Une exposition et un beau catalogue autour de Geoffroy Tory de Bourges, Humanisme et arts du livre à la Renaissance

Amis Bibliophiles bonjour,

J’ai le plaisir de vous annoncer une belle exposition sur Geoffroy Tory – dont le commissariat est assuré par Rémi Jimenes, ami de longue date du Blog et de bibliophilie.com -, qui se tient à Bourges et qui fait l’objet d’un magnifique catalogue.

Geoffroy Tory de Bourges: libraire, imprimeur, humaniste

La région Centre-Val de Loire célèbre en 2019 la Renaissance française. A cette occasion, la bibliothèque patrimoniale de Bourges rend hommage à un Berruyer injustement méconnu: Geoffroy Tory, l’une des grandes figures de l’histoire du livre moderne.

Né dans les faubourgs de Bourges, il fréquente d’abord l’Université mais, son cursus achevé, il quitte le Berry, voyage en Italie, gagne Paris pour devenir tour à tour enseignant, éditeur, écrivain, traducteur, libraire et imprimeur humaniste. Lié à quelques-uns des personnages les plus puissants du royaume, il sera nommé imprimeur du Roi en 1531. L’exposition se tient à Bourges, à la Bibliothèque des Quatre piliers jusqu’au 18 janvier 2020 et présente des pièces issues d’une dizaines de grandes bibliothèques françaises.

Le commissariat de l’exposition et la direction du catalogue ont été confiés à Rémi Jimenes, maître de conférences au Centre d’études supérieures de la Renaissance  (Université de Tours), spécialiste de typographie et d’histoire du livre parisien, assisté de Robert Tranchida, bibliothécaire ancien responsable de la bibliothèque patrimoniale de Bourges.

Cette exposition est l’occasion de la parution d’un « beau livre », ouvrage collectif, copieusement illustré, tout en couleurs, qui offre une nouvelle synthèse consacrée à la carrière de Geoffroy Tory. Ce beau volume (à prix modique) rassemble les contributions de :

– Pierre Aquilon (Tours, CESR)
– François Avril (Paris, BnF)
– Anna Baydova (Paris, EPHE)
– Guillaume Berthon (Université de Toulon)
– Thierry Claerr (Paris, Centre Jean-Mabillon)
– Olivier Deloignon (Université de Strasbourg)
– Marie-Luce Demonet (Tours, CESR)
– Stéphanie Deprouw-Augustin (Paris, C2RMF)
– Philippe Goldman (Bourges, Archives départementales du Cher)
– Ferenc Gróf (Bourges, ENSA)
– Rémi Jimenes(Tours, CESR)
– William Kemp (Montréal, Université McGill)
– Judyt Landstein (Washington)
– Fabienne Le Bars (Paris, BnF)
– Colette Puynège-Batard (Bourges, BM)
– Anne Raffarin (Paris, Sorbonne Université)
– François Righi (Ivoy-le-Pré)
– David Rivaud (Tours, CESR)
– Frédéric Sailland (Bourges, SAHB)
– Jérôme Salmon (Tours, CESR)
– Robert Tranchida (Bourges, BM)
– Toshinori Uetani (Tours, CESR)

Vous trouverez plus de détails sur cette publication ainsi qu’un bon de commande sur le lien suivant :

https://cutt.ly/mwGs4Ro

Hugues

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Promenade de bibliophie: une conférence consacrée aux « reliures anciennes et contemporaines, samedi 3 août 2013, 15h », Auxerre

Promenade de bibliophie: une conférence consacrée aux « reliures anciennes et contemporaines, samedi 3 août 2013, 15h », Auxerre

Amis Bibliophiles bonsoir,
Au hasard de visites touristiques, il arrive que le promeneur sans idées préconçues soit attiré par une annonce municipale, libellée mystérieusement « reliures anciennes et contemporaines, samedi 3 août 2013, 15h ». 
Mais le promeneur ne s’y laisse pas prendre, tout à ses préoccupations du moment, plus banalement tournées vers les cryptes, voûtes en berceau, fouilles de four à canon aménagé dans le sol d’une abbatiale, ou vitraux du XVe siècle, comme n’importe quel touriste qui se respecte.
Mais il est vrai qu’Auxerre n’est pas ville à se laisser ainsi ignorer, qui nous accueille par ceci:
Il y a quelqu’un qui bouche la vue…La vue la plus touristique de la ville est gâchée par une sculpture d’un écrivain oublié ! décidément, pas moyen de se débarrasser de ses habitudes… donc allons-y pour de la bibliophilie, puisque tout nous y pousse.
Or donc, nous voici, à 15h, dans la salle de conférence de la bibliothèque municipale d’Auxerre, en compagnie de quelques autres touristes égarés, la plupart déjà familiers du sujet, dont un libraire, une Anglaise, et deux journalistes locaux. En tout une quinzaine de personnes, ce qui est remarquable tout de même, par ce temps plus propice à d’autres occupations…
Photo de l’Yonne Républicaine. On admire les gants blancs. Pas moyen de se promener 
incognito…Les deux responsables de la  bibliothèque nous ont ainsi présenté une soixantaine de reliures faisant partie du fonds de la bibliothèque.
La présentation, chronologique, nous a permis de voir quelques reliures anciennes ; reliures à la cire, reliure sur ais de bois, en peau estampée.
Puis des reliures qui ressemblaient fort aux reliures d’agonothètes que le Blog du Bibliophile nous a présenté récemment (http://bibliophilie.blogspot.fr/2013/07/connaissance-de-la-reliure-les-reliures.html): des volumes aux textes assez peu passionnants (religieux ou livres de droit), avec des reliures aux armes, sur un semis de fers.
Une de ces reliures est d’ailleurs non attribuée : les armes sont celles d’un archevêque ou d’un cardinal, écartelé au lion et à la balance, avec un globe brochant sur le tout.Puis nous vîmes une reliure janséniste, à tout les sens du terme : reliure noire, sans aucune décoration autre que le titre sur le dos. Mais les gardes sont en papier doré (assez terni), et la provenance intéressante :  il a appartenu à Charles de Caylus, évêque d’Auxerre, fervent janséniste.
La pièce la plus spectaculaire est un livre de fête : la relation du mariage par procuration de Louis XV avec Marie Lecsinska, le 15 août 1725 à Strasbourg. C’est un grand in-plano, relié par Pasdeloup. C’est d’ailleurs la seule reliure ancienne signée.
La présentation se poursuivit avec des reliures du XIXe siècle, siècle de la mécanisation, avec des cartonnages et percalines typiques, qui valaient pour leur bon état de conservation. Mais les grands relieurs de ce siècle font défaut.
Ensuite vint le morceau de bravoure, la fierté de la bibliothèque : les reliures contemporaines. Si la bibliothèque est pauvre en grands relieurs des siècles passés, elle se rattrape avec ceux du XXe, ou XXIe siècle.
C’est ainsi que nous avons pu admirer le travail d’Alain Taral, en bois de sycomore, sur un ouvrage ancien. Puis une reliure de Daniel Knoderer,  très spectaculaire, sur un texte de William Blake, reliure qui avait l’avantage de se comporter comme une reliure classique : elle protége un livre, et le livre peut se lire !
Puis des oeuvres de plusieurs relieures et relieurs contemporains, dans des matières inhabituelles (cuir bien sûr, mais aussi bois, acier, incrustations diverses). J’ai noté par exemple une reliure de Anick Butré, sur un texte de Jean-Paul Guibbert et des illustrations de Léonor Fini, ou encore une reliure de michel Richard sur un texte de Henri Pichette, « Dents de lait, dents de loup », illustré par Jacques Villon.
Cette richesse de cette partie du fonds est due aux bonnes relations entretenues avec les relieurs ; nombre d’entre elles ont en effet été offertes à la bibliothèque par les relieurs eux-mêmes. D’autres sont le résultat de concours de reliures.
Tous ces ouvrages sont naturellement disponibles à la consultation, sur place, pour les malchanceux qui n’ont pas passé cet après-midi de vacances à Auxerre.
Cette présentation s’est faite classiquement en gants blancs. Bon, au bout de cinq minutes les gants étaient largement plus sales que les mains de n’importe quel traîne-savate, mais c’est le geste qui compte. Au demeurant, les bibliothécaires en étaient bien conscientes, et ont consommé plusieurs paires de gants.  Et lors de la consultation du livre de fête, les gants blancs ont été ôtés, pour éviter de tacher les splendides gravures…
Calamar

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