Au sommet, les dix livres les plus chers de l’Histoire: n°6 et 7, La Bible de Gutenberg, Les contes de Cantorbéry de Geoffrey Chaucer

Amis Bibliophiles bonjour,
Retrouvons le classement des livres les plus chers de l’histoire avec aujourd’hui les n°6 et 7.
Le 6ème ouvrage de cette liste est la fameuse Bible de Gutenberg. Je passerai rapidement sur la présentation du premier texte imprimé à l’aide de caractères mobiles en Occident. Nous en avons déjà beaucoup parlé sur le blog (http://bibliophilie.blogspot.com/2007/05/la-bible-de-gutenberg.html). Le dernier exemplaire mis en vente a atteint 5,4 millions de dollars en 1987, même si les plus beaux exemplaires sont estimés au delà des 20 millions d’euros.

Le 7ème ouvrage le plus cher sont Les contes de Cantorbéry de Geoffrey Chaucer. Les Contes de Cantorbéry (The Canterbury Tales en anglais) est une série d’histoires écrites par Geoffrey Chaucer au 14ème siècle. Le texte est écrit en moyen anglais, en vers pour la majeure partie. Les contes sont intégrés dans une histoire «cadre» et dits par un groupe de pèlerins faisant route de Southwark à Cantorbéry pour visiter le sanctuaire de Thomas Becket dans la cathédrale de Cantorbéry. En tout 24 contes sont effectivement prononcés par les pélerins, ce qui semble loin du total prévu initialement.


Écrit en vers en 1478, le texte est richement enluminé et illustré. Un exemplaire original a été acheté 7 millions de dollars (5,4 millions d’euros) lors d’une vente aux enchères en 1998.
H

La lettre du bibliophile

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À lire ensuite

La Reliure Française depuis l’invention de l’imprimerie, par MM. Marius Michel

La Reliure Française depuis l'invention de l'imprimerie, par MM. Marius Michel

Amis Bibliophiles bonsoir,
Je partage aujourd’hui vous une acquisition récente: La Reliure Française depuis l’invention de l’imprimerie et jusqu’à la fin du XVIIIème siècle par MM. Marius Michel, Relieurs-doreurs. A Paris, chez Damascène Morgand et Charles Fatout, 1880.Ce bel ouvrage in-4 (qui inclue 22 belles gravures), de la main du maître et de son fils (ou l’inverse, sourire) se lît avec délice et retrace l’histoire de la reliure française depuis les débuts de l’imprimerie jusqu’à la fin du 18ème siècle.
Comme souvent dans les ouvrages de Marius Michel, le style est très agréable et les prises de positions des auteurs sont toujours claires et tranchées (ainsi Trautz-Bauzonnet est-il élevé au rang de meilleur relieur du 19ème, quand Capé est renvoyé à ses chères études pour avoir commis des reliures trop fragiles, « presque mortes avant d’avoir vécu »… et quand Derome est qualifié d’assassin pour sa propension à rogner les marges).Les auteurs nous entraînent sur les traces des premiers moines relieurs, puis des Le Gascon, Eve et autres Padeloup, tout en multipliant les digressions autour de la relation entre bibliophile et relieur, et en évoquant ainsi la personnalité des grands bibliophiles de l’histoire, de Grolier à Pichon, en passant par Thou.Je viens d’en terminer la lecture, et j’ai sélectionné pour vous quelques passages intéressants:
– Une règle qu’énoncent les Marius Michel dès le début de l’ouvrage et dont vous savez l’importance: « le livre vient d’être collationné, il est reconnu complet. Les lavages, encollages, restaurations, retouches ont été faits par une main expérimentée et discrète. Le voici dans l’atelier du Relieur (que les auteurs écrivent avec une majuscule) ».
– Ils rappellent également leur collègues (et les bibliophiles) à l’ordre en énonçant une autre vérité évidente: la reliure n’est là que pour servir le livre, rejetant ainsi tous les relieurs qui « serrent » trop le texte et empêchent le livre de s’ouvrir.– Les bibliophiles sont parfois également égratignés, non seulement pour leur bibliopégimanie mais aussi pour leur « rage de faire relier »: si la comtesse de la Verrue et Pompadour sont épargnées, la du Barry est vivement critiquée (« qui savait à peine lire ») pour sa bibliothèque reliée par Redon, elle a participé à une mode de la reliure au 18ème siècle qui selon les Marius Michel conduira rapidement au déclin de la reliure française.
Les auteurs évoquent ces grands ateliers de dorure qui furent créés pour répondre à cette mode, et « où se firent dans la suite par milliers les almanachs royaux, pour lesquels Dubuisson et les dessinateurs du temps inventèrent quelques plaques charmantes ».– Ces plaques, les auteurs les critiquent également en partie, rappelant « une règle qui doit primer toutes les autres: l’appropriation (de la dorure) au sujet du livre », évoquant avec humour cette fois les erreurs et les fautes de goût de certains, qui vont jusqu’à « faire dorer la grenade entr’ouvrete, image des lèvres roses…. sur un recueil d’oraisons funèbres ».
L’ouvrage se conclue par une présentation des principaux relieurs de l’époque et les Marius Michel expliquent qu’ils ont limité leur étude à la fin du 18ème siècle pour ne pas blâmer certains de leurs confrères… Ce qu’ils feront pourtant peu de temps après.
H
PS.: pour mémoire, le portrait de Marius Michel que j’avais commis sur le blog:http://bibliophilie.blogspot.com/2008/12/portrait-dun-immense-relieur-marius.html

2 Commentaires

  1. ce n'est pas le plus cher, parce qu'il ne passe pas en vente ! tous les exemplaires complets sont dans des institutions, qui ne comptent pas s'en débarrasser. Il a donc une valeur purement virtuelle, comme les grands tableaux de Léonard. Alors que Picasso, qui passe régulièrement en vente, a une cote réelle.

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