et Laplace.
Plan raisonné de la partie de l’enseignement de l’école polytechnique qui a pour objet l’équilibre et le mouvement des corps.Recherches sur la poussée des terres.Paris, Courcier. An 9. EO An 10.1 volume in4 ; (2), IX, (1), 224 pp. 20, (2) pp, 1 pl.
L’ouvrage est divisé en six parties : Statique – Dynamique – Hydrostatique – Hydrodynamique – Des machines et des moteurs – Considération générale sur l’équilibre et le mouvement. Dans son préambule, Prony note : « L’ordre et la méthode que j’ai suivis, dans les combinaisons de ces idées générales, pour en former ce qu’on peut appeler l’édifice de la science, sont exposés dans ma Mécanique Philosophique… les changements sont peu considérables ».
Recherches physicomathématiques sur la théorie des eaux courantes.Paris, Imprimerie Impériale. An XII, 1804. EO.1 volume in4 ; (2), XXXII, 130, (2) pp, 7 tableaux, 2 pl.
Prony fut envoyé en Italie à plusieurs reprises par Napoléon, pour étudier les méthodes de régularisation des cours d’eau. Dans ce traité il présente de manière claire les principes de la mécanique des fluides. Prony analyse la vitesse et la pression de l’eau, les réalisations de canaux et de conduits, et il expose ses expériences sur le mouvement de l’eau dans des conduits cylindriques, et dans des canaux ouverts. Dans cet ouvrage, il reprend les expériences de Bossut et de Du Buat sur les eaux courantes. Il fournit aux ingénieurs en hydraulique des règles pratiques qui seront suivies jusqu’à la fin du XIXe siècle. 
Sommaire des leçons sur le mouvement des corps solides, l’équilibre et le mouvement des fluides…Paris, P. Gueffier. 1809. EO.1 volume in4 ; (8) pp. 1ère Partie : Statique : 4, 4, 2, 3, 2, 4, 6, 4, 2 pp. Dynamique : 12 pp. 2ème Partie : Dynamique : 11, 3, 2, 3, 3, 2, 10, 13, 3, 4, 9, 4, 2, 8, 4, 2, 4, 2, 3, 2, 5, 5, 9, 16, 2, 5, 2, 3, 10, 3, 6, 36, 8, 26 pp, 2 tableaux.
Ces leçons sont celles données par Prony, professeur de mécanique à l’École Impériale Polytechnique, en 1809. Le volume est divisé en deux parties ayant le même titre : Cours de Mécanique. La première partie contient 16 leçons de statique, suivies de 6 leçons de dynamique et d’un supplément. La seconde partie est formée de 47 leçons de mécanique auxquelles on a joint les leçons 48 et 49 (4 pp, 1 tableau). Cet ensemble est très rare. La première leçon possède la signature de Savary. Il s’agit peut-être de André Daniel Savary (17911860) entré à Polytechnique en 1807. Cet ouvrage provenant de la bibliothèque Becquerel, et A. C. Becquerel étant entré à Polytechnique en 1807, la première possibilité est plus probable.

Leçons de mécanique analytique.Paris, Imprimerie de l’École Impériale (puis Royale) des Ponts et Chaussées. 18101815. EO.1 volume in4 ; (4), 6, 306, VI pp, 3 pl. (4), 530, IX, (3) pp, 1 pl.
Prony est chargé dès la création de l’École Polytechnique en 1794, de professer l’application de l’analyse à la mécanique. Le conseil d’administration de l’École le presse de publier son cours, mais Prony est par ailleurs chargé de plusieurs missions par le gouvernement. Le contenu des cours de Prony est édité en 1801 par Francoeur, un de ses ancien élève, dans son Traité élémentaire de mécanique, d’après les méthodes de R. Prony. Dans la préface, l’auteur explique qu’il s’agit ici d’un ouvrage tout à fait nouveau du fait des nombreuses augmentations et améliorations qu’il a opérées ainsi que des avancées importantes faites dans la connaissance de ce sujet.
La première partie est dans la rare édition originale de 1810 ; on rencontre plus souvent les deux parties à la date de 1815. On remarque le changement de nom de l’Ecole en 1815: impériale pour lapremière partie puis royale pour la seconde.
Cet ouvrage est inachevé. Deux parties seulement, la statique et la dynamique, s’y trouvent traitées; il manque encore l’hydrostatique et l’hydrodynamique, que Prony avait promises et auxquelles même il devait joindre des applications, ce qui eût donné lieu à une cinquième partie.
Pièce autographe écrite par Prony en 1826 ou 1827 relative à sa demande de fonds pour les expériences sur la force expansive de la vapeur d’eau.
On trouve à la suite un mot de Joseph Fourier : Convoquer la commission des fonds pour l’inviter à délibérer sur cet objet et un mot de Georges Cuvier : A convoquer la com. des fonds pour lundi.
Le Gouvernement français engagea, en 1824, l’Académie des sciences à s’occuper de recherches expérimentales sur les lois de la force expansive de la vapeur d’eau, à des hautes températures.
L’Académie nomma une commission formée de Arago, Dulong, Ampère, Girard et Prony.
On pourrait encore parler de l’important ouvrage de Prony sur l’Architecture hydraulique … Mais j’ai déjà trop abusé de l’hospitalité de Hugues que je remercie.
Bernard
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Sainte-Beuve bibliophile et bibliopégimane.

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Un Livre à l’honneur : Le Gazetier Cuirassé par Charles Théveneau, dit de Morande
Passons rapidement sur le Sainte-Beuve écrivain que tout un chacun peut lire à l’envie notamment dans les 16 volumes des Causeries du Lundi (recueil en volume de ces articles de critique littéraire parus dans la presse). Passons sur le Sainte-Beuve ami-amant du couple Hugo.
C’est encore une fois le hasard qui a mis entre nos mains le catalogue de cette bibliothèque, complet des deux parties, avec en prime, pour chaque numéro le prix d’adjudication porté en marge à la mine de plomb et pour une bonne partie des lots (2/3 environs) augmenté du nom de l’acquéreur. Quelle mine de renseignements ! Quel plaisir de bibliophile que de savoir où sont allés d’échoir pour un temps ses mirifiques épaves livresques !
Détaillons maintenant. Feuilletons ensemble.
Arrêtons là l’étalage à prix marqués. En prenant une ou deux pages au hasard dans le catalogue voici quelques noms d’acheteurs comme ils sont indiqués : Labitte (libraire) ; Raguin ( ?) ; Rouquette (libraire) ; Pottier ( ?) ; Potier (libraire) ; Claudin (libraire) ; Jullien ( ?) ; Giraud (libraire ?) ; Aubry (libraire) ; Parent ( ?) ; Bailleul ( ?) ; Gougy (libraire) ; Baur ( ?) ; Brachet ( ?) ; Hénaux (?) ; Delaroque (?) ; St-Denis ( ?) ; Lécureux (bouquiniste ?) ; Lemoigne ( ?) ; Pincebourde (?) ; Montyé ( ?) ; Vignière ( ?) ; Thomas ( ?) ; Téchener (libraire) ; Bachelin (libraire) ; Loiret ( ?) ; Joblot (?) , etc.
M. Sourget dans une notice d’un de ses derniers catalogues (voir note en bas d’article) écrit à propos d’un exemplaire que Sainte-Beuve avait fait relier en plein vélin laissant les marges non rognées et n’ayant pas souhaité faire laver l’exemplaire : « CET EXEMPLAIRE A ÉTÉ RELIÉ DANS LES ANNÉES 1830 POUR SAINTE-BEUVE QUI EUT LE BON GOÛT BIBLIOPHILIQUE DE NE PAS CONFIER L’EXEMPLAIRE AUX GRANDS RELIEURS DU XIXe SIÈCLE ; IL FIT SIMPLEMENT HABILLER LES VOLUMES D’UN VÉLIN UNIFORME, LEUR LAISSANT LEUR TAILLE RESPECTIVE ET REFUSANT DE LES LAVER. » A la lecture, même superficielle, du catalogue de sa bibliothèque, il est pourtant aisé de constater que Sainte-Beuve, même s’il ne dédaignait pas les livres en reliure de l’époque, bien conservés, donnait énormément de travail aux plus grands relieurs de son temps, à savoir les Capé, Duru, Trautz-Bauzonnet, Niédrée et autres maroquiniers en vogue de l’époque. Bibliopégimane avéré également donc !
Mon exemplaire du catalogue de sa bibliothèque est modeste, relié en demi-toile, un peu usée, le papier bien jauni et non rogné(1), pourtant les notes, les prix et les noms qui l’accompagnent en font une relique précieuse pour les bibliophiles curieux de l’histoire des livres du temps passé(2).
Amitiés bibliophiliques, Merci Bertrand!
Bernard reprend ses causeries physico-historiques pour notre grand plaisir.
Encore un précieux ouvrage, spécialement par les autographes.
Je connaissais le personnage surtout pour son frein dynamométrique.
René